ÉTATS-UNIS
18?6 1837-39 Guerre do sécession 1891-93 19ÛÎ-08 Guerre de 1917
La période dépend de deux facteurs : la faculté d'oubli et l'intensité de la crise, ce qui explique l'irrégularité des intervalles. Plus 1 industrie a été atteinte, plus le relèvement sera long et plus la prudence sera observée. La connaissance du rythme des crises influe, d'ailleurs, sur la reproduction du phénomène et aide à résister à l'entraînement général, mais on peut aussi considérer, en sens inverse, qu'à force de répéter qu'une crise doit survenir, on finit par avoir raison, toirt comme lorsqu'on sobstine à répéter que la reprise est inévitable et qu'elle va s'effectuer*.
3. Le processus des crises. — Les crises se traduisent dans les prix et se répercutent sur le crédit. A la veille de la crise, les ressorts du crédit sont tendus à l'extrême ; tous les capitaux disponibles sont engagés; les banques coupent le crédit, les transactions sont paraly sées et les rares capitaux qui s offrent sont à haut prix.
Les phases de la crise sont les suivantes. Ses ctîets immédiats se traduisent par l'avilissement des prix, par la réduction de la production, conséquence d'un chô-
1. Au lendemain de la crise de 1907, qui avait fortement atteint les États-Unis, des « Ligues do prosp<^rit6 » s"y sont fondées en vue de réagir contre le décuuragement et le pessimisme.
LES CRISES COMMERCIALES
mage plus ou moins grand de l'outillage mécanique, par le ralentissement de la consommation et par la restitution lente et progressive au marché financier des
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VARIATIONS COMPARÉES DES TAUX d'ESCOMPTE OFFICIELS A PARIS,
LONDRES ET BERLIN (pendant la crise de 1907-1908).
disponibilités qui lui avaient manqué au moment critique. Les affaires commencent à reprendre timidement, en commençant par les demandes ajournées au moment de la liquidation; la fabrication se développe; les marchés commerciaux ont plus de fermeté, les prix se
relèvent progressivement, la confiance renaît; le mouvement s'accélère, poussé par la reprise de la consommation et aussi par la spéculation pour certaines marchandises. Enfin, le moment arrive où le prix des matières premières dépasse la valeur que comporte une consommation moyenne, où la main-d'œuvre augmente ses exigences, où la banque, en présence de l'accroissement de son portefeuille et de la réduction de son encaisse, est obligée d'augmenter le taux d'escompte, où la capacité d'achat des produits fabriqués se réduit par l'effet de la hausse des prix.
Une lourdeur ai)paraît sur tous les marchés, commerciaux et financiers; la spéculation à la hausse se dérobe ; les hauts prix ne sont plus soutenus ; la défiance apparaît, la marche de l'industrie se ralentit, la vie économique se déprime et la crise éclate en se traduisant par des liquidations, des faillites de maisons de banque, trop engagées dans les immobilisations, et d'entreprises industrielles. Après une phase de stagnation, la liquidation s'opère et une nouvelle période d'activité recommence.
4. Les Indices enregistreurs des crises'. — a) Indices commerciaux. — De cette analyse détaillée du rythme
1. L'étude des indices enregistreurs forme la météorologie économique, suivant l'expression do M. do Foville, ou la aétnioloyie statistique, c'està-dire l'étude des symptômes, suivant le terme employé par ÂIM. Julin et A. Liesse. Les observateurs emploient soit un indice unique : lo portefeuille des banques (Juglar), lo nombre des mariages (Farr), la valeur de la tonne importée et exportée (Rawson); soit un indice totalisateur, formé d'un certain nombre d'indices répartis en groupes; c'est la méthode do MM. de Foville, Julin, Neumann-Spallart. De même que pour les index-numbers, on peut faire usage de coefficients d'importance, de moyennes graduées ou de système discrimant. L'indice totalisateur de M. Julin comprend 43 indices répartis en quatre groupes ; indastrio, commerce, consommation et revenus, démographie.
Légende du graphique de la page 151 :
————— Index-Numbers de iSauerbeck (matières premières). ««.— — Index-Numbers de Saucrbeck (produits alimentaires^. «__. — , Prix moyen annuel du charbon à Londres.
VAHIATIONS COMPARÉES DES F'RLV DES M.\TIÈRES PREMIÈRES £T DES PRODUITS ALIMENTAIRES.
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écononiique, il résulte que les crises sont enregistrées par les variations d'un certain nombre d'indices, au premier rang desquels jious plaçons les prix. Juglar a pu dire que les crises économiques étaient des crises de prix. Et cest bien, en effet, l'exagération des prix, soit sur les matières premières, soit sur les produits fabriqués, soit sur le loyer de l'argent (laux d'escompte), qui arrête le progrès de la consommation et provoque la suspension de l'activité économique. On fait usage comme indice des index-numbers que nous avons étudiés au chapitre précédent; les chutes de leurs graphiques correspondent bien aux dépressions. On peut aussi se baser sur les prix de quelques produits-types, comme la houille et les métaux; cependant les maxima et les minima ne coïncident pas exactement avec les périodes d'inflation et de dépression, et, surtout, leurs oscillations sont plus nombreuses: dautre part, les produits industriels sont parmi ceux sur lesquels se porte la spéculation et sur lesquels les syndicats do producteurs peuvent exercer une certaine influence. C'est le prix de la fonte qui est le plus intéressant.
Les chiJJ'res du commerce extérieur concordent avec les ndex dans les périodes de maxima, mais il n'y a pas la même simultanéité dans les minima; la baisse des prix provoque, sans doute, un certain mouvement de reprise des transactions avant d'avoir atteint le point minimum de son évolution.
Les recetles et surtout les tonnages des Compagnies de chemin de fer reflètent bien les fluctuations des affaires, malgré certaines influences accidentelles, comme la mise en exploitation de lignes nouvelles, l'organisation d'expositions, l'arrêt d'une ligne par suite d'inondation ou d éboulement. Dautre part, ces indices sont un des rares éléments d'appréciation de l'importance et des variations du commerce intérieur. Les Compagnies de chemin de fer ont le plus grand intérêt à la prévision des crises, soit pour l'établissement de leurs budgets, soit pour l'adaptation et le renouvellement de leur
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LES CRISES COMMERCIALES
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Faillites aux États-Unis.
Faillites en France.
RELATIONS EI^TRE LES CRISES, LE NOMBRE DES FAILLITES ET CELUI DES NOUVELLES SOCIÉTÉS COMMERCIALES.
matériel de transport, qui doit être commandé au
moment de la dépression pour bénéficier de prix plus
Milliards de francs
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Commerce extérieur de la France (commerce spécial)
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Commerce extérieur de l'Angleterre (commerce général) "- Commerce extérieur de TAllemagne (commerce spécial).
VAIUAÏIONS COMPARÉES DU COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE DE L'ANGLETERRE ET DE L'aLLEMAGNE.
bas et pouvoir être exécuté en totalité par les usines Irançaises.
D^autres indices peuvent encore être utilement consultes : 1 activité de l'industrie du bâtiment, le chiffre des faillites, ce que les Américains appellent la « mor-
LES CRISES COMMERCIALES
talité » des affaires, le nombre des nouvelles sociétés commerciales, dont les maxima paraissent précéder les crises. Les faillites se produisent surtout dans le milieu des petits détaillants, et leur quantité ne varie pas dans le même ordre pour le commerce de gros et l'industrie.
Killions de tonnes
— Tonnage total des sept grands réseaux et des ceintures (petite et grande vitesse).