‹ Manuel d'art musulmanChapitre 126 sur 193 · EX RME · texte numérisé non relu

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Achraf {Tovés de l'auteur.)

Fig. 301. — Jardin et palais d'Achref (Perse), d'après J. de Morgan 1618-1697 JC).

au milieu du Bagh-1-Chah, vaste jardin carré planté de cyprès séculaires et disposé en terrasse; dans toute la largeur de ce jardin coule un ruisseau dérivé dans la montagne et qui, tombant en nombreuses cascades, alimente une large pièce d'eau carrée... ; à droite du Bagh-i-Chah, sont les bâtiments du Bagh-1-Chomal et de Zaabi-Zémoun qui auraient été la résidence des grands de la cour ; au sud du Bag-i-Chomal sont les communs du roi et les écuries. Le palais royal qui était au centre du Bag-1-Chah a été détruit et remplacé par un pavillon d'un goût détestable. Le Bag-1-Tépé est construit sur un tertre artificiel. Pietro della Valle ? dit qu'il avait été

1. M. J. de Morgan, Mission en Perse, t. I, p. 480. 2. « Au milieu du jardin où les quatre principales allées le divisent en croix, où ils ont bati une maison dont la figure est octogone, le réduit est serré à la vérité, mais fort exhaussé et à plusieurs étages, les chambres y sont bien

peintes et dorées, mais fort petites... tout cet appartement est destiné pour

construit pour les femmes du roi. Plus loin vers l’est, à l'extrémité d’un parc de quatre cent soixante mètres de long est une source qui, captée fut envoyée jaillissante dans un pavillon ravissant décoré d’émaux et appelé aujourd'hui Tchechma-imarat, pavillon de la source ». Rien de ce qui nous reste des installations analogues en Espagne ou au Maroc n'est comparable à ce que les Persans nous

ont laissé en ce genre.

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Fig. 302. — A, Mosquée de Demavend. — B. Palais d'Achref, — C. Tour à vent à Téhéran. — Dessin de H. Saladin, d'après J, Laurens.

Nous pouvons par la vue du jardin d'un petit palais à Sari (fig. 244) nous rendre compte de ce que devaient être les Jardins des particuliers aisés. Les grands bassins allongés destinés à donner de la fraîcheur, et à réfléchir dans leurs eaux, les bosquets qui les entouraient y étaient fréquents. Quoique nous ne puis-

les femmes... la maison du roi (actuellement détruite), de même que l’autre est fort petite... et les chambres sont toutes étroites quoique peintes et dorées et enrichies de miniaiures exquises qui ont coûté infiniment. On y voit plusieurs balcons qui sont fermés de jalousies accompagnés de grands rideaux » (Pietro della Valle, cité par J. de Morgan, op. cüt.).

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sions pas .citer entre Amarat-i-Khosrou et le palais d'Achref, d'exemples des époques intermédiaires, on ne saurait douter que ces palais entourés de jardins, précédés de terrasses, embellis d'effets d'eau! de tout genre, n'aient pas été de tradition en Perse, et un des luxes les plus appréciés et les plus recherchés. |

Kasr-i-Kadjar. — Un fort bel exemple de château de plaisance est le Kasr-i-Kadjar, château bâti par un prince de la dynastie actuelle, Fath-Al-Chah ? aux environs de Téhéran et dont Coste donne un plan et des vues ; c’est une résidence énorme, construite sur le point culminant d'une colline dont les pentes sont décorées de terrasses étagées, dominées par le château avec jardin flanqué aux angles de grosses tours octogones ornées de briques émaillées.

Tombeau d'Abou-Hanifé et d’Abd-el-Kader el-Gilant à Bagdad (1638). — Un exemple très caractéristique, montrera combien les méthodes de construction et combien l'architecture elle-même tiennent plus aux conditions et aux traditions locales qu'aux conditions politiques. À Bagdad, en 1638, le sultan Mourad faisait restaurer le tombeau d'Abou Hanifé (ou Imam Azam *) et celui d'Abd-el-Kader el-Gilani, car ces tombeaux avaient été détruits par les Persans, et dépouillés de leurs lampes, de leurs clous et de leurs portes d'argent, lors de la reprise de Bagdad le 28 novembre 1623; c'est le Mufti Yahya qui fut chargé des travaux ; on commanda aux orfèvres de Diarbékir, renommés pour leur habileté (le 5 février 1639), des portes garnies d'argent, des fenêtres, des lampes etd’autres ornements de même métal, destinés au tombeau du grand imàm {Abou- Hanifé) : d'après M. d'Oppenheim, 1l aurait encore été « restauré depuis, sa coupole est décorée de briques ou de faïences émaillées en bleu, vert et blanc. Au nord et à l’est, le tombeau est entouré d'un

1. Quelquefois, comme au palais de Fath-Ali-Chah à Téhéran, ces bassins sont dallés de faïence bleue turquoise, Dieulafoy, T. du M.,t. XLV, 1883, p.62. Ce qui est assez curieux, c'est que ce détail de coloration des bassins en bleu turquoise se retrouve à Pompéi dans un certain nombre de piscines réservées dans le milieu dé l’atrium ou de la cour. Cette coloration est obtenue par un enduit, à la chaux, coloré de bleu de cuivre. Il est probable que les architectes persans, comme les architectes romains, ont adopté cette coloration dans le but de donner à l’eau nne teinte analogue à celle qu'elle avait en reflétant le bleu du ciel.

2. Ce prince de la dynastie Kadjar monta sur le trône en 1797, à la mort d'Aga-Mohammed, fondateur de la dynastie.

3. Le sultan Mourad a fait rebâtir à nouveau la sépulture de l’Imam Azam et l’a ornée de plusieurs lampes d’or garnies de pierres précieuses (Thévenot, 1, 938, d’après une note écrite à Bagdad le 22 Chaban 1048, 19 décembre 1638).

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