‹ Manuel d'art musulmanChapitre 188 sur 193 · MONUMENTS MUSULMANS DE CHINE · texte numérisé non relu

MONUMENTS MUSULMANS DE CHINE

une cassette d'or. Les rois de l'Inde agissaient de même à l'égard des souverains de la Chine! mais au temps d'Ibn- Batouta, le roi de Chine était un tartare de la postérité de Gengis-Khan ?. Partout le voyageur rencontra des coreligionnaires habitant un quartier à part, avec leurs mosquées, leurs écoles. etc. Ce qu'il dit des mosquées n'indique rien sur leur style Mais nous en savons assez par les descriptions des voyageurs pour nous rendre compte de la généralité du fait signalé plus haut, c'està-dire l'exclusion de tout élément étranger à l’art chinois. Dans le voyage de M. F. Choutzé à Pékin * deux de ces mosquées sont publiées, celle dite des musulmans à bonnets rouges *, construite par Kien-Long au xvurr° siècle, et celle de Si-Paï-Ssen mosquée principale de la ville {il y a dix-mille musulmans hanéfites à Pékin). Ces deux mosquées sont des édifices de style purement chinois.

Birmanie et îles de la Sonde. — Quant aux mosquées de Birmanie dont j'ai pu voir des photographies, elles sont d'un style birman moderne et médiocre. Celles de Java sont aussi modernes pour la plupart et insignifiantes et je n’ai rien pu trouver d’analogue, dans les descriptions des îles de la Sonde, aux mosquées en bois que le voyageur [bn-Batouta dit avoir vues à Sumatra où il visita le palais du roi Al-Malik-az-Zahir.

Conclusion. — Mais si l’art musulman occidental n'a pas eu d’influence sur l'architecture musulmane de Chine qui est restée chinoise, il s'en faut de beaucoup que la réciproque soit vraie. Le grand” nombre des musulmans chinois exerçait malgré tout une grande influence sur l'Islam occidental qui lui envoyait des docteurs, des voyageurs, des cadis, des missionnaires. [bn-Batouta a rencontré en Chine des coreligionnaires de tout pays, des mogrebins, des arabes, des persans. Aussi comprend-on comment l’art extrême oriental a pu modifier quelquefois l’art musulman, soit par la décoration des étoffes importées en Occident, soit par des objets d'orfèvrerie ou des œuvres d'art décoratif, broderies, faïences, porcelaines, etc.

Maints passages du chapitre IV et du chapitre V de ce volume constatent ces faits, et plus fréquemment encore le tome IT de ce même ouvrage montrera cette influence.

. Ibn-Batouta, op. cit, LV, 2.

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