Schlumberger, Épopée byzantine, t. Il, p
stantinople pour la reconstruire, Tiridat ou Terdat, architecte armémien (qui, sous le règne de Sempad IL, avait construit la plupart des monuments d’Ani); par conséquent, lorsque les Seldjoucides y firent élever des monuments, ils n'eurent qu’à s'adresser aux architectes locaux Mais examinons un peu dans quelles conditions avait pu se produire un art arménien original.
Justinien ! avait embelli l'Arménie occidentale de ombre nee églises ; c’est donc à l'influence byzantine qu'il faut attribuer une partie des caractères de l’art chrétien d'Arménie, mais cet art se modifia peu à peu sous l'influence des traditions locales, des matérlaux imposés par la nécessité, et des circonstances de lieu et de chmat. On trouve déjà à Sainte-Repsime d'Echmiadzine le plan en croix des églises arméniennes, leurs dômes couverts d’une toiture co1que ou pyramidale en pierre, et ces niches singulières qui affectent en plan la forme d’un V et sont couvertes d'une trompe dans l'angle
La petite chapelle de Saimt-Grégoire d’Ani ? qui se présente sous forme d’une série de huit absides demi-circulaires surmontées d’une coupole centrale à toiture pyramidale ou plutôt conique offre le type de ces niches encore plus accentué. Lynch y voit un tombeau des princes Palahvides et le date de 1047 environ. On pourrait y trouver le prototype de ces tombeaux singuliers d' Akhlat* qui sont couverts d'un toit conique où des tuiles de marbre se dessinent, avec leurs arcatures décorant la partie haute du tambour, rappelant les longues arcatures des églises arméniennes et leurs niches en V alternant avec des baies couronnées de stalactites seldjoucides : près de Siwas, un tombeau. le Charnah-Kumbet (daté de 627 H.- 1230 J.-C. ‘), possède aussi ces niches, alternant avec des baies à stalactites, son aspect général est aussi arménien que celui des tombeaux d'Akhlat, et son toit est une pyramide octogonale,
L'Églisedesapôtres, à Ani, construite en pierres noires et rouges a des niches en V, elle date de 1031 au moins, mais des inscriplions postérieures amènent à croire que des travaux y ont été
PA. De Ædificis Justiniani, cité par Lynch, Travels in Armenia, Ï, p. 384.