‹ Manuel d'art musulmanChapitre 19 sur 193 · Baranus, ou peut-être Varahan · texte numérisé non relu

Baranus, ou peut-être Varahan

et entretenaient sa fertilité, furent les modèles qui inspirèrent les Arabes dans leurs beaux travaux d’Espagne ; d'un autre côté, on sait que l’habileté des ouvriers persans à creuser des canaux et des conduites d’eau fut de tout temps renommée en Orient.

Leurs citernes, dont on retrouve des spécimens dans le Golfe Persique, sont aussi intéressantes que celles de Syrie, d'Égypte Loto Palestine et d'Afrique. Dans ces pays à longues sécheresses, on a toujours connu ce moyen de conserver l’eau, et l’art de construire ces uliles monuments s’est transmis sans discontinuité, par la force même des circonstances climatériques.

L'influence de l’art sassanide, successeur des traditions MéÉsOpOtamiennes, s’est étendue avant l'hégire sur tout l'Orient, sur la Syrie et même sur l'Égypte .

En Arabie, les quelques royaumes sédentaires qui s'étaient formés sur les confins de l Euphrate ou de la Syrie, les régions prospères de l'Arabie Heureuse, l'Yémen, Saana, etc... étaient devenus tributaires des Perses. Malheureusement, nous avons fort peu de documents sur les monuments des villes les plus riches de ces contrées. Mareb, l'antique Saba, ville hymiarite dont les merveilles furent contées par Artémidore, Hérodote, KEratosthène, subit, au point de vue artistique, l'influence de l'Inde et de la Perse. Au temps de Mahomet, des vice-rois perses administraient une satrapie comprenant l'Yémen, l'Hadramaut, le Mahra et l'Oman.

Le royaume de ira * dans l'Irak, fondé aussi sur l'Euphrate par des Arabes, rivalisa de luxe avec les grandes capitales de Mésopoamie. Après avoir vécu pendant quatre cents ans tantôt indépendant, tantôt vassal des Sassanides, il reçut en 605 un satrape persan.

Depuis des siècles, l'Arabie subissait donc l'influence persane. Rien d'étonnant à ce que son premier rôle artistique fût d'importer en Occident des formes persanes : deux caractéristiques de l’art du Mogreb sont l’are outrepassé et l’ornementation en plâtre

1. Autrefois, il y avait au Caire une énorme citerne à ciel ouvert où l’on conservait l'excédent des eaux du Nil; cette citerne, le Birket el Fyl, dont des dessins du commencement du x1ix° siècle nous ont conservé les dispositions, possédait des contreforts eo -Cyhndriques, comme les citernes puniques et romaines de la Tunisie.

2. M. Gayet, dans ses fouilles d’Antinoé, a trouvé un certain nombre d'étoffes sassanides dont quelques-unes ont été exposées en 1900, au Champ de Mars (Histoire du Costume) et d’autres sont conservées au musée Guimet.

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