CHAPITRE IV ÉCOLE PERSANE (PERSE, MÉSOPOTAMIE, TU RKESTAN
Soumarre. : [. Généralités : Vue d'ensemble sur l'histoire de la Perse. — Généralités sur l'architecture persane ; Divisions de l'architecture persane : architecture religieuse, civile, militaire. — IT. Étude chronologique des monuments musulmans de la Perse, de la Mésopotamie et du Turkestan. — 1. Période médiévale : Palais de Rakka ; Mosquée de Samarra; Bagdad ; Koufa ; premières mosquées persanes de l’époque des Abbassides ; les dômes persans : tombeau du Sultan Sandjar; grande mosquée de Mossoul ; tombeau de la fille d'Houlagou ; mosquée de Véramine ; — Monuments de Samarcande : mosquée de Chah-Sindeh; mausolée de Tamerlan; medressé Chir-Dar ; mosquée de Kodjit; mosquée bleue de Tauris. — 2. Période moderne: Ardébil; monuments d’Ispahan : constructions de Chah- Abbas ; le Tchar Bag; pont d'Allah-verdi-Khan; Meïdan-i-Chah ; porte Aali-Kapou ; mosquée impériale; palais d'Achref; Kasr-i-Kadjar: tombeaux d’Abou-Hanifé et d'Abd-el-Kader el-Gilani; mosquée de Kazimeïn; pont de Baba-Rokned-din; medressé et khan de la mère du Sultan Hussein ; caravansérails et palais d’Ispahan : Tchehel-Soutoun; Hecht-Behicht; maisons privées ; aqueducs, cannots ou kerises ; architecture militaire. — IIT. Chronologie des monuments de la Perse, de la Mésopotamie et du Turkestan.
Vue d'ensemble sur l'histoire de la Perse. — Nous avons vu, dans le premier chapitre, de combien d'éléments divers était constitué l’art de Mésopotamie, cet artdes premiers califes dont les historiens seuls nous ont révélé les splendeurs, puisque, jusqu'ici, nulle fouille, nulle description méthodique de ruines n'a pu nous permettre d'en retrouver les vestiges. Cet art, qui rayonna vers le sud et vers l'ouest, fut aussi l'élément primordial de l’art persan ; car la Perse forma d’abord une province de l'immense empire des califes. Malgré son originalité persistante manifestée d'abord par l’hérésie chiite, et surtout par son art si ingénieux et si abondant dans sa diversité, la Perse n'eut pas d'indépendance nationale politiquement parlant pendant près de neuf cents ans. En effet, province du califat, puis gouvernée sous la suzeraineté des califes par des dynasties locales, les Tahirides, les Salffarides, les Samanides, les Deilémites, les Gaznévides, les Bouides, puis par les Seldjoucides con-
duits par Togrul-Beg, puis par les Kharismiens, la Perse fut soumise par les Mongols de Gengis-khan au xm° siècle de notre ère : les IIkamiens ou dynastie des descendants d'Houlagou formèrent bien pendant quelque temps un royaume particulier composé de la Perse et d'une partie de l'Anatolie ; mais ce royaume disparut dans la tourmente de l'invasion de Tamerlan. Au xv° siècle, la dynastie turco-
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Fig. 244. — Palais à Sari. — Dessin de H. Saladin, d'après J. Laurens.
mane du Mouton noir est fondée par Kara-Youssouf ; en 1468, la dynastie du Mouton blanc la supplante et met encore des Turcomans sur le trône de Perse. Ce n’est qu'en 1502 que Chah-Ismaïl,de la dynastie des Séfévides ou Sofys, rend à la Perse son indépendance nationale, et lui donne une prospérité qui atteint son apogée sous le règne de Chah-Abbas. Cette dynastie disparaît en 1722, elle est remplacée par une famille afghane qui fournit quelques souverains remarquables, et cette dernière est supplantée par Nadir-Chah. Après les règnes très courts de Adil-Chah et de Chah-Rokh, Kérim- Khan, de la tribu des Zends, établit le pouvoir dans la famille en laissant en apparence le pouvoir à Chah-I[smaïl, de la dynastie des Sofys. Après trois règnes successifs et de brève durée, cette petite
dynastie disparait devant Aga- Mohammed-Khan, de la tribu des Kadjars, qui fonde la dynastie régnant actuellement en Perse.
Cette courte notice historique sur la Perse est indispensable pour démontrer que, malgré la diversité d'origine de ses souverains musul-