‹ Manuel d'art byzantinChapitre 75 sur 309 · LA RÉDACTION THÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

LA RÉDACTION THÉOLOGIQUE

opuscule est précédé d'une illustration. Les unes représentent des sujets empruntés à l’histoire de l'Église, épisodes de la vie du saint, tels que sa rencontre avec l’empereur ou son départ de Constantinople, événements empruntés à l'existence de ses contemporains, tels que l’histoire de saint Basile ou celle de Julien l'Apostat, et ainsi elles nous offrent un curieux témoignage de ce qu'était cette peinture d'histoire, qui tint à Byzance une place si importante, et qui nous est si mal connue. Un autre groupe de représentations est formé de scènes empruntées aux livres saints, Ancien et Nouveau Testament. Parmi elles, il en est qui remplissent toute la page, comme la Transfiguration, la Péntecôte, la Rédemption ou la Vision d'Ézéchiel (fig. 297), et qui sont d'une singulière beauté. Dans la plupart d'entre elles, on sent nettement l’imitation de modèles empruntés à l'ancien art chrétien, mosaïques ou icones. La Vision d'Ézéchiel, par exemple, a gardé non seulement les fonds bleus et roses de la peinture antique, mais, comme on l’a justement remarqué, « le cadre élégant du tableau original! ». Ailleurs, ce sont des figures (la femme de Job, par exemple : fig. 298), qui, par leurs attitudes, par l'harmonieux arrangement des draperies, ont un caractère tout antique; pareillement « les formes pleines, les carnations riches, les larges têtes aux yeux bien fendus, au nez droit, sans recherches du caractère, trahissent l'influence des vieux modèles ? ». Et aussi bien la disposition des scènes, se déroulant en longues frises, en étroits registres superposés, atteste la source d’où s'inspire cette illustration : elle est empruntée aux mosaïques ou aux fresques décorant les longues parois des grandes nefs ou aux miniatures de quelque rouleau. Ainsi, deux cycles distincts de représentations se combinent dans le Parisinus, parfois juxtaposés sur la même page : l’un se rattache à la tradition pittoresque antique, l’autre procède du style monumental (fig. 299); et ce curieux mélange, où l’art classique pénètre jusque dans l'illustration d’un texte religieux, est tout à fait caractéristique de l'école qui travaillait dans l'entourage et sous la protection de la cour.

La rédaction lilléraire el profane. — Toutefois cette édition [uxueuse, où les sujets sacrés, tout compte fait, tiennent la place principale, représente essentiellement un type d'illustration conçu et formé sous l'inspiration des théologiens. Le manuscrit des homé-

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