C. Consoles. G. Minbar
D. Mur du mihrabrevêtu de faïences H. Maksoura.
à reflets
métalliques.
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peu élevé se trouve sur la terrasse, au-dessus de laquelle s'élève la tour à signaux, en-Nadour (nous en retrouvons une pareille à Îa Kasba de Monastir, ancien ribat très augmenté à plusieurs
reprises).
Fig. 135. — Détail du mihrab de la grande mosquée de Kairouan (222 H.-837 J.-C.). — Cliché Gervais-Courtellemont.
Les lombeaux. — Les cimetières du Mogreb ne présentent rien de comparable aux nécropoles du Caire. Les tombeaux des personnages vénérés ne sont décorés qu'à l’intérieur, et les plus considérables sont annexés aux mosquées plutôt que situés hors des villes. Dans les cimetières, les mausolées ne se composent que d'une salle sous une coupole, avec parfois un vestibule. Les tombes ellesmêmes sont des sarcophages, ou des stèles plates, ou des dalles por-
ARCHITECTURE RELIGIEUSE, MILITAIRE ET CIVILE Der Cr
tant des colonnes, souvent même ce ne sont que des colonnes isolées ou des prismes à base triangulaire où sont gravées de fort belles inscriptions bien souvent plus intéressantes que les antiques, et encore inédites pour la plupart !. A
partir du xvr siècle, .comme en Égypte, ee. 07 322. —. —. ces tombes sont souvent recouvertes d’une décoration sculptée plus ou moins élégante, avec ou sans inscriptions.
CAS à
ets E 5/1
Les cimetières qui entourent la ville actuelle de Kairouan et ceux de Tunis
sont particulièrement remarquables par la beauté de leurs tombeaux, mais d’autres villes de Tunisie en contiennent aussi de fort intéressants et je m'étonne que Jusqu'ici personne n'ait tenté d’en faire une monographie. Non seulement ils présentent au point de vue épigraphique de véritables séries chronologiques (les cimetières de Kairouan sont à ce point de vue d’un très grand intérêt pour les premiers siècles de l’hégire), mais encore, notamment à Tunis, :on
peut,\ sur l'ornementation de ces dalles Fig. 136. — Chapiteau ou de ces stèles, trouver les très nom- de Mérida. Origine du chapibreux éléments d'une histoire de l'ara- teau moresque.
besque sculptée en bas-relief, dont les monuments de cette ville ne possèdent plus que d'insignifiants vestiges. | L'architecture militaire. — L'architecture militaire mogrebine est presque exclusivement d'origine byzantine et, à la différence de notre architecture militaire du moyen âge, demeure toujours la même, sans progrès. Les Byzantins avaient laissé en Algérie et surtout en Tunisie, des. ouvrages fortifiés si nombreux que l’on comprend qu'ils se soient imposés comme modèles. Les tours arabes sont carrées.ou polygonales, avec courtines avec arcs intérieurs, chaînages en bois, talus au bas des tours, etc.? ; on
1. Sauf quelques-unes à Alger, Constantine et Tlemcen (Cf. travaux de Brosselard et de Marçais), à Kairouan (Cf. Houdas et Basset, Notes d'Épigraphie lunisienne).
2. Philon de Byzance, cité par de Rochas d’Aiglun (Revue générale d'archilecture, t. XXX, 1873, article de À. Choisy) mentionne les chemins de ronde adossés aux murs et portés par une série d'arcades adossées aux murs que
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retrouve aussi la double enceinte continue, comme à Séville, ou bien comme à Mehedia de Tunisie, constituée par un second mur qui ne double le premier qu'au point faible de la défense. On retrouve aussi l'alternance des tours dans les deux enceintes parallèles, disposition particulière à l’école byzantine.
Les fortifications les plus intéressantes sont celles d'Almeria en Espagne, de Maroc, de Fez, de Méquinez et de Chella au Maroc, de Tlemcen en Aloérie, de Sousse et de Sfax en Tunisie.
Les châteaux arabes étaient une amplification des ribats : Je n'en ai rencontré en Tunisie que près des villes et les dominant; ce sont des Kasbas (citadelles). Il y en a en moins grand nombre en Algérie, les historiens arabes en mentionnent assez souvent au Maroc, mais les plus beaux sont en Espagne {châteaux d'Alcala de los Panaderos, de (Coca, Alcazar de Ségovie, Alhambra). Il est singulier de voir que ces châteaux arabes d'Espagne (xr°-xnr°xiv® siècles) n empruntent rien à l'art des chrétiens que les Mores combattaient sans cesse, tandis que nous avons vu qu’en Syrie, les forteresses des Croisés avaient eu sur l'architecture militaire des arabes une influence notable.
L'archilecture civile, monuments publics. — L'architecture des monuments publics (ponts, aqueducs, fontaines. réservoirs, caravansérails, bazars ou souks) a laissé de nombreux types intéressants; tous ces édifices sont constitués par leurs fondateurs comme des biens de main morte {habous), inaliénables par définition. On retrouve les traditions antiques particulièrement dans les ouvrages hydrauliques, citernes publiques, réservoirs couverts, etc... (à Kairouan, la citerne des Aglabites; à Sfax, une citerne près de Bab-el-Gharbi), on retrouve dans les villes de Tunis les citernes à nefs parallèles analogues à celies que j'ai décrites dans mes rapports de mission en
1883 et 1885, et. ce type singulier de citernes découvertes polygonales ou circulaires conjuguées que Daux croyait d'origine punique et que J'ai relevées en si grand nombre dans les ruines antiques.
Le service des antiquités de Tunisie a fait depuis quelques années une enquête sur les aménagements hydrauliques des Romains en Tunisie. On donnerait une suite très intéressante à ce travail en publiant les citernes couvertes ou découvertes qui assuraient à Tunis, à Sousse, à Kairouan, à Sfax, une alimentation
nous retrouvons dans les murs Aglabites de Sousse. Il prescrit de noyer des longrines dans les maçonneries pour les liaisonner et répartir sur une grande surface le choc des béliers et des projectiles ; nous les retrouvons dans les assises de certaines murailles Aglabites de Sfax, etc.
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abondante en eau potable, travaux souvent considérables, exécutés par les Aglabites ou par les Hafsides et dont bien souvent la restauration et l'amélioration constitueraient un avantage sérieux pour la population de, ces villes. Ces citernes n'étaient pas seulement des édifices publics ; on en trouve encore, pour ainsi dire, dans toutes les maisons particulières, où, comme dans les maisons antiques, la cour intérieure sert d'impluvium.
Les fondations pieuses comprenaientaussi des hôpitaux ; les historiens du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie, de l'Espagne en font mention très fréquemment.
A Tunis, l'ancien moristan qui date du xin° siècle existe encore, quoique bien dénaturé, près de Sidi Mahrez, mais 1] ne ma pas encore été possible d'y pénétrer.
Je ne puis en citer qu'un qui ait té publié: c'est 1e moristan de Grenade, dont Gailhabaud dans l'Architecture du V® au X VIT siècle et
les arts qui en dépendent a
Fig. 138. — Ancien minaret de la Djama donné d'excellentes gravures
ZAtouna à Tunis, démoli depuis d'après Enriquez. Ce monuquelques années. — Restauré sous le bey D cb or
Moureden 1076 H.-1653 J.-C. NE A re ee
était loin de présenter l’ampleur et l'ingéniosité de composition du moristan de Kalaoun au Caire; mais il était fort bien disposé dans sa simplicité, et élégant dans ses détails. Les bâtiments simples en profondeur étaient groupés autour d’ une cour intérieure au milieu de laquelle un profond bassin avait été creusé pour recevoir l’eau de deux fontaines formées chacune par un lion accroupi. Ce-petit édifice a été, après la prise de Grenade en 1492, converti en hôtel des monnaies, puis dénaturé par des modifications de toute sorte, et enfin démoli en partie.
Bains. —- Les bains sont aussi très souvent des fondations habous, mais parfois aussi des en treprises particulières. Ils n'ont pas
les mêmes dimensions qu'en Turquie ou én Égypte et ne sont pas. décorés avec autant de luxe; 1ls sont nombreux dans toutes les villes
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Fig. 139. — Plan de la grande mosquée de Cordoue, d'après Nizet.
du Mogreb, et je ne serais pas étonné qu on en retrouve d'assez anciens au Maroc. Ceux que J'ai visités et relevés à Kairouan, à Sousse ou à Tunis sont modernes et datent tout au plus du xvmf
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siècle. Enfin les grandes maisons et les palais possèdent tous leur
bains privés.
Caravansérails el bazars. — Les caravansérails bordaient toutes
les routes du Mogreb, mais ils n'ont Jamais eu une très grande
importance, ces fondouks ne sont en général composés que d'une
Fig. 140. — Intérieur de la grande mosquée de Cordoue.
cour entourée d'écuries que surmonte un étage de très petites chambres. Ceux des villes étaient plus ou moins grands, avec une disposition toujours analogue. Ceux de Tunis comportent de grandes cours entourées de portiques sur lesquels s'ouvrent des chambres ou de grands magasins. L'agglomération de ces fondouks servant à la fois de dépôt aux marchandises et de logement aux marchands qui viennent de l'extérieur constitue le quartier du bazar ou des souks {(Sokko au Maroc); ce bazar est formé par de longues rues couvertes, bordées de boutiques ou de passages par où l’on pénètre dans les fondouks.
On retrouve dans l'histoire de la fondation de presque toutes les grandes villes du Mogreb, la fondation d'une Kaissariya ou marché, qui sert pour ainsi dire d’embryon à la ville commerciale future et
ce sont ces petites boutiques des souks qui sont véritablement l’expression de la vie du commerce de détail dans le Mogreb. Sous ces
Fig, 141. — Maksoura de la grande mosquée de Cordoue.
passages voûtés ou abrités par des charpentes, qui laissent à peine passer quelques rayons de lumière une vie intense se manifeste pendant toute la journée. Le soir, chaque marchand ferme sa boutique et regagne sa maison. Chaque industrie, chaque commerce est parqué dans une section du bazar qui forme comme une petite cité
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particulière isolée de ses voisines par des portes en bois bardées de fer, fermées chaque soir. Des veilleurs de nuit circulent seuls dans ces longues rues désertes. En Algérie, rien ne peut nous don-
Fig. 142. — Voûüte centrale de la maksoura à la grande mosquée de Cordoue,
ner une idée de ces marchés et ‘fondouks. A Tunis, bien que les souks présentent un intérêt pittoresque incontestable, je n’y ai rien vu qui puisse passer pour une œuvre architecturale intéressante, ni boutiques, ni fondouks n'offrent autre chose que des formes un peu banales. Il n’en est pas de même au Maroc, et certaines de ces constructions peuvent même être considérées comme des monuments fort remarquables, ainsi par exemple le fondouk En-Nadjarin, à Fez, avec sa porte magnifique autrefois ornée de mosaïques de faïences dont 1l ne reste que des morceaux insignifiants, ses
consoles à stalactites, ses plâtres découpés et son magnifique auvent en bois sculpté. Cette porte est précédée d'une charmante fontaine dont la face composée d’une arcade toute en mosaïque de faïence
Fig. 143. — Grande mosquée de Cordoue. Coupole dela chapelle Villa Viciosa.
ct plâtre découpé est aussi abritée par un auvent en menuiserie recouvert d'un toit en tuiles. Les fondouks ne sont pas seulement groupés autour des bazars, on en trouve aussi dans les faubourgs des villes et alors ils sont plutôt des hôtelleries de passage où logent les gens qui viennent du dehors. Aucune recherche, aucun confort n y ontété d’ailleurs prévus.