Fig. 302 A
à les comparer à d'énormes
de cette hypothèse. Il ne reste alors qu
pavillons de tentes. | | Certaines tentes, dont le toit polygonal s'arrête au-dessus des
parois verticales formant comme les murs mêmes de la tente, en
Fig. 265. — Mausolée de Nazir-ul-Hakk à Amol (861-913 H.-1160-1508 J.-C.). D'après Sarre (Denkimäler). “.
donneraient assurément la silhouette, que le plan soit circulaire, carré, ou polygonal. Le mausolée de la fille d'Houlagou représenterait alors un pavillon soutenu par des poteaux figurés par les contreforts, et cette décoration géométrique qui enserre le tout comme dans un même réseau, figurerait parfaitement l’étoffe à
la décoration régulière etuniformetenduesurces poteaux eux-mêmes. Mais cette hypothèse ne s'applique pas aux tombes de Reï à plan étoilé, qui semblent formées de prismes triangulaires juxlaposés, ou
Érennnnrntnaeese
Fig. 266. — Plan et coupe du tombeau d'Oldjaïtou Khodabendeh à Sultanieh, d'après Dieulafoy (720 H.-1320 J.-C.).
à certaines tombes de Démavend ou du Khorassan constituées par une suite de demi-cylindres juxtaposés sur plan circulaire et formant comme un énorme cylindre à cannelures convexes. Bien que séduisante, cette hypothèse n'est pas pleinement satisfaisante.
Ne serait-il pas plus simple de rappeler que l'idée funèbre chez les Persans, avant l'islamisme, s'exprimait par des tours funéraires, ces tours du silence où tous les cadavres indistinctement étaient exposés; que la tour serait restée chez eux, même après l'établissement de la religion nouvelle, comme le symbole parfait de la sépulture, et que cette tradition antéislamique. aurait survécu, comme tant d’autres, telles que les fêtes du Naurouz, etc...
Quoi qu'il en soit, cette forme de tour polygonale, carrée oucylindrique, surmontée d'une toiture conique ou pyramidale est particulière aux tombeaux, mais les sépultures royales étaient, nous l'avons déjà vu par le tombeau du sultan Sandjar à Merv, de véritables monuments ; celui d'Oldjaïtou Khoda-bendeh à Sultanieh en est certes un des plus beaux exemples.
Tombeau d'Oldyaïtou Khodabendeh à Sultanieh (Commencement du xiv® siècle). — Elevé sur un plan octogonal (fig. 266), 1l se compose essentiellement d’une grande coupole reposant sur ses murs et contrebulée par deux étages de galeries qui l'entourent (fig. 267). Non seulement la coupole est chainée à sa base par un triple rang de poutres !, formant une enrayure continue, mais les minarets qui surmontaient les huitangles extérieurs du monument remplissaient là le rôle des pinacles des contreforts de nos monuments du moyen âge, etannulaient en ces points l'effet de la poussée des voûtes ?, non pas seulement de la coupole elle-même, mais surtout des huit grands arcs sur lesquels elle repose (v. la coupe) et des ares des galeries. La coupole elle-même est double, la voûte intérieure est reliée à la voûte extérieure par une série d’alvéoles ?, formées par des méridiens et des parallèles constitués par de petits arcs en briques, dont l'ensemble forme un énorme réseau à la fois léger et résistant, s’opposant à toute déformation d’abord, et ensuite permettant une exécution rapide et économique. Ce système de construction est parfaitement visible sur
1. Ces tirants en bois sont très fréquents en Orient, chez les Byzantins, les Arabes d'Égypte, les Turcs, les Persans, c'est une tradition probablement mésopotamienne, ou à coupsûür, sassanide. Cf. Dieulafoy, L'Art antique de la Perse (Tag-i-Kesra, à Ctésiphon).
°, Le tombeau d'Ahmed-Chah, à Kandahar, dans l'Afghanistan, me semble avoir été construit sur une donnée analogue.
3. Ce mode de construction alvéolaire était employé par les Romains. Cf. Choisy, L'Art de bâtir chez les Romains, fig. 18. Mais les alvéoles étaient remplies ensuite par du béton. Il n'y a donc aucune analogie avec le procédé employé par l'architecte de Sultanieh.