‹ Manuel d'art musulmanChapitre 123 sur 193 · Le pont Allah-Verdi-Khan · texte numérisé non relu

Le pont Allah-Verdi-Khan

du septième bassin, et dans les jardins qui terminent la vallée sont la volière du roi dont le fil est doré, et la maison des livres à l’autre coin. Le jardin des mille arpents, qui est au bout du Tchar-Bag, est long d’un mille et large presque autant ; fait en terrasses. soutenues de murs de pierre, on y compte douze terrasses élevées de six à sept pieds l’une sur l'autre et qui vont de l’une à l'autre par des talus fort aisés à monter, et aussi par de grosses pierres qui joignent le canal... de pierre profond de huit pouces et large de trois pieds avec des tuyaux de dix en dix pieds qui jettent l’eau fort haut. Au bas de chaque terrasse, à l'endroit de la chute du canal, laquelle est en talus et fait une nappe d'eau, il y a un bassin de dix pieds de diamètre et, au haut, il y en a un autre sans comparaison plus grand, profond de plus d’une toise avec des jets d'eau au milieu et autour... On voit proche de chaque bassin, sur les ailes, deux grands pavillons fort hauts, peints, dorés et argentés de la même architecture que ceux que jai décrits... ; au milieu de la sixième terrasse, il y a un pavillon qui coupe l'allée, lequel est à trois étages et si grandet si spacieux qu'ilpeut contenir deux cents personnes assises en rond ; il y a un autre pavillon à l'entrée du Jjardin et un autre au bout qui sont semblables à la figure et à l'ordonnance près. Quand les eaux jouent dans ce beau jardin, ce qui arrive fort souvent, on ne saurait rien voir de plus grand et de plus merveilleux, surtout au printemps dans la saison des premières fleurs, parce que ce Jardin en est couvert, particulièrement le long du canal et à l’entour du bassin. »

Meïdan-1-Chah. — La grande place Meïdan-i-Chah estsymétrique au départ du Tchar-bag par rapport au palais du Chah ; elle est antérieure à Ghah-Abbas [°, mais c'est à ce prince qu'on doit son achèvement. « C’est un carré long ! de quatre cent quarante pas sur cent, soixante de large, entouré par un canal bâti de briques... la place est bordée par deux cents maisons de mêmes dimensions et structure. Au rez-de-chaussée, elles présentent deux boutiques donnant sur la place et deux sur le bazar, au premier étage quatre petites chambres distribuées de même, celles de la place ontchacune un petit balustre (balustrade) de brique à Jour enduit de plâtre, le tout peint de rouge et de vert et fort agréable à la vue. Le tour des maisons de la } lace est entrecoupé par de grands édifices qui sont le portail du palais royal (porte Aali-kapou, fig. 289), la mosquée

t. Chardin, op. cit, TE: p.397.

Loutf-Oullah ! à l’est, la mosquée royale à l'extrémité méridionale de la place, et le marché impérial à l’autre bout, formant chacun une srande demi-lune ayant au levant un bassin d’eau de soixante-dix pas de tour et de dix pieds de profondeur, fait à angles et dont les rebords sont de pierre de porphyre.

Il y a autour de ces magnifiques édifices, des échafaudages de

Fig. 289. — Palais royal sur le Meïdan-i-chah et Porte Aali-kapou à [spahan. Clichè Gervais-Courtellemont.

perches minces qui montent Jusqu'au haut et qui sont faits pour porter de petites lampes de terre pour les 1lluminations des réjouissances publiques ? ».

Aali-Kapou.— « La porte Aali-Kapou (fig. 289)esten porphyre et fort exhaussée3. Le seuil est aussi de porphyre de couleur verte, haut

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