‹ Manuel d'art musulmanChapitre 57 sur 193 · Cf. M. van Berchem, Corpus, |, p · texte numérisé non relu

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damas quin que ce lacis de demi-cereles entrecroisés qui semble un ornement en soutache, comme aussi cette décoration de lambris de marbreemployée à la mosquée de tlassan, au fond de la niche du passage intérieur, et que } à retrouvée à Jérusalem et à Damas, sur certains murs de mihrabs ou au-dessus des linteaux de certaines portes de mosquées (il sera facile d’en faire la comparaison avec les reproduetions d'Herz-Bey et les dessins de Bourgoin) Les niches latérales du

Fig. 82. — Mosquée du sultan Hassan au Caire. Frise en stuc du grand lian, inscription coufique |.

portail d'entrée (fig. 85, 88) me semblent encore d'origine syrienne : elles sont aussi fréquemment employées dans les monuments sel- djoucides de Konia au xur° siècle (Echref Roum Djami à Beichehr, Sirtcheli Medressé à Konieh, Khatounié Medressé à Karaman, Ak-khan à Gondjarlietc. (Cf. Sarre, Reise in Klein-asien). Il n'est pas jusqu'aux stalactites de certains chapiteaux de ces niches qui ne rappellent les stalactites seldjoucides empruntées elles-mêmes, à mon avis, pour cet élément caractéristique de cavité recreusée de trois ou cinq cannelures, au style des monuments d'Alep. Les deux médaillons circulaires qui se trouvent dans les tympans de la grande voussure d'entrée se retrouvent aussi sur les portails syriens ou seldjoucides. Dans les motifs polygonaux des panneaux carrés des piédroits, sur la façade, on retrouve aussi un rappel d'ornements analogues employés dans la façade du Sirtcheli Medressé à Konieh comme cette riche bande d'ornement qui borde intérieurement les

1. Comparer le style abondant et gras de cette ornementation avec celui des mosquées seldjoucides de la région de Konieh, la mosquée d'Hamadan et celle de Véramine (Perse). |

1 1000 10 8 6 4 2 0 40 20 30 40 50% Fig. 83. — Plan de la mosquée du sultan Hassan au Caire,

d'après Franz-Pacha.

deux piédroits et pend comme une broderie sur la façade. Les colonnes torses qui épaulent les angles extérieurs du portal sont peut-être d'origine non plus syrienne mais arménienne, ou persane

Fig. 81.— Cour découverte avec fontaines et dikka de la mosquée de Hassan au Caire. Cliché Gervais-Courtellemont.

car on en voit d'identiques dans la cathédrale d’'Ami bien anté rieurement au xiv® siècle, et que leur emploi comme membre essentiel des encadrements des grandes voussures est fréquent en Perse et au Turkestan. Au haut et au bas, ces colonnes torses engagées ont, sur une hauteur de deux assises, leurs cannelures parallèles aux génératrices de la colonne, puis celle-c1 devient

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lisse et se termine par un chapiteau ou une base où des stalactites et des portions de pyramides forment la transition entre les faces de l'angle où lacolonne est engagée, et la forme cylindrique de celle-ci. Les cannelures brisées se retrouvent ici, n'occupant que le

Fig. 85. — Porche du sultan Hassan.

tiers de la colonne, dans les colonnettes des niches latérales, et lon en rencontre de pareilles à Damas, à Jérusalem et à Konieh. Sur la façade encore, au-dessous de l'encadrement général de la baie, sont figurées deux énormes rosaces sculptées dont le faire abondant et sras rappelle encore l’ornementation épaisse d'Echref Roum Djami et de Sirtcheli Medressé, Sur le côté droit du soubassement, un sculpteur a figuré, dans des arcatures allongées qui ressemblent étrangement à des bas-reliefs de la fin de notre xm° siècle, des édi-

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fices, à ce qu'il semble, chrétiens. L'un d’eux est une église à trois nefs avec façades à pignons ; l’autre, qui semble une église octogonale avec un dôme, rappelle la Koubbet-es-Sakhra ; ce serait peutêtre là la signature d’un sculpteur peut-être chrétien, peut-être originaire de Jérusalem, syrien sans nul doute. La porte elle-même (fig. 85}, au fond de son immense niche, est encadrée par un large bandeau orné d’ornements gravés géométriques, et au-dessous de chacune des parties verticales de ce bandeau sont figurées des sortes de pendeloques fleuronnées au haut et arrondies au bas, qui rappellent singulièrement, avec un style plus châtié, certains ornements seldjoucides {clef de la porte d’Echref Roum Djami à Beichehr, décorations de Indjé-ménaré à Konieh, porte de la grande mosquée de Divrigui) et mieux encore des motifs de broderie sur cuir ou de découpures sur métal comme pour les heurtoirs de porte.

Les façades latérales de la mosquée de Hassan ont comme unique décoration, Jusqu'à l’énorme corniche de stalactites, de longues bandes pleines séparant les séries verticales de fenêtres. L'architecte inconnu obtint ainsi, parles moyens les plus simples, un inoubliable effet. |

La coupole qui couvrait le tombeau était bulbeuse, comme ces dômes à côtes supportés en encorbellement par des stalactites (mosquée Sirghatmich 1356-7, par exemple). Pietro della Valle (Herz-Bey, op. cit.) dit en effet : « Sopra tutto mi piacque la cupola, « laqual e di una forma che 10 mai non ho veduto la simile, cioé, com « mincio stretta, poi si allarga, et poi si va ristringendo di nuovo- « nella forma a punto diun uovo di gallena. »

La mosquée devait, à l'origine, avoir quatre minarets. Celui qui dominait le porche s’écroula en 1360 et ne fut pas reconstruit. Des deux qui restent, celui du S.-0. estle plus beau. Par un simple glacis triangulaire 1l passe du plan carré au plan octogonal; la première partie du fût octogonal a sur quatre de ses faces une fenêtre longue avec balcon soutenu par des stalactites; sur les quatre autres, une niche méplate, et fenêtres ou ones sont encore fermées par un angle à côtés rectilignes, ce qui est la forme la plus simplifiée de l’arc en briques à courte portée; une corniche à stalactites soutient un deuxième étage octogonal plus bas, surmonté lui-même d'une seconde corniche encore plus riche portant la dernière plate-forme où sur huit arcades à grèles colonnettes s'élève le bulbe soutenu par un piédouche qui sera au Caire, jusqu’au xvu° siècle, le motif terminal le plus fréquemment employé dans les minarets.

Fig. 87. — Mihrab et minbar de la mosquée du sultan Hassan au Caire. Cliché Gervais-Courtellemont.

L'intérieur de la mosquée était d’une richesse qui répondait à la majesté de l'extérieur. La porte d'entrée était en bronze, avec de grands panneaux remplis d'un réseau polygonal, dont les éléments principaux étaient figurés en relief ; les deux panneaux étaient sertis dans une bordure méplate de bronze, avec d'énormes heurtoirs décoratifs; cette porte d'un art souverain devait former avec le portail un ensemble incomparable. Le sultan El-Moyed la mit à sa mosquée où elle est aujourd'hui. Ils’empara aussi du lustre de bronze quil trouva à la mosquée de Hassan, et qui était postérieur à cette mosquée ; 1l est conservé aujourd'hui au musée du Caire, ainsi que quatre-vingt-quatre lampes en verre émaillé et doré, provenant aussi de cette mosquée. Il suffit de regarder toutes les chaînes qui pendent encore de la voûte du grand liwan et qui soutenaient chacune une lampe, pour se figurer quelle pouvait être autrefois la splendeur intérieure du monument. Le liwan était. décoré d’un lambris bas en marbre; au fond du sanctuaire, ce lambris s'élevait jusqu à la magnifique frise en stuc découpé où court une inscriplion coufique, et qui accuse la naissance de la voûte (fig. 82). La dikka, le minbar en marbre, aux portes de bronze ciselé, le mihrab incrusté de marbres complètent cet ensemble d'une richesse sévère et presque austère

La fontaine octogonale. (fig. 84) était purement décorative, car le heu d’'ablution (mida) est en sous-sol (Herz-Bey) ; elle est surmontée d'un dôme outre-passé dont l'équateur est ceint d’une inscription en relief autrefois dorée. Le dôme lui-même est peint d'azur.

Les passages qui donnent accès aux cours des collèges sont ornés de marbres variés et de coupoles à stalactites {voir Herz-Bey). La salle du tombeau, de ving-et-un mètres de larges sur vingt-huit de hauteur, a été achevée en 764 H. d’après l'inscription monumentale de la frise en bois qui supporte le départ dela coupole sur pendentifs en stalactites. Ces pendentifs sont lattés sur une carcasse en bois; rls tombent en ruines. La salle carrée est éclairée par des fenêtres sur ses quatre faces. Les lambris de marbre de cette salle et de son mihrab sont très beaux, le mihrab a des colonnes antiques, sur des piédestaux antiques; deux de ces colonnes ont aussi des chapiteaux antiques, singuliers, à corbeilles cannelées, avecun rang de feuilles dans le bas, comme ceux du tombeau antique de Mylasa (Texier, Voyage en Asie Mineure et Antiquilies of lonia, publiées par la Société des dilettanti). La porte de la salle du res a des vantaux revêtus de plaques de bronze découpées suivant un dessin

Fig. 88. — Mosquée du sultan Hassan au Caire. — Niche à droite de l'entrée

polygonal, mais où les bossettes repercées qui se trouvaient à la porte actuellement à El-Moyed sont remplacées par des plaques superposées, assemblées par des clous ou des chevilles. Les heur-

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