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LES

Fig. 75. — Minaret de la medressé de Mohamme den-\ asser au Caire (commencé 698 H.-1299 J.-C., terminé 7103 H.-1303 J.-C. par Bibars-Gachenguir .

refaire la citadelle !. sans doute par les mêmes architectes qui j 5 =

Fig. 76. — Minaret de la mosquée du sultan Bibars- Gachenguir, au Caire, (706 H.-1306 J.-C.)

avaient travaillé à celle de Damas; restaurée ensuite par Malek ed-Daher, elle est surtout, dans son état actuel, l'œuvrede Bibars Bondokdari (1260-77). On y pénètre par une grande porte ouverte dans une tour crénelée barlongue aux angles arrondis (fig. 66) ; de là, par un pont étroit de huit arches, on entre dans un vestibule formé par une grande voussure ogivale au fond de la-

quelle s'ouvre une porte en fer

ornée de sculplures. La façade

est ornée d'une grande insCrip-

tion commémorative. On retrouve, employées comme décoration, des inépales encastrées dans la maçonnerie.

qui rappellent les colonnes noyées

rondelles

autrefois dans les murs pour résister au bélier. Au-dessus de la grande voussure d'entrée se creuse une immense baie qui semble purement décorative 2:

1. D'autres parties ont été fortifiées par Seif-ed-Daoula, terminées par Nour-ed-din-ibn-Zengui, embellies par Ghaïas-ed-din, détruites ensuite par les Tartares, puis incendiées par Tamerlan, restaurées par ordre de Kara-Sonkor (de 681 I. à 691). Puis, sous le sultan mamelouk Salah-ed-din- Khalil, puis par Barkouk. Les derniers travaux faits par ordre des sultans d'Égypte sont ceux que Kansou-el- ChOUEL At éxéculer 951.) (Dem Bischoff, Notice sur Alep).

2. Une autre tour à cinq étages de baies se trouve sur la face opposée à

Tentrée : elle est remarquable par ses hourds d'angle, ses archères inclinées et ses cinquante-quatré rondelles décoratives.

MONUMENTS DES AYOUBITES 115

elle est couronnée d’un hourd en pierre. Trois autres hourds à trois mâchicoulis chacun, dominent la facade; des hourds simples munis d'une meurtrière et couverts d’un petit toit conique sont disposés de chaque côté dela baie: il semble que ces hourds soient copiés sur ceux dont les croisés//armaient leurs forteresses et qui, de bois en France ou en Allemagne, étaient construits en pierre en Syrie, où ces matériaux abondaïent. Peut-être aussi ces hourds datent-ils de la restauration de Baibars, car sur la seconde porte sont sculptés des léopards ou des lions, qui étaient le blason de cesultan. C’est peut-être aussi à l'influence des croisés que l'on doit ces énormes talus en maçonnerie de pierre de taille qui rendent impraticable l'approche de la citadelle ; onles retrouve à Kerak, à Kalaat-el-Hosn, à tous les grands châteaux des croisés !. Peut-être aussi peut-on voir dans ces talus une survivance des grands remblais figurés sur certains bas-reliefs assyriens ?. 11 faut enfin noter, que dans les parties ornées de cet édifice, apparaissent les voussoirs découpés, à l'archivolte de la porte d'entrée de la mosquée (fig. 67) et au linteau de décharge qui le surmonte, et enfin l'application à la décoration architecturale des pierres de différentes couleurs. ; Porte de la grande mosquée d'Alep. — Nous retrouvons ce même décor dans la porte de la grande mosquée d'Alep, qui ne parait pas au moins pour la partie qui surmonte l'inscription, postérieure au xun° siècle au plus tard, carelle n’a pas encore destalactites (fig. :5a i}a Son archivolte est décorée par des demi-circonférences enlacées, accompagnées de deux écoinçons à bandes rectilignes entrecroisées et entrelacées et le caractère de ce décor est l'emploi de pierre de deux ou trois couleurs différentes, mais notamment d'un calcaire rougeñtre et d’un autre d’un ton jaunâtre du plus bel! effet. Cette décoration à larges entrelacs se retrouve à Alep dans la mosquée de Firdaous, dont M. van Berchem m'a obligeamment communiqué une photographie (la polychromie y est d’ailleurs très atténuée). Mais cette ornementation est si fréquemment employée à Damas, dans les portes et même dans les façades, que je crois pouvoir lui attribuer un caractère spécialement damasquin. Nousla retrouvons, en effet, à la porte de la mosquée d’Ala-ed-din Kaïkobad en 1220, à Konieh, et elle y est signée du nom de l'architecte Mohammed ben

1. Rey, Architecture militaire des Croisés, duc de Luynes, Exploration de La mer Morte. 2. Perrot et Chipiez, Histoire de l’art, t. Il

116 ÉCOLE SYRO-ÉGPYTIENNE

Khaulan ed-Dimachki (le damasquin). La porte du collège Karataï. (1251) reproduit encore à Konieh le même motif (voir plus loin). Si la décoration syrienne, d’un côté, apparaît à Konieh au x siècle de notreère, et y porte la marque de son origine, la polychromie damasquine apparait aussi tardivement au Caire, où elle devient artificielle, car le calcaire y est naturellement d'une teinte uniforme : avant de la trouver appliquée aux encadrements des fenêtres de la facade postérieure de la mosquée de Hassan, nous la rencontrons, appliquée timidement, au portail de la mosquée de Bibars (1265). L'art local subsiste alors encore fortement en Égypte; non seulement la construction en briques continue à être employée, seule ou accompagnée de pans de bois {ce dernier mode de construction, commun surtout à Rosette, Damiette et à Alexandrie, s'appelle encore aujourd'hui bagdadi et ce nom indique peut-être son origine mésopotamienne), mais encore dans la décoration, des monuments comme le mihrab de la mosquée funéraire de la sultane Chaggeret-ed-Dorr (1250)! fig. 69) conservent le style local qui persistera dans les monuments de Kalaoun. Cependant, l'influence de la Syrie se faisait déjà sentir au S.-0. comme au N.-0., en Égypte comme à Konieh. Cette influence, amenée par des luttes contre les croisés el par le règne des Ayoubites, se marque dans l'emploi de plus en plus fréquent de l'architecture en pierre. La Syrie fut tou- Jours:le pays des matériaux magnifiques et des appareïlleurs savants. La construction en briques s'emploie encore fréquemment, 1l est vrai, au Caire Jusqu'au début du xiv® siècle, avec la décoration qui en dépend (enduits découpés en creux ou en relief, stalactites rectilignes, etc.). Mais l'architecture en pierre, avec assises et voussoirs colorés, devient aussi de plus en plus en vogue, Jusqu'à triompher à la mosquée de Hassan. La décoration qu'elle comporte (déjà sensible à l’archivolte de la mosquée de Bibars, avec ses dents de scie apparaissant si nettement et avec son bandeau aux fleurons presque classiques) va se mélanger de plus en plus à l'art local, jusqu’à se fondre avec lui dans les monuments du xv° siècle.

1. Ce mihrab est un des rares monuments où fut employée la mosaïque byzantine d’émail et d'or, au Caire. Herz-bey n'en connaît d'analogues au Caire, qu'à Ibn-Touloun et aux minbars des medressés Tibarsieh et Akbogaïeh, adjacentes à El-Azhar (Conuté de conservation des monuments

d'art arabe, fasc. 17-1900).

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