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États-Unis ont été les deux grands bénéficiaires de ce déplacement de trafic : grâce à la surabondance de sa main-d'œuvre, an bas prix dos salaires, à l'extension remarquable de s;» marine marchande, le Japon esl devenu particulièrement le centre du commerce du Pacifique qu'il a monopolisé, par la disparition de la concurrence européenne; les États-Unis ont surtout approvisionné les pays alliés d'Europe, mais leurs exportations se sont étendues au monde entier et ils fabriquent aujourd'hui beaucoup de produits qu'ils achetaient en Europe avant la guerre. D'importateurs de certaines marchandises, les pays neutres sont devenus exportateurs, ainsi l'Argentine pour le fromage, le Brésil pour le blé, la viande ; c'est donc pour les États belligérants d'Europe, d'une part, la suppression de certains débouchés, d'autre part, la nécessité de reconquérir les autres. Les premiers pays prêts pour recommencer à produire et pour prendre l'offensive économique auront sur les autres un avantage marqué, et les pays privilégiés, nous le voyons déjà, sont ceux auxquels leur gouvernement aura le plus vite rendu la liberté nécessaire, seule capable d'atténuer la vie chère et de donner à nos commerçants l'initiative et la facilité de mouvement indispensables dans la lutte économique qui va commencer, et dans laquelle alliés, neutres et ennemis vont se trouver de nouveau confondus.