‹ Manuel d'économie commercialeChapitre 15 sur 66 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Le prix est l'expression de la valeur. On distingue deux sortes de valeurs : la valeur d'usage, qui représente •l'intérêt que nous attachons personnellement à l'objet, et la valeur d'échange, qui s'exprime pratiquement dans le prix ; la première est fondée sur le désir : c'est le point de vue du consommateur; la seconde correspond aux dépenses de fabrication : c'est le point de vue du producteur. Cette double conception de la valeur explique les deux séries de facteurs qui interviendront dans l'établissement des prix : les facteurs psychologiques et les facteurs statistiques; elle montre aussi la complexité du problème des prix et l'impossibilité de le résoudre exactement avec les seules données de l'offre et de la demande.

1. La formation des prix. — a) L'offre et la demande. — Toutes choses égales, le prix d'une marchandise s'élève si cette marchandise est plus demandée qu'offerte, il s'abaisse en cas contraire. En d'autres termes, la hausse des prix se produit quand les besoins du marché surpassent les disponibilités et, inversement, la baisse a lieu quand les approvisionnements surpassent les besoins. Mais il n'est pas exact de transformer cette observation en loi mathématique et de dire :

<t Les prix sont en raison directe de la demande et en raison inverse de l'offre1,» L'intérêt du consommateur est lié à l'importance de la demande qui attire le produit, de même que l'intérêt du producteur n'est pas de restreindre sa fabrication. En second lieu, il n'y a aucune précision mathématique entre les prix et les rapports de l'offre et de la demande; la formule de Gregory King, rappelée par M. Fontana-Russo, à propos du blé et du charbon, montre qu'à une légère extension de la demande correspond une forte augmentai ion du prix. Si la quantité offerte est, dans certains cas, possible à déterminer, la quantité demandée est impossible à préciser. Enfin, on peut renverser les termes et substituer l'effet à la cause en disant aussi justement que l'offre et la demande dépendent des prix. « En thèse générale, remarque Cournot, la consommation, la vraie demande, se subordonne au prix et non le prix à la demande. »

b) Les éléments psychologiques. — Comme l'a montré G. Tarde, les prix sont aussi déterminés par des comparaisons de désirs et de jugements ; tout ce qui influe sur l'état psychologique des acheteurs ou des vendeurs éventuels doit être regardé comme facteur du prix : la vue des objets, les différentes formes de publicité, la connaissance de certains faits extérieurs, les suggestions de personne à personne, la conversa-

1. « Les prix hausseront, écrit M. de Fovillo, quand les besoins du marché en surpasseront les disponibilités et réciproquement. En somme, c'est presque à cela que se réduit la loi de l'offre et de la demande. Mais, par cela même que cette loi résume et domine tout le jeu des conventions humaines, elle n'éclaircit pas grand'choso. L'offre? La demande? Les besoins du marché et ses disponibilités? Et la loi do l'offre ot de la demande est moins une loi, en somme, qu'un mécanismo : le mécanisme automatique qui, finalement, traduit en hausso ou en baisse l'inégale poussée des courants contraires et complexes que tout commerce libro met aux prises. •> Et c'est aussi l'avis de Cournot : « Quand les auteurs ont dit que !o prix est en raison inverse de la quantité offerte, ils ont énoncé une vérité triviale s'ils ont seulement voulu dire que l'offre avilit le prix do la marchandise, et un théorème manifestement/aux s'ils ont pris ces mots de raison inverso dans le sens précis qu'on leur donne en mathématique. »

tion, etc. Les variations de longue envergure obéiront dans les grandes lignes à l'offre et à la demande, tandis que les facteurs psychologiques influencent surtout les mouvements quotidiens.

Sur les marchés ou dans les bourses, les facteurs psychologique^ sont inspirés par les lois de l'imitation et par les phénomènes de psychologie des foules. Quatre influences s'exercent : celle des acheteurs les uns sur les autres, celle des vendeurs les uns sur les autres, celle des acheteurs sur les vendeurs, et inversement. Des « courants » d'influence se forment : c'est tantôt la confiance optimiste à la hausse, tantôt la crainte pessimiste à la baisse, tantôt le découragement qui produit la stagnation des cours. La masse des spéculateurs est très sensible, crédule, impulsive; le moindre bruit trouve un écho; le jour de la semaine, l'approche d'une fête, les phénomènes climatiques font sentir leur influence sur les cours. Cette sensibilité extrême a pour conséquence une tendance à l'exagération, qui se répercute d'une valeur sur une autre ou d'un produit sur un autre.

c) Les éléments statistiques. — C'est seulement en tant que connues qu'agissent les variations de l'offre et de la demande, mais elles sont le plus souvent très mal connues ou connues trop tard pour exercer leur action sur les prix. Les statistiques comportent des imperfections involontaires et des imperfections voulues; elles sont officielles ou privées : les premières sont plus sûres, mais plus lentes; les secondes, plus rapides, mais offrant moins de garantie. En thèse générale, les prix sont établis sur des prévisions de récoltes pour les denrées agricoles ou d'extraction pour les produits minéraux, parfois volontairement faussées, et, quand les statistiques exactes sont établies, le prix est fixé depuis longtemps et déjà impressionné parles récoltes futures. D'autre part, tout le disponible est loin d'être offert sur les marchés, l'importance des stocks est ignorée, de même que les quantités qui s'écoulent

dans les ventes inidviduelles en dehors des bourses et des marchés. Les statistiques doivent aussi tenir compte des quantités en cours de transport, soit par fer, soit par eau, du flottant, de celles qui sont emmagasinées dans les entrepôts ou les magasins généraux, importées ou exportées. Toutes les améliorations apportées aux statistiques et à la documentation, au double point de vue de la rapidité et de l'exactitude, contribueront à la formation rationnelle des prix et à leur régularisation1.

d) Influence de la répartition des offres. — Lorsque la récolte est terminée, l'agriculteur est généralement pressé de vendre pour rentrer dans ses déboursés; aussi voit-on, pour les céréales par exemple, les prix descendre en août, septembre, octobre, pour s'élever ensuite progressivement à mesure que les stocks se font plus rares. Ce sont les influences saisonnières qui œrcent aussi sur les marchandises qui ne se conservent que difficilement et qui ne sont produites qu'à une certaine époque de l'année : fruits, primeurs. L'emploi des procédés frigorifiques, pour la conservation et le transport des denrées périssables, joue à cet égard un rôle régulateur très important et qui est appelé à grandir encore.

Si l'on veut empêcher le cultivateur d'avilir les prix

1. L'Institut international d'agriculture de Rome a pour objet de concentrer, d'étudier et de publier, le plus rapidement possible, les renseignements statistiques concernant toutes les productions agricoles et les prix pratiqués sur les différents marchés. Il fournit notamment la production totale sous forme de pourcentage (indice unique), indiquant les fluctuations do l'offre.

Pour le coton, les Départements de l'agriculture, aux États-Unis, dans Tlnde, en Egypte, font connaître au printemps les surfaces ensemencées (acreage); aux États-Unis, les stations météorologiques fournissent des renseignements sur la températuro ; des experts officiels ot privés estiment 1 état des récoltes et des quantités do matière qui sortent des usines d é^ronage. Do son côté, l'Association internationale cotonnière établit chaque année le chiffre do l'outillago des usines, les quantités consommées, le stock existant au 31 août; ces chiffres sont comparés aux estimations de la récolte.

I,i- Syndicat fies marchands de soie de Lyon publie chaque annéo la production mondialo détaillée de ce textile.

on ko causant préjudice à lui-même, il faut lui donnor Le moyen d'obtenir facilement des avances, tout en restant libre de vendre au moment favorable. Tel est le but dos élévateurs aux Etats-Unis et en Russie, et des organisations coopératives allemandes (Kornhàuser) pour la vente des céréales.

e) Le rôle du prix de revient. — Suivant l'expression de M. de Foville, le prix de revient est le « point de ralliement » des prix de vente. Lorsque la hausse s'exagère, il en résulte un ralentissement de la consommation et un développement de la production; comme l'offre s'accroît et que la demande diminue, la situation se renverse. Il en est de même si la baisse est trop forte, c'est la production qui se restreint et la consommation qui s'étend; la hausse reprend et les prix se rapprochent de nouveau du coût de production. L'influence du prix de revient est d'autant plus forte que l'écoulement du produit doit être plus rapide, que le marché est mieux protégé et à l'abri de la spécula tion, et que la production peut facilement s'accroître ou se restreindre.

Il ne faut pas perdre de vue, toutefois, les difficultés que l'on éprouve à établir un prix de revient exact, particulièrement dans certaines branches comme l'agriculture et les mines; partout, d'ailleurs, en raison du pourcentage des frais généraux qu'on lui incorpore, il n'est que provisoire au cours de l'exercice et ne peut être régularisé qu'à l'inventaire. C'est donc un prix théorique, qui ne peut pas représenter une base aussi solide que le prix de vente qui se forme chaque jour. De même que, comme nous l'avons vu, l'offre et la demande réagissent sur les prix, le prix de vente réagit sur le prix de revient pour réduire certains de ses éléments, solution que l'industriel préfère à une réduction de la fabrication devant la baisse des prix de vente.

f) Les interventions artificielles. — La concurrence est le grand ressort de toute la machine économique,

le régulateur de la production et de la répartition. Mais, comme toute force qui n'est pas contenue et canalisée, surtout quand elle s'exerce sur un domaine aussi vaste que le marché universel, la concurrence conduit à des excès qui ont provoqué un mouvement de réaction, aux formes diverses : ententes industrielles et commerciales, protection douanière, entreprises dévalorisation, taxes municipales, dont le but est le même: arriver à la fixation d'un prix rationnel.

1. Comme nous l'avons vu plus haut (ch. 1), les trusts et les ententes réalisent dans leurs fabrications des réductions de frais dont ils pourraient faire participer les consommateurs. Mais ils ne sont poussés à le faire que dans la mesure où la concurrence les y oblige, et leur but principal est justement de réduire cette concurrence pour obtenir un quasi-monopole de fait qui leur facilite la hausse des prix sur le marché intérieur. Cette hausse est favorisée par les droits protecteurs et elle permet de consentir, sur le trop-plein de leur production, des prix réduits pour l'exportation. C'est le dumping. Les trusts américains vendaient beaucoup de leurs produits (machines à écrire^ machines à coudre, produits chimiques, etc.) meilleur marché à l'étranger qu'à l'intérieur. Les cartels allemands opéraient de même en accordant à leurs membres des primes à l'exportation, analogues à celles que recevaient les fabricants de sucre de betterave avant la Convention de Bruxelles.

2. En principe, le droit de douane relève le prix dans la mesure où la marchandise manque au pays qui la produit habituellement. M. Fontana-Russo, qui a étudié très en détail ces questions d'incidence et de répercussion des droits de douane, distingue les cas suivants : a) Production abondante dans les pays exportateurs et production restreinte dans le pays protecteur : incidence presque entière sur les consommateurs; b) production faible dans les pays exportateurs et abondante dans le paya protecteur, quoique insuffisante à la consomma-

manuel d'économie commekciai k. 9

lion nationale: incidence du droit répartie entre le producteur et le consommateur, dans une proportion qu'il n'est p;is possible de répartir exactement ;c) production abondante des deux côtés : incidence partielle, mais plus forte à la charge des producteurs étrangers; d) production restreinte des deux cotés : incidence du droit presque entièrement à la charge des consommateurs.

3. Depuis 1900, plusieurs Etats, en vue d'enrayer la baisse croissante des prix de quelques produits d'exportation, ont essayé des mesures artificielles de « valorisation ». Celle-ci peut s'effectuer de trois manières : a) en retirant du marché une partie de la récolte; b) en réduisant la production; c) en fixant un prix minimum de vente. De même que les trusts, les entreprises de valorisation doivent, pour réussir, s'étendre sur une forte part de la production mondiale du produit.

Pour la valorisation du café, qui représente à lui seul la moite de ses exportations, le Brésil a procédé par trois étapes : a) il a acheté la moitié de la grosse récolte de 1906, soit 7 millions de sacs ; b) il a emprunté les sommes nécessaires au règlement de son opération, en les gageant sur le café déposé dans les grands entrepôts de New- York et d'Europe; c) la marchandise a été revendue graduellement, par étapes, sur chacune des années suivantes, de façon à ne pas déprécier les prix; ceux-ci sont remontés de 30 francs le sac, en 190G, à 84 francs en 1912, favorisés par une série consécutive de faibles récoltes et par la conduite méthodique de l'opération.

En 1912, le Brésil a édicté une loi de défense et de mise en valeur du caoutchouc, en vue- d'encourager l'exploitation par des primes aux planteurs et des exemptions d'impôts, les industries de transformation de ce produit, son transport et son commerce, notamment par l'organisation d'expositions spéciales.

L'Italie a valorisé le soufre et les produits dérives des agrumes. Une loi du 15 juillet 1906, étendant ses effets

jusqu'en 1918, a créé un Consortium des producteurs de soufre, dans le but de réunir et de vendre toute l'extraction pour le compte et dans l'intérêt commun des associés. L'ouverture de nouvelles mines doit être autorisée par l'État; le consortium détermine les prix normaux de vente selon les différentes qualités, il gère des magasins généraux où les dépôts de soufre donnent lieu à des certificats sur lesquels la Banque de Sicile, affiliée au Consortium, et sa filiale, la Banque autonome de Crédit minier de Sicile, avancent jusqu'aux quatre cinquièmes de la valeur du soufre déposé. Cette entreprise a eu pour résultats de développer les ventes, tout en réduisant notablement le nombre des mines, par la suppression des moins importantes et des moins adaptées.

La Chambre des agrumes, fondée en 1908, contrôle les fabriques d'acide citrique et fixe chaque année le prix minimum de vente. Elle pratique le même système de dépôt et d'avance que le Consortium du soufre, par 1 intermédiaire de la Banque de Sicile.

Eu vue d'enrayer la baisse du prix des raisins secs, la Grèce a constitué en 1905 une « Société privilégiée pour favoriser la production et le commerce du raisin de Corinthe », ayant pour fonctions d'accroître les débouchés et d'obtenir une hausse des prix. Celte société s veille l'interdiction de nouvelles plantations, achète le; raisins à un prix minimum fixé par l'État et perçoit une taxe sur les produits exportés ou déposés dans ses magasins.

En 1910, l'Allemagne a constitué un syndicat obligatoire des producteurs de sels de potasse, en vue d'éviter la surproduction qui avait provoqué la crise de l'année précédente. La loi établit d'abord une limitation obligatoire de l'extraction et le coefficient de participation de chaque exploitant; elle lixe un prix maximum pour l'intérieur et un prix minimum pour l'exportation, et prescrit certaines obligations pour les conditions du travail (minimum de salaire, contrat collectif).

4. Noire Législation autorise encore L'institution de taxes municipales sur le pain et la viande. L'article 479

du Code pénal punit les boulangers et bouchers qui vendent à un prix supérieur à la taxe officielle. Si la taxe de la viande est tombée à peu près complètement en désuétude, en raison de la diversité infinie de la qualité des morceaux, l'usage delà taxe du pain, dont le type de qualité ordinaire est assez uniforme, a subsisté dans beaucoup de communes. Le pain qui ne rentre pas dans le type courant échappe à la taxe.

5. Les monopoles d'Élat. — Par suite de nécessités fiscales, l'État monopolise à son profit la vente de cer- ' tains produits d'un large emploi (sel au Japon, allumettes en France), d'une fabrication dangereuse (allumettes, poudres en France), d'une production très localisée (camphre au Japon), ou d'un usage plus nuisible qu'utile (alcool en Suisse, — supprimé en Russie en 1914, — tabac en France et au Japon).

Les prix de monopole doivent se conformer à des règles de même nature et ne sont pas nécessairement plus élevés que les prix de concurrence. Le monopole n'a intérêt à hausser les prix que jusqu'à une limite donnée, au delà de laquelle la vente se restreint et les bénéfices décroissent. D'après Cournot, il faut considérer avant tout la relation entre le prix et la demande. Pour chaque marchandise et à chaque prix correspond une demande différente : le produit est d'autant moins demandé qu'il est plus cher et d'autant plus demandé qu'il est meilleur marché; en d'autres termes, la demande diminue quand le prix s'élève et augmente quand le prix s'abaisse, et cette relation varie d'un produit à un autre

L'une des propriétés du monopole est de faire payer dans certains cas des prix différents à des catégories j différentes de consommateurs, soit d'après le mode d'emploi (alcool industriel et alcool-boisson), soit d'après la fortune représentée par un de ses modes d'évaluation (loyer ou impôt). C'est la différence entre

l'économie privée, <|ui ne recherche que le prix maximum, et l'économie publique, quicomporte toute une série de prix s'échelonnant du bénéfice maximum à la gratuité.

g) Le mécanisme des substitutions — Qu'il s'agisse des métaux, des combustibles, des aliments, des textiles, chaque produit a des succédanés qui, suivant les fluctuations île leurs prix, se substituent les uns aux autres. Il en est de même des besoins qui, d'une part, par suite de leurs variétés et de leur nombre croissant, et, d'autre part, en raison de la limitation des budgets domestiques, entrent en lutte pour accaparer les facultés d'achat de chaque individu et se remplacent l<s uns les autres quand ils ont cessé de plaire ou quand ils deviennent trop onéreux. C'est ce mécanisme remarquable que Paul Leroy-Beaulieu a étudié et résumé dans cette formule : « La double loi de substitution des besoins les uns aux autres et des produits entre eux se joue des prétendues lois mathématiques générales sur les prix... Klle rend impossible l'usage des mathématiques en économie politique. »

Le mécanisme des substitutions joue aussi bien en régime de monopole qu'en régime de libre concurrence; il constitue la meilleure sauvegarde du consommateur contre toutes !js prétentions excessives; « c'est une concurrence naturelle entre les choses », qui s'applique, d'ailleurs, aussi bien aux personnes, — les hauts salaires poussent à l'emploi des machines, la maind'œuvre féminine remplace le travail masculin, — qu'à l'organisation industrielle par la substitution d'un agencement à un autre, d'une force motrice à une autre.

/< Les éléments d'appréciation des prix servent à se rendre compte de la position de place sur un marché donné. 11 faut tenir compte de 1 estimation de la récolte en perspective, el, notamment, des conditions climatiques favorables ou défavorables; de la marche de L'industrie; de l'importance des marchandises en cours

de transport et en attente dans les ports, ou conservées chez le producteur ou approvisionnées par le transformateur; de la situation du marché aux points de vue des stocks du commerce, de la perspective des affaires, de la tendance des prix par l'allure du « terme », du moment favorable ou défavorable à la consommation; des difficultés de transports qui se traduisent périodiquement par l'encombrement des voies ferrées ou le chômage des voies d'eau ; enfin de la situation politique dans ses répercussions sur l'état des affaires et les fluctuations de bourse.

2. Les facteurs d'établissement et de variation des prix. — a) Les facteurs géographiques sont prépondérants sur les prix des produits agricoles. Ils sont représentés par la densité de population, la fertilité du sol et les conditions climatiques, principalement les chutes de pluie. .Aux États-Unis, dans le seul État de l'Ohio, une variation de 12 à 13 millimètres sur la moyenne de la quantité d'eau tombée modifie la récolte de plus de 5 millions d'hectolitres. En Australie, les rendements en blé sont dans la même dépendance, et il existe pour chaque État une relation entre le nombre de centimètres de pluie et le nombre des moutons qu'on peut élever par unité de superficie. Les récoltes de l'Inde sont liées à l'arrivée de la mousson d'été. Dans les régions vinicoles, le prix des grands crus est surtout influencé par les conditions climatiques dont dépend la qualité du vin, cause essentielle des variations de prix. Il existe, d'ailleurs, un cycle climatique d'une durée de 33 à 35 ans, formé de deux périodes, sensiblement égales et alternativement pluvieuses et sèches, dont la répercussion sur les récoltes doit se traduire dans les prix.

L'industrie est avantagée par des conditions naturelles qui déterminent le plus souvent sa localisation : voisinage des mines de houille ou des forces hydrauliques, proximité des matières premières lourdes, tels que les minerais, situation favorable auprès des voies

de transport et, nota tfi ment, dune voie d'eau navigable, présence d'un marché de consommation.

b) Les facteurs techniques. — Le prix de vente oscillant toujours autour du coût de production, tout ce

Prix du blé français (en francs par hectolitre).

- — Production annuollc du blé français. [bushcl).

Prix du blé rouge d'hiver nu 2, à New-York (en cents par

Page 1