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faites à Yéchil-Djami; ainsi, 1l y a encore quelques rares vitraux merveilleusement découpés à jour dans des dalles de plâtre, et garnis de verres aux colorations chaudes et harmonieuses. Ces vitraux ont été quelquefois traités avec une délicatesse de tracé et une finesse de détails absolument remarquables.

1. Dans certaines maisons de Brousse, ces cheminées sont en saillie sur les murs et forment des encorbellements assez curieux. 2. Montani Effendi, op. cit., pl. 51, fig. 1 et 2.

Fig. 363. — Intérieur et mihrab de Yéchil-Djami à Brousse.

Nous pourrions donc dire que si le plan de Yéchil-Djami est byzantin, son décor intérieur est presque purement persan, car l'industrie céramique n existait pas à Brousse avant la conquête ottomane, quoique l'argile y fût abondante ! et la brique employée

Fig. 364. — Cheminées dans une des chambres latérales d’Yéni-Djami à \ Brousse.

depuis les tempsles plus anciens. Il a donc fallu installer des ateliers soit à Brousse, soit à Nicée (cette dernière ville a fourni pendant longtemps de fort belles faïences à Brousse et à Constantinople) et y amener des céramistes et des émailleurs probablement persans,

1. Montani Effendi (op. cit., p. 25) dit que ces faïences étaient faites en recouvrant la terre (cuisant en rouge) d’un engobe de terre de Kutahia (cuisant en blanc), sur laquelle on posait l'émail. Les échantillons que j'ai rapportés de Brousse ne me montrent pas cette technique, mais ils ont bien cette cernure noire cloisonnant pour ainsi dire les émaux, dont parle Montani Effendi et qui n’est pas un émail à base de cuivre, mais bien à base d'oxyde de manganèse.

car je doute que Konieh ait jamais été un centre de fabrication céramique assez important pour que ses ateliers aient essaimé au dehors et envoyé des ouvriers créer d’autres fabriques de faïence en Anatolie. A Yéchil-Djami il n'y a aucune hésitation, ni dans le parti des décorations, ni dans leur coloris, n1 dans leur exécution.

Fig. 365. — Armoire et niches dans une des chambres de Yéchil-Djami à Brousse.

Seule l'exubérance que nousretrouvons dans lornementation sculptée rappelle celle des monuments seldjoucides, Le grand portail (fig. 362) est flanqué latéralement de deux niches comme dans ceux-ci : sa voussure est décorée de stalactites et les tympans ornés de rinceaux d’une fort belle allure. Le tout est encadré d'un chambranle rectangulaire très habilement mouluré, et décoré d'inscriptions et d’arabesques en relief. On y retrouve une certaine analoÿie avec les portails des medressés de Siwas,

notamment avec celui du Gueuk-medressé ; mais à Brousse !, l'arc ogival a disparu, et l'ampleur du parti, la franchise des saillies et des lignes générales de la composition, le soin extrême apporté à l'exécution donnent à toute cette œuvre une allure absolument

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Fig. 366. — Partie supérieure du portail du Turbé vert à Brousse (vers 823 I.- APN JC.

classique. Les fenêtres basses avec leurs arcs à tympans pleins et leurs cadres de stalactites formant chambranles ?, les petits mihrabs extérieurs, où les stalactites simples très bien traitées sont

1. Ce beau portail est malheureusement défiguré par un auvent moderne d’une proportion ridicule, et qui, construit sur une carcasse en PRASPRRRe pourrait être démoli à peu de frais.

2. On voit aussi de belles fenêtres à chambranles à stalactites à la grande mosquée seldjoucide d'Éphèse, actuellement en ruines.

encadrées de rinceaux puissants !, tout en un mot est parfaitement traité dans cette façade d’un marbre blanc admirable et soigneusement appareillé. La porte est surmontée d’une fort belle frise à inscription. dorée sur trois lignes superposées, à fond peint en vert. Les niches sont aussi surmontées de cartouches rectangulaires à incriptions dorées. La voussure à stalactites qui couronne le tout, ainsi que celles des nicheslatérales, est remarquable par son exécution et par sa forme en mitre qui est caractéristique des belles voussures turques à stalactites ?. Yéchil-Turbé, tombeau de Mohammed I Tchélébi. — Ce turbé vert, ou tombeau de Mohammed I* Tchélébi, est construit sur plan octogonal *, il est revêtu extérieurement, dans les nus que laissent les grandes lignes de face, de briques émaillées d'un beau vert turquoise, Ce revêtement, ruiné en partie, a été refait sous l'administration d'Ahmed-Vefik-Pacha, mais le porche que j'ai vu en ruine n'a pas pu, faute de ressources suffisantes, être . On en a conservé et

rétabli comme il était autrefois, en faïence restauré cependant la plus grande partie, c’est-à-dire la porte et sa

1. Ici, la richesse un peu exubérante et un peu lourde de la sculpture seldjoucide a disparu pour faire place à une abondance correcte et dont les masses sont très judicieusement réparties.

2, Voir Parvillée et Montani Effendi.

Parvillée a analysé, au point de vue des tracés géométriques, les proportions de Yéchil-Djamiet de Yéchil-Turbé (ou Turbé vert, tombeau de Mohammed I°). S'inspirant des doctrines de Viollet-le-Duc, il a recherché dans les élévations et les coupes de ces deux monuments les dispositions de ces réseaux triangulés à l’aide desquels les proportions des édifices auraient pu être déterminées, et son explication paraît satisfaisante ; c'est un argument de plus à l'appui de la thèse soutenue dans plusieurs passages du présent ouvrage: la transmission depuis l'antiquité jusqu'aux temps modernes des applications de ces geometricae raliones dont Vitruve citait l'emploi comme familier aux architectes grecs et romains de son temps et dont M. Fauré a récemment indiqué l’application presque intuitive dans un grand nombre des plus beaux monuments de l'architecture contemporaine. Montani Effendi (op. cil., p. 26) a prouvé qu’Yéchil-

Djami a été construite par Ilias-Ali sur un module de 0" 5294, divisé en 18 parties

(0® 5294 —17 parmaks). Il a d’ailleurs établi à l'appui de sathèse une théorie modulaire assez intéressante qu'il expose dans le même ouvrage.Cette mesure, 025249, n'est autre qu'une mesure très ancienne (elle est égale à la coudée de la canne philiétérienne de 0 5294 employée à Bassæ par Ictinus) qui remonte aux temps les plus reculés de l'histoire de la Chaldée, car c’est à peu près la coudée de Goudéa figurée sur l’'étalon de mesure sculpté sur la tablette que porte sa statue (Cf. Musée du Louvre, où l’on conserve aussi une coudée égyptienne de 06%525. Consulter, à ce sujet, Mauss, L'Eglise Saint-Jérémie et les mesures de Tello, p. 280).

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