‹ Manuel d'art musulmanChapitre 135 sur 193 · ECOLE OTTOMANE (TURQUIE D'EUROPE, ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

ECOLE OTTOMANE (TURQUIE D'EUROPE, ASIE MINEURE

SOMMAIRE : I. Généralités. — IT. Les monuments seldjoucides d'Arménie et d'Asie Mineure ; monuments d'Ani; monuments de Konieh; palais du sultan: grande mosquée; caravansérail de Sultan-Khan ; Indjé-minareli à Konieh et srande mosq'i'e de Divrigui ; Gueuk-medressé à Siwas ; Sirtchéli-medressé ; mosquée de Sahib Alta et Karataï-medressé à Konieh.— [IT Monuments ottomans, l’art turc depuis le xrv° siècle jusqu'à la fin du xvi*. Mosquées, palais ; maisons privées, caravansérails. Architecture funéraire. Architecture

militaire. — IV. Etude chronologique des monuments ottomans : monuments de Brousse : mosquée Oulou-Djami, mosquée Mouradié: Yéchil-Djami ou mosquée Verte; Yéchil-Turbé; Bains d'Yéni-Kaplidja. — Monuments de

Constantinople : Tchinli-kiosk; mosquée Bayezidié; mosquée Suleïmanié ; mosquée Sélimié à Andrinople. A Constantinople : Turbé du sultan Sélim Il: Kiosque de Bagdad au Vieux Sérail; mosquée Ahmedié; mosquée Yéni Validé; fontaine Bab Humaïoun ; fontaine de Top-Hané; mosquée Nour-i-Osmanié. — Conclusions. — V. Chronologie des monuments seldjoucides d'Asie Mineure et d'Arménie et des monuments ottomans d'Europe et d'Asie Mineure.

l. — GÉNÉRALITÉS SUR L'ARCHITECTURE SELJOUCIDE ET OTTOMANE.

Les T'urcs Osmanlis n'ont commencé à remplir un rôle politique qu'à partir du moment où le dernier Seldjoucide de Konieh, Alaed-din [TE, vaincu par les Mongols, abandonna le pouvoir à Othman, c'est-à-dire au xiv° siècle de notre ère. Il est donc indispensable d'étudier les monuments seldjoucides de cette région, qui ont nécessairement servi de modèles aux premiers monuments ottomans, et dans lesquels se trouvent en germe les principaux éléments de la décoration turque.

L'empire des Seldjoucides avait atteint son apogée à la fin du xi® siècle et s'était divisé, à la mort de Malik-Chah, entre ses trois fils qui avaient formé les sultanies de Perse, de Syrie avec Alep pour ‘apitale, et d'Asie Mineure; dans cette dernière région, Daoud et Kilidj-Arslan, neveux de Malik-Chah, avaient fondé la sullanie d'Iconium ou de Roum.

Les monuments seldjoucides qui se trouvent dans la région comprise entre Érzeroum et Konieh ont tous le même caractère, mais à des degrés différents.

Si l’on jette les yeux sur une carte de l'Asie Mineure, le massif montagneux qui sépare l'Asie Mineure de l'Asie moyenne et s'étend

de Trébizonde à Adana, apparait comme une sorte de forteresse naturelle, d'où l’on peut à son gré envahir les plaines d'Anatole, de Syrie septentrionale et de Mésopotamie. En vertu de l'orientation dominante de leurs montagnes (nord-nord est, et sud-sudouest), les montagnards de l'Arménie! eurent toujours tendance à descendre vers l'Anatolie ; de là l'influence arménienne sur les monuments d'Erzeroum, Siwas, Kaisarié, etc. Le voisinage de la Syrie septentrionale et notamment des villes d'Alep et de Damas ne fut pas non plus sans influence sur les monuments de Konieh, surtout au point de vue de la correction des lignes et de la conception des porches.

Enfin l’art persan s'infiltra à la suite des tribus turcomanes qui arrivèrent en Asie Mineure après un long séjour et de longues pérégrinations en Perse ; elles en apportèrent les industries nécessaires à la vie des tribus nomades : la sellerie, la fabrication des étoffes, des tapiset des broderies. D'autre part, il ne faut pas oublier que Konieh ne fut pas seulement la capitale d’un royaume seldjoucide au x siècle, mais aussi un centre de. philosophie religieuse et mystique. Chems-eddin de Tauris (Perse) et Djelal-ed-din Roumi* y fondèrent l’ordre religieux des Mewlévis ou derviches tourneurs, dont les doctrines sont d’origine persane ; cet ordre joua dans l’h1stoire de l'empire ottoman un rôle plus ou moins effectif, dont M. C. Huart a fort bien montré l'influence.

L'art naissant de Konieh ne put pas se soustraire aux influences artistiques qui lui venaient des Byzantins dont l'empire bordait à l’ouest la frontière du royaume seldjoucide; c’est à ces influences qu'il emprunta ses procédés, certains partis de plan, certains détails de construction * et d'ornementation ', parfois même ce furent des architectes grecs qui construisirent les monuments des sultans d’'Iconium *. |

1. L'Arménie a présenté une singulièrerésistance à la conquête byzantine; les Turcs n'ont mieux réussi en partie que grâce aux divisions des Arméniens et à la rivalité des Kurdes. La Turquie d'Asie d'ailleurs a toujours manqué complètement d'homogénéité au point de vue national: Kurdes, Grecs. Arméniens, Juifs, Tures s'y côtoient sans jamais se mélanger.

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