DES MOUTONS
dans la production a diminué, et dans 100 francs de marchandises il y a moins aujourd'hui de frais de main-d'œuvre qu'autrefois •. D'ailleurs,4e pourcentage
1. D'après la grande Enquête américaine de 1808 sur la productivité comparée du travail manuel et du travail mécanique, la îabrTcatfoi df
de ces frais est essentiellement variable avec chaque genre d'industrie et varie de 3 à 55 0/0, depuis les fabrications alimentaires jusqu'à l'extraction des produits minéraux.
Parmi les transformations techniques qui ont exercé une influence considérable sur la réduction des prix de revient, signalons principalement : Icmploi des méthodes de synthèse (dans la fabrication des parfums, médicaments, matières colorantes); l'emploi du four électrique dans la production de l'aluminium, carbure de calcium, engrais azotés, ferros-alliages, etc. ; l'utilisation des sous-produits (laitier et gaz des hauts fourneaux, etc.). La fabrication en séries pousse à la démocratisation de l'article; cest la fabrication a pour le million », cest-à-dire pour un nombre très élevé de consommateurs; elle a conduit à l'interchangeabilité des pièces séparées, qui facilite l'exportation à longue distance, et à la «standardisation des types, qui pousse à uniformiser les dimensions. La « théorie de la valeur décroissante », exposée par M. D. Bellet, signifie qu'à mesure que la production d'un objet augmente, son prix doit s'abaisser dans une proportion très notable pour atteindre les nouvelles couches de consommateurs qui sont nécessaires à son écoulement.
c) Les facteurs économiques. — Le développement des moyens de transport, l'accroissement de la vitesse, la réduction des tarifs ont contribué à la diffusion des produits et au nivellement des prix. C'est ce que l'on constate, notamment, dans les pays neufs, Inde et États-Unis, au fur et à mesure que les chemins de fer pénètrent dans les régions productrices. L influence des frais de transport est dautant plus sensible que le produit a moins de valeur, de telle sorte que l'éloignement du lieu de production influe beaucoup plus sur le
500 yards de cotonnade croisée, par exemple, exigeait : a) travail à la main : 3 ouvriers, 19 opérations, 7 534 heures, payées 135,61 dollars; 6) travail à la machine : 252 ouvriers, 43 opérations, 84 heures, payées 6,81 dollars.
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prix des matières encombrantes (minerais, bois, combustibles) que sur celui des produits d'un prix relativement élevé et d'un transport facile. C'est la raison pour laquelle l'industrie suisse, par exemple, en raison de la situation intérieure du pays, a dû se spécialiser dans le traitement des matières premières chères (métaux précieux, soie) ou de celles meilleur marché (coton, métaux bruts) auxquelles la main-d'œuvre communique un énorme accroissement de valeur (dentelles, machines), capable de contre-balancer l'élévation des frais de transport.
La question n'est pas moins importante au point de vue du transit. Gênes, Marseille et Rotterdam se disputent l'importation des matières premières et des produits alimentaires destinés à la Suisse. Chacun de ces ports dessert un arrière-pays qui setend ou se rétrécit en môme temps que varient le fret, l'assurance maritime, les frais de débarquement, les tarifs de chemin de fer, et que des voies nouvelles viennent modifier les distances.
La transformation des procédés commerciaux contribue également à l'abaissement des prix. Les transactions en gros se font de plus en plus directement, les prix diminuent du montant de la commission payée aux intermédiaires dont le nombre tend à se restreindre; môme évolution dans les modes de règlement, devenus plus directs et plus rapides. La concentration commerciale agit encore dans le même sens en provoquante diminution des frais généraux, de môme qu'il y a lieu de signaler les réductions de prix {dumping) consenties à l'exportation, par les trusts et cartels. Les influences monétaires feront l'objet d'un examen spécial.
Le prix de revient doit comprendre le loyer des capitaux engagés; il se trouve, par conséquent, inHuencé par les variations du taux de l'inlérél.
d) Les facteurs sociaux. — De toutes les taxes fiscales les impôts directs sont ceux qui agissent le moins sur
LES PRIX
les prix, à l'exception de ceux qui frappent la propriété foncière. L'impôt des patentes accroît les frais gêné raux de l'industrie et du commerce et tend à augmenter le prix de revient. Les impôts qui se répercutent le plus directement sur les prix sont les impôts indirects, les impôts de consommation, et, en particulier, les droits de douane; mais l'incidence est fort variable pour ces derniers, comme nous l'avons vu plus haut. Les charges sociales qui résultent des lois de protec-
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— — Production du vin on France. ) Anyiuaii'e statistique de la
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France.
tion ouvrière concernant les accidents du travail, les retraites, la réduction de la journée de travail, les mesures d'hygiène, grèvent aussi le prix de revient par l'augmentation des frais généraux.
e) La nature du produit. ~ Le prix des produits minéraux, dont l'extraction n'est soumise qu'aux aléas de la main-d'œuvre, suit la marche de l'industrie; c'est la demande qui est prépondérante dans les flucJtuations, sauf pour certains produits étroitement localisés et pour lesquels le petit nombre des exploitants facilite leur groupement (diamant dans l'Afrique du Sud,
pétrole des États-Unis et de Russie, platine de l'Oural) ; dans ce cas, l'offre joue le rôle principal dans létablissèment des prix, la spéculation intervient souvent, facilitée aussi, comme dans le cas de l'étain, par le peu d'importance de la production mondiale. Les hausses du charbon en 1873, 1881, 1889-90, 1898, ont été provoquées par une demande imprévue et par l'impossibilité d'y faire face instantanément.
Les prix des produits agricoles sont caractérisés par leur grande irrégularité, résultant de la variation des récoltes, en rapport avec celle du climat. C'est donc, en principe, l'offre qui régit les fluctuations pour tous les produits dont la demande est universelle et uniforme, comme les céréales, le coton, la laine. C'est ainsi que les prix du coton varient fortement, au moins quatre fois par an : en juillet et août, daprès les prévisions de récoltes; en automne, au moment où l'on craint l'influence du vent; en décembre, quand la récolte est assurée et que les prix de prévision se réajustent aux quantités connues; au printemps, quand un réajustement se produit. Les prix du chanvre et du jute, textiles employés dans la fabrication des sacs et des toiles d'emballage, dépendent surtout de la marche des productions qui les utilisent; il en est de même des prix du lin et de la soie, dont les tissus sont soumis aux larges fluctuations de la mode. D'autres considérations interviennent dans la fixation du prix des produits agricoles, c'est l'ignorance du prix de revient exact, de telle sorte que le prix de vente est influencé encore davantage par la quantité récoltée, exprimée par le rendement à l'hectare, et, en second lieu, par le besoin d'argent du cultivateur, là surtout, comme dans les colonies, où l'indigène ignore le cours des denrées et vend sa récolte sur pied, à des taux inférieurs.
3. Les prix de détail. — Les prix de détail se caractérisent d'abord par leur exagération habituelle comparativement aux prix de gros; les causes en sont : l'excès
LES PRIX
. Prix moyen annuel de la soie grège d'Italie, 1" ordre 10/12-
- Prix moyen annuel de la soie grège filature, du Japon, 11/2.
^ Production mondiale de la soie. [à 2 12/15