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VARIATIONS COMPARÉES DES TAUX D'ESCOMPTE OFFICIELS A PARIS

LONDAK9 et bei\lin (pendant la crise de 1907-1908).

disponibilités qui lui avaient manqué au moment critique. Les affaires commencent à reprendre timidement, en commençant par les demandes ajournées au moment de li Liquidation; la fabrication se développe; les marchés commerciaux ont plus de fermeté, les prix se

relèvent progressivement, la confiance renaît; le mouvement s'accélère, poussé par la reprise de la consommation et aussi par la spéculation pour certaines marchandises. Enfin, le moment arrive où le prix des matières premières dépasse la valeur que comporte une consommation moyenne, où la main-d'œuvre augmente ses exigences, où la banque, en présence de l'accroissement de son portefeuille et de la réduction de son encaisse, est obligée d'augmenter le taux d'escompte, où la capacité d'achat des produits fabriqués se réduit par l'effet de la hausse des prix.

Une lourdeur apparaît sur tous les marchés, commerciaux et financiers; la spéculation à la hausse se dérobe ; les hauts prix ne sont plus soutenus ; la défiance apparaît, la marche de l'industrie se ralentit, la vie économique se déprime et la crise éclate en se traduisant par des liquidations, des faillites de maisons de banque, trop engagées dans les immobilisations, et d'entreprises industrielles. Après une phase de stagnation, la liquidation s'opère et une nouvelle période d'activité recommence.

4. Les Indices enregistreurs des crises'. — a) Indices commerciaux. — De cette analyse détaillée du rythme

1. L'étude des indices enregistreurs forme la météorologie économique, suivant l'expression de M. do Foville, ou la sémiologie statistique, c'està-diro l'étude des symptômes, suivant le terme employé par MM. Julin et A. Liesse. Les observateurs emploient soit un indice unique : le portefeuille des banques (Juglar), le nombre des mariages (Farr), la valeur de la tonne importée et exportée (Rawson); soit un indice totalisateur, formé d'un certain nombre d'indices répartis en groupes; c'est la méthode de MM. de Foville, Julin, Neumann-Spallart. De même que pour les index-numbers, on peut faire usage de coefficients d'importance, de moyennes graduées ou de système discrimant. L'indice totalisateur de M. Julin comprend 43 indices répartis en quatre groupes ; industrie, commerco, consommation et revenus, démographie.

Légende du graphique de la page 151 :

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VARIATIONS COMPARÉES DES PRIX DES MATIÈRES PREMIÈRES ET DES PRODUITS ALIMENTAIRES.

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économique, il résulte que les crises sont enregistrées par 1rs variations d'un certain nombre d'indices, an premier rang desquels nous plaçons les prix. Juglar a pu dire que les crises économiques étaient des crises de prix. Et c'est bien, en effet, l'exagération des prix, soit sur les matières premières, soit sur les produiis fabriqués, soit sur le loyer de l'argent (laux d'escompte), qui arrête le progrès de la consommation et provoque la suspension de l'activité économique. On fait usage comme indice des index-numbers que nous avons étudiés au chapitre précédent! les chutes de leurs graphiques correspondent bien aux dépressions. On peut aussi se baser sur les prix de quelques produits-types, comme la houille et les métaux; cependant les maxima et les minima ne coïncident pas exactement avec les périodes d'inflation et de' dépression, et, surtout, leurs oscillations sont plus nombreuses; d'autre part, les produits industriels sont parmi ceux sur lesquels se porte la spéculation et sur lesquels les syndicats de producteurs peuvent exercer une certaine influence. C'est le prix de la fonte qui est le plus intéressant.

Les chiffres du commerce extérieur concordent avec les ndex dans les périodes de maxima, mais il n'y a pas la môme simultanéité dans les minima; la baisse des prix provoque, sans doute, un certain mouvement de reprise des transactions avant d'avoir atteint le point minimum de son évolution.

Les recettes et surtout les tonnages des Compagnies de chemin de fer reflètent bien les fluctuations des affaires, malgré certaines influences accidentelles, comme la mise en exploitation de lignes nouvelles, l'organisation d'expositions, l'arrêt d'une ligne par suite d'inondation ou d éboulement. D'autre part, ces indices sont un des rares éléments d'appréciation de l'importance et des variations du commerce intérieur. Les Compagnies de chemin de fer ont le plus grand intérêt à la prévision des crises, soit pour L'établissement de leurs budgets, soit pour l'adaptation et le renouvellement de leur

LES CRISES COMMEKCIALES

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Faillites aux États-Unis.

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matériel de transport, qui doit être commandé au moment de la dépression pour bénéficier de prix plus

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Commerce extérieur de la France (commerce spécial).

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VARIATIONS COMPARÉES DU COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE, DE L'ANGLETERRE ET DE L'ALLEMAGNE.

bas et pouvoir être exécuté en totalité par les usines françaises.

D'autres indices peuvent encore être utilement consultés : l'activité de l'industrie du bâtiment, le chiffre des faillites, ce que les Américains appellent la « mor-

LES CRISES COMMERCIALES

talité » des affaires, le nombre des nouvelles sociétés commerciales, dont les maxima paraissent précéder les crises. Les faillites se produisent surtout dans le milieu des petits détaillants, et leur quantité ne varie pas dans le môme ordre pour le commerce de gros et l'industrie.

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Tonnage total des sept grands réseaux et des ceintures

petite et grande vitesse).

VARIATIONS Dl TONNAGE DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS.

b) Indices financiers. — Les mouvements du portefcuil e commercial des grandes banques ont été enregistrés par MM. Juglar et Jacques Siegfried; l'expansion d îs affaires et surtout l'exagération du crédit se tradui- - nf naturellement par un accroissement des effets de amerce, qui seront ensuite négociés aux banquiers el qui iront grossir leurs portefeuilles en réduisant les

encaisses. Le graphique montre que la crise est proche quand la ligne du portefeuille s'élève considérablement et que la ligne de l'encaisse s'abaisse fortement de son côté. La reprise des affaires se produit lorsque les lignes occupent une position inverse. On utilise généralement les chiffres de la Banque de France et des grands établissements de crédit. On objecte que l'encaisse, surtout, peut subir le contre-coup des opérations financières; d'autre part, les deux indices ne permettent pas une prévision immédiate, et, au cours d'une même année, ils subissent des variations extrêmement nombreuses. Les mêmes réserves peuvent être faites en ce qui concerne la circulation de la Banque de France : l'inflation des billets peut tenir à des causes exceptionnelles, telles que la nécessité de défendre l'encaisse contre les appels d'or provoqués par les relations avec l'étranger; les variations de la circulation ne sont pas toujours strictement en corrélation avec l'état des affaires.

L'indice constitué par les bilans des grands Établissements de crédit prête à deux critiques : le grossissement accidentel dû à la création de nouvelles agences et les différences notables qui existent entre la façon d'établir les bilans dans chaque banque. Le volume des opérations des Clearing Houses ou Chambres de compensation est un bon indice de l'activité économique, bien qu'il ne soit pas limité aux opérations commerciales et qu'à Londres et à New-York, surtout, il soit influencé par les compensations d'ordre financier.

Les autres indices financiers ne donnent pas de conclusions bien précises. Les fluctuations des cours des valeurs mobilières subissent très souvent le contre coup de circonstances étrangères au mouvement des affaires; les cours des valeurs à revenu fixe varient en raison inverse de l'activité ou du ralentissement des affaires, tandis que les cours des valeurs industrielles répercutent, au contraire, directement ces variations.

Il en est de même du montant annuel des émissions

LES CUISES lOM.UI.HCIALES

de valeurs mobilières. Les niaxinia apparaissent en 1879, 1889, 1894, 1902, 1906; les minima en 1875, 1889,

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Prix moyen annuel du charbon à Londres (en shellings par

VARIA MoSS COMPARÉES DES PRIX DE LA FONTE ET DU CHARBON.

1892, 1895, 1904; la seule conclusion qui s'en dégage, c'est que les émissions sont plus nombreuses dans les

périodes d'activité et se restreignent durant les plias» s de dépression.

c) Indices industriels. — L'industrie minière el métallurgique est le meilleur baromètre de l'état général de l'industrie dans un pays, parce que c'est elle qui fournit l'ont illuge des antres industries de transformation. Aussi, les productions de la houille, de la fonte et de l'acier fournissent des renseignements qu'il est fort utile de consulter.

d) Indices agricoles. — La production du blé, son prix, la valeur de la production agricole constituent des indices au second degré en raison de leur répercussion sur le commerce extérieur, de leur influence énorme sur les pays neufs à prépondérance agricole, et, plus immédiatement, sur la capacité d'achat des agriculteurs. Mais la comparaison des graphiques montre qu'il n'y a pas corrélation entre les crises commerciales et les crises agricoles, d'autant plus que l'influence de ces dernières tend à diminuer avec le développement des moyens de transport. >

e) Indices sociaux. — Les statistiques des grèves montrent que le nombre en paraît s'élever au moment où éclate la crise, mais, pendant la dépression, les chiffres ne donnent pas d'indications concordantes.

Théoriquement, la proportion des chômeurs doit mesurer en quelque manière l'intensité des affaires, mais la difficulté est de trouver des sources d'information complètes et précises; les seules dont on dispose sont celles des syndicats, qui en France ne représentent environ que le sixième de l'ensemble des ouvriers.

Les salaires sont bien influencés par les fluctuations de l'activité industrielle, mais le rythme est différent; les hausses ont une durée plus longue et sont plus accentuées que les baisses; le salaire croît d'ordinaire assez fortement dans la période prospère et fléchit très faiblement pendant la dépression, de telle sorte que, dans l'ensemble, c'est une hausse générale par

LES CRISES COMMERCIALES

paliers successifs. Les mouvements des salaires ne commandent pas à ceux des prix, ils en dérivent simplement. L'émigration vers les pays neufs est aussi plus fo.-

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