‹ Manuel d'art musulmanChapitre 65 sur 193 · SN · texte numérisé non relu

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Alatse, - 04 pg— Fig. 118. — Liwan d’une maison à Damas et plans de cours intérieures (n° 1et2liwansen Let B,.

tous les caractères de son architecture. Les grandes salles longues (Qua’a) sont très élevées, et ne reçoivent qu'un Jour indirect, pour obtenir quelque fraîcheur. Les subdivisions de ces pièces sont ou bien plafonnées comme les liwans de la mosquée de Kaït-Bey, par des solives apparentes aux poutres maîtresses soutenues par des crosses, ou bien soutenues par des arcs aigus décorés de peintures, ou plafonnées à caissons polygonaux (palais de l’émir Bechtak) ou encoreouverles par des trémies carrées couronnées de coupoles que rachètent des pendentifs à stalactites (maison Zafer Chané Gamalieh). Le bas des murs est orné de lambris de marbre divers, surmontés de faïence à partir du xvi® siècle. Le sol est carrelé de mosaïques de marbre et sur les murs, des étagères ou des armoires

à panneaux sculptés ou incrustés d'ébène ou d'ivoire complètent la décoration qui fait valoir la lumière qui passe par les moucharabiés et leurs vitraux. La sculpture sur bois et la peinture mettaient sur les poutres, les plafonds, les crosses, les chambranles et les portes, leurs ornements les plus délicats !. |

S1 les documents abondent sur la maison arabe au Caire grâce à Bourgoin, Franz-Pacha, Prisse d’Avennes, le grand ouvrage de la commission d'Égypte, Riamo d'Hulst, etc., nous ne savons rien des maisons suburbaines. Et cependant, les musulmans du Caire, non moins que les anciens Égyptiens (Perrot et Chipiez, Aistoire de l'art dans l'antiquité (Égypte), fig. 259 : peintures de Tellel-Amarna) devaient avoir des villas parfaitement aménagées, puisque leurs coreligionnaires de Perse, de Turquie, du Mogreb et d'Espagne ont laissé tant de palais charmants et tant de jardins disposés avec art.

Il nous faut maintenant jeter un regard rétrospectif sur quelques monuments de la Syrie; à Damas d'abord, pays de la pierre dure, la sculpture d’ornements est réduite le plus souvent à des entrelacs méplats et à desstalactites. La décoration est fréquemment empruntée aux mosaïques de pierres colorées ou de marbres dont l'application en pavages et en revêtements est une des marques de l'art damasquin. L'intérieur du Khan Assad-Pacha, à Damas, en est un des plus beaux exemples.

Les caravansérails sont nombreux en Syrie, mais c'est en Perse qu'il en faut chercher l’origine, car c'est Cyrus, roi de Perse, qui, d’après Hérodote, en aurait fait bâtir sur les routes de Syrie. Le Khan de Kteïfa près de Damas, a été décrit par Thévenot (op. cit... t. III, p. 85). « Il est entouré de hautes murailles crénelées, avec une grande porte au nord et au sud et deux petites sur les côtés : la grande cour carréeest entourée de relais (mastaba) ; une mosquée a sa porte sur cette cour ; une seconde cour à un réservoir d'eau pour abreuver les bêtes; le caravansérail renferme des écuries. » C’est le caravansérail suburbain et de la campagne.

Le Khan Assad Pacha, à Damas même, est un caravansérail urbain ; datant de la conquête turque, 1l présente, néanmoins, la

1. Les églises coptes du Vieux-Caire nous présentent des boiseries incrustées d'ivoire qui égalent les plus beaux travaux arabes.

persistance des caractères du style syrien. Sa cour, couverte, se

compose de neuf travées voûtées en coupoles sur pendentifs; la

Fig. 119. — Grande dervicherie à Damas, vue de la façade principale (9078.0-1679 JC.)

travée médiane est inachevée. On accède à cette cour par un passage voûté, flanqué de deux escaliers qui mènent à l'étage supérieur. Au rez-de-chaussée sont les magasins ; on trouve dans ce monument

l'emploi des colonnettes engagées que les architectes syriens empruntèrent peut-être aux Croisés et qui, par Konieh et les premiers édifices turcs, fut introduit comme un élément capital dans la composition des porches. | La grande dervicherie de Damas (fig. 119,120, 121), datant égale-

Fig. 120. — Grande dervicherie de Damas, face latérale du portique. Cliché Gervais-Courtellemont.

ment de la conquête turque, a été décrite aussi par Thévenot : « c’est un cloitre carré couverts de petits dômes soutenus par des colonnes de marbre dont les premières basessont de bronze... Le côté à main droite est destiné pour lescuisines ; le côté opposé aux cuisines est la mosquée devant laquelle il ÿ a un beau portique couvert de dômes comme le reste du cloître, mais ils sont plus élevés et soutenus par des colonnes plus hautes ; cette mosquée est couverte d'un fort gros dôme accompagné d'un beau minaret de chaque côté, et tous ces dômes et minarets sont couverts de plomb » {ces minarets et dômes sont plutôt de style turc). Des faïences décorent les tympans et sont fort belles, Une autre dervicherie, plus petite et d'un plan semblable, se trouve à coté de celle-ci.

Les minarets damasquins présentent un caractère particulier par

la disposition polychrome des assises; les encorbellements à stalactites de leur galerie supérieure et les auvents en charpente de cellec1 sont plus simples que ceux du Caire. Bourgoin en a reproduit quelques-uns, mais malheureusement sans indiquer exactement le nom et la date des mosquées auxquelles ils appartiennent.

Leurs fûts sont carrés ouoctogonaux, ou carrés en bas et octogonaux

Fig. 121. — Cour de la grande dervicherie à Damas.

Cliché Gervais-Courtellemont.

dans la partie supérieure ; à Jérusalem, le raccord entre ces deux plans est obtenu par de simples encorbellements.

Dans l'architecture domestique de Damas, la polychromie est constante, et des applications de mastics colorés qui deviennent très durs, remplacent fort bien les marbres; dans les cours dallées de marbres sont souvent disposés de longs bassins rectangulaires à jets d’eau, rappelant les miroirs d’eau des palais de la Perse musulmane. |

La porte de Damas à Jérusalem. — La porte de Damas à Jérusalem est datée de 1537, mais semble plutôt avoir été réparée que refaite par Soliman qui y respecta les formes traditionnelles de l’architecture locale ; elle présente {fg. 193) l'appareil régulier, le crénelage à merlons évidés etleséchauguettes si caractéristiques des forteresses syriennes au moyen âge. Elle offre enfin cette disposition parti-

culière en coudes, qu'on retrouve dans le Mogreb au x siècle, destinée à briser les efforts des assaillants (A. B.C. D. EF. fig. 122).

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