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J'en ai donné un moulage en papier au musée du Trocadéro

prédomine, les okels

Dans le Delta, où l'architecture en briques

Fig.113.—Mosquées de Khaïrbek etd'Aksonkorou d'fbrahim Aga au Caire.

ont un caractère particulier. Je donne 1e1 celui de Mehalla-el-Kebir près de Damiette (fig. 106). Les constructions en brique du Delta

mériteraient une étude particulière ; elles sont généralement bâties en pans de bois et les murs en brique ne sont que de grands rem-

Fig. 114 — Vue intérieure de la mosquée Bordeïni au Caire. Cliché Gervais-GCourtellemont

plissages entre les solives et les sablièresdes plafonds et des planchers, et les châssis des moucharabiés.

Les moucharabiés. — Les moucharabiés sont toujours du même type que les maisons soient de briques ou de pierre ; lemoucharabié proprement dit forme une cage ajourée en saillie sur la rue. I

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Fig. 115. — Minaret de la mosquée Bordeïni au Caire.

Cliché Gervais-Courtellemont.

est en menuiserie plus ou moins riche, soutenue par une simple voussure en bois, si la saillie est faible; si elle‘est forte, les sablières posent sur des encorbellements de bois ou de pierre d'un profil souvent très vigoureux (un des plus beaux se trouve rue Bab-el-Wazir (fig. 105). La partie inférieure est orillée- de larges mailles carrées, avec volets mobiles au dedans, ou bien le grillage est formé d’une multitude de petits morceaux

tournés et assemblés et munis de panneaux à guillotine ou à

volets. Au-dessus des panneaux fixes se trouvent habituellement des vitraux, en verreet en plâtre !, couronnés d'une corniche à Jour formée par des lambrequins en bois découpé. Ces vitraux représentent la plupart du temps, des vases fleuris ; ils possèdent un charme singulier: on les appellent kamariyehs ou chemsivahs ; on en a fait de charmants dans tout l'Islam ; les plus beaux sont peut-être à Constantinople dans l'appartement du sultan à Validé Yéni Djami ; mais ils sont tout petits d'échelle.

Les fontaines, les bains. — Les fontaines (sébils) au Caire sont nombreuses ; ce sont de petits monuments attachés à une mosquée (mosquée du sultan Chaban) (fig. 10#)ou indépendants :1ils sont alors souvent surmontés d'une école. Leur décoration extérieure et intérieureest souventtrès riche (sébil Gamalieh}). Les bains sont variés et pleins d'intérêt ; les uns sont simples comme celui que je donne ici, d'après Prisse d'Avennes ; toutes les salles sont voûtées, à l’exception de la salle de repos, éclairée et aérée par la partie centrale. D’autres bains sont doubles, comme celui de l’émir Bechtak reproduit dans l'ouvrage de Franz Pacha. On y retrouve toujours les pièces essentielles : le meslak ou apodyterium, le beit awal ou tepidarium qui communique avec les latrines et avec une salle (caldarium) qui sert de transition à l'étuve principale (harrarah quiest le laconicum des thermes romains. Cette salle affecte, en général, la forme d’une croix dont la partie centrale est voûtée en coupole et dont les angles forment des petites salles où se trouvent des fontaines ou des baignoires ; on y provoque la réaction comme dans le frigidarium romain. Dans les bras de la croix sont des bancs de pierre sur lesquels sont massés les baigneurs.

Les bains sont des fondations pieuses ou des fondations particulières qui donnent un excellent revenu ; les maisons particulières un peu riches ont des bains privés qui reçoivent la lumière par des jours ménagés dans les voûtes ; ces jours donnent motif à la décoration, et ces coupoles ajourées, aux formes Îles plus gracieuses, offrent un intérêt particulier.

Les palais et maisons. — Le luxe arabe n'a été inégal à nul autre et les demeures des grands personnages ont dû présenter la plus grande splendeur; nous avons vu de quelles merveilles est capable l'art arabe, plein de vigueur à la fois et de fantaisie. Cependant, autant les

. Ici, vu la faible épaisseur de la paroi, le vitrail n'est pas doublé par une du ajourée ; aussi la surface extérieure du vitrail, ainsi laissée brute, est-elle d’un aspect assez désagréable,

monuments publics et religieux étaient édifiés pour vaincre le temps

autant les palais ont dû toujours avoir un caractère un peu précaire :

cest un mauvais présage que d'habiter une maison dont le maître es mort ; les musulmans aiment mieux se faire construire une maison

neuve. De plus leur fatalisme leur enseigne à ne pas se fier au lendemain et l'instabilité de la faveur des sultans leur interdit les longs

Fig. 117. — Intérieur d’une maison arabe à Damas [ancien consulat de France) (xv* siècle ?)

projets ; ils ne veulent que jouir du moment, et élèvent des maisons

splendides mais peu durables.

Le palais de Kaït-Bey au Caire et le plan de la maison que je donne ici permettent de s'imaginer ce que pouvait être une demeure princière. Les maisons ne sont rien au dehors, mais,

comme dit Thévenot, « par dedans, vous n'y voyez qu'or et azur. » Sur la cour intérieure s'ouvre l'arc simple, double ou triple du salon du premier étage (makad) sorte de loge à jour, tapissé de lambris de marbre ou de faïence ; au palais de Kaït-Bey on retrouve

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