‹ Manuel d'art byzantinChapitre 85 sur 309 · Kondakof, Hist · texte numérisé non relu

Kondakof, Hist

3. Stornajolo, Le miniature delle omilie di Giacomo monaco (Vat. gr. 1162) e dell evangelario greco Urbinate (Vat. Urbin. gr. 2), Rome, 1910. Cf. Kirpicnikof, Zur byzantlinischen Miniaturmalerei (BZ., IV, 1895, p. 109), et Bréhier, Les miniatures des homélies du moine Jacques et le théâtre religieux de Byzance (Mon. Piot,' XXIV, 1920).

Pères, emplit certaines compositions. Au fond, l'œuvre est pauvre de conception ; l'artiste, qui doit être un moine, peint d'après une idée préconçue, sans se préoccuper beaucoup de la beauté plastique !.

Le développement du culte de la Vierge a donné naissance à l'illustration d’un autre texte, le célèbre hymne Acathistos en l’honneur de la Madone ?. Un manuscrit de la Bibliothèque synodale de Moscou (n° 429), qui date du xi° siècle, nous en offre un intéressant exemplaire, orné de remarquables initiales zoomorphiques et de 24 miniatures ; ce cycle, qui a peut-être une origine syrienne assez ancienne, trouvera au xiv* et au xvi° siècle, à Mistra, à l’Athos, en Roumanie, une longue fortune. Mais on y remarque, dit Kondakof, « une tendance lyrique et sentimentale, qui a détruit les traditions antiques de l’art ».

Un manuscrit surtout montre les progrès croissants de l'esprit monastique. C'est l’Échelle spirituelle de Jean Climaque, qui fut higoumène du Sinaï vers la fin du vi° siècle, et dont la Bibliothèque Vaticane (Gr. 394) possède une édition illustrée du xr° siècle. Les miniatures, très nombreuses, et toutes pleines de personnages microscopiques, sont d’une exécution parfaite, merveilleuse de patience et de soin méticuleux. Mais la conception en est étrangement monotone. Ce sont des scènes de la vie monastique, que remplissent des allégories innombrables. Toutes les vertus que doit rechercher le moine, tous les vices qui peuvent troubler son âme, sont personnifiés en de minuscules figures qui environnent le religieux. C’est la tradition antique de l’allégorie transformée par le monachisme ; et rien ne montre mieux l'effacement des thèmes antiques et le complet triomphe des idées ascétiques.

Triomphe de l'esprit monastique. — Ainsi la miniature du

1. En s'appuyant sur le livre où La Piana (Le rappresentazioni sacre nella litteratura bizantina, Grottaferrata, 1912) a cru retrouver les traces d’un théâtre religieux à Byzance, Bréhier a essayé de montrer que l'illustration des Homélies du moine Jacques procède incontestablement de ces représentations dramatiques, analogues aux mystères d'Occident. L'hypothèse est ingénieuse : eL intéressante : il semble pourtant qu'on doive, comme la théorie de La Piana qui en est le point de départ, l’accueillir avec beaucoup de circonspection (Cf. Millet, Recherches, 612-616).

2. Cf. Pitra, Analacta sacra, 1, 250 ; Tafrali, Iconografia imnului acatist (Bull. de la Commission des monuments hist., 1914), Bucarest, 1915.

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