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Fig. 350. — Palais de Tiréboli. — Dessin de H. Saladin, d'après J. Laurens. Hommaire de Hell, op. cit.
une très haute tour avec un double escalier intérieur en marbre blanc qui donne accès sur un perron monumental. Au sommet de l'édifice est une loge de bois qui fait saillie de tous côtés... l'aile gauche du palais qui contenait le harem a été détruite ; l’aile droite subsiste encore en partie. On y remarque un salon de réception séparé du jardin par de larges fenêtres, espèce de loggia! qui devait se fermer en hiver et où l’on monte par quelques marches ... A côté de ce salon sont trois chambres peu étendues garnies dans toute leur hauteur de faïences émaillées du plus beau travail... des architectes persans et non pas grecs, comme pour les
1. La même disposition se voit au kiosque de Bagdad, au vieux sérail de Constantinople.
mosquées !, avaient bâti ce palais. » Nous pouvons nous faire une
idée de la disposition de ce palais, par celle que présentait au com-
mencement du siècle dernier le vieux sérail de Constantinople (fig. 348) dont nous donnons un plan d’ensemble d'après Melling?. On voit la pre- | mière cour comme un orand jardin irrégulier et la seconde cour où l’on entre par la porte nommée Orta Kapou. Cette porte s'ouvre sous un portique (fig. 349) abrité par un auvent d'une très grande saillie et quimalgré le singulier mélange d’'architecture turque très pure, et d'une décoration italienne fort médiocre, ne laisse pas de produire un certain effet. Le harem d’h:iver se trouve à gauche avec les palais des grands dignitaires, à droite, les grands bâtiments des cuisines et au fond le palais
Fig. 351. — Intérieur d'une maison turque à Kadi-keui (Haute Mésopotamie). — Dessin de H. Saladin, d'après J. Laurens. Hommaire de Hell'op. Cir.
MORPPIBEN dit disposé autour d’une cour encadrée de portiques : c'est là qu'on voit encore la salle d’ audience avec son portique et ses srands auvents, le trésor, une mosquée et enfin plusieurs kiosques
. Cette indication, si M. Albert Dumont l'avait justifiée par un texte, serait
i plus haut intérêt.
2, Constantinople et le Bosphore, in-f°, 1806.
dont le plus remarquable est le kiosque de Bagdad {voir plus loin,
Palane de Tiréboli ?. — Le palais de Tiréboli (fig. 350) est un curieux exemple de ces constructions en pans de bois’ hourdés sur maçonnerie de briques dont les grands toits saillants et les galeries soutenues par des colonnettes en bois reliées entre elles par de légères balustrades rendent l'aspect si pittoresque. Il doit dater de la fin du xvm® siècle. Nous joignons à la vue générale quelques détails ; en A est figuré un vitrail en plâtre repercé à jour; en B le - détail du chapiteau d’une des colonnes, et en C un fragment de ces cormiches.
Maisons privées. — L'intérieur des petites maisons est même souvent agencé avec une certaine recherche. Ainsi voici (fig. 391) l'intérieur d’une maison turque à Kadi-keuï (Haute-Mésopotamie) que j emprunte au même voyage et dont les arcades intérieures, tout en n étant qu'une traduction de formes empruntées à la charpente, sont charmantes de simplicité et d'élégance.
Comme ces maisons sont construites dans les régions souvent irès froides en hiver, or y trouve les cheminées en forme de hotte polygonale accolée devant une niche creusée dans le mur ; c'est le type de cheminée qu'on retrouve dans toutes les régions froides de la Turquie, de la Perse et du Turkestan. J'en donne ici un croquis d'après le voyage d'Hommaire de Hell (fig. 352). Les maisons de campagne des ‘environs de Constantinople et en oénéral de la Turquie d'Asie sont construites en pans de bois et à un ou deux étages ; elles sont, comme toutes les maisons musulmanes, divisées en deux parties, le selamlik ou partie consacrée à la réception, et le harem, consacré la vie de famille. Les plus anciennes de ces maisons ose encore des faïences, des boiseries peintes ou incrustées et des plafonds peints et sculptés.
1. Les Turcs avaient pris en Asie Mineure le modèle de ces constructions légères, à grands auvents en bois dont ils ornèrent à plaisir leurs maisons de ville, leurs maisons de campagne, leurs portes, leurs fontaines... je n'ai pas pu me procurer d'autres représentations de ces monuments en bois de l’Asie antérieure ou des régions frontières de la Perse qui puissent me fixer d'une manière précise sur Le gine de ces formes d'architecture. Il n’est pas douteux cependant que cette cbr care a dû -prendre naissance dans une région montagneuse et par conséquent riche en forêts et en bois de construction.
:Tirébolr-est-une petite.-ville de la côte nord de la Turquie d'Asie sur la mer Noire.
3. Hommaire de Hell, au voyage de qui j’emprunte ces détails, n'en donne pas la date.
Sur la frontière de la Mésopotamie cependant, à Diarbékir (fig. 333) par exemple, les formes de l'architecture sont restées syriennes quoique l influence du style turc se fasse sentir dans les toitures saillantes et la forme caractéristique de l'arc de la niche de la citerne
(au-dessus du person-
nage accroupi).
Monuments publes.
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