‹ Manuel d'économie commerciale [microform]. (La technique de l'exportation) à l'usage des élèves de l'enseignement commercial supérieur et moyen et de l'enseignement techniqueChapitre 23 sur 69 · VARIATIONS DU TONNAGE DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS · texte numérisé non relu

VARIATIONS DU TONNAGE DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS

b) Indices financiers. — Les mouvements du porte' feuile commercial des grandes banques ont été enregistrés par xMM. Juglar et Jacques Siegfried; l'expansion des affaires et surtout l'exagération du crédit se traduisent naturellcLuent par un accroissement des effets de commerce, qui seront ensuite négociés aux banquiers et qui iront grossir leurs portefeuilles en réduisant les

encaisses. Le graphique montre que la crise est proche quand la ligne du portefeuille s'élève considérablement et que la ligne de l'encaisse s'abaisse fortement de son côté. La reprise des afiaires se produit lorsque les lignes occupent une position inverse. On utilise généralement les chiffres de la Banque de France et des grands établissements de crédit. On objecte que l'encaisse, surtout, peut subir le contre-coup des opérations financières; d'autre part, les deux indices ne permettent pas une prévision immédiate, et, au cours d'une même année, ils subissent des variations extrêmement nombreuses. Les mêmes réserves peuvent être faites en ce qui concerne la circulation de la Banque de France : linflation des billets peut tenir à des causes exceptionnelles, telles que la nécessité de défendre l'encaisse contre les appels d'or provoqués par les relations avec létranger; les variations de la circulation ne sont pas toujours strictement en corrélation avec l'état des affaires.

L'indice constitué par les bilans des grands Élablissemenls de crédit prête à deux critiques : le grossissement accidentel dû à la création de nouvelles agences et les différences notables qui existent entre la façon d'établir les bilans dans chaque banque. Le volume dos opérations des Clearing Iloiises ou Chambres de compensalion est un bon indice do l'activité économique, bien quil ne soit pas limité aux opérations commerciales cl quà Londres et à New-York, surtout, il soit influencé par les compensations d'ordre financier.

Les autres indices financiers ne donnent pas de conclusions bien précises. Les fluctuations des cours des valeurs mobilières subissent très souvent le contre-coup

decirconstanccsétrangères au mouvement des affaires; les cours des valeurs à revenu fixe varient en raison inverse de l'activité ou du ralentissement des aff'aires, tandis que les cours des valeurs industrielles répercutent, au contraire, direcloment ces variations. Il en est de même du montant annuel des émissions

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LES CRISES COM-MEIICIALES

„e valeurs mobilières. Les maxima »PP»^«'^^f ' ^" Î870 1889, i894. 1902, 1906; les minima en 18.5,1^.^

Prix moyen »o»uel de la fonte aux États-Unis (en $ p«

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"Ii;..v".O.NS COMPARÉES DES PB.X DE LA EONTE ET DC CHAUBON.

iM'> 1895 1904; la seule conclusion qui sen dégage, cls't iue les émissions sont plus nombreuses dans les

périodes d'activité et se restreignent durant les phases de dépression.

c) Indices industriels. - L'industrie minière et métallurgique est le meilleur baromètre de l'état général de l'industrie dans un pays, parce que c'est elle qui fournit loutillage des autres industries de transformation. Aussi, les productions de la houille de la fonte et dT. l'acier fournissent des renseignements qu il est fort utile de consulter.

d) Indices agricoles. - La production du blé, son prix, la valeur de la production agricole constituent des indices au second degré en raison de leur répercussion sur le commerce extérieur, de leur inlluence énorme sur les pays neufs à prépondérance agricole et, plus immédiatement, sur la capacité d'achat des agriculteurs Mais la comparaison des graphiques montre qu il n'y a pas corrélation entre les crises commerciales et les crises agricoles, dautant plus que 1 influence de ces dernières tend à diminuer avec le développement des moyens de transport.

e) Indices sociaux. - Les statistiques des grèvet montrent que le nombre en paraît s'élever au moment ou éclate la crise, mais, pendant la dépression, les chiffres ne donnent pas d'indications concordantes

Théoriquement, la proportion des chômean doit mesurer en quelque manière l'intensité des affaires mais la difficulté est de trouver des sources dinforma' tion complètes et précises; les seules dont on dispose sont celles des syndicats, qui en France ne représentent environ que le sixième de lensemble des ouvriers.

Les salaires sont bien influencés par les fluctuations de 1 activité industrielle, mais le rythme est différentles hausses ont une durée plus longue et sont plus accentuées que les baisses; le salaire croît d'ordinaire assez fortement dans la période prospère et fléchit très faiblement pendant la dépression, de telle sorte que, dans l'ensemble, c'est une hausse générale par

LES CRISES COMMERCIALES

paliers successifs. Les mouvements des salaires ne commandent pas à ceux des prix, ils en dérivent simplement. V émigration vers les pays neufs est aussi plXis fo:-

.1 Nombre annuel des grèves aux États-Unis.

.2 Nombre annuel des immigrants arrivés aux États-Unis.

^^ __3 Nombre annuel des grévistes en France.

r— , -, .4 Pourcentage des chômeurs dans les Trades- Unions anglaises, K Pourcentage des chômeurs dans les syndicats français.

.,.. „.6 Pourcentage des variations dans le taux moyen des salaires

en Angleterre.

RELATIONS E.NTRE LES GRÈVES, LE CHÔMAGE, LE TAUX DES SALAIRl S l'immigration et LES PÉRIODES DE CRISE.

tement attirée pendant la phase de prospérité; les statistiques des États-Unis montrent un sérieux ralen" tissement de l'immigration pendant les années de crise,

iïANUEL D ECONOMIE COMMERCIALE

accompngné par un chiffre des retours d'émigranls plus considérable qu'en temps normal *.

5. La prévision des crises. — Comment peut-on tirer parti des indicalions fovrnics par . les différents symptômes que nous venons d'étudier? Les fluctuations de prix nous paraissent un des meilleurs enregistreurs à surveiller attentivement. Lorsque la ligne des index-numijcrs, après un mouvement ininterrompu de hausse, marque un temps d'arrêt ou un léger fléchissement, il faut i)rendrc garde et en examiner les causes; si le fléchissement continue, la crise dés prix est déclarée et la crise industrielle et commerciale va s'ensuivre. De même pour la reprise des affaires ; il arrive un moment où le mouvement de baisse s'arrête, un relèvement des prix se dessine, mais il peut n'être qu'accidentel; il faudra attendre qu'il se généralise sur les différents marchés de matières premières, en continuant son allure ascensionnelle. Dans les deux cas» d'ailleurs, on ne doit pas scn tenir à un seul indice,^ mais comparer avec soin lallure des différents graphiques : prix, commerce extérieur, tonnage des chemins de fer, portefeuille des banques, en tenant compte des conilitions particulières de cliaque industrie.

Mais la prévision des crises, comme la météorologie, — bien plus riche cependant en observations, — ne donne que des probabilités et non des certitudes. C'est une vérité dont le commerçant et l'industriel doivent bien se pénétrer. Toutes les crises, d'ailleurs, ne se présentent pas avec les mêmes allures. La reprise est brusque ou lente suivant chaque industrie. La crise elle-même est fonction de la période d'activité; si celle-ci a été calme, la dépression aura le même caractère; si, au contraire, la période d'activité a été violente, éruptive, la liquidation sera brutale -et rapide.

6. Les répercussions et les conséquences des crises. — Les crises ne sont pas générales. Elles ne frappent pas

1. Au cours de la crise de 1007, 90)000 émigrants partent dans une seule somaiue eu emportant leurs dépôts.

LES CRISES COMMERCIALES

les métiers chargés de satisfaire les besoins élémentaires et indispensables (boulangerie, boucherie, épicerie); les autres métiers ne sont pas atteints de la même façon que les grandes industries, ils souffrent d'un état de langueur indéfini qui provient surtout d'une réduction de la consommation. Pour les industries, il faut distinguer également celles qui produisent des objets de consommation directe et celles qui fournissent de loutillage de production. La crise est plus intense et plus apparente pour ces dernières, comme les industries métallurgiques, où Ion observe les variations les plus fortes et la participation la plus fidèle aux cycles économiques. Celles qui emploient des matières premières agricoles échappent davantage à la périodicité régulière et dépendent des récoltes. Tel est le cas de l'industrie cotonnière. L'industrie de la soie a des oscillations qui lui sont spéciales et qui proviennent soit de la matière première, soit de la mode. L'industrie linière échappe presque complètement aux oscillations cycliques.

Toute l'économie du crédit est violemment bouleversée, de même que les cours des valeurs industrielles cotées aux Bourses. C'est ainsi qu'aux États-Unis, au cours de la crise de 1907, on observe, du 21 octobre au 9 novembre, un fléchissement qui dépasse 8 milliards de francs sur 70 des principales valeurs industrielles, cotées à New-York; on ferme les Bourses de Pittsburg, la Nouvelle-Orléans, Duluth; quelques États instituent des jours fériés légaux au cours desquels les paiements sont suspendus; les banques refusent le remboursement des dépôts en numéraire et délivrent des chèques; il se fonde de nouvelles chambres de compensation; des particuliers même émettent des billets {scrips) pour le paiement des ouvriers; le taux descompte s'élève jusqu'à 12 0/0.

7. L'atténuation des crises. — Les crises sont contraires au principe de l'économie des forces; mais si, comme nous l'avons montré par l'étude de leurs causes

subjectives, on ne saurait songer à les supprimer com. plètemenï, .il est désirable quç chacun s'efforce don diminuer la gravité *. L'État peut intervenir par un éclielonncment judicieux de ses commandes et de ses grands travaux; c'est dans cet esprit que le décret du 31 mars 1908 a institué une Commision « chargée d'étudier les mesures à prendre pour atténuer les chômages résultant des crises économiques périodiques », par la réi)artition des travaux des administrations de telle l'açon qu'ils viennent compenser, dans une certaine mesure, au moment de la dépression, les arrêts produits dans les travaux privés.

D'autre part, toutes les mesures qui pourront, faciliter une meilleure adaptation de la capacité de production à l'accroissement des besoins, et contribuer à l'équilibre de l'offre et de la demande, diminueront l'acuité des crises. Cest le cas des offices de renseignements, des enquêtes, des statistiques, de tout ce qui permet de mieux connaître les débouchés et l'importance des besoins. Tous les contrats à longue durée établis entre producteurs et consommateurs et facilités par l'organisation des syndicats, cartels et comptoirs, tendent également au môme but, aidés, pour l'exportation, par la conclusion de traités de commerce à longue échéance. D'une façon générale, tout groupement, toute concentration, aussi bien de l'offre que de la demande, permet de mieux connaître la situation des besoins, moins nombreux et plus facilement connus, et de régulariser la marche générale de la production.

1. Les causes subjcciivos des crises paraissent tellement naturelles à M. Vilfredo Pareto {Cours d'Économie politique, II, p. 297, Paris, 1896), qu'il écrit : « La crise n'est pas un accident qui vient interrompre un état de choses normal; co qui est normal, c'est lo mouvement ondulatoire de prospérité et de dépression; il n'est pas du tout sûr que le mouvement rythmique ne soit pas une des conditions du progrès économique; il paraît fort probable quo ce mouvement n'est qu'une manifestation de la vitalité de l'organisme économique. Les alternatives de repos et d'excitation paraissent nécessaires à tous les organismes vivants supérieurs. Ce qu'il faut éviter, c'est de rendre par des mesures imprudentes les crises plus aiguës, et il faut tâcher d'en atténuer les maux. »

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