L'ILLUSTRATION DE GRÉGOIRE DE NAZIANZE
À côté du Psaulier, les manuscrits illustrés de Grégoire de Nazianze méritent une attention particulière. Comme lui ils offrent, en «effet, un exemple remarquable des deux tendances, profane et religieuse, littéraire et théologique, qui s'opposent dans l’art byzanüin du second âge d'or, et ils jettent un jour curieux sur la double source d'inspiration où cet art a puisé.
Les homélies de Grégoire de Nazianze avaient eu une grande vogue à l'époque des iconoclastes. Ses fermes plaidoyers en faveur de la foi avaient souvent inspiré les défenseurs des images; « son éloquence chaude et brillante, riche en comparaisons imagées et toute pleine de formes classiques », avait, selon la remarque de Kondakof?, également charmé les polémistes et les sermonnaires. De là vient l'immense quantité de manuscrits de ses ouvrages qui furent exécutés entre le 1x° et le xn° siècle, et dont beaucoup renferment une illustration des plus intéressantes.
La rédaction théologique. — De ces manuscrits illustrés, le plus fameux est le Parisinus 510 $. C’est « certainement, dit Kondakof, avec le Ménologe du Vatican, l’œuvre la plus admirable de la miniature * », et l’expression la plus parfaite de l'illustration des œuvres du saint. La date en est connue avec une absolue précision, et semblablement l'origine. Il fut enluminé, entre 880 et 886, pour l'empereur Basile I, et le frontispice général, qui représente en deux feuillets le prince et les membres de sa famille, rappelle le style solennel et pompeux des mosaïques contemporaines. Les miniatures qui suivent sont fort nombreuses : chaque sermon, chaque
1. Ce dernier manuscrit a été détruit dans l'incendie de la bibliothèque. 2, Kondakof, Hist., Il, 57.