VI. — Jnfluences orrientales
1° Survivances assyro-chaldéennes. — Les empires qui se sont succédé sans interruption en Mésopotamie se sont légué des traditions d'art et les ont transformées sans en faire oublier l’origine. L'exemple suivant (fig. 7) donnera une idée très nette des survivances à travers les diverses civilisations. Les coupoles ovoïdes, origine des coupoles sassanides, sont figurées sur un bas-relief de Koyoundjik qui a été reproduit maintes fois, en particulier dans l'Histoire de l'art de Perrot et Chipiez, t. II, Chaldée el Assyrie, fig. 43.
Ces coupoles, engendrées parla révolution d’une demi-chainette autour de son axe, fournissent des voûtes d'une solidité remarquable, car leur poussée est pour ainsi dire nulle, M. Choisy (Art de bâtir chez les Égyptiens) en donne le tracé (fig. 8). La figure de sauche donne en trait fin V la voûte en chaînette, et en U le tracé égyptien qui est le même que celui des arcs de Ctésiphon, de Sarvistanet de Firouzabad. Ces coupoles ovoïdes, figurées sur le bas-relief que je viens de citer, sont terminées par une sorte de petite arcade dont la destination se comprend lorsque lon examine la partie supérieure de la coupole basse qui se trouve (fig. 7) entre les deux minarets de droite et la coupole ogivale de gauche. Cette petite arcade forme le lanterneau d'aération de la coupole !.
1. On retrouve ce lanterneau, mais cette fois en forme de coupole sur trompes, dans les voûtes du Khan Orthma à Bagdad.
g. 7. — Bagdad. Intérieur du medressé de Mostancer, actuellement Douane (623 H., 1225 J.-C). — Cliché Gervais-Courtellemont.
INFLUENCES ORIENTALES Ag)
Cette courbure des voûtes ! a dû être inspirée aux premiers constructeurs chaldéens par la forme des berceaux de branchages qu'élevaient les riverains de l’Euphrate à cette époque, comme ils le font encore aujourd’hui. J'en donne ici une reproduction due à l'obligeance de M. Gervais-Courtellemont. Sur ces cintres en branchages (fig. 9), on a dû, dès l’origine, appliquer de la terre battue avec des roseaux, afin de former un revêtement plus solide et plus impénétrable aux rayons du soleil que ne l'étaient primitivement les étolfes ou les peaux tendues. Il est probable que l'habitude de
GG N g < K& SI PR CRrEN Re MR DS MS ee MS NE RE D. EE en 0 à | eo 7/48 Fig. 8. — Tracé de l'arc égyptien et de l'arc en chaînette d'après À. Choisy. —
L'art de bâtir chez les Égyptiens.
voir aux arcs de ces cabanes une forme elliptique conduisit à la conserver lorsqu'on appareilla des voûtes en briques.
Cette courbe se retrouve en Égypte non seulement dans les constructions antérieures à la conquête macédonienne, mais encore dans les constructions coptes. M. Gayet ? a donné le diagramme d’une de ces voûtes au couvent de Saint-Siméon à Assouan. Les proportions sont les mêmes que celles des arcs de Deir-el-Medineh des tombes de Sakkarah et de l’aqueduc de Médinet-Abou. Les magasine figurés sur les monuments égyptiens et qui se composent d’une. série de berceaux juxtaposés ? présentent aussi ces courbures, mais, ce qui est bien singulier, c’est que ces magasins égyptiens ont
1. À ce propos, je signale aux assyriologues la forme de l’arc en chaïnette qui forme la porte d'une ville forte figurée sur un bas-relief assyrien et sur un moulage exposés dans l'escalier du Musée assyrien du Louvre, ce qui infirmerait la généralisation du plein cintre adopté dans les restaurations de Place et Thomas.
2 L'Art copie, 1902, chap: Hp. 182: