‹ Manuel d'art musulmanChapitre 176 sur 193 · I. — GÉNÉRALITÉS SUR LES MONUMENTS MUSULMANS DE L'INDE · texte numérisé non relu

I. — GÉNÉRALITÉS SUR LES MONUMENTS MUSULMANS DE L'INDE

Les édifices que les musulmans ont laissés dans l'Inde sont des mosquées, des medressés, des tombeaux. C’est surtout dans l’architecture religieuse que se manifeste l'empreinte de l'Islam. Cette influence fut, dans les premiers siècles de l’Hégire, bien faible et ne

se marque que par les arcs aigus dans les façades. Cependant, les

palais et les châteaux des sultans de l'Inde ont eu plus d'ampleur peut-être que dans tout autre pays musulman. La description que

faisait Ibn-Batouta, au xiv° siècle de notre ère, du palais de Djelal-.

ed-din à Delhi ! en fait foi.

« Ce château, nommé le château rouge, est à l’intérieur de Delhi. Il est très grand, avec une salle d'audience fort vaste et un vestibule immense. Près de la porte se trouve une coupole qui domine cette salle d'audience ainsi qu'au-dessus d’une deuxième par laquelle on entre dans le palais. Le sultan Djelal-ed-din avait l'habitude de s'asseoir dans le pavillon où l'on jouait au mail devant lui, dans cette salle d'audience. C’est dans ce palais qu'eut lieu le mariage de Saïf-ed-din Emir Ghada; on y fit dresser de grandes tentes et dans l'une et l’autre on éleva une coupole extrêmement vaste dont le plancher fut recouvert de fort beaux tapis ».

Les édifices d'utilité publique n'étaient pas dans l'Inde l'objet |

d'un moindre intérêt de la part des souverains musulmans, que dans

les autres pays d’Islam ; ce sont des barrages, des ponts, des.

réservoirs qui subsistent encore. Les uns, réservoirs souterrains, sont analogues aux ab-ambars persans. Rousselet en cite ? à Tin-

toui, entre Ahmedabad et Oudeypore, dont la description rappelle

en de plus grandes dimensions les travaux que jai mentionnés à propos de la Perse. Ibn-Batouta * les nomme baïn, ce sont des

puits très spacieux maçonnés en pierre et pourvus de marches au.

moyen desquelles on descend jusqu’à la surface de l’eau. Quelquesuns de ces puits ont au centre et sur les côtés des pavillons construits en pierre, des bancs et des sièges. Les rois et les chefs du pays s’efforcèrent de se surpasser les uns les autres en construisant de pareilles citernes dans les contrées où il n’y a pas d’eau; le même voyageur ajoute qu'à Deh-el Fattan * se trouve « un grand

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