MM M
US
— ne
IIU.
IOt
ifl a
Si
Salaires en Ancleterre k
RZ
Nombre des grév aux Etats-Unis
ÎJZ
'( Non-
bre de grév
istes
en France
usoooo
tooooo
— o(io^iio<fir~eoo)0 — cMr>-*miot^oo<T>0 — et fi -à irt <o t~
.1 Nombre annuel des grèves aux États-Unis.
.2 Nombre annuel des immigrants arrivés aux États-Unia.
3 Nombre annuel des grévistes en France.
* Pourcentage des chômeurs dans les Trades-Unions anglaises.
. 5 Pourcentage des chômeurs dans les syndicats français.
- — 6 Pourcentage des variations dans le taux moyen des salaires
en Angleterre.
RELATIONS ENTRE LKS QHÈVE8, LK CHÔMAGE, LE TAUX DES SALA1RI S L'IMMIGRATION ET LES PÉRIODES DE CRISE.
tement attirée pendant la phase de prospérité; les statistiques des États-Unis montrent un sérieux ralentissement de l'immigration pendant les années de crise,
accompagné par un chiffre des retours d'émigrants plus considérable qu'en temps normal '.
5. La prévision des crises. — Comment peut-on tirer parti des indications fournies par les différents symptômes que nous venons d'étudier? Les fluctuations de prix nous paraissent un des meilleurs enregistreurs à surveiller attentivement. Lorsque, la ligne des index-numbers, après un mouvement ininterrompu de hausse, marque un temps d'arrêt ou un léger fléchissement, il faut prendre garde et en examiner les causes; si le fléchissement continue, la crise des prix est déclarée et la crise industrielle et commerciale va s'ensuivre. De même pour la reprise des affaires : il arrive un moment où le mouvement de baisse s'arrête, un relèvement des prix se dessine, mais il peut n'être qu'accidentel; il faudra attendre qu'il se généralise sur les différents marchés de matières premières, en continuant son allure ascensionnelle. Dans les deux cas> d'ailleurs, on ne doit pas s'en lenir à un seul indice, mais comparer avec soin l'allure des différents graphiques : prix, commerce extérieur, tonnage des chemins de fer, portefeuille des banques, en tenant compte des conditions particulières de chaque industrie.
Mais la prévision des crises, comme la météorologie, — bien plus riche cependant en observations, — ne donne que des probabilités et non des certitudes. C'est une vérité dont le commerçant et l'industriel doivent bien se pénétrer. Toutes les crises, d'ailleurs, ne se présentent pas avec les mêmes allures. La reprise est brusque ou lente suivant chaque industrie. La crise elle-même est fonction de ïa période d'activité; si celle-ci a été calme, la dépression aura le même caractère; si, au contraire, la période d'activité a été violente, éruptive, la liquidation sera brutale et rapide.
G. Les répercussions et les conséquences des crises. — Les crises ne sont pas générales. Elles ne frappent pas
1. Au cours de la crise do 1007, 903 0U0 émigrants partent dans une seule- semaine en emportant leurs dépôts.
LES CRISES COMMERCIALES 161
les métiers chargés de satisfaire les besoins élémentaires et indispensables (boulangerie, boucherie, épicerie); les autres métiers ne sont pas atteints de la même façon que les grandes industries, ils souffrent d'un état de langueur indéfini qui provient surtout d'une réduction de la consommation. Pour les industries, il faut distinguer également celles qui produisent des objets de consommation directe et celles qui fournissent de l'outillage de production. La crise est plus intense et plus apparente pour ces dernières, comme les industries métallurgiques, où l'on observe les variations les plus fortes et la participation la plus fidèle aux cycles économiques. Celles qui emploient des matières premières agricoles échappent davantage à la périodicité régulière et dépendent des récoltes. Tel est le cas de l'industrie cotonnière. L'industrie de la soie a des oscillations qui lui sont spéciales et qui proviennent soit de la matière première, soit de la mode. L'industrie linière échappe presque complètement aux oscillations cycliques.
Toute l'économie du crédit est violemment bouleversée, de môme que les cours des valeurs industrielles cotées aux Bourses. C'est ainsi qu'aux États-Unis, au cours de la crise de 1907, on observe, du 21 octobre au 9 novembre, un fléchissement qui dépasse 8 milliards de lianes sur 70 des principales valeurs industrielles, cotées à New-York; on ferme les Bourses de Pittsburg, la Nouvelle-Orléans, Duluth; quelques États instituent des jours fériés légaux au cours desquels les paiements sont suspendus; les banques refusent le remboursement dos dépôts en numéraire et délivrent des chèques; il se fonde de nouvelles chambres de compensation; des particuliers même émettent des billets (scrips) pour le paiement des ouvriers; le taux d'escompte s'élève jusqu'à 12 0/0.
7. L'atténuation des crises. — Les crises sont contraires au principe de l'économie des forces; mais si, comme qous l'avons montré par l'étude de leurs causes
Ma E 'Numii COMMERCIAL!. H
subjectives, <>n ne saurait songer à les supprimer com. plètemcnt, il est désirable que chacun s'efforce d'en diminuer la gravité1, L'État pcul intervenir par un échelonnement judicieux de ses commandes et de ses grands travaux; c'est dans cet esprit que le décret du ;;i mars 1008 a institué une Commision « chargée d'étudier les mesures à prendre pour atténuer les chômages résultant des crises économiques périodiques », par la répartition des travaux des administrations de telle façon qu'ils viennent compenser, dans une certaine mesure, au moment de la dépression, les arrêts produits dans les travaux privés.
D'autre part, toutes les mesures qui pourront faciliter une meilleure adaptation de la capacité de production à l'accroissement des besoins, et contribuer à l'équilibre de l'offre et de la demande, diminueront l'acuité des crises. C'est le cas des offices de renseignements, des enquêtes, des statistiques, de tout ce qui permet de mieux connaître les débouchés et l'importance des besoins. Tous les contrats à longue durée établis entre producteurs et consommateurs et facilités par l'organisation des syndicats, cartels et comptoirs, tendent également au même but, aidés, pour l'exporta- tion, par la conclusion de traités de commerce à longue échéance. D'une façon générale, tout groupement, toute concentration, aussi bien de l'offre que de la demande, permet de mieux connaître la situation des besoins, moins nombreux et plus facilement connus, et de régulariser la marche générale de la production.
1. Les causes subjcc.ives des crises paraissent tellement naturelles à M. Vilfrcdo Pareto [Cours ci Économie politique, II, p. 297, Paris, 1S96), qu'il écrit : « La crise n'ost pas un accident qui vient interrompre un état de choses normal; ce qui est normal, c'est le mouvement ondulatoire de prospérité et de dépression; il n'est pas du tout sûr que le mouvement rythmique no soit pas une des conditions du progrès économique ; il paraît fort probable que ce mouvement n'est qu'une manifestation do la vitalité do l'organisme économique. Les alternatives do repos et d'excitation paraissent nécessaires à tous les organismes vivants supérieurs. Ce qu'il faut éviter, c'est de rendre par des mesures imprudentes les crises plus aiguës, et il faut tâcher d'en atténuer les maux. »