Édition Westerman, Paris, Didot
comme dans le firmament!. » Cette harmonie bleue et or est bien celle des mosquées persanes du moyen âge.
Les fortifications de Babylone sont le prototype des fortifications byzantines à enceintes concentriques, où les tours d'une enceinte sont dans l'axe des courtines de l’autre, fortifications que les Arabes ont appris à copier, dès les premiers temps de l’hégire.
Les merlons dentelés sont aussi d’origine chaldéenne.
L'emploi de matériaux appareillés, revêtant par des pierres en besace, en boutisse et en parpaing, des massifs de maçonnerie compacte, fut adopté en Chaldée, en Assyrie, avec les briques crues; en Mogreb avec du pisé ou béton grossier. Les portiques en terrasse à colonnes en bois deccrées de feuilles de métal sont d'origine mède et assyrienne. Nous les retrouvons dans la Perse musulmane.
Enfin les Chaldéens avaient déjà l'habitude d'orienter leurs palais de façon que les angles marquassent les quatre points cardinaux. On trouve ici l'origine de l'orientation des édifices suivant les règles consacrées auxquelles Vitruve faisait allusion et qui ont été appliquées dans presque tous les édifices classiques. Nous rencontrerons la même orientation dans un grand nombre d’édifices musulmans.
2° L'art sassanide. — Malgré les bouleversements divers qui marquèrent l'histoire de l'Orient, la lutte ne cessa pas un moment entre les maîtres de l’Asie Mineure et ceux de l'Iran pour la possession de la Mésopotamie et de la Syrie. Après les Parthes et les Romains, ce sont les Perses etles Byzantins. Avant l'entrée en scène des Arabes, la grande puissance orientale est celle des Sassanides. Ce sontles palais de Sarvistan, de Firouzabad, de Tag-Eiwan, puis celui de Ctésiphon qui seront les précurseurs des monuments musulmans. Une étude sommaire de leur plan et de leur décoration nous est nécessaire pour comprendre celle des monuments suivants.
Les palais de Sarvistan et de Firouzabad sont d'un plan massif dont l’ensemble et le caractère ressemblent à celui de la mosquée bleue de Tauris ou de la grande mosquée de Veramine. M. de Morgan nous a fait connaître la physionomie des palais sassanides dans sa description détaillée de ceux de Kasr-i-Chirin, Haouch-Kouri et Kala-1-Hazar Dar? (fig. 11).
1. Malgré l'absence de documents sur la période sassanide, il y a eu certainement continuité dans la fabrication de la céramique émaillée dont les Assyriens, Chaldéens, Perses, nous ont laissé de si beaux débris.
2. Recherches archéologiques de la mission de M. J. de Morgan, en Perse, DEV
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Haouch-Kouri est un petit palais situé entre deux aires cimentées qui peuvent être des bassins : une longue avenue partant d’un kiosque y conduit, une autre mène aux Jardins clos de murs. Dans un angle des jardins se trouvent les communs qui semblent constituer deux caravansérails juxtaposés. L'étage supérieur des palais
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Fig. 41. — Plan d'ensemble de Ksar-i-Chirin, dessin de H. Saladin, d'après J. de Morgan.
servait pendant l'hiver quand la température était douce. L'étage inférieur voûté donnait des pièces fraîches pour l'été. Les appartements publics se composaient d’une vaste salle à portique, entre deux cours bordées de chambres, les appartements privés se trouvaient derrière la deuxième cour, disposition analogue au sélamlik et au haremlik arabe.
À Kala-1-Hazar-Dar, on trouve de nombreux vestiges de la décoration de ces palais. Elle consiste en revêtements de plâtre sculpté ou moulé représentant des rosaces jJuxtaposées en semis ou disposées dans des caissons décorés d’arabesques et d’ornements réguliers. Ces arabesques étaient parfois, dorées ou peintes. Leur dessin rappelle celui des broderies des étoffes dansles bas-reliefs de Takt-
i-Bostan. M. de Morgan a publié une reconstitution fort intéressante d’une maison sassanide qu'il a donnée avec le plan de Kasr-i- Chirin. Les arcs paraissent être en plein cintre, mais les voûtes sont en chainette. Les détails ont un caractère gréco-romain assez lourd, tandis que l'ornementation bien originale dérive du même principe que les décorations des étoffes sassanides.
Ces palais sont, à cause de leurs dispositions et de leurs petites dimensions, fortintéressants à comparer avec ceux des riches Persans du xvut siècle dont Chardin nous a donné de si fidèles descriptions (voir plus loin, École Persane).
Kasr-1-Chirin est, au contraire, de proportions royales, et comparable au palais d’Abbas à Achraf que je décrirai dans l'École Persane.
Il constitue un ensemble : Ia forteresse de Kala-i-Khosrou, des villas, un parc de 120 hectares avec des murs servant d'aqueduc.
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Tchouar Kapi à Ksar-i-Chirin, sible, l’autre interdite, comme le
dessin de H. Saladin, d’après J. de ont lee jardins se palais PA
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Il y avait deux palais: le plus petit, nommé Kala-1-Tehouar Kapi (château des quatre portes) (fig. 12), contenait la salle d'audience carrée, recouverte d'une coupole elipsoïdale supportée par des trompes comme la salle B du palais de Sarvistan; le plus grand, Amarat-i-Khosrou (château de Khosroës 11), précédé d'une vaste terrasse et d’une longue pièce d'eau. Cette disposition, comme nous le verrons plus loin, a été imitée dans les beaux palais persans d’Ispahan, d’Achraf, de Sari, où ces longs miroirs d'eau reflètent les arbrisseaux, les cyprès et les platanes des jardins (fig. 13).
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Cette terrasse, soutenue par des voûtes, donnait accès au palais par une rampe ; on trouvait alors un portique de vingt-quatre colonnes formant péristyle à jour comme ceux des palais de Aïné- . Khaneh et de Tchehel-Soutoun à [Ispahan : puis une salle carrée surmontée d'une coupole, sans doute la salle du trône; à l’ouest, une grande cour donnant sur le parc contenant six maisons séparées qui devaient être le harem pour les six épouses favorites.
La couverture de la partie centrale du palais paraït avoir été en bois.
La citadelle de Kala-1-Khosrou (fig. 14) consistait en une enceinte carrée de 180 mètres
de côté, flanquée aux angles de tours rondes comprenantentre elles quatre tours rondes et cinq courtines, des rampes conduisaient aux portes par des
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ponts jetés sur le fossé. Dans l’intérieur se trouvaient Îles
casernes !.
Fig. 14. — Plan de la forteresse de " ci sel Kala-i-Khosrou, dessin de H. Saladin, e ae de : PEUS 6e QesE d'après J. de Morgan. que nousalent laissé les Sassa-
nides est le palais de Ctésiphon, Takt-1-Kesra, dont Hione arcade elliptique, qui encadre la façade de la salle du trône s'élève à 35 mètres du sol. On y retrouve tous les caractères des édifices de la Chaldée, emploi des briques, division des façades par des colonnes engagées qui rappellent les cannelures des murs de Khorsabad. La grande voussure est bien le prototype des voussures persanes qui, dans les palais et les mosquées, forment un décor si impressionnant. On y trouve aussi l'emploi de chaînages en bois si parfaits qu'ils ont résisté jusqu à nos Jours. Ces chaînages, faits de pièces assemblées à mi-bois, et pris entre des moises longitudinales consolidées par des chevilles et des colliers de fer, étaient placés dans des gaines aérées par des tubes en terre cuite. Le procédé a été
1. C'est un peu la disposition du Kasr-er-Ribât, couvent fortifié à Sousse (Tunisie).
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appliqué aux coupoles byzantines et persanes et a contribué à leur permettre de résister aux tremblements de terre.
La Mésopotamie et la Perse ont toujours été essentiellement des pays de construction voûtée. Un monument plus ancien encore, le palais de Vologèse à Ctésiphon (détruit en 164 de notre ère par les Romains), comportait déjà les éléments de la décoration et de la construction persanes; ce palais était recouvert de lames de
Fig. 15. — Pont de Dizfoul sur le Karoun (Perse), vue prise de l'aval, d’après Dieulafoy, Art antique de la Perse.
cuivre qui reflétaient les rayons du soleil, 1l avait un quartier séparé pour les femmes et des appartements réservés aux hommes, et ses portiques étaient décorés, en guise de peintures, par des étoffes brodées d’or et encadrées de plaques d'argent.
Enfin, les Sassanides ont donné aux Arabes l'exemple des travaux D dréiliques: ponts, aquedues, barrages, avec un système de digues et d’écluses. La plupart de ces ouvrages furent exécutés à l'aide de prisonniers ou d'ouvriers romains ; tel le pont de Dizfoul, œuvre de Baranousch ‘, qui traverse le Karoun, (fig 15), et sert en même temps de régulateur à ce fleuve. Les irrigations qui avaient, depuis les temps les plus reculés été employées en Mésopotamie,