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Maxima successifs

12 milliards : loi du 5 août 1014. 27 milliards : décret du Tfévr. 1918.

15 — décretdu 11 mai 1915. 30 — — 3 mai —

]8 — — 15 mars 1916. 33 — — 5 sept. —

•>1 — — 15févr. 1917. 36 — — 25 févr. 1919.

'24 — — 10 sept. — 40 — — 18 juil. 1919.

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Unis l, émission d'emprunts et de bons du Trésor, vente de titres à la Bourse de Londres. Après avoir, au début, pris position d'acheteur pour faciliter aux exportateurs la négociation de leurs créances étrangères, la Banque s'est chargée ensuite d'approvisionner le marché des devises; à fin décembre 1918, elle avait vendu pourprés de 15 milliards de francs de changes prélevés sur ses propres ressources et sur celles que lui ont procurées ses initiatives de crédit, ainsi que sur les disponibilités du Trésor. La loi du 23 décembre 1918 a prorogé son privilège de vingt-cinq ans, du 1er janvier 1921 au 31 décembre 1945. La Banque s'est engagée à donner au commerce de nouvelles facilités par la création de places bancables, par l'admission à l'escompte et à l'encaissement du papier déplacé, en opérant sans frais l'encaissement des chèques barrés sur les places bancables, la domiciliation des effets et les virements entre comptes sur places différentes.

6. La hausse des changes. — L'histoire des fluctuations des changes reflète fidèlement celle des péripéties de la guerre, économiques et militaires. Cette histoire comprend quatre périodes : 1) d'août 1914 à mars 1915, c'est le désarroi du début des hostilités, mais, après la victoire de la Marne, le franc continue à faire prime partout purée que banquiers et capitalistes font rentrer hâtivement leurs capitaux; 2) de mars 1915 à avril 1916, c'est un revirement complet, une hausse rapide et régulière des changes étrangers dont les causes sont : l'énorme accroissement des importations en denrées alimentaires et matériel de guerre; la réduction des exportations; le déplacement des courants commerciaux et le déséquilibre complet de la balance économique : c'est ainsi que nous sommes obligés de remplacer les blés russes, réglés avec l'argent des coupons des emprunts, par des blés américains, sans créances compensatoires; beaucoup d'États et de sociétés

î. A fin décembre 1918, la Banque de Franco avait prêté à l'étranger 2 03" millions de francs.

cessent le règlement de leurs coupons; plus de visites d'étrangers dont les frais de séjour s'augmentaient de nombreux achats (exportation sur place); la vente de litres étrangers; l'inflation de la circulation monétaire de la Banque de France; le règlement des frets aux marines étrangères. M. Charles Gide fait observer avec raison que ce qui est merveilleux, c'est qu'avec un tel solde débiteur de notre balance économique, la hausse des changes n'ait pas été plus forte1. 3) D'avril 1916 à juillet 1918, grâce à une série d'accords et d'opérations financières conclus avec l'Angleterre et les États-Unis, qui permettaient à la Banque de France de répartir au commerce français les moyens de règlement mis à sa disposition, les cours de la livre sterling et du dollar se sont à peu près stabilisés, et il est permis de regretter que des accords analogues n'aient pas été conclus avec les pays neutres dont les changes continuent à s'élever jusqu'à la 4e période qui débute au moment où les armées alliées commencent leur marche victorieuse. C'est ainsi que les succès militaires, traduits par les pays neutres dans une sorte de « cote des paris », se répercutent sur les changes par des placements ou des retraits de capitaux en banque, par des achats de titres inspirés par les chances des belligérants, par des considérations morales et politiques sur le crédit public et le crédit privé, et qui constituent le côté spéculatif du change; c'est ainsi que l'entrée en guerre de la Roumanie aux côtés des Alliés a fait remonter le change russe. L'observation de la cote des changes de Genève donne lieu, dans le même sens, à d'intéressantes remarques •.

1. Cours extrêmes moyens des changes à Paris pendant la guerre :

Londres 13 avril 1916 28,93 prime : 14,70 0/C

États-Unis .... — — 607 — 17.12 —

Espagne 3 juin 1918 164,20 — 64,20 —

Hollande 7 août — 301 — 44,49 —

Suisse — — 146 — 46 —

Suède 5 nov. 1917 251 — 80,72 —

Italie 11 juin 1918 59 1 2 perte : 40,50 —

Russie 12 nov. 1917 71.50 — 73,19 —

Pendant la guerre de 1870-71, le change sur Londres n'avait pas dépassé 26,18.

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le parallélisme remarquable, dans les dernières années, des cours du dollar, de la livre sterling et du franc ; leur reprise après la-victoire; le parallélisme des changes allemand et autrichien, leur chute de plus en plus marquée même après des victoires militaires, une reprise passagère nayant lieu qu'au moment des bruits de paix1.

La politique des changes pendant la guerre a consisté : dans la suspension de la liberté d'importer, les achats à l'étranger étant soumis au régime des licences; dans la recherche des moyens de paiement dont nous avons parlé et dans la solidarité établie entre les changes des grands pays alliés; enfin, dans le contrôle des opérations de change, auquel ont eu recours tous les États belligérants. Le décret du 2 août 1917 a prescrit à tous ceux qui font commerce de change d'en faire la déclaration, d'exiger de leurs clients une déclaration d'identité et de nationalité, et de tenir un registre, visé et paraphé, de leurs opérations de change avec l'étranger. Enfin, la loi du 4 avril 1918 a interdit l'exportation des capitaux pendant la durée de la guerre et jusqu'à trois mois après la cessation des hostilités.

Une nouvelle hausse des changes français s'est produite en mars 1919, provoquée par la brusque suppression des crédits qui nous étaient ouverts à Londres et à New-York2. Il faut le regretter dans l'intérêt de chaque pays; le change défavorable de l'Angleterre et de la France sur les États-Unis crée un « tarif invisible » contre les marchandises américaines, tandis qu'il facilite les exportations anglaises et françaises et attire les visites des étrangers. On reviendra certainement à des accords financiers nécessaires pour la bonne marche des relations commerciales. De même, le rationnement des importations en vue du retour aux changes favorables n'est qu'une mesure justifiée en

1. Cf. les graphiques publiés clans la Situation économique et fi na> des 35 janvier et l'r février 1919.

■2. Le 22 mai 1919, la livre sterling a dépassé lo cours de 31 francs qu'elle n'avait ianiais encore atteint.

apparence mais à courte vue et inopérante, qui restreint la production, paralyse l'exportation, maintient la vie chère et provoque des entraves réciproques de la part des pays lésés. Laide financière des États-Unis nous sera nécessaire tant que l'Allemagne n'aura pas acquitté le montant de sa dette à notre égard, tant que l'agriculture et l'industrie des départements envahis n'auront pas été reconstituées et que nos créances d'avant-guerre sur la Pmssie, L Autriche-Hongrie, les pays balkaniques n'auront pas été remboursées1. Le retour aux changes favorables sera encore accentué par la suppression du cours forcé et par la réduction de notre circulation fiduciaire, — lorsque l'État aura remboursé les avances de la Banque de France, — par l'intensification de notre production métropolitaine et coloniale; n'oublions pas que nos colonies peuvent nous fournir une grande partie des matières premières et des denrées alimentaires que nous demandions à l'étranger avant la guerre : coton, café, cacao, graines oléagineuses, caoutchouc, bois, etc. 2.

7. Les transformations du commerce extérieur. — a) Dès le début des hostilités, tous les belligérants prennent des mesures pour restreindre les exportations,

1. La France et l'Angleterre sont devenues des nations débitrices, tandis que les États-Unis sont le grand pays créancier; ce seront eux les dispensateurs du crédit pendant la période laborieuse et difficile de la reconstitution. Possesseurs d'une créance annuelle d'environ 750 millions do dollars (Achille Viallate), non seulement ils ne pourront pas en réclamer le capital, mais encore il leur faudra même laisser à l'étranger la plus grande partie des intérêts ou en accepter lo règlement en valeurs mobilières.

2. M. B. Nogaro fait remarquer avec raison que l'instabilité du change est encore plus nuisible que la hausse au point de vue de l'économie nationale et que, d'autre part, les 70 milliards de francs d'excédents d'importations pendant la guerre no sont pas encore réglés en grande partie; le règlement n'en a été qu'ajourné ; par des ouvertures de crédit. M. Nogaro voudrait voir l'État organiser un régime de régularisation du change, basé sur le principe du Gold exchange standard (voir chap. ix et x . par lequel tout l'or disponible est mobilisé pour soldes des échanges à l'étranger ou pour faciliter des ouvertures de crédit. Et il faut reconnaître que dans cet emploi l'or jouerait un rôle beaucoup plus utile et efficace qu'abandonné dans la circulation, comme dans l'avant-guerre (L'Action nationale! 25 juin 1919, p. 347-352;.

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dans le double but de se réserver la totalité de leur production et d'éviter que ces ressources ne puissent directement ou indirectement ravitailler l'ennemi. Ces mesures étaient prévues par la loi du 17 décembre 1914 dont l'article 34 donne le droit au gouvernement, sous réserve de la ratification des Chambres, « de permettre ou de suspendre l'exportation des produits du sol ou de l'industrie nationale et de déterminer les droits auxquels ils seront assujettis ».

b) Les prohibitions d'importation sont venues plus tard, imposées par la « guerre d'usure », qui obligea les États belligérants à supprimer toute dépense non indispensable ou somptuaire, en vue de ralentir la hausse des changes, de conserver les capitaux, de réduire le tonnage à transporter, d'encourager la production nationale et la création d'industries nouvelles1. Ces prohibitions comportent, d'ailleurs, des dérogations soumises à l'examen de Commissions ministérielles.

c) C'est également la « guerre d'usure » qui conduisit les États belligérants à établir autour des pays ennemis un blocus de plus en plus rigoureux. Le décret du 27 septembre 1914 et la loi du 17 août 1915 interdirent tout acte de commerce avec des ressortissants ennemis, dont les noms furent publiés dans les Listes noires. Mais c'était surtout l'intervention des neutres qu'il s'agissait d'éviter, c'est eux qui ravitaillaient L'Allemagne, comme il était facile de le constater par l'enflure exagérée de leurs importations pendant les premières années de la guerre. Deux moyens s'oflraient aux Alliés pour s'opposer à cette intervention : l'achat systématique de marchandises neutres pour faire le vide, procédé employé presque uniquement par l'Angle* terre, et, d'autre part, le contrôle des importations en obligeant les pays neutres à créer des organisations Spéciales ayant pour objet de garantir aux gouvernements alliés que les marchandises importées ne seraient

1. La loi spéciale du 6 mai 1916 autorise le gouvernement à prohiber par décret l'importation des marchandises désignées.

pas réexportées en territoire ennemi. C'est ainsi que se sont formées la Société suisse de surveillance économique, le Trust néerlandais d'outre-mer; au Danemark, la Chambre de commerce de Copenhague et la Chambre des industriels danois délivraient des certificats de garantie de non-réexportation. L'Allemagne interdisait à la Suisse d'exporter chez les Alliés les produits fabriqués avec des matières premières, du combustible ou des machines d'origine allemande, et elle exigeait contre la fourniture de métal et de charbon des « compensations » en produits alimentaires.

d) Les difficultés de transport sont venues se joindre à la gêne des réglementations. La pénurie de personnel, la réduction du parc de wagons, l'usure croissante du matériel et principalement du matériel de traction, la priorité accordée aux transports de la guerre et aux denrées de première nécessité, le transit de ravitaillement pour l'Italie (de Blaye à Vintimille) et pour la Suisse (de Cette à Genève), les approvisionnements destinés aux armées alliées combattant en France, l'augmentation de la distance moyenne des expéditions et du nombre des colis postaux, les modifications produites dans les courants de transport qui n'existaient plus guère que dans le sens des importations, enfin, le manque de combustible qui a obligé à réduire le nombre des convois ont provoqué une crise des transports par chemin de fer qui a contribué, notamment, à entraver l'exportation et à augmenter la cherté de la vie, et qui ne prendra fin que lentement avec la cessation des opérations militaires et avec la remise complète en état du matériel de traction et de chargement. D'autre part, la réduction excessive des taxes concédées aux transports de guerre par le traité Cotelle du 12 juin 1898, jointe à l'élévation trop tardive des tarifs, qui n'a pu compenser à temps la hausse des dépenses d'exploitation, ont placé les Compagnies dans une mauvaise situation financière, se soldant déjà à fin 1917 par un déficit de 1 600 millions de francs.

L'exploitation des voies navigables n'avait été prévue dans les plans de mobilisation que pour constituer des stocks de ravitaillement dans certaines places fortes et pour des transports de matériel de guerre, et son manque d'organisation el d'outillage avant la guerre ne lui a pas permis d'apporter aux chemins de fer une aide qui aurait dû être plus efficace. 11 a fallu d'abord compenser les lacunes : créer des bureaux de renseignements et d'affrètements, lui procurer du matériel de traction et principalement des remorqueurs, et développer l'outillage des principaux ports fluviaux. La crise du tonnage sur les voies ferrées a même produit ce résultat que le fret fluvial est devenu plus cher que les tarifs de chemins de fer. Néanmoins, la navigation fluviale aura bénéficié de l'impulsion reçue pendant la guerre et, à l'inverse des chemins de fer, elle va se trouver mieux organisée et mieux outillée.

L'insuffisance de notre marine marchande dans Pavant-guerre, aussi bien au point de vue du tonnage que de l'outillage des ports, nous a causé une gêne énorme ainsi que des pertes financières considérables. Les 400 millions de fret que nous payions aux marines étrangères se sont transformés en milliards pendant la guerre, sans compter les dépenses de surestaries. résultant de l'encombrement des ports qui ont généralement plus de quais que d'outillage, et plus d'outillage que de moyens d'évacuation, semblables, comme on l'a dit. à de gros robinets montés sur de petits tuyaux. La plus grande partie des importations se faisant par mer, il fallut utiliser des ports secondaires Rochefort, la Pallice, Tonnay-C.haiente, Bordeaux-Bassens, Bayonne, Port-Vendres, Port-de-Bouc, Saint-Lonis-du-Rhône. Nice, pour répartir le trafic sur un plus grand nombre de points et proportionnellement aux moyens de débarquement et d'évacuation. Le tonnage insuffisant fut encore raréfié par les réquisitions pour le transport des troupes, du matériel et du charbon, puis par la guerre sous-marine. La mauvai

utilisation dos navires restant, la dispersion des efforts et des responsabilités ne firent qu'augmenter après le décrel du 30 septembre 1917, complétant celui du 17 juillet de la même année, qui plaçait sous le contrôle de l'État la flotte marchande française, et lui donnait le droit d'affecter chaque navire à tel itinéraire, de fixer la composition des chargements et le prix des frets. Enfin, la loi du 10 février 1918 et le décret du 15 février suivant vinrent parachever la main-mise de l'État en prononçant la réquisition de la totalité de la flotte marchande dans le but d'assurer le ravitaillement national. Les États- Unis et l'Angleterre nous avaient bien précédé dans l'application de cette mesure, mais la gérance des navires restait aux mains des armateurs, tandis que la loi française donnait tous pouvoirs à l'administration. La réduction du tonnage, d'une part, l'accroissement des importations par mer, d'autre part, ont provoqué une formidable hausse des frets, la plupart ont décuplé, beaucoup ont plus que vingtuplé l. A ces deux causes principales s'ajoutaient encore le déséquilibre entre les importations et les exportations, la mobilisation du personnel de la marine marchande, la hausse des charbons et des produits de graissage, l'augmentation des salaires des équipages et des autres charges des armateurs, comme le taux des assurances, surélevé par les risques de la guerre sous-marine 2. Enfin, il faut

1. The Times, en avril 1916. a cité le cas d'un bateau, jaugeant 4 600 tonnes nettes, amenant des grains de la Plata aux ports français, à 17-2 shellings 6 pence par tonne, retournant d'Angleterre à la Plata avec du charbon, à 12 shellings 6 pence par tonne, et gagnant ainsi en trois à quatre mois l 372 KO francs de fret, soit le double de sa valeur, quelques années avant la guerre.

2. Les décrets des 13 août et 14 septembre 1914, ratifiés par la loi du 10 avril 1915, instituaient l'assurance des navires par l'État et fixait un maximum de prime qui fut supprimé par la loi du 25 janvier 1917.

Les pertes totales des marines alliées sont estimées de 11 à 14 millions de tonneB brutes, comblées en partie par 7 millions de tonnes de constructions nouvelles. Les pertes de l'Angleterre sont évaluées de 7 à 9 millions de tonnes; celles de la France, de 800 à 900 000 tonnes. La période la plus critique fut avril 1917 où les coulages représentaient 815 000 tonnes. Le grand efFort de construction date du début de 1918; les États-Unis, surtout, ont opéré des prodiges, grâce à la standardisation

encore mentionner l'allongement de parcours que beaucoup de navires s'imposaient pour éviter les sousmarins dans la mer du Nord el dans la Méditerranée; c'est ainsi que les navires hollandais faisant le service de leurs colonies des Indes doublaient le cap de Bonne- Espérance, abandonnant la route de Suez. Les marines alliées se livrèrent à la chasse des sous-marins, les navires marchands furent camouflés, réunis en convois et parfois escortés par des bâtiments de guerre, et les États en arrivèrent à la taxation des frets, puis à la réquisition des flottes; sauf en France, où nos chantiers fabriquaient du matériel de guerre, tous les pays poussèrent aux constructions navales pour compenser les pertes de la guerre sous-marine, et le prix élevé de l'acier conduisit à la construction de bateaux en ciment armé.

La guerre a provoqué, enfin, des déplacements de trafic et d'importantes modifications des courants commerciaux. Tandis que les belligérants étaient obligés d'augmenter leurs importations et de réduire leurs exportations, les pays neufs et les États neutres étaient conduits à une situation inverse qui les forçait à développer leurs industries, à en créer de nouvelles, et qui les invitait à recueillir les débouchés abandonnés par les États belligérants l. Le Japon et les

des types ot à la fabrication en sérios; au 1" janvier 19-20, d'après M. Tardieu, la llotte américaine dépassera L5 millions de tonnes; on peut prévoir que les États-Unis deviendront d'ici peu d'années la premièro puissance navale

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