De ædificiis Jusliniant, V
2. A. Ballu, Le monastère byzantin de Tébessa. 3..Sbeïitla. Temple B.
4. J'en ai vu de très intéressants à la grande mosquée de Sousse et à la mosquée de Sidi Okba à Kairouan.
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EX ALeS oriqines de l'ornementalion géométrique.
Une caractéristique de l’art musulman, dans toutes ses producüons, est l'emploi de plus en plus exclusif de l'ornementation géométrique. — Mais si l'ornementation géométrique a pris chez les Arabes un caractère absolument spécial, il n’en est pas moins vrai que son origine doit être cherchée, ou bien dans les dernières productions de l’art antique, ou bien dans les étoffes de provenance orientale, soit égyptienne (cople), soit mésopotamienne, soit sassanide. |
J'ai pu en trouver des exemples :
1° Dans les soflites des temples de Baalbek et de Palmyre en Syrie et dans de nombreuses mosaïques romaines d'Italie, de
Fig. 19. — Schéma des ornements en nappe d’après une étoffe sassanide, représentée sur les bas-reliefs de Tag-i-Bostan (Perse). — 1. Étoffe d'après
le dessin de J. de Morgan, — 2. Le même dessin réduit au tracé des étoiles
— 3. Le même dessin en supposant réunis par un trait les points AB, BC, CD, DA ; dessin de H. Saladin.
Gaule ou d'Afrique (ef. Gauckler, art. Musivum opus, dans le Diclionnaire des antiquités de Daremberg et Saglio) :;
2° Dans une étoffe sassanide que je reproduis iei d’après M. J. de Morgan (fig. 19). Sur ce dessin j'ai Joint par un trait pointillé les pointes des étoiles; n’obtient-on pas par ce moyen une disposition analogue à celle aes dessins arabes ? Cette disposition géométrique de la décoration des étoffes {et par extension de la décoration en mosaïque de pavage qui dérive de celle desétoffes et particulièrement des tapis, ce qui serait facile à prouver par de nombreux dessins) est probablement due à ce qu’à l’origine les tentures étaient formées ‘comme Îles châles de cachemire, par exemple) de pièces rapportées el cousues ensemble (on en faitencore ainsi pour les tentures et les
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coussins au Maroc). On a été naturellement conduit à donner à ces pièces séparées des formes régulières et géométriques. Si M. Gauckler, dans la description qu'il donne des mosaïques du domaine des Labert à Uthina (Tunisie) !, remarque avec raison que les dessins des mosaïques deviennent de plus en plus géométriques à mesure qu'on avance vers le Bas-Empire, en voici, Je crois, la raison : c'est que dès que l'emploi de la mosaïque se fut généralisé, les peintres capablesde faire des figures se sont fait payer plus cher et qu'on à eu alors recours à des artisans de second ordre, car le dessin géométrique permet la répétition des motifs, donc l'emploi d’artisans qui sont presque des manœuvres. C'est une seconde raison de la généralisation de l'emploi du dessin géométrique. Les musulmans, dont la religion défendit d'abord l'emploi des figures animées sans les proscrire d’une façon absolue? (puisque jusqu au xur* siècle on en rencontre des exemples soit dans les monuments, soit dans les objets de décoration ou d'ameublement), et qui finirent par les exclure de leur art d’une façon absolue, trouvèrent done, dès les premiers temps de l’hégire, les éléments de la décoration qu'ils voulaient employer, soit dans l’ornementation par rinceaux inspirée de la plante, soit dans l’ornementation par nappes et par lignes (ornements géométriques).