‹ Manuel d'art musulmanChapitre 127 sur 193 · D'Oppenheim, Loc. cit., II · texte numérisé non relu

D'Oppenheim, Loc. cit., II

portique dont les arcades sont décoréesde faïences blancheset vertes,

Fig. 303. — Tombeau d'Abou-Hanifé (Imam Azam) à Bagdad, restauré en 1638 par le sultan Mourad.— Cliché Gervais-Courtellemont.

fabriquées à Bagdad !. » On y pénètre par un portail dont la figure 268 donne une vue prise de l'intérieur vers la rue. Cette entrée

1. De Hammer, Histoire de l'Empire ottoman, IX, p. 221 et 329.

est couverte d’une coupole étoilée dont les pendentifs sont formés par une surface subdivisée en nervures simples, prolongements des côtés des pointes de l'étoile. Cette solution fort élégante du problème de la voûte en PETRDER RES était connue depuis très longtemps en Perse, mais je n'en connais pas d’ 1e daté avant la tombe d'Oldiaïtou à Sultanieh.

Le dôme de ce monument (fig. 303) est à peine renflé ; le minaret pe a un balcon découvert soutenu par un bn en stalactites émaillées. Émaillés aussi sont le fût du minaret, sa balustradeet son cylindre terminal couronné par une coupole ogivale à côtes demi cylindriques.

Le tombeau de Sidi-Abd-el-Kader-el-Gilani est semblable, à peu de chose près, comme coupole et minaret. Cette persistance des méthodes persanes de constru:tion et de décoration ne s’est pas seulement manifestée au moment de la reconstruction de ces deux tombeaux mais aussi aux époques postérieures.

Mosquée de Kazmeïn près Bagdad. — Elle s'est prolongée jusqu’à nos Jours. Il est vrai que l'exemple que nous donnons est un peu particulier. C'est la mosquée de Kazmeïn près de Bagdad, et dans laquelle sont enterrés deux imans célèbres, Moussa el-Kazim (185 H.-801 J.-C.) et son petit-fils Mohammed el-Gaouad. Elle a été restaurée dans la première moitié du ‘xix°. siècle et comme c’est un des plus célèbres pèlerinages chutes, elle l’a été aux frais de ceux-ci, c’est-à-dire des Persans et du gouvernement persan, et par des architectes persans. Son grand porche (surmonté d’une tour à horloge ‘assez laide) est entièrement revêtu de faïence, ses minarets ont leurs balcons et leur couronnement doré, de même que leur coupole terminale, enfin, lescoupoles mêmes des tombeaux, ainsi que leurs tambours, sont dorés, c’est-à-dire revêtus de ces tuiles de cuivre doré dont j'ai déjà parlé. La mosquée proprement dite s'élève au fond d'une grande cour entourée d’arcades ? ogivales sur deux rangées superposées. La mosquée est précédée d'un grand portique à hautes colonnes de bois, couronnées de chapiteaux à stalactites et d’une corniche ouvragée, en tout semblables à celles des pavillons de Tchehel-soutoun et d'Aïneh-khané décrits plus loin *.

1. L'Imam Abou-Hanifé, chef d’un des quatre rites orthodoxes de l'Islam ‘les Turcs sont hanéfites) naquit à Koufa en 80 H. 699 et mourut empoisonné par l’ordre du calife Abdallah IT, en 150 H.-767 J.-C.

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