‹ Manuel d'art musulmanChapitre 71 sur 193 · USE · texte numérisé non relu

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de transformations insensibles pour que nous voyions les caractéristiques d’un style s'établir d’une façon décisive. Une distinction doit cependant êtré faite entre le plan de la mos-

Le % , e a | + quée mogrebine et le plan égyptien. Cette nef centrale que nous

Fig. 132. — Grande mosquée de Kairouan. Porche antérieur. Détails.

voyons plus large dans les mosquées aglabites de Tunisie (où elle est si franchement accusée), nous la retrouvons à Cordoue, à Fez (mosquée Karaouyin), mais nous ne l'avons vue antérieurement au x siècle ni en Égypte, ni en Syrie. C’est une particularité qui me semble appartenir à la Tunisie, d’où elle a passé au Maroc, puisque la mosquée Karaouyin a été fondée par une dame arabe originaire de Kairouan, et d’où elle a même été importée en Égypte puisque nous la retrouvons exceptionnellement à la mosquée el-Azhar, fondée par le calife fatimite el-Moezz, qui partit de Tunisie pour conquérir l'Égypte.

Plus tard, bien que l'empire éphémère des Hammadites ait élevé à la Kalaa des Beni-Hammad et à Bougie des monuments dont les historiens nous ont vanté les merveilles, c’est surtout au Maroc et

en, Espagne que l'architecture se développe avec un essor extraordinaire. Le plan de la mosquée y reste toujours le même. En Tunisie,

Fig. 133. — Grande mosquée de Kairouan. Intérieur des nefs. Cliché Gervais-Courtlellemont.

où les Hafsides font régner la prospérité et protègent les arts, des artistes andalous embellissent la capitale et ses environs. Ce n'est qu'à partir du xvi® siècle que le protectorat du grand Seigneur imposant aux régences d'Alger et de Tunis des gouverneurs d'ori-

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gine turque, quelques-uns d'entre eux y font construire des mosquées suivant le rite hanéfite, à minarets octogonaux, comme les mosquées de Hamouda Pacha et de Sidi ben Ziad à Tunis, ou à coupoles, comme la mosquée de Sidi Mahrez de la même ville. Presque toutes les grandes mosquées du Mogreb sont construites sur de grandes citernes où se réunissent les eaux pluviales des terrasses.

Nous ne trouvons pas dans le Mogreb ces mosquées collégiales, à plan cruciforme, comme les medressés du Caire. [ci le rite malékite a toujours été en honneur à l'exclusion des trois autres, les hanéfites ne se comptant que dans les familles turques, peu nombreuses en Tunisie et en Algérie. L'école, ou medressé, est donc réduite à une petite mosquée accompagnée d’une salle de cours et de chambres pour les étudiants. Si cette medressé est adjointe à un tombeau vénéré, elle prend le nom de Zaouïa, elle peut être susceptible d’une extension plus ou moins grande. C’est un peu la Kankah du Caire. Par extension, les medressés où se réunissent les membres d'une même confrérie religieuse prennent le nom de zaouïa. Mais en somme, ces édifices, avec leurs cours à portiques ne sont qu'une sorte de maison arabe agrandie, donnant sur la cour de la mosquée, avec le tombeau du fondateur, et les salles d’enssignement au rez-de-chaussée, tandis que sont au premier les chambres des étudiants. Les mosquées de ces petitscouvents sont,comme les autres, construites sur plan à nefs parallèles. Ge n’est qu'à partir du xvi® siècle, quand les Beys se déclarent vassaux de la Porte, que certaines de ces petites mosquées prennent aussi le plan à coupoles multiples, mais elles sont relativement rares.

Les couvents fortifiés (ribat). — Certains édifices présentent à la fois un caractère religieux et militaire : ce sont les ribat!, couvents fortifiés où des religieux (mrabitin) priaient et défendaient l'empire musulman contre les ennemis de la foi; ces ordres militaires ont exercé une très grande influence au moyen âge et la dynastie des Almoravides est sortie de lun d'eux; ils ont semé d’oratoires les pays barbaresques. À Sousse, le Kasr er-Ribat était une de leurs forteresses. C’est un édifice carré cantonné de tours rondes, avec une tour ronde au milieu de chaque face; sur une grande cour intérieure s'ouvre une petite mosquée dont le minaret

4.. El-Bekri, page 85. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères,trad. de Slane, I. p. 63, n° 2. Houdas et Basset, Notes d’épigraphie tunisienne.

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Fig. 134. — Grande mosquée de Kairouan. Minbar et Mihrab Cliché Gervais-Courtellemont.

A. Grands arcs soutenant le dôme. E. Lambris de marbre.

B. Niches et vitraux au-dessus du F. Colonnes byzantines en marbre mihrab. de Chemtou.

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