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VIII. — /n/luences occidentales

Arts chrétiens d'Espagne et de l'Afrique néo-latine. — Les arts chrétiens d'Espagne el d'Afrique successeurs de l'art romain locale — L'empire byzantin ne s’implanta jamais très fortement

dans la Méditerranée occidentale. En tout cas son Influence artistique fut restreinte aux principales villes des côtes, Carthage, Sousse, Sfax, ete., où pouvaient arriver par merdes éléments importés directement de Constantinople (chapiteaux, bases, colonnes ou frises) Même sous Justinien, les édifices construits dans les villes de l'intérieur, comme Haïdra, en Tunisie, ne présentent rien de franchement byzantin.

En Afrique et en Espagne, dans ces deux régions dont les destinées furent si étroitement unies (domination carthaginoise, puis romaine, invasions de barbares, pendant les premiers siècles chré- tiens)s’était peu à peu formé un art chrétien, dérivé de l’art romain, fortement dénaturé par des influences locales dont l’origine n’a pas encore été déterminée. On peut dire cependant que l'ignorance croissante des artisans et la prépondérance croissante de lélément indigène amenèrent une déformation des traditions et des procédés romains qui donna aux édifices construits une sorte d'originalité sauvage. La barrière des Pyrénées rapprocha l'Espagne de l'Afrique, surtout l'Espagne du Sud, dont les débouchés étaient méditerranéens. D'ailleurs l'Andalousie et le Maroc semblent être les rives d'un grand golfe qui existait certainement avant que le détroit de Gibraltar ne se soit formé. |

Ces arts régionaux présentent des survivances parfois plus anciennes que celles de l'époque romaine. Ainsi, par exemple, les

tombes juives de Tétouan rappellent les sarcophages anthropoïdes de Phénicie et la construction en pisé, employée jadis par Îles Carthaginois et même par leurs colonies d'Espagne, l'est encore de nos jours dans toute l'Afrique du Nord {murs de Fez, de Mekinez, murs de Mansoura près de Tlemcen, de la Kasba de Tunis, du Bardo) et en Espagne. Bien plus, des tombes de Kairouan ressemblent à celles de Carthage. Enfin les Phéniciens avaient déjà donné au pays des exemples de fortifications, de constructions hydrauliques,de citernes, que les exigences du climat et des matériaux forcèrent les Romains et sur certains points les Byzantins à imiter souvent.

En Espagne, les Arabes empruntèrent à l'art romain local les chapiteaux composites antiques. Après avoir employé ceux qu'ils trouvèrent dans les monuments anciens, soit tels qu'ils les trouvèrent, soit en les couvrant d'ornements grossiers comme à Cordoue, ils en firent plus tard de toutes pièces sur ce modèle, d’un gabarit modifié et d'une ornementation délicieuse dont Saragosse nous donne un spécimen. Telle fut .la véritable origine des chapiteaux mogrebins dont les angles ont gardé l’épannelagé un peu lourd du chapiteau composite.

Les églises chrétiennes, dérivées des basiliques romaines à plusieurs nefs, inspirèrent peut-être aux musulmans le plan de leurs premières mosquées. La grande église de Carthage !, Damous-el- Karita, put servir de prototype aux mosquées malékites du Mogreb. La caractéristique de leur plan est l'existence d’une nef centrale plus large que les autres et se retournant au fond de la mosquée par une nef égale et perpendiculaire à la première suivant la direcion du mur dans lequel est pratiqué le mihrab. Une autre disposition est empruntée aux églises chrétiennes : celles de Kherbet- Famarit, de Kherbet-bou-Addoufen, de Henchir-el-Atech, de Kherbet-el-Marab, de Kherbet-el-Kebira, relevées par Gavault et publiées par M. Stéphane Gsell ?, présentent toutes des clôtures de chœur formant comme un sanctuaire fermé, isolé des nefs. Cette disposition fut reproduite dans les maksouras des mosquées de Tlemcen, de Mansoura près Tlemcen, de la Kalaa-des-Beni-Hammad, et de la mosquée de Sidi Okba à Kairouan, etc.

. Saladin, Monographie de la grande mosquée de Kairouan. Paris, Leroux, cu

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