Dabry de Thiersant, Paris, 1878, Le mahomélisme en Chine
MONUMENTS MUSULMANS DE CHINE | D8l
Les mosquées chinoises n'ont généralement pas de minarets (sauf cependant la vieille mosquée de Canton qui en a un très simple de forme cylindro-conique sans ornements). Aussi le muezzin annonce-t-1l la prière en se plaçant sur le seuil de la mosquée.
Fig. 419. — Entrée de la mosquée à Ta-ïn (Yunnan). — Cliché Gervais-Courtellemont.
A l'entrée de celle-ci ou dans la cour se trouve un autel sur lequel sont inscrits des vœux pour l’empereur en reconnaissance de l'autorisation qu'il a accordée aux musulmans de pratiquer leur religion dans l'empire (détail purement chinois). Les mihrabs sont réduits à une simple niche ou arcade en plein centre (fig. 417), dont le fond est décoré de médaillons portant des inscriptions arabes. Le minbar est une tribune peu élevée où l’on ne retrouve aucune trace d'art occidental. La cour d'entrée contient une fontaine d’ablutions, simple kiosque absolument chinois, aux charpentes sculptées et peintes et aux toits retroussés (fig. 418);
b82 MONUMENTS MUSULMANS DE CHINE à 1
l'entrée de la mosquée proprement dite (fig. 419) ne diffère pas de: celle d'un bâtiment public, palais, pagode ou yamen; et si lon examine une de ces mosquées de l'extérieur, par exemple celie de Hsiao-Kouan près de Ta-li-fou dans le Yunnan, avec ses toitures pittoresques et recourbées, peut-on croire que sous cet ensemble | d'aspect absolument chinois se trouve le temple d'une religion
Fig. 420. — Vue d'ensemble de la mosquée de Hour près de Ta-li-fou (Yunnan).— Cliché Gervais-Courtellemont.
qui compte de si nombreux adeptes dans le monde et qui, à son apparition, a révolutionné une partie de l'Asie, de l'Europe et de l'Afrique et les a transformées radicalement en les pliant à un nouvel idéal religieux et social.
Et cependant les relations de la Chine avec l'Asie occidentale sont très anciennes. Kosrau Anouchirvan ! reçut du roi de la Chine des présents nombreux parmi lesquels un cavalier entièrement fait de pierres précieuses et une robe en soie de Chine rehaussée d’or et debroderies qui représentaient le roi sur son trône, avec ses insignes et sa couronne, etc. Cette robe était placée dans
1. Macoudi, Les Prairies d'or, trad. Barbier de Meynard, t. II, 199.