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Construit en 1207 (604 H.), sous En-Nassir l'Almohade

mutilations qu'il à subies, le type le plus remarquable des monu-

ments moresques des xiv° et xv° siècles.

Ce palais s'élève sur une longue colline qui domine Grenade.

Fig. 200. — Algérie. Minaret de la mosquée de Mansourah près de Tlemcen. Cliché Gervais-Courtellemont.

Charles-Quint en a détruit une faible partie pour y oilir un pr ais à son goût. Malgré cette mutilation, il constitue un ensemble merveilleux de grâce et de richesse. J’en donne (fig. 188) le plan com-

plet d’après Uhde.

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Le système de construction des gros murs est en général (fig. 189) composé de blocs de pisé ou de blocage B, reliés par des assises

201. — Algérie. Partie inférieure du minaret de la mosquée de Mansourah près de Tlemcen {de 737 H. à 744 H.). — Cliché Gervais-Courtellemont.

de briques D. Certaines parties sont même maçonnées en opus incertum. Les portiques sont au contraire très légèrement con-

struits. Si l'indication de la construction donnée par Uhde (fig. 186) est exacte, ce sont des pans de bois hourdés en plâtre, sur lesquels reposent des charpentes ; le tout est supporté par des colonnes à base et chapiteaux de marbre. Le climat peu rigoureux de l’Andalousie, et le soin avec lequel furent assemblés les matériaux, ont permis à ces constructions précaires de subsister pendant cinq siècles, sans autre dommage que de voir pâlr les ors et les couleurs qui les enluminaient.

La décoration se compose

de plâtres fouillés et sculptés avec une richesse peut-être

Le | | * Fig. 202. — Tour de Mansourah, près exagérée. Les stalactites abon- de Tlemcen (698 H.-1299- J.-C. à 702 dent dans les consoles et vous- H.-1302J.-C.). — Croquis de H. Salasoirs des encorbellements (fig. din, d'après Marçais.

192, 193, 194, 195), ou forment

à elles seules de ravissants chapiteaux (Cour de la mosquée, n° 9 du plan). Elles servent aussi à former des corniches, ou, dans les grandes salles, à former des pendentifs pour passer de la forme carrée à la forme semi-circulaire (salle de la Barca, n° 6 du plan). Elles dessinent, comme à la salle des Ambassadeurs et à celle des deux Sœurs, des voûtes à alvéoles d’une richesse extraordinaire el compliquée.

Les plafonds, les portes en bois doré et peint, décorés de rosaces entrelacées, les marqueteries de faïence, le marbre à profusion, les vitraux de couleurs serties dans des réseaux de plâtre, les arabesques jetées comme une dentelle précieuse et colorée sur tous les murs ; telles furent les merveilleuses ressources dont les architectes ont joué avec une ingéniosité et un goût parfaits. Les nuances de la décoration de l'Alhambra sont à la fois précieuses et charmantes. Sans doute, la patine du temps a fondu les couleurs, mais la franchise des couleurs primitives et la science avec laquelle les artistes musulmans ont partout su les accorder nous donnent la certitude que l’ensemble, même dans sa fraîcheur, était harmonieux.

Les reproductions colorées qu’en a donné Owen Jones dans les planches de son ouvrage sont inexactes, car les couleurs en sont

criardes. Au contraire, pleines d'harmonie sont les reproductions

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splendides contenues dans les Monumentos Arquilectonicos de España, mais elles ne donnent que des impressions de détail. Sil’on considère les ensembles, au contraire, c'est Henri Regnault qui en a rendu la splendeur et l'harmonie en vrai artiste, dans ses aquarelles (Louvre) et dans son magnifique tableau, « Une exécution à Tan-

Fig. 203, — Mosquée de Sidi-Lhassen ben Maklouf à Tlemcen (1453. J.-C.). Cliché Gervais-Courtellemont.

ger » ; l'effet produit par cette décoration n’est pas à chercher dans le plein air, il est dans le clair obscur et dans la lumière mystérieuse des intérieurs.

L'architecture intérieure, légère, aérienne, donne un charme d'une élégance extrême aux appartements. On a pu remarquer l'opposition peut-être un peu brutale de la blancheur des noukch hadidas, avecila coloration des plafonds peints ou des lambrisde faïence. Aussi

ne doit-on pas être étonné s1 les artistes si délicats qui ont orné l'Al-

hambra ont cherché à atténuer ce contraste en peignant de bleu ou de rouge ou de vert, et même d'or, certaines parties de ces lambris de stuc. Les parties blanches elles-mêmes ont pris une patine de

Fig. 204. — Minaret de Sidi-el-Halouï à Tlemcen (764 H.-1363J.-C.). Cliché Gervais-Courtellemont.

vieil ivoire qui adoucit ce que ces différentes tonalités pourraient avoir de heurté.

Mais pour se figurer ce qu'était ce palais, 1! faut ajouter à ses beautés actuelles les effets d’eau des fontaines, leur murmure dans les salles, les reflets des grands bassins, comme celui de la Cour des myrtes, les costumes brillants de soie des sultans et de leurs

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hôtes, les tentures de brocart, les tapis merveilleux. Il faut aussi se figurer la variété et l'harmonie de tons que dispensait sur tous

ces intérieurs la lumière discrète des vitraux en plâtre ajouré, cette

Fig. 205. — Porte de Sidi-el-Halouïi à Tlemcen (764-1353). Cliche Gervais-Courtellemont.

lumière qui presque partout n'arrivait qu'en second jour et par des baies étroites. Ces eaux, qui embellissaient les salles et les cours, embellissaient aussi des jardins merveilleux, aux ombrages épais des cyprès, aux parterres de fleurs, à la verdure brillante et opulente des orangers et des citronniers. Partout des kiosques comme

les historiens nous décrivent ceux de Tunis et du Maroc, tels ceux de la Cour des lions dont les pareils s'élèvent encore aux deux extrémités de la Cour de la mosquée Karaouyin à Fez.

L'Alhambra comprenait non seulement des salles de réception. des chambres, des salons, mais encore une mosquée et des bassins

Fig. 206. — Tombeaux près de Tlemcen. —Cliché Gervais-Courtellemont.

somptueux. Nous n'avons plus, malheureusement, maintenant, qu'une partie du palais, car Charles-Quint, avec une maladresse royale, en fit démolir une aile pour y construire un informe palais sur plan elliptique !

Les jardins de l’Alhambra, comme ceux de Medinet-ez-Zahra, comme ceux du Maroc, étaient un souvenir des jardins de Bagdad qui eux-mêmes dérivaient des paradis des rois sassanides. Le charme des jardins a toujours été goûté par les Arabes; pour ces enfants du désert, en effet, quel bonheur plus grand, après avoir souffert de la chaleur, de la soif, de l'excès de lumière et de sécheresse, que de se reposer sous des ombrages frais, au bruit des eaux jaillissantes, et de pouvoir promener les veux sur la verdure,

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