On trouve des exemples de ces tracés
Dans le Dictionnaire raisonné de l'Ar FRÈRE e française, de Viollet-le- Duc, article Proportion:
Dans Parvillée (Architecture et décoration turques) à propos des proportions de deux édifices de Brousse, Yechil Djami et le Turbeh vert:
Dans Dieulafoy pour le Tag-Késra à Ctésiphon et pour le tombeau d'Oldjaitou Khodabendeh à Sultanieh (Perse) {L'art antique de la Perse).
Ca
ORIGINES DE L'ART MUSULMAN 19 tion réellement originale. Nous ne pouvons expliquer l'apport de ces éléments étrangers que par l'influence des objets d'art, des étoftes, des tapis répandus sur le monde entier par le commerce de l'Orient. Cet apport est surtout remarquable dans les monuments qui ont précédé le xrr° sièele pour l'Égypte, la Syrie et le Mogreb ; il a toujours existé en Perse et dans le Furkestan.
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Fig. 2. — Etoffe brodée à jour, travail persan au South Kensington Museum, dessin de EH. Saladin.
C’est ainsi qu'après avoir [vu les murs revêtus d’étoffes à jour analogues à nos quipures (fig. 2), les sculpteurs du Mogreb ont pensé à les reproduire par des plâtres découpés (fig. 3). Les. Haïtis ou tentures. en application d’étoffes ont donné l'idée des revêtements de faïence. En Perse, les tapis tendus sur les lentes ont donné aux architectes le désir de reproduire ce genre de décoration dans les revêtements en faïence des tambours des coupoles (fig. 4). Les cotonnades peintes d'Ispahan importées en Turquie ont été imitées par les céramistes qui ont tracé les lambris de faïence des revêtements des salles du vieux sérail (fig. 5), et dans maintes mosquées de Constantinople. Cesont les colonnes revêtues d’étoffes brodées que larchitecte du Sébil de Kaït-Bey près d'El-Azhar au Caire a imitées dans ses colonnettes
d'angle (fig. 6),et que les architectes des sultans de Konieh ont reproduites dans les moulures et les colonnes de leurs grands portails.
Au point de vue historique, l’art musulman n’est pas né d’un seul Jet comme beaucoup d'arts plus anciens qui furent originaux ou dérivèrent d'influences fort limitées. Au contraire, les arts exer-
Fig. 3. — Noukch-Hadida au Musée du Bardo, Tunis. cés par les musulmans peuvent être considérés à l’origine comme une variation spéciale de l'art local à l'usage des musulmans. faut donc connaître pour chaque pays musulman l'histoire de l’art à l’époque immédiatement antérieure à l'établissement de l'Islam. Pour l'Espagne, c'est l’art que les auteurs des Monumentos Arquitectonicos de Espâna appellent estilo latino-byzantino ; pour l'Algé: rie et la Tunisie, l’art chrétien d'Afrique ; pour l'Asie Mineure, l'art
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byzantin ; etc. Gette étude permet d'observer plus facilement les survivances des arts antérieurs dans les monuments musulmans et de déterminer les nombreux emprunts que les architectes musulmans leur ont faits jusqu'aux époques modernes.
Ainsi nous aurons à déterminer dans l'étude des monuments trois éléments dont l'influence se fera sentir d’une façon plus ou moins prépondérante :
i° Les traditions locales transmises par les indigènes (fixes);
20 Les traditions importées par les nouveaux occupants (variées, mais, fixées ;:
3° Les influences d’importation étrangère dues au commerce (toujours variées el sujelles aux caprices de la mode).
L'art des nomades, l'art appliqué aux broderies, vête-
ments, tapis, étoffes et har-
Fig. 4. — Tente turcomane, revêlue : k de tapis, à Balachoupaky.
inspirateur des idées déco- d'après une photographie de H. Moser?.
nachements, a élé le grand
ratives qui furent mises à
profit dans la décoration des monuments. De là, le caractère de découpures, d'applications, d’ornements enchevêtrés symétriques ou géométriques, remarquable dans toute la décoration musulmane,
La bijouterie et l'orfèvrerie ont fourni aux mosaïstes de la Koubbet-es-Sakhra et de la mosquée KT Aksa à Jérusalem beaucoup de leurs motifs originaux. Les dessins décoratifs des étoffes coptes ou sassanides, puis ceux des étoffes byzantines ont influé d'une façon remarquable sur la genèse des premières ornementations musulmanes (mosquée de Touloun au Caire, Minbar de Sidi Okba à Kairouan, mosaïques de la Koubbet-es-Sakhra à Jérusalem),
1. En France, la décoration des étoffes a été aussi la principale source d'inspiration des décorateurs des édifices romans.
2. La partie cylindrique est revêtue intérieurementet extérieurement de tapis. La couverture en grandes bandes d’étoffe est retenue par des lanières blanche qui, comme dispositions, rappellent celles des nervures d’intrados des voûtes persanes en briques.
Enfin le dernier caractère général de l’art musulman fut le luxe et la splendeur, caractère d'autant plus frappant que les décoraüons les plus délicates et les plus difficiles à exécuter furent sou-
Fig. 5. — Faïences au vieux sérail, à Constantinople. Reproduction d'étoffes brodées, peintes ou imprimées, de style persan.
vent appliquées à des matériaux de qualité inférieure, à des édifices hâtivement construits.
Combien de beaux monuments ne sont qu'une ossature de briques ou même de pisé recouverte d’émaux, de faïences. C'est pour cela que tant de villes musulmanes, autrefois riches et prospères, n’ont plus, après un siècle d'abandon et de décadence, que des édifices croulants. On peut expliquer cette particularité par les fortunes soudaines et colossales des premiers califes, des émirs et des gouverneurs. L’admimistration byzantine lourde et compliquée avait été remplacée par un petit nombre d'employés qui concentraient en leurs mains le produit des contributions de guerre, du pillage et des impôts. Ces employés, soldats d'hier, parvenus par la victoire à un pouvoir sans bornes, enivrés par
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leur fortune inespérée, profitèrent de la prospérité et de la docilité des peuples soumis pour s'entourer d'un luxe de souverains. Les califes, jaloux des merveilles des palais byzantins, voulurent
Fig. 6. — Colonne d'angle du Sébil Kouttab de Kaït-Bey, près El-Azhar, Caire.
dépasser la splendeur de la cour des empereurs. Le luxe des habillements, des armées et des chevaux, les animaux sauvages entretenus dans les cages dorées, la profusion des ornements d’or et d'argent étaient l'appareil de la puissance dans l'Orient habitué depuis si longtemps aux despotes tout puissants et fastueux. On
peut lire la description de ces richesses dans Aboul Véfa ! où l'on voit décrit un protocole aussi saisissant que celui dont les empereurs byzantins se servaient pour recevoir les ambassadeurs et les r'OIS.
La fragilité des matériaux employés dans bien des édifices dont nous pouvons déplorer la perte ou le mauvaisétat, s'explique par le caractère éphémère des fortunes musulmanes. La société islamique fut toujours démocratique sous l’autocratie du calife. Les fortunes, les pouvoirs, les terres, tout dépend de la volonté, de la faveur du souverain. Aussi les ministres, les vizirs, les grands fonctionnaires, souvent sortis des plus basses classes de la société, se hâtaient de jouir de leur richesse et ne bâtissaient point pour l'avenir. Les seuls monuments soignés furent généralement les édifices religieux ou publics, fondations pieuses par lesquelles le donateur voulait perpétuer la mémoire de ses bienfaits. Mais les palais et les maisons, le plus souvent élevés en bois, en pisé et en briques crues, duraient ce que duraient leurs maîtres. Les souverains eux-mêmes ne s’attachaient pas, outre mesure, à la solidité de leurs palais, à cause de la superstition commune à tous les musulmans qui considèrent comme de mauvais augure pour un prince d’habiter la demeure de son prédécesseur.
Les traditions locales peuvent être reconnues : 1° dans les dispositions du plan, 2° dans l'emploi des matériaux, 3° dans la décoration considérée dans son ensemble, portiques à arcades sur colonnes ou à plates-bandes, etc... ou considérée dans ses détails, permanence des éléments, des formes, des moulures, des chapiteaux, des bases, des rinceaux, etc...
1. Aboul Vefa décrit ainsi la réception par le calife de Bagdad de l'ambassadeur de l’empereur d'Orient :
« Toute l’armée du calife étant sous les armes, la cavalerie et l'infanterie formaient un corps de 16.000 hommes, les grands officiers, vêtus de la manière la plus brillante, ayant des baudriers qui étincelaient d'or et de pierreries, se trouvaient rangés autour de leur chef suprême. On voyait ensuite 7.000 eunuques parmi lesquels on en comptait 4.000 blancs, puis 700 gardes d'appartement. Des chaloupes et des gondoles décorées de la manière la plus riche étalaient leurs banderoles sur le Tigre, la somptuosité régnait partout à l'intérieur du palais. On y remarquait 38.000 pièces de tapisserie, parmi lesquelles 12.500 étaient brodées de soie et d’or. On y trouvait 22.000 tapis de pied: Le calife entretenait 100 lions avec une garde pour chacun d'eux Un arbre d'or et d'argent portait 18 branches sur lesquelles, ainsi que sur des rameaux naturels, on apercevait des oiseaux de toutes espèces, faits avec les métaux les plus précieux. Cet arbre se balançait comme ceux de nos forêts, et alors on entendait le ramage des différents oiseaux. C’est au milieu de cet appareil que l’ambassadeur fut conduit par le vizir au pied du trône du calife. »
INFLUENCES ORIENTALES k :
V. — Arts antérieurs el leur influence sur les premiers édifices musulmans, leurs survivances dans les édifices postérieurs.
Les influences que nous étudierons successivement se divisenten Orientales (assyro-chaldéenne-perse-sassanide) Byzantines et Occidentales {(néo-Latines).
En Perse et en Mésopotamie, nous trouverons celle de art perse et de l’art sassanide, en même temps que des survivances des méthodes de construction assyriennes et chaldéennes ;
En Égypte et en Syrie, celle des arts égyptien, copte et byzantin ;
En Afrique du Nord et en Espagne, celle de Part néo-latin d'Espagne ou d'Afrique et de l'art byzantin;
Enfin en Turquie d'Europe et en Asie Mineure, celle dé l'art byzantin.