L'INFLUENCE BYZANTINE
l'effet même de la conquête arabe, s'amalgamer à ‘eux et aider à
composer l’art musulman.
Cette influence asiatique a imprimé un cachet indiscutable d’originalité à l'architecture byzantine du vi siècle ; ainsi, par exemple,
Fig. 17. — Tympans et douelles des arcades latérales du rez-de-chaussée. — Sainte-Sophie.
J'ornementation sculptée de Sainte-Sophie de Constantinople (fig. 17; me paraît à coupsür dérivée plutôtde la broderie ou de lorfèvrerie que des traditions de l’ornementation gréco-romaine à forts reliefs et à modelé très ressenti, D'ailleurs, rien de surprenant à ce que l'art byzantin se soit renouvelé aux sources de l'art asiatique : à cause des relations incessantes de l'empire byzantin avec la Perse par le commerce très important qui se faisait entre les deux empires, et
aussi par les guerres dont le pillage était un élément capital, qui permettait aux vainqueurs de s'enrichir des dépouilles des vaincus. Cette influence n'était pas seulement perse, elle pouvait être indienne, puisque, suivant l'expression de Lavisse et Rambaud (Histoire universelle, t. 1), la Perse était en quelque. sorte le point d'échange de l'esprit humain, placée qu'elle était entre les trois srands empires : Byzance, la Chine et l'Inde. |
Ensuite, par sa configuration géographique, l'empire d'Orient se trouvait avoir, si Je puis m'exprimer ainsi, son centre de gravité en Asie Mineure.
Autrefois aussi, l'hellénisme s'était transformé lorsque la conquête macédonienne lui avait donné l'Asie Mineure, la Syrie et l'Égypte. Le même phénomène s’est produit lors de la translation de l'empire romain à Byzance. En peu d'années, l'influence de l'Asie avait fait de tels progrès que le costume, la décoration intérieure des édifices, la cour même des empereurs et leur luxe n'avaient plus rien de romain. |
Dans les premiers siècles de l'hégire, les Arabes empruntèrent plutôt aux Byzantins leurs décorateurs que leurs architectes, la structure de leurs édifices restant de tradition locale, ce qui s'explique par l'emploi qu'ils durent faire pour la construction elle-même des artistes régionaux, tandis que les artistes appelés de Constantinople en exécutaient la décoration (Jérusalem, Damas, Cordoue), Après la conquête turque, au contraire, c'est l'influence des grandes églises byzantines, et surtout de Sainte-Sophie, qui marqua dans le plan des monuments musulmans, tandis que la décoration devenait persane ou syro-égyptienne, Je ne vois qu'un type de plan qui ait été purement byzantin dans les premiers édifices islamiques, c'est l’octogone de la Koubbet-es-Sakhra, et encore appartient-il aux édifices byzantins de la Syrie centrale !.
Mais tous les procédés byzantins, pour la construction des voûtes et des arcades sur colonnes, l'emploi des tirants en bois, les abaques élevés, les charpentes décorées, la mosaïque sous toutes ses formes, les placages de marbres sur les murs, de bronze sur les boiseries, les menuiseries des portes, les fenêtres en. dalles de marbre repercées à Jour, tous ont été mis en œuvre par les premiers architectes employés par les musulmans.
‘1. De Vogüé, Syrie centrale, Archilecture civile el religieuse. — Le Temple de Jérusalem. de