‹ Manuel d'art musulmanChapitre 166 sur 193 · Cf. Parvillée, op. cit. (pL-34ét · texte numérisé non relu

Cf. Parvillée, op. cit. (pL-34ét

2. Dont la dominante bleue fait admirablement ressortir les grands caractères jaunes des inscriptions.

- neau, Enfin, un mihrab en faïence d’une richesse d’ornementation étonnante complète la décoration intérieure de ce tombeau qui est resté presque complètement intact Jusqu'à ce jour. Ce mihrab présente encore bien des dispositions empruntées à l’art des monu-

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Fig. 369. — Plan du Tchinli-kiosk à Constantinople, commencé en 870-1466, achevé en 877 H.-1470 J.-C. par l'architecte Kemal-ed-din ; restauré en 990 H.- 1590 J.-C. sous le règne du sultan Mourad ITT.

ments seldjoucides, mais 1l s'en distingue néanmoins par un détail remarquable, je veux parler de ces énormes fleurons découpés, tout en faïence peinte, qui couronnent si heureusement l’encadrement du mihrab, et dont nous retrouverons l’'emplor comme couronnement de portes ou d’acrotères, dans certains monuments de Constantinople, à la mosquée du sultan Bayézid par exemple. Nous retrouverons aussi à Constantinople ces grosses têtes de clous en

relief, formant cabochons, comme 1l y en a 1c1 dans l'encadrement de la niche même du mihrab et dans les grands panneaux latéraux du minbar d'Oulou-Djami *.

Bains d'Yéni-Kaplhidja. — Il ne faut pas omettre de men-

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Fig. 370. — Entrée de Tchinli-kiosk à Constantinople.

tionner parmi les plus intéressants monuments de Brousse, les célèbres bains d'Yéni-Kaplidja (fig. 367) construits par Roustem Pacha, grand vizir de Soliman le Magnifique, restaurés au xix° siècle par les soins d'Amed-Vefik-Pacha, alors ministre de l'Instruction publique, à côté des bains d'Eski-Kaplidja (bâtis vers 1389 J.-C. par le sultan Mourad I°* et dans lesquels on a employé un assez

1. Cf. le portail du Karataï-medressé à Konieh. Nous les retrouvons aussi à Constantinople dans les faïences, dans l’architecture en marbre, dans les portes de bronze ou de bois précieux et dans les meubles du culte, minbars, tribunes ou coffres à serrer les Corans.

grand nombre de colonnes antiques et de chapiteaux byzantins). Ces bainsse composent de grandes salles de repos À couvertesen coupoles, qui servent aussi d'apodylerium; en B sont des salles tièdes où se trouvent des baignoires et des latrines, le vestibule C conduit dans une salle D, au milieu de laquelle est creusée une grande piscine circulaires dans laquelle, par un conduit E, arrivent les eaux de la source thermale qui a rendu ces bains célèbres; les niches sur plan rectangulaire, pratiquées dans les faces de l’octogone, sont revètues de faïences vertes à dessins noirs sur carreaux hexagonaux ; une coupole (fig. 368) couvre cette salle qui n’est éclairée que par des jours en forme d'étoiles pratiqués de distance en distance.

Pour résumer cette étude sur les monuments de Brousse, nous pouvons y reconnaître déjà les éléments principaux de l’architecture ottomane, plan byzantin, construction byzantine, architecture extérieure dérivant en grande partie de l’art seldjoucide épuré, simplifié et pour ainsi dire ramené à une allure plus discrète et plus classique. Décoration intérieure en faïence inspirée de l'ornementaion des tissus et des tapis, et exécutée au moyen des procédés techniques des céramistes persans. Ilsne furent pas les seuls artistes persans qui eurent à travailler pour les sultans.

Monuments de Constantinople.

Tehinli-kiosk au vieux Sérail. — Ainsi par exemple à Constantinople, le Tchinli-kiosk ou kiosque des faïences a été très probablement construit par un architecte persan (fig. 369 et 370). Son plan crucilorme avec sa coupole centrale reposant sur des pendentifs à nervures dans le système persan, ses liwâns s’ouvrant par de grandes baies sur l'extérieur, sa décoration en faïence et en mosaïque de faïence et en briques émaillées (fig. 370, son portique à longues colonnes, la forme des arcades dont les ogives ont des parties rectilignes, tout cela n'appartient pas à l'art ottoman mais procède plutôt de l'art persan ; seulement les balustrades qui, peut-être en Perse, auraient été exécutées en bois, ont été ici exécutées en marbre blanc. L'architecte ! qui a construit ce kiosque se nommait Kemal ed-din.

1. Je dois ce renseignement, ainsi que le plan du Tchinli-kiosk, à M. Youssouf-bey, professeur à l'Ecole impériale des Arts et Métiers de Constantinople.

Ce petit monument se compose de deux galeries en croix de 7 mètres de large par lesquelles on accède à quatre chambres rectangulaires éclairées chacune par trois fenêtres, un salon terminé par une sorte d’abside à pans coupés se trouve dans l'axe de la galerie principale. I] reste encore dans les chambres quelques vestiges de la décoration céramique qui faisait de ce pavillon une merveille célé-

Fig. 371. — Vue panoramique de la mosquée du sultan Bayézid à Constantinople, commencée en 902 H.-1497 J.-C. et terminée en 909 H.-1505 J.-C.

brée par les historiens ottomans, ce sont des faïences vertes ornées de délicates arabesques dorées !, elles se trouvent dans les petites niches des chambres ; j'ai remarqué que ces faïences sont analogues comme tonalité aux faïences vertes de Brousse. Toutes les parois des murs étaient couvertes de revêtements de faïence. Il en reste encore quelqnes parties ainsi qu'une grande voussure en briques

1. L'or n'est pas sous émail, mais il est appliqué à l’aide d'une mixtion et à froid, sur la surface émaillée de la faïence, ce que paraît prouver l'usure bien manifeste de ces parties dorées, sans que la surface émaillée ait été usée ou ternie ; si cet or avait été appliqué sous émail, il serait encore intact.

émaillées sous le portique antérieur (fig. 370) et une fort belle frise d'inscription qui rappelle que ce monument fut construit et achevé en 877 de l'hégire, la vingtième année de la prise de Constantinople, par l’architecte Kemal ed-din, par ordre du sultan Mehemet-khan Abou’l-Fath el-Moughazi !. Ces faïences sont encore admirablement

Fig. 372. — Cour de la mosquée Bayézid à Constantinople.

conservées, el j'estime qu'elles ne sont pas inférieures aux plus belles faïences de Brousse, quoiqu'elles aient une tout autre tonalité. Elles se rapprochent, en effet, à mon avis, bien plus des faïences persanes. D'ailleurs, ce ne sont pas des carreaux, mais bien une mosaïque de fragments de faïence taillés et ajustés. Ce charmant monument a malheureusement été défiguré par les architectes qui l'ont successivement modifié pour y installer les collections du Musée. Mosquée du sullan Bayézid. — La mosquée du sultan Bayézid est la plus ancienne en date des grandes mosquéés de Constantinople,

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