L'INFLUENCE BYZANTINE
Les caravansérails, qui étaient de tradition byzantine et s’élevaient de 50 en 50 milles sur les routes de l'empire, furent adoptés par les musulmans, grands commerçants et voyageurs.
La fortuification byzantine, la plus parfaite du monde à cette époque, qui inspira une des grandes écoles d'architecture militaire en Palestine pendant les croisades, eut une grande influence sur la
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Fig. 18. — Fortifications d'Héraclée, dessin de H. Saladin, d’après J. Laurens. — A, fûts de colonnes antiques.
fortification musulmane. Il est facile de le comprendre, car les transluges des armées impériales ou les nouveaux convertis mirent au service des califes leur connaissance de la défense et de l'attaque des places fortes. Les machines de guerre furent également adoptées, et le feu grégeois devint un de leurs secrets. Ils apprirent à se servir des fûts de colonnes pour relier les parements intérieurs et extérieurs des murailles, à ne pas liaisonner les tours avec les courtines afin de ne pas leur donner de solidarité entre elles et éviter que la chute des tours n’amenât pas celle des courtines, qu'ils soutenaient par de gros éperons reliés par des arcs au-dessus desquels ils firent passer le chemin de ronde {fig. 18).
La décoration byzantine, qui aimait à alterner la brique et la pierre de la façon la plus variée, inspira sans doute la disposition si répandue des voussoirs alternativement rouges et Jaunes, ou noirs et blancs, dans les arcades et pieds-droits ; on retrouve cette disposition dans les mosquées même les plus anciennes, comme à la mosquée Zitouna de Tunis. L'emploi généralisé des tirants en bois dans la construction des voûtes et des colonnes se trouve notamment à la mosquée d'Omar à Jérusalem, à la mosquée EI Aksa, à la mosquée d'Amrou, à celle d'Abou Rezzik au Caire, à Sidi Okba de Kairouan, etc., etc.
Les citernes byzantines, dont il reste de si magnifiques exemples, et qui n'étaient qu'une tradition romaine, réservoirs à ciel ouvert el citernes couvertes, ont certainement fourni des modèles dans tous ces pays de la Syrie et de l'Afrique, où elles sont d'un emploi constant. Ces deux sortes de réservoir se trouvent dans tous Îles pays qui furent soumis aux Romains et aux Byzantins.
Enfin, si l'architecture musulmane a dû s'inspirer de larchitecture voütée si répandue dans tout l'Orient mésopotamien, elle en eut des modèles encore plus nombreux et plus modernes dans les monuments byzantins. Les architectes de l'Islam leur empruntèrent la coupole sur pendentifs en trompe conique, en trompe en quart de sphère, en triangle sphérique, la coupole sur tambours cylindriques ou octogonaux, et la coupole côtelée. Ces coupoles, dont la structure primitive en brique justifiait les formes, se sont transportées plus tard dans la construction en pierre appareillée.
C’est par une extension du principe de la trompe conique, cylindrique, sphérique, ou polygonale que sont nées les stalactites.
La mosaïque byzantine fut employée avec autant de succès que la céramique mésopotamienne ou persane. La mosquée de Damas, celle d'Omar, et la mosquée El-Aksa reçurent uné superbe ornementation en mosaïque à l'exemple du sanctuaire voisin de Bethléem, la basilique de la Nativité !. |
Les musulmans d'Espagne, après avoir fait venir des artistes constantinopolitains pour décorer avec des mosaïques de Yérre grande mosquée de Cordoue, en établirent des fabriques dans l'Andalousie ?. | : |
L'autre type de mosaïque, l’opus sectile des Romains, exécuté
1. Clermont-Ganneau, Recueil d'archéologie orientale, IT. de 2. Makkari, traduction de Pascal de Gayangos, t. [, p. 93, 496, 498.