‹ Manuel d'art musulmanChapitre 162 sur 193 · Cf. Texier, Description de l'Asie Mineure, t. I; pl · texte numérisé non relu

Cf. Texier, Description de l'Asie Mineure, t. I; pl

(l'ancienne chapelle du château de la ville) possède un portique ou narthex analogue !,.

Cette mosquée est entièrement construite en briques roses alter-

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Fig. 360. — Mosquée Verte à Brousse d’après Montani Effendi. Plan du rez-dechaussée. De 818 H.-1414 J.-C. à 827 H.-1424 J.-C.

nant avec des assises de pierre, à la mode byzantine, dont on distingue fort bien la disposition sur la façade latérale (fig. 359). Les

1. Elle se trouve près d'Oulou-Djami et a été convertie en mosquée funéraire. C’est là qu'est enterré le sultan Orkhan.

arcades du portique et de la façade sont décorées de briques et de faïences alternées dont les ingénieuses combinaisons produisent un effet charmant en égayant de bleu, de vert et de rose la blancheur un peu uniforme de l’ensemble. Les colonnes sont gauchement vouronnées de moulures lourdes et d'une base antique, aussi n'insisterai-je pas davantage sur cetédifice, qui n'offre d'intérêt que par son plan byzantin et sa décoration polychrome !.

Oulou-Djami ou grande mosquée. — Le plan d’Oulou-D jami ? présente un parti très simple qui rappelle un peu celui des mosquées mogrebines. Il consiste en quatre nefs parallèles au mur du mihrab, chacune de cinq travées d’arcades, travées couvertes en coupole, sauf latravée médiane de la deuxième nefà partir dela façade qui est ouverte par un vaste hypèthre. Malheureusement l’intérieur est actuellement défiguré par un badigeon uniforme, orné de grandes inscriptions, mais aussi de décorations hideuses dues au pinceau dé peintres ignorants imbus d'idées européennes. Les seuls restes de son antique splendeur sont quelques rares vitraux et un magnifique minbar en bois sculpté, d'un travail très remarquable. Ce beau morceau de menuiserie artistique peut rivaliser avec les plus beaux exemples de ce genre de travail à Constantinople (minbars, meubles, poftes, etc.)

Yéchil-Djamiou mosquée Verte. — La mosquée Verte ou Yéchil- Djami est construite sur un plan bien différent { fig. 360 à 365). C'est le plan cruciforme du medressé syro-égyptien, dans lequel la cour hypèthre n'existe plus comme cour; le centre de l'édifice, au lieu d'être découvert, est fermé et surmonté d’une coupole sur plan carré *. La partie réservée au mihrab et au minbar est aussi recouvérte par une coupole, c'est le liwân principal de nos mosquées collégiales du ‘Caire. Quatre salles carrées ou rectangulaires remplissent les vides formés par les bras de la croix. De chaque côté

1. C’est de cette tradition byzantine que procèdent les petits turbés d'Aya- Solouk (Éphèse). Cf. Huart, Konia, La ville des derviches, p. 239, et les photographies de la collection Sebah et Joailler, n° 91-1890.

2, Commencée par Mourad [°', vers 781 H.-1379 J.-C. ; elle fut continuée par Bayezid-[lderim et terminée par Mohammed [°° (818 F.-1414 J.-C.).

3. Les piliers étaient originairement dorés jusqu'à hauteur d'homme et la chaire d'Oulou-Djami n’a d'égale que celle de la grande mosquée de Sinope (Parvillée, Architecture et décoration turques, p.7).

4. La mosquée Verte ou Yéchil-Djami a été fondée par Mohammed I° et terminée en 827 H.-1424 J.-C., sous le règne du sultan Mourad IT. Son architecte se nommait Ilias-Ali (Inscription au-dessus de la tribune intérieure. Cf. Montani Effendi, op. cit., p. 26).

de l'entrée, de petits liwâns auxiliaires forment, pour ainsi dire, comme deux petites chapelles entièrement revêtues de faïences

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Fig. 361. — Mosquée Verte à Brousse. Plan du 1° étage d'après Montani Effendi.

vertes et noires avec dessins dorés d’un effet merveilleux. Les arcs de tête qui s'ouvrent sur ces lHwâns, comme celui de la tribune qui les surmonte, sont en faïence. Comme décoration, ils sont

simplement peints en émail. L’arc composé de deux parties en quart de cercle réunies par un arc surbaissé presque rectiligne dérive des formes de charpente, comme celles que nous avons vues précédemment (fig. 351, maison turque à Kadi-keui) ; les retombées de l'arc sont reçues par un petit encorbellement en stalactites rectilignes. Les tÿmpans de ces arcs et leurs encadrements sont formés de carreaux en faïence peinte à rinceaux, une grande inscription couronne le tout. Le fond de ces liwâns ou grandes niches est revêtu Jusqu'à une certaine hauteur d’un lambris de faïences en carreaux hexagones d’un vert foncé, analogues à ceux qui décorent Île reste de la mosquée (ces derniers sont entourés d'une bande bleu turquoise). Au-dessus de ce lambris uni s'étend une longue frise d'inscription que surmonte un lambris général de faïences à légers reliefs dont la tonalité générale verte est relevée par des parties noires ou dorées; le parti du semis est de carreaux hexagones relevés de petits fleurons incrustés aux angles. Les plafonds sont aussi en faïence !, ainsi que l'encadrement de la petite fenêtre et son plafond. La tonalité de ces faïences dont les dessins sont d’une richesse extrême est très variée, le bleu, le jaune, le blanc, le vert, le noir. s y trouvent et même le rouge foncé, caractéristique, on pourrait le dire, de la céramique turque. Ces émaux sont des émaux stannifères, tandis que les carreaux octogones de tonalité unie semblent teintés sous couverte. Les balustrades qui précèdent ces liwâns sont en marbre blanc découpé à jour.

La tribune impériale au premier étage est flanquée, à droite et à gauche, de deux autres tribunes ? ne s'’ouvrant sur l'intérieur de la mosquée que par une petite fenêtre encadrée de faïences. Cette tribune est constituée par une grande baie, analogue à celles des liwâns inférieurs décrits précédemment, mais l'arc, son inscription et ses tympans sont seuls en faïence peinte de fleurons conventionnels et de rinceaux ?, le grand encadrement formant chambranle, son couronnement en fleurons de faïence découpée, sa balustrade ajourée, sont en faïences à relief d'une tonalité générale, verte avec rehauts de couleurs ou de dorures. Il en est de même pour les revêtements des murs intérieurs de la tribune.

Toute la partie inférieure des murs de Yéchil-Djami est tapissée

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