DÉPENSES PENDANT L'ANNÉE
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L'hygiène.
L'hygiène est l’art de conserver la santé, Cette définition suffit à en faire connaître l'importance, mais combien les règles en sont peu observées! Et pourtant, au point de vue économique la santé est bien le plus solide capital qu'on puisse mettre en ligne de compte. Les trois quarts des maladies viennent du peu de précautions que l’on prend en toutes circonstances.
On dirait à voir la manière d'agir, aux imprudences de toutes sortes, que l'homme s'applique à se faire mourir ; pourtant comme l’a dit une femme d'esprit : la vie est si courte que ça ne vaut pas la peine de Ss'impatienter.
Le cadre de cet ouvrage ne me permet pas de m'étendre longuement sur cette science pourtant la plus utile au point de vue économique, puisque la santé est l’un des éléments essentiels à la prospérité, au bonheur. Je me permettrai de coneiller la lecture des ouvrages du Dr Sévérin Laochapelle, et du Dr J. J. Desroches sur ce sujet, ouvrages vraiment remarquables de clarté, de concision et de sagesse.
Mais quelques données générales trouveront ici leur place.
Beaucoup de choses influent sur la santé, le moral surtout, et à ce compte, l'ordre, la concorde, la paix de la famille et le bon témoignage de sa conscience contribuent singulièrement au maintien d’un état normal de santé, et j'ose affirmer que cet état de l'âme est un préservatif de bien des maladies.
Pour entretenir cet état de l’âme, il faut d’abord aimer son intérieur, c’est-à-dire sa maison, et avoir un home, sweet home. I] faut pouvoir s’y attacher et s’y complaire. ‘Quand on n’a pas ce que l’on aïme, il faut aimer es que
l'on a.” Pour cela il faut autant que possible que sa maison soit un castel où est gardé tout ce qu'on à de plus cher au monde. Il faut choisir une maison gaie, bien éclairée, bien aérée, Les poêles et les cheminées sont d'excellents ventilateurs. Si c'est en ville, que ce soit dans une rue large, loin des fabriques ; qu'elle soit bâtie sur caves et construite depuis au moins un an. Le voisinage des parcs est favorable. L'exposition au soleil levant est enviable, Si c'est à la campagne, évitez le voisinage des marais, recherchez la proximité des eaux courantes, et mettez vous sur des hauteurs. La propreté doit strictement y régner en tout et partout, et il faut brûler sans merci ce qui est entré en décomposition ou en fermentation, Le feu est un excellent puriticateur. Les tapis et les tentures sont des réceptacles assurés pour favoriser la vermine Méfiez-vous dans les appartements d’une trop grande chaleur qui amollit les constitutions et engendre les miasmes malsains, Rien ne favorise les rhumes, les bronchites, les fluxions, comme la transition du chaud au froid. Le froid seul n'est pas dangereux chez les personnes en santé ; il endurcit, donne du ton et n'est que favorable aux personnes qui s'agitent. Même pour les travaux sédentaires, la chaleur ne doit pas dépasser 20 degrés centigrades.
Les cabinets d’aisance doivent attirer particulièrement l'attention. Autant que possible, il faut les placer dans un endroit tempéré, car vraiment on se soumet à des maladies sérieuses en s’exposant en dehors par nos froids d'hiver. Même, sans eau, on peut faire à l’intérieur des lieux d’aisances qui n’offrent aucun danger: c’est de mettre une cuve, faite de matériaux imperméabies près d’une cheminée, à laquelle s'adapte un tuyau qui y conduit les odeurs, et près du siège est un vase contenantde la terre sèche dont
on répand une pelletée dans la cuve toutes les fois qu’on s'y asseoit.
On vide ce vase au besoin en ayant soin de verser dans le cabinet où il se trouve de l'acide phénique, du sulfate de fer, ou du chlorure de chaux. Dans les villes où il y a des aqueducs, il est facile d'entretenir la propreté, et de prévenir les mauvaises odeurs par des chasses d’eau, des soupapes à clapet et des tuyaux d'aération.
L'eau joue un grand rôle dans l'hygiène, et pour boire et pour tenir tout en état de propreté.
Dans les villes où l’eau nous vient des aquedues, on ne sait pas toujours ce que l’on boit. Aussi faut-il toujours avoir la précaution de regarder l’eau avant de l’avaler. On remédie à la mauvaise qualité de l’eau en la filtrant. Le meilleur filtre est le charbon de bois; mais le sable que l’on change de temps à autre offre un moyen bien sûr d'épurer l’eau qu'on passe à travers. Ni l’eau est essentielle à l'alimentation, elle ne l’est pas moins à la propreté. Aussi suflit-elle à prévenir de tous ces germes malsains qui se développent sans cesse et sur nous et à côté de nous. Vous”"ne sauriez jamais trop laver et vos planchers, et vos meubles, et votre linge, et vous-même, mais encore faut-il que vous fassiez sécher, car rien n'est plus dangereux que de vivre dans l'humidité. A part du besoin d’eau chaude pour nettoyer, je ne saurais trop recommander, en état de santé, l'eau froide pour sa personne. À l'intérieur comme à l’extérieur, l’eau froide est un tonique, et dispose le corps à résister à tous les changements de température.
L’habillement est à considérer au point de vue hygiénique.
Il ne faut pas presser la taille des enfants de manière à en gêner la croissance, Les corsets chez les enfants et les
jeunes filles ne devraient servir qu’à leur soutenir !a taille et non à la difformer. Les jarretelles sont de beaucoup préférables aux jarretières qui gênent la circulation. Les garçons doivent adopter les bretelles au lieu de ceintures qui causent des hernies.
Les variations dans la température, si grandes dans nos pays, exigent nécessairement un changement de vêtement, mais il y a de graves inconvénients à s’envelopper comme des momies avec des cache-nez à double tour et des châles à triple rangs. La transpiration s'établit et gare au moindre refroidissement d'autant plus accessible qu’on lui est plus sensible, Par contre il faut avoir les pieds chauds et les tenir bien nets afin de leur permettre de transpirer. Ceci n'autorise pas les femmes à aller nu-tête dans nos climats; c'est à ces coiffures ridicules dont la plupart s’affublent maintenant que peuvent s'attribuer les névralgies, les maux de dents, etc. Elles le savent, comme elles savent que c’est malpropre de ramasser les boues de la rue avec leur traine, comme elles savent que les tatouages avec des poudres vénéneuses vicient leur sang, comme elles savent que le corset exagéré est un grand homicide. Mais c'est la mode !
L'abbé Kneipp n'aime pas les habits de laine en contact immédiat avec le corps. Il recommande la toile sèche et solide de lin ou de chan.re, comme second épiderme ; elle n'amollit pas la peau, mais lui procure de bonnes frictions.
[l est important de s'endurcir le corps afin qu'il ne soit pas sensible à ces changements de température, et même à de gros froids.
Voyez donc les enfants des campagnes rester nu-tête, nu-pieds, même en plein automne. La plupart des ouvriers
travaillent en chemises dans les plus grands froids. Si nous sommes si sensibles, c'est que nous nous douilletons trop. Aussi le moindre contre-temps nous cause des fluxions, des inflammations qui nous emportent.
Un bon moyen de s’endurcir est évidemment d’accoutumer le corps à l’eau froide. Nul doute que le bain froid, soit général, soit partiel, et l'habitude d'aller nu-pieds dans l'herbe humide, dans l’eau froide, etc., ne soient tout à fait propres à endurcir le corps. Le bain froid général ne doit pas être pris quand on a Île corps trop froid et encore fautil pouvoir se rechauffer immédiatement après. Après un bain chaud, il faut craindre les refroidissements.
D'ailleurs, hors les cas de maladie ou pour se nettoyer, les bains chauds ne sont pas recommandables, car ils affaiblissent et amollissent.
Les bains sont hygiéniques en entretenant la peau en bon état de transpiration et en éliminant toute humeur que rejette le sang. A ce compte, tout le corps doit être tenu proprement, même la tête qui transpire continuellement, et la négligence de la nettoyer cause des maladies du cuir chevelu, La plupart des huiles dont on se sert pour rendre les cheveux soyeux ou luisants contiennent des acides d’où résulte la calvitie.
Pour compléter mes observations, jJemprunte aux RR. Sœurs de la Providence un résumé des conseils hygiéniques tirés des meilleurs auteurs et consignés dans leur traité de matière médicale.
“L'air pur étant indispensable à la santé, il faut que les maisons et les appartements soient aérés plusieurs fois par jour. Mais surtout les salles des malades, des vieillards, des orphelins, les classes, les ouvroirs, les ateliers etc., enfin partout où il y a agglomération.
“ Ne dormez pas dans un lieu où les châssis sont
ouverts à moins d'une chaleur excessive, et alors faites en sorte que l'air ne tombe pas directement sur vous.
“ Ne gardez pas sur vous d'habits humides, que vos bas soient toujours bien secs et que vos souliers aient des semelles épaisses,
“Ne faites pas les lits sans avoir fait aérer les couvertures. Ne faites pas sécher de linge dans les appartements où vous vous tenez et encore moins dans les chambres à coucher.
“Ne souffrez pas de viandes ni de légumes gâtés dans vos maisons, Ne laissez pas de linge sale dans les chambres à coucher.
“ Lavez souvent les planchers, mais ne séjournez pas dans les appartements que l’on vient de laver.
“ Blanchissez les murs,
‘ Prenez de l'exercice au grand air tous les jours, si c'est possible. Les enfants surtout ont besoin de beaucoup d'exercice en plein air.
“ Ceux qui sont habitués aux flanelles ne doivent les ôter que l’été et encore avec beaucoup de précaution.
“ Nettoyez votre bouche et vos dents tous les jours. Une excellente poudre est la poudre camphrée. Quelques gorgées d’eau le matin ont un très bon etfet. Rien ne détache un rhume comme de boire de l’eau très chaude à jeûn.
“ S'habituer à aller aux lieux d’aisances régulièrement tous les jours à la même heure.”
Conseils sur le traitement des enfants.
La mortalité chez les enfants est vraiment disproportionnée, La cause est certainement due à un manque de soin aisonnable, car on les tue quelquefois par trop de soins irrationnels. J'ai douze enfants admirablement portants et
j'attribue la conservation de leur santé, après Dieu, à l’observance d’un régime que ma femme à puisé dans un tout petit livre intitulé ‘Conseils aux jeunes mères par Mde Millet Robinet” et dont je donne icile résumé. Ilest long, mais le sujet est tellement grave et la pensée de sauver par là la vie à des centaines de petits êtres me fait vaincre toute hésitation vis-à-vis de mes lectrices,
J'ai parlé ailleurs de l’importance pour la mère et pour l'enfant de le nourrir elle-même.—J'y renvoie.—
Aussitôt qu'un enfant est né et habillé, on doit le placer dans un berceau : il a besoin de repos, et il faut qu'il apprenne en naissant que c’est à et non sur les genoux de sa mère qu'il doit en trouver. S'il était très délicat, on pourrait le placer dans le lit de sa mère pour le réchauffer. On doit l’habituer de suite à dormir au bruit.
On doit se garder de lui donner l'habitude de le promener ; qu'il reste éveillé, qu'il pleure même, s’il n’a aucun besoin, il faut le laisser dans son berceau, et s’assurer seulement s'il est mouillé. L'usage des maillots est malsain. Ils entravent la liberté des mouvements, privent les membres de l’action bienfaisante de l’air et sont surtout cause que les enfants séjournent dans des draps humides.
En naissant, l'enfant apporte dans l’arrière-bouche: des eaux glaireuses qu'il doit rendre, il faut donc le coucher sur le côté, en ayant soin de ne pas lui laisser un bras sous le corps. IT faut alterner le côté sur lequel on le couche ; cela convient au développement régulier de leur taille et de la tête et les habitue à coucher sur le cœur. Il faut lui tenir les pieds chauds. Au bout de 6 ou 8 heures, on présentera l’enfant à sa mère, et on mettra une grande patience à lui faire prendre sa nourriture. On le fera toutes les deux ou trois heures, à moins.
qu'il ne dorme, Autant que possible, dès les premiers jours, il ne faut pas attendre qu'il crie pour lui donner à boire ; qu'il apprenne déjà que les cris ne lui sont pas nécessaires pour témoigner ses besoins. Lorsqu'il s'éveille, il reste ordinairement un moment silencieux; il attend, C'est ce moment qu'il faut saisir pour lui donner la seule chose qu'il désire, la nourriture maternelle.
Dans les premiers jours, un enfant n’a absolument besoin que de boire, de dormir, d'être changé et lavé. Du premier mois dépend l'habitude que prennent les enfants de rester tranquilles, lorsqu'ils ont tout ce qui leur est nécessaire, Si vous cédez aux premiers caprices de l'enfant, vous en ferez un tyran qui vous rendra malheureuse sans que cela lui profite.
Dans les premiers mois, il faut songer à régler la nourriture d'un enfant, Il ne fau: la lui donner que quand il a faim et même prolonger les intervalles au fur et à mesure qu'il grandit, Alors il reçoit avec avidité et prend sans interruption le repas dont il a besoin et qui lui profitera. Il s'endort et la mère est tranquille.
À l'âge de quinze jours, il faudra penser à baigner l'enfant, ce qui aide à son développement. Autant que possible il faut mettre l'eau à la chaleur de leur sang : 25 à 30 degrés centigrades, Les premières fois on ne les laisse que quelques minutes et on augmente graduellement jusqu'à une demie heure.
Dès cet âge, il faut lui faire prendre l'air dans les beaux jours avec beaucoup de précautions ; s'il fait froid, on l'enveloppera selon la température, tout en permettant à l'air de frapper son visage ; mais il faut faire attention à ne pas l’exposer au serein du soir.
La personne chargée de porter l'enfant mettra le petit orciller du berceau sur son bras et le couchera dessus afin qu'il puisse y dormir.
Quand il a six semaines, il peut être vacciné, car à cet âge il ne s'aperçoit pour ainsi dire pas de cette opération. Inutile de dire qu'on doit choisir du bon vaccin.
Tant que la mère peut nourrir exclusivement son enfant sans fatigue, il faut le faire. Il est prudent pour la mère, au moment des canicules, de s'abstenir de certains aliments qui donnent au lait un caractère irritant. Mais vient un temps où l'enfant est trop avide et il faut songer à le faire manger, Si l’on adopte la bouillie, il faut qu'elle soit claire et bien cuite. On se sert de farine préparée (corn starch), qui est une fleur de maïs très facile à digérer. La panade est un des aliments les plus convenables ; on la fait très claire, et, pour les premiers temps, on la passe afin d'éviter qu'il y reste des portions de pain trop grosses. On sucrera un peu cette panade. On peut aussi faire une petite soupe au lait. Plus tard, on donnera du bouillon léger dans lequel on mettra de la fécule de pomme de terre. Evitez les épices. Les repas doivent être régulièrement donnés. Après le repas, il convient de faire boire au nourrisson un peu d’eau sucrée et même de le faire têter un peu. Quoiqu’une femme qui est bien portante peut nourrir son enfant jusqu’à six mois sans qu'il prenne aucune autre nourriture, ilest plus prudent de l'habituer petit à petit à manger en cas d’être obligé de le sevrer brusquement.
A trois mois, l'enfant peut être sevré de nuit. On y parvient sans qu'il s’en aperçoive en éloignant de plus en plus les heures auxquelles il était habitué à boire. S'il persiste à vouloir aller à sa mère, on lui présente de l’eau
sucrée et quand même il pleurerait, si la maman est ferme, il sera sevré la quatrième nuit.
Quand une fois on a obtenu ce résultat, il ne faut pas céder même pour consoler l'enfant qui souffrirait de sa dentition par exemple.
Quand le temps de la dentition est arrivé, l'enfant souffre plus où moins ; ce malaise se traduit surtout par une diarrhée qu'il ne faut pas arrêter quand elle n'est pas trop abondante. Il faut lui faire respirer l'air pur, puis éviter les refroidissements et lui donner une nourriture peu abondante, mais substantielle, On doit le distraire et fixer son attention sur quelque chose qu'on peut lui accorder sans inconvénient,
L'enfant se soulage en mordant un objet qui a une certaine consistance comme du caoutehouc. Si la dent retardait trop à poindre il faut avoir recours au médecin pour faire une incision à la gencive.
Lorsque l'enfant a la force de se tenir quelque peu sur ses jambes, il faut lui en faire essayer l’usage en le soutenant, Petit à petit, il acquièrera des forces ; on le mettra debout près d'une chaise sur laquelle il s'appuiera avec ses mains ; il en fera le tour et marchera bientôt seul, Ne faites pas de cris quand il tombera, car il ne se fait pas mal et 1] serait énervé de vos cris. Si toutefois il se frappait la tête fortement il faudrait lui mettre les pieds dans l’eau chaude, pourvu que ce ne soit pas trop près de son repas.
Aussitôt qu'on le peut, on découvre la tête de l'enfant qu'on tient toujours propre, malgré le préjugé qui existe de lui conserver un chapeau qui n’est rien autre chose que de la crasse accumulée. Si toutefois de telles croûtes se formaient, on les enlève en les graissant avec un peu de saindoux ou de beurre.
On doit en très bas âge faire prendre à l'enfant l'habi-
tude de dormir dans le jour; ce sommeil réparateur ne nuit pas au sommeil de la nuit,
L'époque du sevrage ne peut être fixée : cela dépend de la santé de l'enfant et de la mère; mais l’âge convenable est de 10 à 15 mois, cependant il ne faut pas sevrer un enfant en temps d'une dentition difficile,
Le sevrage ne doit pas s’opérer brusquement, mais lentement et en éloignant les heures auxquelles l'enfant doit boire et l’on augmente le nombre de ses repas, en diminuant ceux de la mère, La distraction aide au sevrage en faisant oublier au nourrisson l'heure accoutumée, et l’on prolonge ainsi le jeûne,
Quoique quelques habitudes chez les enfants les amusent, il faut pourtant les combattre : celle de sucer son pouce, un suçon. Cette succion fatigue l'enfant et l’énerve par l'accès de salivation qu’elle provoque.
A cet âge, il faut se défier de développer ou favoriser toute espèce de mauvaises habitudes, car c’est alors qu'il faut étouffer les mauvais instincts en sève,
Les enfants ne sont pas naturellement peureux, il faut s'étudier à ne pas les effrayer de rien.
Il faut prononcer les mots comme ils doivent être prononcés devant les enfants et non leur tenir un langage à part.
J'ai dit ailleurs en parlant d'éducation, de l'importance pour une mère de nourrir elle-même son enfant et quelle précaution l’on doit avoir dans le choix d'une nourrice.
Dans son traité ‘ Ma cure d'eau” le célèbre Kneipp conseille aux mères de couvrir leurs enfants le moins possible. Tête nue, corps nu, pieds, jambes et bras nus, et avec cela une nourriture frugale et des bains froids quotidiens, voilà ce qu’il recommande pour rendre le corps en quelque sorte invulnérable. ‘ Une condition essentielle,
dit-il, du déploiement d'une santé durable, c'est l'endurcissement aussi hâtif que possible.” Toutefois l'endurcissement doit être mené progressivement, car le froid est mortel pour les nouveaux-nés ; aussi est-il indispensable de tenir ces derniers chaudement.
Alimentation.
Cet article est essentiel, puisque c’est par l'alimentation que se forme et que se développe le corps avec tout ce qui le compose, sang, os et chair; on pourrait cependant réduire les préceptes touchant cet important sujet à ces quelques mots : ‘suivre le régime le plus simple possible, conformer sa nourriture au genre d'exercice que l’on prend et à son âge.” La nourriture qui convient à l'enfance est le lait de la mère, pourvu qu'elle soit en bonne santé, car s'il est contestable que les qualités du cœur, de l'esprit, se sucent avec le lait, il n'y à qu'une opinion que les qualités physiques comme les maladies se transmettent par cette nourriture. Si donc pour de bonnes raisons la mère ne peut allaiter son enfant, il faut lui donner un lait qui s'en approche le plus,
L'enfant qui croit est toujours agité ; il a besoin d’une nourriture plus substantielle, mais peu de viande d’abord. Le travailleur qui dépense beaucoup a besoin de viande. Mais quelque soit la nourriture, il faut choisir celle qui soit la plus substantielle et ne rien donner à l'estomac que ce qu’il désire naturellement, sans l’exciter par des épices et des stimulants ; avec ces condiments, on se crée un appétit factice et on surcharge cet organe qui regimbe et devient dyspeptique.—Il faut boire peu ou point en mangeant, l'estomac ayant ce qu'il faut de liquide pour délayer les aliments ; la meilleure boisson, dans l’état de santé, est l’eau pure, et quand elle l’est, il est mieux qu'elle
ne soit pas filtrée, car l'eau contient des éléments propres à l'alimentation et qui se déposeraient dans le filtre.
Le corps humain se compose de carbone, d'azote, d'hydrogène, de souffre, de phosphore, de sodium, etc,
Tous ces éléments doivent se trouver en plus ou moins grande quantité dans les substances que nous mangeons.
L'eau est en grande quantité dans notre organisme, Or, comme nous en perdons chaque jour une portion il faut la remplacer.
L'azote et le carbone sont les deux éléments indispensables à toute bonne alimentation. D'où il suit qu’il faut donner pour nourriture des substances qui les contiennent.
Il serait trop scientifique dans un ouvrage élémentaire de faire connaître la composition de chaque aliment en particulier, Mile Destrée, dans son cours d'économie domestique, en a fait un excellent tableau.
Plus le climat est froid, plus les aliments doivent contenir de substances carbonisées,
L'âge, le sexe, le tempérament, le genre de vie doivent déterminer le genre de nourriture qu'il faut adopter.
L'homme estomnivore, c'est-à-dire qu’il emprunte des aliments au règne animal, au règne végétal et au règne minéral, L'opinion de ceux qui prétendent que l’homme n’est pas carnivore, tombe devant la construction de ses intestins,
Les aliments principaux qui contiennent plus ou moins d’eau, de carbone et de sels sont les suivants :
Aliments animaux. Lait, œuf, beurre, fromage, bœuf, veau, mouton, cheval, cochon, gibier, volaille, poisson, mollusques, crustacés.
Aliments végétaux : Pommes de terre, pois, haricots, carottes, navets, choux, lettéraves, céleri, chicorée, épi-
nards, froments, seigle, riz, orge, avoine, sarrasin, maïs et fruits.
Les aliments minéraux sont ceux qui contiennent du fer, de l’eau, du sel ou du chlorure de sodium, du phosphate de chaux, et ils en contiennent presque tous plus ou moins.
Mode de préparation des viandes.
La viande crue est facile à digérer et plus substantielle que la viande cuite. La viande grillée conserve tous les principes nutritifs et se digère bien, La viande rôtie est d'une digestion moins facile à cause de l'irrégularité de la cuisson, La viande, en hachis ou fricassée, fatigue l'estomac par suite du mélange intime de la graisse et de la fibre.
La viande cuite à l’étuvé requiert de l'estomac beaucoup de travail. La viande bouillie a une valeur nutritive bien inférieure aux viandes grillées ou rôties, à cause des moditications profondes qu'elle subit par le contact prolongé de l’eau ; sa digestibilité est aussi moindre. Les viandes salées sont très nutritives, surtout pour les travailleurs.
Le bouillon est peptogène, c’est-à-dire qu'il fournit aux glandes de l’estomac un liquide appelé pepsine, nécessaire surtout pour la digestion des viandes, Il est encore d’une grande utilité à l'organisme humain, en lui fournissant le phosphate végétal et les phosphates alcalins.
Voici la composition chimique de quelques viandes :
Bœuf : T3olo d’eau ; 14o/o d'azote ; 50/0 de carbone ; lo/o de sels.
Veau : 73olo d’eau ; 21o/o d'azote; 20/0 de carbone ; 2olo de sels.
Porc : 70 olo d'eau ; 21o/0 d'azote; 5olo de carbone ; 2olo de sels.
Le Mouton ; quoique plus grasse, la viande se rapproche beaucoup de la viande de bœuf.
Les volailles se digèrent facilement, si elles ne sont pas très grasses. Elles conviennent mieux rôties que préparées en sauces,
Le gibier est généralement plus digestible que les oiseaux de basse cour engraissés—pourvu que ce régime ne soit pas trop prolongé.
Le poisson, moins nourrissant que la viande, est facile à digérer généralement. [1 se digère mieux frit que bouilli. Le phosphate que le poisson renferme constitue un excellent aliment du système nerveux et convient aux personnes qui travaillent de l'esprit.
Les œufs. Cet aliment est le plus complet en ce que son blanc, composé d’une matière azotée, est un aliment réparateur; le jaune, qui renferme de la graisse, du sucre et des sels minéraux, est aussi réparateur et constitue un aliment combustible.
Le lait est également un aliment complet. Il est très assimilable.
Le beurre est un excellent aliment combustible. Le fromage est très nourrissant, mais très difficile à digérer.
Remarquons que pour que le lait et ses produits soient sains, il faut que les vaches qui le donnent soient en bonne santé.
Les céréales sont la base d’une bonne nourriture, —car elles contiennent du gluten, mélangé d'albumine et de gélatine, de la fécule, des sels. Les plus usités sont le blé, le seigle, l'orge, l’avoine, le sarrasin, le maïs.
Les légumes conviennent à toutes les constitutions. Il faut s’en dispenser dans certaines maladies. [ls accompa-
gnent généralement la viande, et surtout les viandes grasses. Ils ne conviennent pas à ceux qui souffrent de certaines maladies. C’est ainsi que la pomme de terre est contraire à la gastralgie, à la dyspepsie, au diabète. C’est encore ainsi que ceux qui contiennent beaucoup de fécule incommodent les personnes soumises aux flatuosités.
Les fruits tiennent une place importante dans l’alimentation ; les fruits acides conviennent aux tempéraments sanguins. Les fruits sucrés sont plus nutritifs, quoique moins que les fruits féculents. Les fruits huileux se digèrent difficilement.
Je parle dans un autre endroit des soins particuliers à donner aux enfants et de la nourriture qui leur convient. J'y renvoie le lecteur.
Le sucre, qui ne convient pas aux personnes sédentaires, est un aliment stimulant des plus puissants, et incomparable au point de vue de l'entretien et de la réparation des forces musculaires. On a fait plusieurs fois l’expérience qu'il suffit dans les marches forcées à soutenir le système en haleine, pendant de longs jours.
Des boissons.
Les boissons servent à favoriser la dissolution ou la digestion des aliments solides.
L'eau est l'élément le plus considérable qui entre dans la composition du corps humain. Elle forme à elle seule les 4 du poids total de notre corps. Elle est indispensable par les sels qu'elle contient en dissolution (chlorure de sodium et les carbonates alcalins).
“ Le Créateur, dit le Dr Desroches, en distribuant l’eau par tout l’univers, a voulu en faire la boisson habituelle de l’homme, et l'aliment le plus indispensable à l'entretien de la vie.”
Rien ne peut remplacer cette boisson pour une personne en santé, et les autres boissons ne peuvent être utiles qu'aux personnes qui ont besoin de réparer leurs forces ou de prendre des excitants.
Cependant même de l’eau, il n’en faut pas abuser. Boire à longs traits de l’eau froide, quand on a chaud, est très dangereux. Il y a bien des espèces d’eau : de pluie, de rivière, de citerne, de puits. L'eau, pour être bonne, doit être limpide, insipide, suffisamment aérée. La bonne eau dissout le savon et ne durcit pas les légumes. L'eau qui n’est pas très pure s'améliore en la secouant vivement avant de s’en servir ou en la faisant couler en mince filet ou en plie, de manière à lui permettre de s'imprégner des gaz contenus dans l'atmosphère. Il est très bien de se servir du filtre, mais il convient d'agiter l’eau qui sort d’un filtre pour lui restituer les gaz perdus par le filtrage.
On peut faire un filtre de Ia manière suivante : prenez un vase en grés, en terre cuite, ou en tôle galvanisée, muni vers sa base d’un robinet : placez un peu au-dessus du robinet une claie d’osier ou un tamis ; mettez sur ce plateau une couche de gravier et de sable à mortier d’environ un pouce d'épaisseur ; puis une couche de charbon de bois, grossièrement concassé, d'environ + pouce, et recouverte de sable de rivière, le tout bien lavé. Ce récipient sera muni d’un couvercle, et pourra servir pendant une saison, après quoi il faudra renouveler le charbon et laver les sables.
La bière a une certaine valeur nutritive et stimulante ; elle rend des services, mais il faut se défier de ne pas en abuser, car outre qu’elle porte au sommeil alourdissant et va jusqu'à l'ivresse, elle cause souvent des engorgements du foie, des calculs, etc.
On en fabrique avec de l’avoine ou du froment en Belgique ; avec de l'orge et du maïsen Amérique ; avec du riz aux Indes-Orientales. Le houblon favorise la fermentation.
Certaines bières sont très dangereuses parce qu'on y introduit jusqu’à des poisons.
Je me suis procuré l'analyse d’une bière dite: Strassburg Layer, et fabriquée par la “Star Brewing Co. Elle me parait très saine et recommandable.
Voyez au titre des industries domestiques la manière de faire de la bière.
Le vin est, sans contredit, la meilleure boisson après l'eau, mais encore faut-il qu'il soit pur, car ici comme partout, la cupidité a inventé des contrefaçons assez difficiles à distinguer. Voilà pourquoi il faut toujours s'adresser à de bonnes maisons pour être sûr de ne pas être mystifiés. On peut aussi faire soi-même son vin et rien de plus facile, puisque la fabrication du vin n’est rien autre chose que le changement du sucre qui se trouve dans un fruit, en alcool, par la fermentation. On peut faire du vin avec tous les fruits sucrés. Je donne plus loin, au titre des industries domestiques, la manière de faure le vin.
Le vin est un tonique et un excitant, La plupart de ses éléments se trouvent dans notre organisme. Encore est-il qu'il faut en user avec modération, car il cause l'ivresse, et détermine la goutte, la gravelle, ete. L'usage immodéré du vin conduit à l'alcoolisme qui vient toujours avec son hideux cortège.
Le Dr Desroches conseille de mettre de l’eau dans le vin, il conseille aux femmes d'en boire peu et l'interdit aux enfants.
Le té, dont on fait un si grand usage dans notre pays et dont l’abus détermine l’insommie, la névralgie, ete., est
tonique et sudorifique. Il excite le système nerveux, surtout les fonctions de digestion.
[I y a le thé vert et le thé noir. Les meilleures qualités de thé vert sont le biszwen ou Ayson, à feuilles grandes, roulées dans le sens de la longueur ; le chulan qui n’a de différence avec le premier que par son arome plus prononcé ; le perlé, dont les feuilles sont roulées dans les deux sens ; la poudre à canon, ainsi appelé parceque l’enroulement de ses feuilles, si finement fait, lui donne la ressemblance des grains de poudre.
Les thés noirs les plus estimés sont le pohæ où pel:o, formé de feuilles très jeunes et recouvertes d’un duvet, à odeur suave ; le souchou ou souchong, qui est inférieur au premier.
Le café, est énervant et dispose aux travaux de l'esprit. Il nuit aux personnes nerveuses. Il est utile dans les maladies où il y a faiblesse. stupeur et somnolence. Il est un tonique nutritif excellent surtout préparé avec du lait. On n’est sûr de sa pureté que quand on le fait moudre sous ses yeux. Une once de chicorée par livre de café lui donne un goût amer agréable, et le rend plus rafraîchissant.
On en distingue différentes sortes qui tirent leur nom du pays d’où ils viennent, Le Moka est le plus estimé. Le Martinique où Guadeloupe est une excellente marque, et riche en principes actifs, Le Haïti a une saveur moins agréable. Le Bourbon où la Réunion se rapproche du Moka. Le Java est aussi remarquable par son arôme et sa saveur. La manière de faire le café n'est pas indifférente. On peut en faire une décoction ou une infusion. Quand on le fait au lait, il convient de faire bouillir le lait à part et de lui faire subir une autre ébullition après l'avoir
mélangé. On le prépare aussi à la crème. Cette manière de le préparer est plus nutritive, mais moins narcotique.
On fait enfin un breuvage sain et agréable au goût avec des croûtes de pain grillé, de l'orge ou de l’avoine rôtie que l'on fait bouillir dans l’eau ; on peut y ajouter du lait.
Le chocolat est très nourrissant, mais difficile à digérer. C’est un mélange de cacao et de sucre, que l'on prépare à l'eau ou au lait. On peut y mélanger du café ou du thé qui le rendrait plus digestif.
I y a beaucoup de falsifications du chocolat. On substitue au cacao des substances même dangereuses, la sciure de bois, l’'ocre rouge, le minium, la cinah, le sulfure de mercure, le plâtre, la craie et même la brique. Il faut donc se mettre en garde, et n’adopter que des marques éprouvées.
Alcool.
Les alcools ne sont recommandables qu'en cas de maladie.
Aussi je crois devoir consacrer un article spécial aux inconvénients des alcools. L'abus de l'alcool dans notre pays est la cause des trois quarts des crimes. C'est donc une plaie sociale contre laquelle les législateurs, les rcitoyens, les femmes doivent se prémunir. Car qui pourait dépeindre d’un pinceau assez noir les résultats déplo. ‘ables de l'alcoolisme ? Il suffit de dire que celui qui en est l’objet est plus dangereux pour lui-même et pour la société que la brute qui est guidée par son instinct. Avec la figure horrible de l’alcoolisme arrivent dans la maison les malheurs de tous genres ; —de tous genres, comprenez bien.
Prenons donc tous les moyens pour que cette habitude
ne s'introduise chez aucun membre de notre famille.
Grardons-nous des faux prétextes, car c'est toujours sous des prétextes qu'elle s'introduit, Où dit que l'alcool fortifie et qu'il supplée à l'alimentation. Erreur. L'alcool donne une force factice ; mais la surexcitation passée, l'individu se retrouve plus faible et plus épuisé qu'auparavant.
L'alcool réchauffe ceux qui sont obligés de se tenir au froid, Erreur. Au moment de l'absorption l'alcool semble répandre de la chaleur, c’est une fièvre suivie d’une plus grande sensibilité au froid.
La race de l’ivrogne se ressent de cette habitude et au physique et au moral. Quelle responsabilité ! non seulement l’ivrogne se tue de corps et d'âme, mais il jette dans le monde des enfants rachitiques, idiots et chétifs.
Par tous les moyens éloignez-vous des occasions et gardez-en vos enfants.
Surtout, vous, femmes chrétiennes, efforcez-vous de rendre votre intérieur agréable : embellissez vos demeures par vos vertus, vous rendant aimables, affectueuses, atin que votre mari et vos enfants y trouvent le bien-être et n’aillent pas chercher des distractions ailleurs.
Voyez au titre “ Industries Domestiques ”” un remède contre l’ivrognerie.
La Médecine Domestique.
Si c’est agir avec économie que de prévenir autant que possible les maladies par l'observance des règles de l’hygiène, il ne l’est pas moins de soigner les maladies qui peuvent se présenter dans une famille. Il est certainement des cas qu’il serait imprudent de traiter soi-même et où il faut s'empresser de quérir les soins d’un médecin dont le choix doit être judicieux. Soit dit en passant, le
médecin de la famille doit être un homme non seulement capable, mais honnête, à principes solides. [1 n’y a que dans un tel homme qu'on puisse avoir confiance, et la confiance dans son médecin est une grande cause du succès dans le traitement d’une maladie. D'ailleurs le médecin est le confident de la famille, et il faut qu'il soit digne de l'être.
Mais pour tous les petits malaises si fréquents dans un® famille nombreuse, la mère, qui a le secret de pronostiquer, et qui seule comprend le langage de ceux qui ne parlent pas, peut toujours apaiser et même faire disparaître les maladies les plus communes.
Même dansles cas de maladies graves, ou d'accidents, la mère peut donner des soins en attendant le médecin exposé à retarder, surtout lorsque quelques minutes sans soins peuvent entraîner des conséquences fatales.
On le comprend, les conseils à donner ici ne consistent pas à se passer du médecin ; mais ils se bornent à enseigner clairement les soins pressants dans les maladies graves, et quelques remèdes faciles pour les cas où l’intervention du médecin n'est pas rigoureusement nécessaire.
Il est utile et presque indispensable d’avoir une petite pharmacie et quelques instruments de chirurgie,car même quand le médecin est appelé, il faut être en état d'exécuter ses ordonnances les plus ordinaires.
Instruments de chirurgie domestigne—Les plus utiles, qu'il est bon d’avoir chez soi, sont :
1° De petites balances bien sensibles avec une certaine quantité de poids.
2° Un petit mortier avec son pilon.
3° Des seringues en bon ordre.
4° Des lancettes.
On a toujours dans une famille des couteaux, des spatules, des cuillers, des entonnoirs, des lampes, des ciseaux, etc,
Pharmacie Domestique. — Lies médicaments qu'il est prudent d’avoir à domicile sont : aloës, alun, alcool, arcanson (résine), arnica, camphre, chlorure de chaux, créosote, eau de fleurs d'oranger, eau sédative ; sous carbonate de fer, gomme arabique, gomme de sapin, grumeau iodoforme, laudanum, sel d'Epsom et sel marin, miel, moutarde, phénol, quinine, teinture d’iode, valériane, pilules végétales des sœurs de la Providence, onguent de (renièvre des mêmes Religieuses, vin, vinaigre, cire, saindoux, vaseline, bandages, charpie, ainsi que quelques-unes des plantes suivantes :
Plantes médicinales.—Je leur donne une classification thérapeutique extraite de Cazin: (des plantes indigènes.)
Emollients et adoucissants.—Avoine (semence), betterave (feuille), bouillon blanc (fleurs et feuilles), bourrache (feuilles et fleurs), carotte (racine), chanvre (graines), chiendent (racine), citrouille (graines, pulpe), fénugrec, froment (farine, son, amidon), laitue (feuilles), lin (graines), mais (semence), mauve (fleurs, feuilles), orge (semence), pavot (huile d'œillette), pois (semence), pomme de terre (fécules, tubercules), pourpier (plante sans sa racine), réglisse (racine), seigle (semence), tussilage (fleurs), vigne (raisins secs), violette (feuilles, fleurs).
Tempérants — Cassis, cerise, citron. Epine-vinette (fruit), fraises, framboises, groseilles, mûres, oranges, oseilles (feuilles, pommes, ronces (fruit).
Toniques Astringeants.—Aune (écorce, feuilles), chêne (écorce, glands, feuilles), fraisier (racines, feuilles), frêne (écorce, feuilles), hêtre (écorce), marronnier d'Inde (écorce),
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noyer (feuilles), orme (écorce), ortie (fleurs), patience (racine), pervenche (feuilles), peuplier blanc, plantain, poires, pommier (écorce), prèle, renouée, rosier, (roses rouges) patates, saule (écorce), sceau de Salomon racine), verges d'or (sommités fleuries), vigne (feuilles, vin rouge, vinaigre).
Toniques amers. — Artichaux (feuilles), centaurée (grande), (racine), centaurée (petite), (sommités fleuries), chardon bénit (feuilles), chicorée (racine, feuilles), épinevinette (écorce de la racine et de la tige), frêne (écorce, feuille), gentiane (racine), hêtre (écorce), houblon (cônes), lilas (capsules, feuilles), patience sauvage (racine), peuplier tremble (écorce, feuilles), saule (écorce), tussilages (feuilles),
Excitants—Absinthe (feuilles, sommités), ache (feuilles, semence), ail (bulbe), angélique (racine, tige, semence), anis (semence), arnica (fleurs, racines, feuilles), camomille romaine (capitules), capucines (feuilles), citronnier (écorce ou zeste du fruit), cresson de fontaine (feuilles, tiges), fenouil (semence), menthes (sommités fleuries), moutarde (semence), oignon (bulbe), oranger (écorce du fruit), persil (feuilles, racines, semences), piment annuel (fruit), pins et sapins (bourgeons, térébenthine), poireau, radis (racine), raifort (racine), sarriette, sauge (‘euilles), serpolet (sommités).
Antispasmodiques. — Chèvrefeuille (fleurs), mélisse (feuilles), muguet (fleurs, baies), oranger (fleurs, feuilles), sauge (sommités fleuries), tilleul (fleurs).
Sudorifiques, dépuratifs.—Buis (bois, feuilles), houblon (racines, cônes), orme (écorce), patience sauvage (racine), pensées (herbe), pins et sapins (bourgeons, goudron), salsepareille (racine), saponaire (feuilles, tiges, racines), sureau (fleurs, fruits).
Diurétiques.—Ache (racine), ail (bulbe), artichaut, asperges (racines), avoine (semence), bouleau (sève), carotte (semence), cerfeuil (semence), cerises (queues), chiendent (racine), épine-vinette (racine), fenouil (racine), fèves (cendre), frêne (écorce de la racine), fraisier (racine), moutarde (semence), persil (racine, feuilles), pins et sapins (bourgeon, goudron), pissenlit (racine, feuilles), raifort (racine), verge d’or (sommités, feuilles).
Expectorants.—Aches (feuilles), ail bulbe), capucine (feuilles), chou rouge (feuilles), oignon (bulbe), pins et sapins (bourgeons, goudron), tussilage (feuilles, fleurs).
Emménagogues.—Absinthes (sommités), armoises (sommités), safran, seigle (ergot).
Fébrifuge. Eucalyptus globulus, baume.
Sternutatoires. — Arnica (fleurs, feuilles), betoine (feuilles), muguet (fleurs), tabac (ellébore blanc).
Sialagogues où masticatoires, — Angélique (racine), moutarde (semence), piment, persil (semence), raifort (racine), tabac (feuilles sèches).
Aphrodisiaques.—Ail (bulbe), céleri, chanvre, safran, sarriette.
Antiaphrodisiaques.—Belladone, digitale, grande cigüe, nénuphar, les cucurbitacées,
Tétaniques où excitateurs de la moëlle épinière et du cerveau.—Arnica (racine, fleurs), ergot de seigle, sumac vénéneux (herbe à puce).
Altérants fondants.—Ciguë (feuilles, semence, racine) clématites (feuilles), frêne (feuilles), orme (écorce).
Narcotiques et sédatifs.—Aconit (feuilles, racines), belladone (feuilles, racines), ciguë (grandes feuilles), coquelicot (fleurs, capsules), digitale (petites feuilles, semences),
jusquiame (tabac du diable) (feuilles), laitues cultivées (feuilles), laurier rose (feuilles), pavot (capsules), pêches (feuilles, amande du fruit), tabac (feuilles),
Vomitifs et émétiques.—Colchique (bulbe, semence), moutarde (semence), muguet (fleurs), patience sauvage (racine pulvérisée), raifort (racine), violette odorante,
Purgatifs. — Bois de plomb, ellébore (racine), frêne (feuilles), pruniers (pruneaux), ricin (fruits, huile), sureau, (écorce intérieure).
Absorbants externes. —Amidon, duvet de la semence de peuplier du Canada, son.
Rubéjiants et vésicants. — Ail (bulbe), ellébores (racines}, moutarde (semence), nénuphar (racine fraîche) noyer (écorce de la racine), ortie brûlante, piment annuel (semence).
Vermifuges et anthelininthiques.—Absinthe (sommités), ail (bulbes), artichaut (feuilles), camomilles (fleurs), carotte (racine crue), fougère mâle (racine), gentiane (racine), lin cultivé (huile), liseron (feuilles, racines), oignon (bulbe), pêcher (feuilles), ricin (huile de la semence), sapins et pins (térébenthine), sarriette, serpolet, tabac (feuillesr, valériane.
Manière de cueillir et de conserver les plantes médicinales.
On cueille les plantes après la rosée et lorsqu'elles sont dans leur éclat. On les fait sécher sur une claie placée dans un lieu sec, très aéré, mais à l'ombre. Elles sèchent bien dans un four dont la chaleur est modérée et qu'on n'a pas fermé.
Médicaments internes propres aux malades.
Bouillon.—1Le meilleur bouillon est celui de volaille, surtout de dinde, puis de bœuf. Le bouillon d'os est le plus agréable et le plus digestif.
Voici la mamière de faire le bouillon :
10 La viande doit être mise à l'eau bouillante ou à l'eau froide et l’on doit ensuite atteindre ou entretenir une ébullition lente, mais soutenue. (rénéralement on met à peu près une livre de viande pour une pinte d'eau ou 24 pintes pour une poule, On laisse bouillir jusqu'à ce que la viande soit bien cuite et l’eau diminuée d'un quart ou de la moitié.
20 Le sel doit être mis en même temps que la viande. Les légumes sont ajoutés un peu plus tard.
30 On enlève l'écume à mesure qu'elle paraît, mais au détriment du principe fortifiant.
Le consommé se fait comme le bouillon, excepté que l’on met une plus grande quantité de viande et que l’on fait bouillir plus longtemps jusqu'à ce qu’il ait consistance de gelée par le refroidissement.
Bouillon d'herbes. — Prenez 2 poignées de feuilles d'oseille, une poignée de laitue, choux gras, céleri, & poignée de persil et cerfeuil, (toute autre espèce d'herbes potagères), une pinte d'eau. Faites bouillir jusqu'à ce que les herbes soient cuites, ajoutez beurre et sel, assaisonnement au goût, puis coulez.
Bouillon à ta Reine ou lait de poule —Après avoir battu un œuf avec du sucre, versez dessus en agitant + à 1 tasse de lait bouillant. On peut mettre plus où moins de lait suivant le goût,
Jus d'herbes. —On appelle jus le suc de certaines plantes obtenu par expression. Pour faire le jus d'herbes, on pile
parties égales de feuilles de chicorée sauvage, de cresson de fontaine, de bourrache, de fumeterre et de cerfeuil, On en exprime le jus et on tiltre à froid.
Gelée de pieds de veau.—Faites bouillir sur un feu doux, 4 pieds de veau dans 14 gallon, jusqu'à réduction de 3 demiards, Écumez pendant la cuisson, faites refroidir, dégraissez, et pour 3 demiards de jus, mettez 3 demiards de lait, des amandes amères, de la cannelle, de la muscade, des écorces d'orange, du vin blanc, etc., et du sucre au goût; laissez bouillir doucement jusqu'à ce qu'il ait pris le goût des épices, ensuite retirez du feu, passez dans un linge épais et faites refroidir dans un moule,
On empêche la gelée de se coller, en mouillant le moule dans de l’eau froide avant de le remplir.
Les essences doivent être ajoutées après que la gelée est coulée, mais quand elle est chaude.
Gelée «le pattes de poule.—On la prépare comme la précédonte, excepté qu'il faut une plus grande quantité de pattes. Après les avoir passées à l'eau bouillante et dépouillées de leur première peau, on les fait bouillir jusqu'à ce que le jus soit assez épais pour coller fortement aux doigts en se refroidissant.
Blé bouilli.—Faites bouillir du blé dans de l’eau jusqu'à ce qu'il soit crevé, puis ajoutez: sucre, vin, pommes, essences, etc., au goût, et séparez l’eau du blé, qui forme une excellente nourriture pour les personnes dyspeptiques ou celles qui sont atteintes 4e maladies inflammatoires. L'eau forme un breuvage rafraîchissant, relâchant et adoucissant.
Bouillie.—Prenez un demiard de lait et une cuillerée de farine ; délayez la farine dans de l’eau froide comme de la pâte à crêpes. Faites bouillir le lait et versez-y la
pâte ayant soin de brasser continuellement ; enfin quand la bouillie a gonflé trois fois, retirez du feu et sucrez.
Essence, thé on extrait le bæuf.—Prenez du bœuf, ôtez la graisse, coupez-le par petits morceaux, et emplissez une grosse bouteille, moins deux ou trois doigts, bouchez-la bien, placez-la dans un chaudron d’eau froide, puis faites bouillir jusqu'à ce que la viande devienne blanchâtre ; retirez, coulez et assaisonnez le jus.
Gruau.—Délayez 2 cuillerées à soupe de farine d'avoine dans une + tasse d’eau froide; versez dessus 3 demiards d’eau bouillante, en remuant, coulez dans un linge, puis faites bouillir un quart d'heure en remuant de te ps en temps et sucrez au goût. On peut le faire au lait, ce qui est délicieux, et y ajouter des pommes.
Œufs battus.—Au cognac, au rhum, etc. Prenez un ou deux œufs, dont vous battez le blanc en neige ; ajoutez-y du sucre blanc, du brandy, du vin ou du rhum au goût, On peut battre un œuf avec du sucre, y ajouter du lait ou même de l’eau et un peu de brandy ou du rhum.
Soupe aux huîtres.— Jetez les huîtres avec leur jus dans un bon bouillon de poulet ca de jarret de bœuf bouillant; faites bouillir cinq minutes ; émiettez assez de biscuits (crakers) pour donner de la consistance au bouillon ; assaisonnez et ajoutez, si vous le désirez, du vin blanc. On peut aussi faire cette soupe au lait, mais alors il faut omettre le vin,
Soupe au lait.—Tranchez du pain bien mince et jetez dessus assez de lait bouillant pour donner la consistance d'une soupe ; poivrez et sucrez.
Infusion, macération, solution.
Votre médecin se sert de ces mots pour prescrire un breuvage. Il faut en comprendre la signification.
Infusion.—Faire infuser, c'est verser sur des plantes ou des médicaments de l’eau bouillante, On dissout ainsi en quatre ou cinq minutes, le principe actif des plantes sur lesquelles on à versé le liquide ; on peut faire bouillir un peu. Il faut éviter une infusion trop prolongée, On coule ou l’on décante et l'on sucre, à mesure que l'on en prend, car le sucre fait généralement fermenter.
C'est cette opération que l’on pratique pour faire les thés et les tisanes,
Décoction est le fait de dissoudre à chaud les principes médicamentaux de certaines substances. On l'obtient en général par l'ébullition prolongée de ces substances dans l'eau.
Macération.—Faire macérer, c'est plonger une substance solide dans un liquide à la température de l'air, afin d'y faire dissoudre lentement une partie des principes qre la substance contient.
Les macérations Ces plantes sèches, faites à l’eau froide six à huit heures avant qu’on les emploie, sont plus fortes, à égale proportion, que les infusions préparées à l’eau chaude ; elles ont aussi une saveur plus agréable. On peut les faire chauffer après les avoir décantées.
Solution.—Faire une solution, c'est dissoudre, c’'est-àdire, faire fondre un corps solide dans un liquide, comme cela se produit lorsqu'on met du sucre ou du sel dans de l'eau. On fait la solution à chaud ou à froid.
Breuvages propres aux malades.
Eau panée.—Prenez deux ou trois tranches de bon pain ou des croûtes ; faites-les rôtir sans être brûlées ; versez dessus 1 ou 2 pintes d’eau bouillante ; coulez, sucrez.
Euu (de riz.—Prenez 2 onces de riz, 2 pintes d’eau ; faites bouillir une heure et demie avec de la canelle et de la muscade ; coulez, sucrez.
Eau ou thé de son.—Prenez une chopine de son, 3 pintes d’eau ; faites réduire à une pinte ; coulez et sucrez.
On peut préparer ainsi les tisanes d'orge, la graine de lin, de mauves, d'écorce d’orme, de fénugrec, la gomme arabique, le gingembre.
Limonades.—La meilleure est avec un citron dont on extrait le jus, (sans écraser les graines) pour une chopine d'eau sucrée. On peut en faire avec de l'acide citrique, de l'acide tartrique.
Soins ordinaires à donner aux malades.
Il est du devoir des gardes-malades d'administrer des remèdes prescrits par les médecins ; de faire des tisanes, des cataplasmes, les fermentations, les frictions, les embrocations; de donner des bains locaux et généraux, de faire des lotions, des ablutions, des douches, d'appliquer les vésiatoires, les sinapismes, les sétons, les cautères, les sangsues, les ventouses et les bandages ; de donner des lavements, des injections, de mettre des suppositoires ; de régler la température de la chambre où est le malade.
Règles généralés sur l'administration des remèdes, tirées en partie de la matière médicale des sœurs de la Providence (p. 836).
Narcotiques.—On ne doit les répéter que toutes les quatre heures, à moins que l'effet de la dose précédente ne soit dissipé ou à moins d'ordonnance du médecin.
Toniques.—On les donne ordinairement trois fois par jour, une demi-heure avant les repas.
Mixtures expectorantes.—ÆElles se prennent toutes les deux ou trois heures suivant l'effet.
Purgatifs.—On ne doit les répéter que quelque temps après qu'ils doivent faire effet.
(rénéralement tous les remèdes qui doivent se prendre plusieurs fois par jour, sont administrés une heure avant et deux ou trois après les repas; mais les amers et le fer peuvent se prendre à l'heure des repas.
Pour les purgatifs on ne doit prendre de nourriture qu'après l'effet, à moins que ce ne soit du bouillon ou des tisanes. [1 y a des tisanes astringentes, rafraîchissantes, sudorifiques, etc.
Donnée chaude dans une disposition hémorrhagique, la tisane peut déterminer de graves accidents ; donnée froide dans certaines maladies éruptives, elle peut taire rentrer le mal et occasionner une catastrophe.
(rénéralement les tisanes s’administrent tièdes; mais quand on veut déterminer une transpiration on peut les donner brûlantes.
On peut prendre les tisanes sucrées ou non, mais quand le médecin ordonne de sucrer au miel, il faut le faire. car le miel n’a pas le même effet que le sucre.
[ y a des tisanes rafraîchissantes, astringentes, sudoritiques, toniques, antinerveuses ou antisrasmodiques, vermifuges, diurétiques, ete,, voyez la classitication pliarmaceutique des plantes ci-devant, pp. 68 et suivantes.
Des lavements.
Avant de donner le lavement il faut faire jaillir par la canule un peu de l’eau contenue dans la seringue, et la tenir de façon que la pointe de la canule soit dirigée en haut—on chasse par ce moyen l'air contenu dans l’instrument ; sans cette précaution l'air introduit ainsi dans les intestins empêche de garder le lavement,
Lavement émollient.—On le compose d’une décoction de guimauve, de son ou de graine de lin. Si le médecin a ordonné d’y ajouter une décoction de tête de pavot, on brise cette tête pour en extraire la graine, on casse la coque en très petits morceaux pour la faire bouillir au moins un quart d'heure dans un peu d’eau que l'on joint à la décoction émolliente.
Lavement d'amidon. — On délaie l'amidon à l'eau froide, puis à l’eau chaude; on place la préparation sur le feu, et on l’agite jusqu’à ce qu’elle devienne transparente ; on y ajoute la quantité d’eau nécessaire pour que le liquide soit à l’état de bouillie extrêmement claire.
Lavement purgatif.—On fait dissoudre dans de l’eau, avant de verser dans la seringue, le purgatif ordonné par le médecin.
Bains.
Les bains sont dits froids, quand la température de l’eau dans laquelle on se plonge est au-dessous de 15 degrés centigrades ; tempérés, quand elle est de 150 à 25° ; chauds, quand elle s'élève de 25° à 35.
Bain adoucissant.—Pour un grand bain on fait bouillir
24 gallons de son dans 5 gallons d’eau ; on passe cette eau de son et on l’ajoute au bain.
Bain émollient.—On fait bouillir dans 24 gallons d’eau : graine de lin 1 livre, racines, tiges, feuilles et rameaux
de guimauve 4 livres ; on passe et on + "se dans le bain.
Bains yélatineux.—%La veille du jour où l'on veut prendre un bain gélatineux, on met dans un vase avec de l'eau bouillante & ou 1 livre de gomme de Flandre, le lendemain cette colle se dissout avec la plus grande facilité dans le bain auquel on l’ajoute.
Bains sulfureux ou de Barèyes.—On fait dissoudre 2 oz, de sulfure de potasse dans un vase de terre plein d’eau bouillante; on verse ce mélange dans le bain préparé à la chaleur ordinaire. On agite l’eau ; on ajoute 14 oz. d'acide hydrochlorique, et on agite de nouveau.
Comme le sulfure affecte les métaux, il faut que la baignoire soit en bois ou en faïence.
Bain de pieds ordinuire. — L'eau d'un bain de pieds doit avoir une température de 35° à 50° Réaumur, c'est-à-dire aussi chaud qu’on peut l’endurer. La durée de ce bain doit être de 5 à 15 minutes : les pieds seuls jusqu'à la cheville doivent tremper. Essuyez bien et évitez le refroidissement.
Bain de pieds sinapisé. — On délaie + oz. de farine de moutarde dans un peu d’eau froide; on üéiaie ensuite cette bouillie dans de l’eau tiède, (l’eau bouillante neutralise l’action de la moutarde). On y plonge les pieds jusqu'au-dessus de la cheville et on ne les retire que lorsque la moutarde agit sur la peau.
Buin de pieds à la cendre.—On verse de l'eau dans un chaudron et on ajoute deux à trois pintes de cendres de bois ; on laisse faire quelques bouilions, et on verse l’eau et la cendre dans le vase qui doit servir à prendre le bain
de pieds ; l’eau doit être aussi chaude que possible, On laisse les pieds plongés 15 à 20 minutes.
Bain de pieds au sel.—Ajoutez + ou & livre de sel de cuisine,
Purgatifs, laxatifs.
On appelle purgatif toute substance dont l'effet constant est de provoquer des évacuations intestinales, comme l'huile de ricin (castor) le calomel, le sel d'Epsom, le sené, etc.
Les laxatifs sont des purgatifs très doux : comme le petit lait, le miel, les pruneaux, le brou de noix, le tamarin, la manne, etc.
On administre les purgatifs en tisanes, en potions, en teintures, en tablettes, en pilules ou en lavements.
Il y a un grand nombre de pilules ; les plus estimées sont les pilules végétales des sœurs de la Providence. Ces pilules se prennent en mangeant, n'exigent aucune diète, n’empêchent pas de vaquer à ses affaires et ne donnent aucun malaise.
Cataplasmes.
Un cataplasme n’est effectif que quand il est bien fait. C'est une sorte de bouillie qu’on fait et qu’on applique presque toujours chaude sur la peau. On le met entre deux linges d’un tissu peu serré, plus grand que la partie à recouvrir.
On fait des cataplasmes de bien des substances; mais les plus ordinaires sont à la farine de lin, de mie de pain, de fénugrec, d'amidon.
Pour faire un cataplasme de farine de lin ou de mie de pain, on met dans un vase une quantité de farine propor-
DE L'ÉCONOMIE DOMESTIQUE sl
tionnée ; on verse la quantité d'eau bouillante nécessaire pour amener la substance en une bouillie claire, et l'on remue rapidement jusqu'à ce que la matière ait pris une consistance convenable,
Quelques substances, comme le fénugrec et l'amidon se délaient à l’eau froide. Le cataplasme doit être généralement posé tiède, on le recouvre d'un taffetas ciré ou de caoutchouc où d’une feuille de chou pour garder la chaleur, On le renouvelle au moyen d'un autre qu'on prépare d'avance, en ayant soin d'’essuyer ce que le précédent a céposé,.
La feuille de chou constitue un cataplasme rafraîchissant, et est employée avec succès dans les hôpitaux de Paris pour les plaies gangreneuses,.
Sinapismes.
Le sinapisme est un cataplasme excitant, généralement fait à base de moutarde que l’on délaie à l’eau froide, on en met une couche mince sur un linge et on applique. Il faut bien essuyer quand il est ôté.
Des maladies qui exigent des soins immédiats en attendant le médecin,
Le croup se contracte par un refroidissement subit, comme quand les enfants sont couchés près d'un châssis ou s'exposent à un courant d'air.
On le reconnaît à la toux qui ressemble à un aboiement, la voix devient rauque et de violents maux de tête se font quelquefois sentir.
Faites boire de l’eau citronnée et badigeonnez au jus de citron le fond de la gorge. Mettez une brique ou une
bouteille d’eau chaude aux pieds,
On peut encore appliquer sur la gorge un linge trempé dans un liquide très froid, moitié eau et moitié vinaigre application que l'on répète tous les trois quarts d'heure,
Les convulsions disparaissent en plongeant les pieds dans un bain très chaud contenant une poignée de sel et du vinaigre, puis on met l'enfant au lit et on lui met des cataplasmes aux pieds. Une grande précaution à prendre est de défaire tous les liens qui pourraient gêner les mouvements respiratoires.
La syncope exige qu'on dénoue tous les vêtements, qu'on mette le malade à l'air; on lui jette quelques gouttes d’eau froide au visage ; on lave les tempes et la paume des mains avec du vinaigre ; on fait respirer de l'ammoniaque.
Asphyxie par suhmersion ou par strangulation. Placez le sujet sur le côté, écartez les mâchoires, afin de faire sortir l’eau et les mucosités, et maintenez la bouche ouverte ; couchez-le ensuite sur le dos, la tête un peu élevée ; frictionnez éncrgiquement le corps et les membres et insufllez, avec votre bouche, de l’air dans les poumons. Quand la vie reparaît, ce qui peut prendre des heures, on donne à boire, par petites gorgées, du vin ou de l'eau contenant de l’eau-de-vie.
Fracture.—On constate la fracture d’un membre en exerçant une pression douce au niveau de la partie blessée ; s’il y a fracture, les deux extrémités osseuses frotteront l’une contre l’autre.
Tout ce qu'il y a à faire est de transporter le blessé avec précaution sur une planche, et lui faire garder une immobilité absolue, en attendant l’arrivée du chirurgien.
Entorse.—Placer au plus tôt le membre à nu dans de l'eau froide, qu'on renouvelle chaque fois qu’elle com-
mence à s'échauffer,. On recouvre la partie luxée de compresses de saumure froide, et l'on serre fortement avec une bande de toile. Le repos le plus absolu est nécessaire pendant quelques jours.
Si la douleur et le gonflement ne diminuent pas rapidement, il faut appeler le médecin,
Brûlures.— Elles doivent être au plus tôt soustraites au contact de l'air. On peut employer pour cette fin de la pâte délayée claire, de la glycérine ou de la vaseline. Si la brûlure n'est pas grave, on ôte immédiatement la cuisson en l’approchant du feu. L’arnica est un excellent topique.
Congélation.— Frottez la partie gelée avec de la neige, avec de la glace ou de l’eau bien froide dans une chambre sans feu qu'on réchauffe graduellement. Si la gangrène s’en suit il faut appeler un médecin.
Ecorchures et brûlures. —On lave la plaie avec soin pour en faire sortir toutes saletés ; on rapproche les bords, puis on les entoure de bandages phéniqués, boriqués ou imbibés d’arnica, que l'on maintient humides jusqu'à guérison complète.
Si l’on à négligé de panser les plaies il faut un onguert qui nettoie, ou bien de la gomme de sapin ou, mieux, de l’'onguent des sœurs de la Providence dit, ‘ Onguent de (enièvre ” qui nettoie et cicatrise.
Si la coupure a atteint une artère faites vite appeler le médecin et en attendant liez fortement le membre,
Empoisonnement.
Faites appeler tout de suite un médecin, mais en at tendant provoquez le vomissement par n'importe quel moyen, surtout en faisant boire de l'eau tiède e! chatouillant la luette.
Ensuite il faut donner les soins selon le genre du poison.
Suivent les principaux cas d'empoisonnement et le remède et les soins qu'ils exigent en sus du vomissement :
Acides.—Faites prendre magnésie à volonté, eau de savon, eau de chaux, bicarbonate de soude ou de potasse, 24 grains dans à litre d'eau. Soins: lait, gruau, tisane de graines de lin, d'orge.
Acide carbolique.—Soins : Grand air, maintenir lu tête élevée, chaleur aux extrémités, frictions, stimulants, respirer de l’ammoniaque, aspersion d’eau froide sur la tête et la poitrine, respiration artificielle.
Acide prussique. —Magnésie, Faire respirer du chlore ou de l’ammoniaque.—Soins : Bain chaud, en même temps eau froide sur la tête. Frictions. Respiration artificielle,
Alun.—Soins : Boisson mucilagineuse, huileuse, albumineuse en abondance. Lait.
Antypirine.—Soins : Stimulants, boisson alcoolique, café, chaleur aux extrémités, sinapisme, frictions.
Arnica.—Décoction d'écorces de chêne. Faire respirer de l'éther.
Arsénic.—Faire vomir abondamment au moyen d’eau chaude ou salée, magnésie calcinée, huile ou parties égales d'eau de chaux et huile à doses répétées, stimulants. Boissons émollientes,.
Belladone. — Lavements purgatifs ; stimulants, café fort, chaleur aux extrémités.—Sinapismes aux jambes.
Benzine.— Stimulants. — Douches chaudes et froides alternées. Respiration artificielle,
Caféine. — Stüimulants. Frictions, Chaleur aux extrémités.
Camphre.— Stimulants, pas de liquides spiritueux. Inhalations d’éther, Frictions, Douches chaudes et froides alternces, Chaleur aux extrémités,
Cantharides.—Purgatif doux, mais pas huileux, boissons émollientes, pas d'huile, — Bains chauds, cataplasmes sur le ventre,
Chain pignons.—Stimulants, éther étendu d'eau, Cataplasmes. Chaleur aux extrémités.
Chlore.—Grand air. Inhalation de vapeur d'eau ou d’'ammoniaque.
Chloroforme.—10. Inhalation. Pas de vomitif. Tirer et repousser la langue pour rétablir la respiration. Respiration artificielle. Grand air. Flageller le patient et incliner la tête en bas.
20. Ingestion. Vomitif. Large administration d’eau alcaline, Lavement de café. Combattre l’asphyxie comme dans les cas d’inhalation.
Ciguë.—Infusion de café, thé, quinquina, écorce de chêne. Stimulants. Chaleur aux extrémités. Respiration artificielle.
Cuivre. (Vert de gris.)—Favoriser les vomissements par boissons émollientes. Lavements émoilients. Eau albumineuse, Lait. Cataplasme sur le ventre.
Ether.—kRétablir la circulation et respiration, [Inhalation de chloroforme.
Iode.—Eau amidonnée, colle de farine, eau panée, magnésie calcinée. Boissons émollientes.
Morphine, opium.—-Décoction astringente. Café ou thé fort par la bouche et en lavement.
Laudanuim.—Pas de vomitif, stimulants, frictions. KRéveiller le malade. Position debout. Inhalation d'amimoniaque. Respiration artificielle.
Oxalate de potasse.—(Sel d’'oseille.)—-Émétique. Boissons émollientes.
Phénol (Acide phénique).—Eau savonneuse en abondance. Eau albumineuse. Huile d'olive 33 gr. mélangée de 5 gr. huile de ricin.
Plosphore (Aïllumettes chimiques). — Eau albumineuse, eau de chaux, lait.
Plomb.—Eau albumineuse. Lait. Cataplasmes.
(Quinine.—Chaleur. Sinapismes. Frictions. Stimulants, Boissons alcooliques.
Strichnine.—Décoctions astringentes : café ou thé fort ; faire vomir denouveau. Faire respirer éther, ammoniaque. Respiration artificielle.
Sublimé (Mercure).— Eau albumineuse mélangée de farine. Faire vomir de nouveau, Boissons émollientes. Stimulants.
Tabac. — Décoctions astringentes ; écorce de chêne, roses de prairies. Café fort. Posit'n couchée. Frictions. Chaleur aux extrémités.
Térébenthine.—Purgatif salin. Boissons émollientes.
Zinc. — Eau albumineuse. Faire vomir de nouveau. Purgatif huileux. Cataplasmes sur le ventre.
Morsure d’un serpent ou d’un chien enragé.
Outre le lavage immédiat à l'eau phéniquée, on met une ligature au-dessus et au-dessous de la plaie; on y applique les ventouses, ou on plonge immédiatement un fer chauffé à blanc.
La piqûre d’un insecte vénimeux peut se combattre, au moins provisoirement, par un bain local de vapeur dont l’action est résolutive et éliminatoire; on peut y
ajouter de l’acide carbolique ; la terre, l'argile a un effet immédiat pour ôter l'inflammation.
Saignement de nez.
Tenir les bras élevés, serrer le nez, le tamponner surtout avec du fil d’araignée ; priser de l’alun calciné; mettre de la glace sur les tempes. Dans les grands saignements de nez on aspire par le nez de la décoction de prèle, à plusieurs reprises. Elle a une action astringente prompte.
Crampes.
Frictions alcooliques ou camphrées. (Comprimez le membre affecté.
Si c'est dans l'estomac faites prendre de l'éther, de l'essence de pepperment, des boissons alcooliques, du parégorique.
Hernie.
Pour toute espèce de hernie il faut avoir recours au médecin ; mais quand ele est étranglée il faut des soins immédiats qui consistent à entrer la viscère à sa place en se couchant sur le dos ou sur le côté opposé au déplacement, exerçant une pression en relevant les intestins en haut de la rupture.
Les bains chauds ont pour effet de détendre les parois qui pressent les viscères et les applications locales froides ont pour effet de faire rétracter les viscères.
Diphtérie.
Cette maladie requiert des soins immédiats. Ce qui la distingue particulièrement c’est la production de fausses membranes ou de dépôts couenneux au fond du gosier.
Au plus tôt il faut résoudre les substances morbides accumulées et agir sur toute l’économie. Le malade se gargarise avec une tisane de prèle, ou de l'eau vinaigrée ou du jus de citron, et on lui soufle de l’alun calciné au moyen d'un tube, Versez de la thérébentine sur les oreillers, faites aspirer des vapeurs aqueuses ou ammoniacales, Un émétique favorise l'expulsion des fausses membranes. Faites appeler le médecin.
Maladies ordinaires qu'on peut soigner soi-même.
Bronchites. — C'est une inflammation affectant les membranes qui tapissent les bronches. Elle commence ordinairement par un rhume de cerveau. De là l’inflammation descend dans la gorge et le larynx jusqu'aux tubes bronchiques.
On peut couper court à un rhume de cerveau, en prenant un bain de pieds chaud et dix grains de poudre de Dover, en se couchant, ou bien une tasse de tilleul, ou de baume bien chaud. Un bon laxatif salin tel que l’extrait de magnésie a un bon effet. Quand la poitrine est affectée on applique un emplâtre de moutarde sur le sternum. Prenez toutes les deux heures, une demie cuillerée de sirop de tolu, Ives syrup, ou un composé de tartre émétique, 2 grains ; sirop d'écorce de cerisier sauvage, 3 onces, eau 3 onces,. Beaucoup de bons sirops sont en vente chez les pharmaciens, Un excellent préservatif du rhume de cerveau est de se laver la tête tous les jours à l’eau froide. Il faut bien assécher. Voir ‘“ Industries Domestiques ”.
Coliques—Il y a plusieurs sortes de coliques, mais la plus ordinaire est la flatulente qui provient de l’accumulation du gaz dans les intestins.
Si l'attaque est légère il suffira de placer des linges
chauds ou un léger cataplasme de moutarde sur la région de l’abdomen, et de faire prendre un peu de gingembre ou un peu d'eau-de-vie, de gin ou de whisky. On peut faire des frictions avec de l'alcool ou de l'huile camphrée, et prendre un laxatif.
Il y a la colique bilieuse, la colique de plomb, etc,
On peut employer à peu près dans tous les cas certains moyens qui, s'ils ne guérissent pas, soulagent le malade : ces remèdes sont l'application répétée de serviettes très chaudes sur le ventre et sur les reins; des boissons chaudes, comme l’infusion de fleurs de tilleul, de menthe poivrée ou de feuilles d'oranger, quelques gouttes d'éther sur du sucre ; des graines de frêne piquant. Enfin, il est important de tenir les pieds chauds.
Constipation—Ce malaise se combat ordinairement par des lavements d’eau tiède; dans le cas où elle persiste et devient permanente, on réussit presque toujours à la faire cesser en faisant usage de pain de son. La graine de lin est aussi excellente. Certaines eaux minérales ont un bon effet, Je recommande particulièrement les pilules végétales des sœurs de la Providence.
Contusion.—C'est une lésion produite par un choc sans que la peau soit entamée, On peut immédiatement plonger le membre meurtri dans l'eau froide, ou le couvrir d'une compresse d’eau salée qu'on maintient humide, Une application de teinture d’arnica ou d'alcool camphrée a un bon effet. Il devient quelquefois nécessaire d'appeler le médecin pour appliquer les sangsues.
Coqueluche.—Dansles premiers temps, il faut se borner à modérer beaucoup la nourriture de l'enfant. Lorsque les quintes deviennent violentes on peut administrer le matin une petite cueillerée de sirop de belladone ou d'ipecacuanhba.
On peut aussi faire développér quelques boutons sur la poitrine en frictionnant avec de la pommade stibiée ou de la térébenthine. Le changement d'air est très recommandé. La belladone et l’opium sont excellents, mais il faut consulter le médecin pour les administrer.
Cors aux pieds.—Le principal moyen de ne pas en avoir c'est d’avoir de larges et longues chaussures, bien fixées sur le cou-de-pied, et quand on a contracté cette incommode excroissance, le plus court moyen de s’en débarrasser est l'extirpation, sans faire saigner, ce qui s'opère assez facilement à l'aide du petit couteau à lame étroite. On gratte avec patience le cor pour l'enlever par parcelles, après avoir fait tremper le pied dans de l’eau bien savonneuse à une douce chaleur; une couche de teinture d'iode plusieurs fois appliquée en prévient le
retour.
L'application, une fois chaque soir durant six jours, de collodion salycilé, est souveraine. Après le sixième jour, prendre un bain de pieds dans de l’eau un peu plus que tiède, + d'heure. Les cors s'enlèvent jusqu’à la racine, et sans douleur.
Coup de soleil.—Cet accident doit être combattu, en attendant l’arrivée du médecin, s’il est considérable, par des boissons rafraîchissantes et acidulées, telles que limonades, eau vinaigrée, et par des applications d’eau froide sur la partie atteinte.
Coupure. — Aussitôt qu'une coupure est faite il faut en nettoyer les bords et chercher à rapprocher les chairs en les bandant. On peut maintenir les chairs par des bandelettes de taffetas d'Angleterre, de la toile gélatinée ou du diachylon, en laissant entre elles une espace pour laisser passer l'écoulement des sérosités, et l'on recouvre
le pansement légèrement pour empêcher le contact de l'air.
Si une coupure dont les lèvres ont été rapprochées par des bandelettes devient enflammée il est prudent de renoncer à la réunion, d'enlever les bandelettes au moyen de lotion tiède et d’avoir recours aux émollients et surtout aux lotions d’eau pure et un peu tiède, Quelquefois on est obligé d'employer un onguent attirant : savon et sucre, gomme de sapin, etc.
Lorsqu'on constate dans la plaie la présence d’un corps étranger il faut l’extraire, ce qui peut se faire souvent en lavant la plaie à grande eau un peu tiède,
Crachement de sang.—1] faut tout de suite obtenir du malade le silence et la plus grande immobilité possible. On lui fait boire un peu d'eau sucrée froide, on lui applique des sinapismes aux pieds et on a recours au médecin.
Crampes d'estomac.—ÆEther en capsules, 1 à 4 à 10 minutes d'intervalle, on respire par le nez de l’éther liquide.
Dents (Mal de).—L'emploi de la créosote réussit souvent. Un morceau de citron imbibé de chloroforme et placé dans la dent cariée calme instantanément la douleur,
L'alcool camphré a, à peu près, le même effet que la créosote.
L'application de serviettes trempées dans l’eau chaude apporte un grand soulagement, ainsi qu'un linge chaud at. pieds.
Diarrhée.—Si c'est un dévoiement où se manifestent des glaires et même du sang, on peut l'arrêter tout de suite avec une poudre de Dover, mais il faut ensuite chasser les humeurs qui causent l’irritation par un laxatif : ricin ou
séné, etc., et s'abstenir de tout irritant, même de manger de la viande, du lait cru, des alcools. On prend des boissons adoucissantes et astringentes ; l’eau de riz, la tisane de renouée.
Si c'est une simple diarrhée on peut la combattre avec du sous-nitrate de bismuth, du vin chaud avec de la canelle.
Dyssenterie.—C'est une maladie grave caractérisée par une douleur vive et des selles sanguinolentes,
Il faut borner l'alimentation à quelques cuillerées de légumes farineux, faire boire de l’eau de riz, et administrer deux fois par jour un demi-lavement composé d’une décoction d’une demi-tête de pavot blanc dans laquelle on délaie assez d'amidon pour qu'il forme une espèce de bouillie très claire. On peut le rendre plus
efficace en y ajoutant 7 ou 8 gouttes de laudanum et en le gardant le plus longtemps possible,
Des bains généraux ou des bains de siège, sont aussi salutaires en évitant le froid, et mettant le malade au lit aussitôt que possible.
Eczéma.—TVe célèbre Bretonneau, médecin à Tours, prône un remède infaillible contre cette teigne ou dartres laiteuses. Il faut laver l’eczéma avec de l’eau de fraise de veau, qu'on obtient en faisant cuire dans trois ou quatre litres d’eau sans sel, On lave l’eczéma matin et soir avec cette eau, aussi chaude que possible, à l’aide d'une éponge ou d’un tampon de linge doux. On prolonge les lotions pendant une demi-heure, si c’est possible, puis on essuie soigneusement avec un linge doux. Au bout de quatre jours on commence à obtenir de l'amélioration : après huit ou quinze jours de traitement, au plus, le mal est radicalement guéri.
On peut aussi le traiter de la manière suivante : on incorpore 36 grains d'oxide de zinc dans 1 once d’axonge ; on en frotte légèrement, tous les soirs, les parties malades, que l’on soupoudre ensuite avec de la poudre d’amidon ou de riz. Le matin on lave l'eczéma avec de l'eau de savon.
On vante aussi l'onguent dit “ Pommade Merveilleuse ” de Esmonet.
Cazin recommande beaucoup une tisane de fleurs de violette, qui a pour effet de faire sortir tout le mal pendant neuf jours et les croûtes sèchent ensuite.
Engelures et Gerçures.—Ælles sont généralement causées par la négligence de s’essuyer suffisamment les mains quand on les a mouillées. Mettez tremper les mains dans de l’eau de son, uprès quoi frottez-les de graisse d'oie ou de pommade camphrée.
Voici une pommade indiquée par madame Millet Robinet :
Oire vierge . ss scesoseserces D RTOS.
Blanc de baleine... D ‘
Savon DIANG...ssssssscsséssscssces D €
Huile d'amandes douces... 10 Vaseline ou axonge(saindoux). 14 oz.
BOOM cessera 1 ET0S
Baume du Pérou... homer der HAUsssssssssisesssssssssoseessssss L'pôtite cuillerée
Etourdissement. — Après la digestion faite, plongezvous les pieds dans de l’eau très chaude, à laquelle vous ajoutez 4 oz. de farine de moutarde délayée à froid ; laissez-les-y jusqu'à picotement. On peut remplacer ces bains par des sinapismes répétés aux pieds et aux jambes.
Il faut ob-erver une diète sévère et dégager le ventre au moyen d'un lavement, auquel on peut ajouter une cuillerée de sel ; on peut placer sur la tête du malade des compresses d'eau froide souvent renouvelées,
Lorsqu'on est sujet à ces étourdissements il faut au premier indice un léger purgatif d’une once de sel d’Epsom fondu dans trois verres d'eau que l'on prend à demiheure de distance.
Evanouissement.—1 faut d'abord dénouer tous les liens puis se coucher horizontalement, renouveler l'air, jeter quelques gouttes d’eau à la figure, frapper légèrement la paume des mains , faire respirer des sels, de l’eau camphrée ou vinaigrée ; les frictions sur les jambes, les cuisses et les bras ont un bon effet; mais le meilleur moyen est la position horizontale, les bras levés.
Si l'évanouissement est dû à une commotion, il faut ajouter un bain de pieds, très chaud, pendant cinq minutes,.
Fièvre. —Dans une fièvre ordinaire, la diète et le repos sont le premier traitement, boire de l’eau légèrement sucrée, tiède ou du moins dégourdie.
Lorsqu'il se manifeste une grande douleur, avec chaleur brûlante à la tête, on peut donner un bain de pieds jusqu'au-dessus de la cheville, avec de l’eau très chaude, aguisée, si l’on veut, à l’aide de 8 oz. de sel de cuisine, ou de deux pelletées de cendre de bois qu’on fait bouillir avant d'y plonger les pieds. Ce bain qu'on renouvelle au bout de trois ou quatre heures, ne doit pas dépasser quinze minutes. Après ce bain on tient les pieds chauds. La tisane chaude de baume des jardins provoque la transpiration. Si le ventre est embarrassé administrez un lavement.
S'il y a des spasmes ou des vomissements donnez de l'eau sucrée à laquelle vous ajoutez une ou deux cuillerées de fleurs d'oranger, Une plante d'eucalyptus dans la chambre du malade puritie l'air et prévient la fièvre. Voyez les qualités de cette plante au titre ‘“ Industries Domestiques.”
Furoncles, clous. — Ils dénotent souvent un vice du sang. Il faut consulter le médecin sur les purgatifs ou les dépuratifs à prendre.
On peut faire avorter un furoncle naissant au moyen de teinture d'iode, d'onguent Canet ou en touchant le point le plus élevé de l'enflure avec une goutte d'acide chlorhy-drique étendue de quatre gouttes d'eau, Si le mal n'avorte pas, on y applique soit un oignon blanc ou un oignon de lis cuit sous la cendre, soit un cataplasme émollient de farine de lin, de mie de pain bouillie dans du lait, ou de feuilles de guimauve verte, hachées et assez cuites dans l’eau pour former une purée, et mieux de la poudre de fénugrec (trigonelle). Lorsque le furoncle commence à blanchir, couvrez-le d'un onguent attirant, diachylon, onguent de Genièvre des sœurs de la Providence, ou de savon et de sucre; lorsqu'il est percé, on continue l'usage de l’onguent jusqu'à ce que le germe soit sorti. On lave à l’eau tiède et on applique de la pommade camphrée ou boriquée. Si plusieurs furoncles se développent à la fois il faut des bains tièdes aux “eurs de foin ou de prèle prolongés pendant longtemps. Observer la diète et tenir les intestins libres, car ces clous indiquent un besoin de purgation.
Gorge (Maux de).—Si la douleur n’est pas aiguë et qu'il n’y ait aucun indice de croup ou de diphtérie (qui se distingue surtout par des plaques au fond de la gorge,) il
faut d'abord garnir le cou d'une flanelle imbibée d'eau vinaigrée, prendre des bains de pieds chauds auquel on ajoute de la cendre ou du sel de cuisine; on gurgurise avec de l'eau dans laquelle on dissout de l'alun culciné, (6 à 8 grains par verre) tenir le ventre très libre, Diète,
Si la voix prend un ton étrange, il faut examiner les amygdales, le voile du palais, la luette, et, à la moindre apparence de taches grises, jaunes ou blanchâtres, souftler dessus de l'alun calciné, ou gargariser avec du jus de citron et appeler un médecin.
Quand l'oppression se fait sentir, appelez le médecin. Un vomitif peut s'administrer en attendant : ipécacuanha, 18 grains pour les adultes, de 4 à 10 grains pour enfants, délayé dans un peu d’eau tiède ou de sirop et pris en trois fois, à une demi-heure d'intervalle.
Le gonflement des glandes sous la mâchoire exige des cataplasmes,
La Grippe—Maladie dont le siège est dans la gorge, les bronches et les fosses nasales, et qui paraît ordinairement à l'automne et au printemps, cause la fièvre, une courbature, fait tousser, moucher. Il faut observer la diète, garder la chambre à température constante, mais pas très chaude, prendre des boissons sudorifiques et chaudes, comme les infusions de mauve, de tilleul, de violette, de gomme ou d'érable.
Indigestion.—Lorsqu'une indigestion cause des vomissements il faut les favoriser en donnant de l'eau tiède, On provoque l'évacuation des intestins par un lavement. Un cataplasme de graine de lin sur l'estomac et le haut du ventre favorise la digestion. Une petite cuillerée de sel de cuisine détourne une indigestion.
Insomnie— En cas d'insomnie, des bains de pieds, un
peu d'exercice, une diète modérée, sont de bons moyens de faire revenir le sommeil,
L'abbé Kneipp recommande le bain de vapeur à la tête, et aux pieds, Ou bien de se couvrir du manteau espagnol, qui consiste à s'envelopper tout le corps de toile trempée dans l’eau froide et de bien s'envelopper de couvertures, ou bien de se laver tout le corps à l'eau froide et de se coucher sans s'essuyer et de bien s'envelopper.
Ivresse et syncope.—6 à 8 gouttes d'ammoniaque dans un verre d'eau,
Migraine—Le repos et l'obscurité sont presciits, bains de pieds sinapisés, du thé, de tilleul, compresses d'eau froide et vinaigre or d'eau sédative, diète, surtout quand la migraine est causée par un dérangement d'estomac. Si c'est nerveux, une dose de silicilate de soude (le français). Le vomissement soulage,
Verfs (Attaques de).—Lorsqu'elles se manifestent, Gébarrasser le malade de tout vêtement serré, le coucher, lui jeter au visage de l’eau froide, en petite quantité, lui faire respirer de l’éther, et même lui en faire avaler quelques gouttes dans une cuillerée d’eau sucrée, ou seulement une petite cuillerée d'eau sucrée, ou une petite cuillerée de valériane dans un peu d’eau sucrée.—On le tient couché la tête haute et découverte,
Oreille (Douleur d').—Introduire dans l'oreille un morceau de ouate imbibée de laudanuin ou injecter une décoction de pavot Fl:ne, de lait chaud, ou une fumigation émolliente. Le eux, c’est de laisser couler 4 ou 5 gouttes de glycerine dans l'oreille malade.
Si le mal est dû à un abcès, on peut appliquer en outre un cataplasme de farine de lin ou de mie de pain délayéo
avec une décoction de pavot blanc. Il faut alors que l’abcès perce et que la suppuration s'établisse.
Palpitation du cœur.—Lorsque les palpitations ne sont pas habituelles, il faut, à l’aide d’un spiritueux, frictionner le malade aux articulations, lui mettre les pieds dans l’eau très chaude et les y laisser une demi-heure.
Panuaris.— Aussitôt que se fait sentir une inflammation à l'extrémité des doigts, on peut craindre un mal blanc ou un panaris. On peut détourner ce mal en peinturant la partie affectée avec de la teinture d’iode, ou en enveloppant le doigt avec de la colle dans laquelle on mélange du saindoux. Si le mal continue, mettre des cataplasmes émollients et faire tremper le doigt pendant quelques heures tous les jours dans de l'eau tiède. Aussitôt que la peau est devenue très blanche, la percer et mettre de l’'onguent de Genièvre, des sœurs de la Providence, ou du cérat. Si l’ampoule n'aboutit pas assez tôt, il faut appeler un chirurgien pour lancer jusqu'à l'os et ensuita continuer les cataplasme jusqu'à cessation de l'écoulement,
Point de côté.—Il peut être l'indice d'une pleurésie et alors appelez tout de suite un médecin. Un cataplasme de graine de lin bien chaud qu'on renouvelle souvent sufiit pour éloigner la douleur. Une mouche de moutarde à presque toujours bon effet,
Rein (Tour de) Lumbago.—Frictionner fortement de six heures en six heures, avec de l'alcool camphré, de la teinture d’arnica ; des bains, matin et soir, Ou bien on se serre fortement les reins avec une serviette trempe dans l'eau froide. Le massage pratiqué pendant dix minutes et avec une énergie croissante est souvent suivi d’une guérison instantanée,
Rhumatisme.—On le dompte souvent, avec une couche
souvent répétée de teinture d'iode ; les frictions de baume opodeldoch sur la partie malade qu’on recouvre ensuite de flanelle apportent du soulagement. Une couche de collodion que l’on applique au moyen de pinceau soulage quelquefois, ainsi que l'application d’un morceau de papier Fayard, ou de toile de thapsia, ou d’un emplâtre du pauvre homme. Les bains de vapeur sont très effectifs.
Il est souvent nécessaire de suivre un traitement interne, Les remèdes à base d’iode sont ce qu'il y a de mieux. La limonade de citron est effective. Le salicilate de soude est un spécifique. On le prend en poudre, à la dose de dix grains dans un peu d'eau, toutes les deux heures jusqu'à extinction des douleurs. Suspendez quelque temps si les oreilles bourdonnent. Il faut choisir le salicilate français.
Dans les rhumatismes chroniques il faut consulter un médecin pour suivre un traitement,
Quand il est local le rhumatisme se combat victorieusement en appliquant sur la partie endolorie une compresse d’eau bien froide.
Vertus et qualités d’une garde-malade.
Dans un petit traité d'hygiène par C. $S., Directrice d'une école ménagère de Belgique, je trouve les excellents conseils suivants :
Pour remplir dignement la mission qui lui est confiée, il faut que la garde-malule ait es vertus snivantes :
Elle aura de la douceur dans le 4on de ‘a Voix, dans son langage, qui dsit être plein d'affection, dans ses mouvements, évitant de taire le moindre bruit, sa matin légère touchera sans appuyer. La douceur de son cœur la portera à compâtir aux souffrances du malade, à soulager ses
douleurs. Elle cherchera à combattre ses causes de tristesse en atfectant de l’approuver, et s’il a des idées noires, des angoisses, des terreurs, elle se tiendra assidue près de son ht et en approchera ce qu’elle croira pouvoir le distraire. Et si elle pouvait protiter d’un soupir ou d’une larme échappée, pour glisser adroitement dans un “œur endurci ou ulcéré une parole d'encouragement ou de consolation, une pensée pieuse sur la divine miséricorde et le prix des souffrances, quel bien ne ferait-elle pas au pauvre malade!
[1 lui faut de la patience et du dévouement pour pouvoir supporter sans se plaindre, non seulement la mauaise humeur du malade, mais même ses rebuts, ses paroles injurieuses, ses injustices, et pour savoir lui présenter un visage riant et aimable, dans les circonstances les plus tristes et les plus difficiles.
La prudence est surtout nécessaire à la garde malade, dans les cas suivants ; 10. Pour se conformer strictement aux prescriptions du médecin, aussi bien pendant la convalescence que pendant la maladie ; 20. pour observer la modestie dans les soins délicats à donner ; 30. pour les visites à laisser venir auprès du malade, les nouvelles à lui communiquer et les récits à lui faire, lesquels ne seront ni impressionnants ni prolongés ; 40. pour la discrétion à observer au sujet des secrets de famille qu'elle aurait surpris ou qu'on lui aurait confiés ; 50. pour les conversations à tenir en présence du malade, même lorsque celui-ci paraît mort ou privé de connaissance, car dans cet état de: mort apparente; 138: malades entendent quelqueois cout te qui se dit autour d'eux...
Quanc là garde-maladé ‘7erfà ‘qu'il y a danger de mort pour'le malade, elle usera de tact et de prudence pour l'amener doucement à désirer la visite d’un prêtre. Elle
disposera elle-même la chambre pour la réception des derniers sacrements.
Ameublement d'une maison.
Si je parle de l'ameublement d'une maison, c'est au point de vue économique, car il arrive souvent qu'on achète une foule de brimborions inutiles que l’économie, comme le bon sens, devrait bannir. Règle générale : qu'on achète du bon, et ce sera économiser, car les meubles bien faits durent longtemps, plaisent toujours, acquièrent du prix en vieillissant et peuvent se transmettre aux enfants. Qu'on ne se procure que le nécessaire ou l’utile selon son état. Le surplus est ridicule et ruineux.
Le salon.—Les tapis coûtent cher et sont malsains ; les parquets cirés devraient être adoptés ici comme en France. On peut facilemert faire peinturer un parques que l'on peut laver au besoin. Une ou deux couches de peinture à l'huile, d'une nuance qui se rapproche de la couleur du bois, a un bon effet,
Cependant si l'on veut se payer des tapis qu'on s'en procure de bonne qualité. Les tapis de Bruxelles sont évidemment les meilleurs. Les tapis en laine à plusieurs doubles et réversibles durent très longtemps. Le tapistry, qui imite le Bruxelles, est aussi de bon usage. Les couleurs piles sont les moins salissantes.
On y gagne à faire coudre et poser les tapis par des gens du métier, car il faut qu'ils soient bien tendus, et leur laisser un peu de jeu entre les murs du salon, car ils s'étendent toujours un peu après être posés.
Les papiers de tentures ou tapisseries sont propres et il y en a de tout pri: Un papier uni ou à petit dessin est préférable aux bigarrures qui passent vite de mode. Le papier verni coûte plus cher, mais il se nettoie.
Une cheminée dans un salon est un ventilateur, et le cadre un ornement. On y place une pendule et deux statuettes ou deux vases contenant des fleurs naturelles. Une glace qui surmonte fait un bon effet.
Si l’on fait du feu dans l’âtre, il faut un garde-feu en toile métallique, un tisonnier, une pelle à feu et des pincettes.
Les murs du salon doivent être ornés de tableaux bien faits, de belles gravures ou de photographies représentant des chefs-d'œuvre et des sujets intéressants. Ce qu'il y a de mieux sont les portraits de famille.
Ceux qui en ont les moyens devraient, à chaque fête de famille, offrir le portrait fait à l'huile ou à l’aquarelle ou au crayon, du père, de la mère et des enfants.— En quelques années on aurait ainsi une galerie qui plairait à l'œil et au cœur.
Quelques statuettes habillées représentant des sujets historiques ou symboliques, et placées sur des colonnes ou des consoles aux angles du sslon, donnent à cette pièce un air habité.
Les rideaux doivent s'ouvrir et se fermer facilement. L'été, ils doivent être d’étoffe blanche et l'hiver de calicot de couleur ou de toile perse, de cretonne, etc.
Une étagère de coin prend peu de place et permet d'y placer de petits ornements.
Il convient de mettre au milieu de l'appartement une table élégante et solide.
Le sofa doit être commode pour se reposer, ainsi que les chaises et les fauteuils Que le bois en soit bien solide, en noyer, acajou, merisier ou érable. Quant à la couverture, rien n’égale le crin pour la richesse et la durée. Les étoftes ont l'avantage d’être renouvelées facilement.
Le piano est devenu indispensable... au moins pour faire apprécier le silence, pourvu qu’on ait le moyen de se payer ce luxe. Le piano droit convient à un petit salon, le carré, sied mieux au grand. Les gazeliers ou les lampes doivent être solides et unis.
Les plantes, les fleurs sont pour un salon un ornement charmant. Il y a des vases en verre ou en grès de forme gracieuse qu'on se procure à bas prix.
En plaçant en novembre des oignons de jacinthes ou de narcisses dans des vases remplis d’eau, on obtient en janvier des fleurs ravissantes de beauté et de parfum.
Je ne saurais résister au désir de donner une liste des plantes à culture sur les fenêtres suivant leur exposition.
La fenêtre au nord.—La pervenche, la violette, le muguet, le mimulus cardinal, la némuphyle, l'hépatique, le lierre, etc.
La fenêtre au midi.—Chèvrefeuilles, jasmins, volubilis, cobéas, capucines, pois de senteur, haricots d'Espagne, etc., rosiers, reines -marguerites, balsamines, pétunias, géraniums, myrtes, orangers, chrysanthèmes, giroflées, glaïeuls, œillets, etc.
Fenêtre à l’ouest.—Azualées, pensées, résédas, anémones, lupins, ete,
Fenêtre à l’est.— Véronique d’Anderson, héliotrope du Pérou, juliennes, cactus, saxifrages, etc.
Pendant toute l'année on peut garder frais et verdoyants des lierres et autres piantes grimpantes qui se conservent et poussent dans l’eau et à l'ombre. On peut en faire grimper sur les cadres. D'autres plantes d'appartement font un superbe effet: palmiers de différentes sortes, dracæna, araucaria, fougères, cyclamens, aloës,
On peut aussi suspendre dans les fenêtres des vases en
fil de fer contenant des pots remplis de terre, dans lesquels on place des plantes grimpantes qui, faute de tuteur, retombent gracieusement autour du vase ; cactus serpentaire, crassule, fraisier de l'Inde, lobélie, pélargonium, saxifrage sarmenteuse, sidum de Siebold, lierre.
Soins à donner aux plantes généralement.—EÆEviter l'air trop sec ; arrosages fréquents, surtout quand l'appartement est chaud, maïs que l’eau s'écoule facilement ; rem poter au besoin dans des vases proportionnés ; terre légère, surtout de bruyère et terreau.
La Salle à manger doit être spacieuse, et si le plancher n’est pas ciré ou peinturé, il y faut un prélart, de couleur claire, de bonne qualité. I] faut qu'elle soit chauffée et bien aérée, uu moyen d’une cheminée ou de ventilateurs. On doit y trouver de grands placards ou buffets où l'on met la vaisselle,
Il doit y avoir un buffet avec dressoir (sideboard) pour y déposer les verreries, carafes et la vaisselle de service.
Les chaises doivent être bien solides, commodes, garnies en paille, en crin, en cuir ou en jonc.
La table doit être solide, à coulisses et à rallonges, en bois dur ou couverte d’une toile cirée. Les rideaux seront simples, en toile de perse ou en calicot blanc.
La salle à manger doit être éclairée par un luminaire suspendu au dessus de la table.
La plus grande propreté doit régner dans la salle à dîner.
Quant au service à dîner, il est inutile d'en détailler les pièces. On en trouve partout et à très bon marché en faïence, en porcelaine.
Il en est de même des services à thé
En cela comme en la coutellerie ii n’y a pour ainsi dire
point de limites. Mais, ce n'est pas dans un livre sur l'économie qu'on doit recommander tous les raffinements dont la profusion est ridicule, surtout dans certaine classe où l’on ne sait même pas se servir de la plupart des outils qui ornent la table,
Ce qu’il y a d'essentiel ce sont les assiettes, les plats, des tasses, des carafes, un huilier, un coquetier, une théière, une cafetière, un panier au pain, des couteaux, des fourchettes, des cuillers, des serviettes, des nappes.
Les chambres à coucher doivent être simples et propres. Une simple descente de lit, au lieu de tapis ; un lit de fer garni d’un sommier, ou d’une paillasse en maïs et d’un matelas, d’un oreiller de plume et des couvertures nécessaires, une armoire à glace, un bureau, deux chaises et un fauteuil, un canapé, une table de nuit, séchoir, un lavabo avec buffet ; s'il n’y a pas de cabinet de toilette, un bassin et une aiguière, une cuvette pour bains locaux, un bidet à soupape pour les eaux sales, un plat pour le savon, qui doit être bien choisi: le carbolique, le castille ete., des brosses à dents et poudre à dents. La poudre camphrée est l’une des meilleures pour les dents ; le meilleur dentifrice avec l’eau de Botot, c'est : Poudre de charbon, quinquina jaune ou royal pulvérisé, mélangés par parties égales. Serviettes de bain, éponge.
La chambre à coucher de la maîtresse, s'il n’y a pas d'oratoire, devrait toujours, dans une maison chrétienne, contenir un petit autel où se voient le crucifix, deux statuettes de la sainte Vierge et de saint Joseph, et quelques images pieuses de bon goût. Cet étalage est aussi protecteur pour le moins qu’un fer à cheval, qui est le signe de la bête dont parle l’apocalypse. C’est dans cet oratoire que doit se réunir la famille pour faire la prière en
commun ; ce sont de ces choses qui se gravent au cœur ; au milieu des orages de la vie elles apparaissent comme un rayon dans les nuages de la tempête, font ressouvenir et espérer.
Le cabinet d'étude.—Pour l'homme lettré il faut bien dans la maison un réduit où il puisse se recueillir pour étudier, écrire, etc. L'ameublement exige peu, Une table de travail spacieuse, assez haute pour ne pas fatiguer l'estomac en écrivant ; une chaise bourrée ; un tabouret pour mettre ses pieds au besoin, Un sofa dont la tête soit près de la table de travail ; une bibliothèque avec rayons pour les livres, et des armoires pour les revues, journaux, etc. On peut se fabriquer des rayons à très bon marché au moyen de planches trouées de deux trous à chaque bout, et que l’on suspend au moyen de quatre cordes passant par ces trous et se réunissant par le haut que l’on accroche à un clou. Une bibliothèque tournante, près de la table de travail, et où sont les livres dont on a besoin à chaque instant, dispense de se lever et économise du temps. Un casier par ordre alphabétique est très utile pour y placer tous les documents, lettres, ete. à leur lettre respective.
Quelques bons livres suffisent pour composer une bonne bibliothèque, dont la base doit être un bon dictionnaire encyclopédique, comme le Dictionnaire des Dictionnaires de Mgr Guérin. Il faut s'efforcer d'avoir sur tous les sujets que l’on veut étudier le meilleur livre alors paru. Qu'on fasse bien attention à la morale, car au moment où l'on y pense le moins un enfant peut jeter les yeux sur une page qui peut porter le poison dont il ne guérira jamais. Il y à tant de bons livres qu’il me serait difficile de faire un choix. Qu'on consulte au besoin des gens sages. Le
Propagateur des Bons Livres, publié par MM, Cadieux & Derome, est ce qui peut le mieux nous guider dans ce choix,
Soit dans ce cabinet d'étude, soit dans un boudoir à part, la femme doit avoir aussi sa petite bibliothèque où l'on pourra voir des livres appropriés à son sexe et à son état. Que les ouvrages religieux concernant les devoirs de la femme et des filles n’en soient pas exclus.
On doit y voir un bon journal de mode.
Un grand portefeuille à plusieurs compartiments est très utile pour y mettre le papier de différents formats, les enveloppes vont dans une boîte à divisions. L'encrier doit être large à la base, pesant et à ouverture étroite.
Quelques tableaux dans le cabinet, ainsi que quelques bustes donnent de la vie et de lu gaîté nécessaires au réveil des idées. La femme aura soin d'entretenir sur la table de travail de son mari un vase de fleurs.
Une lampe avec un abat-jour fatigue moins lu vue que la lumière ouverte.
Chainbre de couture.—[ va sans dire que la maîtresse de maison doit connaître la couture ainsi que ses filles.
On ne peut plus se passer de machines à coudre, qu'on tâchera de se procurer. Il en est qui sont perfectionnées au point que ce sont de vraies merveilles à faire de tout ; des remplis, des dentelles, des dessins, etc.
Une machine à tricoter les bas serait bien utile aux familles nombreuses.
Boîte de mercerie.—C'est une grande économie de temps surtout d'avoir à sa portée les objets qu'il faut pour coudre, confectionner, etc. Aussi une boîte à plusieurs cases est-elle indispensable, pour contenir du fil
en rouleau, en pelotte et en écheveau, de différents numéros, des cotons à coudre, à broder, à repriser, les meilleures aiguilles de différents numéros; des épingles de différentes grandeurs; de la soie à coudre et du cordonnet à faire des boutonnières ; des agrafes, des boutons ; des bobines en bois pour dévider facilement le fil ou le coton.
Une table à ouvrage avec tiroir ne saurait offrir trop de compartiments pour renfermer les ouvrages en cours d'exécution.
Un grand carton en forme de portefeuille est nécessaire pour y ranger les patrons de papier qu'on doit conserver.
Une corbeille à ouvrage garnie de poches est commode ; on y place tous les objets nécessaires au travail du moment et les petits ustensiles les plus usuels de la couture.
Un nécessaire portatif garni de ciseaux, dé, étui, etc. est bien utile.
L’armoire à ouvrage est essentielle pour y placer les vêtements qui ont besoin de réparation, les étoffes à confectionner, les retailles, etc.
La chambre de baïns est une nécessité si elle est possible, et dans tous les cas il faut dans une maison avoir une baignoire, au moins portative. La baignoire doit être en Zinc ou même en faïence. La salle de bain doit être chauffée et contenir des séchoirs, un grand panier à linge. Un petit bain d'enfant et de pied est presque indispensable. Près du buin il convient de mettre un paillasson ou natte en jonc, des serviettes, des brosses et des éponges.
La cuisine.—C'est vraiment le théâtre des exploits d’une bonne ménagère, qui s'y plaira, si elle a reçu une
éducation vraiment sensée, Car queique riche que soit une maîtresse de maison, si elle ne préside pas à sa cuisine, elle est assurée de digérer bien des choses gâtées et malpropres. Il me semble que c'est se respecter que de voir ce qu'on mange et ce que l’on fait manger aux siens.
L'appartement où se fait la cuisine, doit, autant que possible, être spacieux, aéré, clair, et de la plus grande propreté.
I doit y avoir un évier dont la partie la plus inclinée est percée d'un trou correspondant à une conduite d'eau. Il doit être surmonté d’une fontaine toujours remplie d’eau pour se laver les mains. N'oubliez pas un essuie-main et des baguettes pour étendre les torchons.
Quant au poêle ou fourneau, je ne saurais en indiquer aucun tant sont nombreux les patrons de toutes espèces et qui répondent à tous les goûts. Il faut naturellement choisir ceux qui dépensent le moins de combustible possible ; qu'il ait au moins deux fourneaux, dont l'un se chautte ardemment au moyen d'une clef qui laisse pénétrer la flamme, et dont l’autre se tient tiède comme réchaud.
Pour l'été surtout je ne saurais trop recommander le poêle à gaz qui, bien conduit, économise considérablement et exempte de bien du trouble. Il y en a maintenant qui offrent tous les avantages.
La table de cuisine doit être solide, avec tiroir pour recevoir certains ustensiles, et d’un bois facile à nettoyer ; le hêtre, par exemple. Il est utile de mettre un râtelier qu'on accroche à la muraille au-dessus de l’évier, et dans lequel on place la vaisselle qu'on vient de laver pour qu'elle égoutte dans l'évier.
Un billot fait d’un morceau de bois debout est bien commode pour couper, hacher ou mortitier les viandes,
Des planches peinturées fixées sur le mur et ornées de clous doivent avoir au moins un pied de largeur, Elles reçoivent les casserolles et autres ustensiles à manches.
Des tablettes sont placées pour recevoir les ustensiles qui ne peuvent être suspendus, Elles doivent être recouvertes en zinc pour en faciliter le nettoyage.
Les casseroles en cuivre étamé coûtent cher, mais elles durent plus longtemps et ornent mieux une cuisine, Il y en a en fer battu, en tôle vernissée et en terre,
Les marmites en fer s'oxydent par certains légumes, les marmites émaillées ou en terre n’ont pas cet inconvénient.
Un poêlon à queue ou à deux anses est indispensable pour faire cuire les grillades, les confitures, ete. Comme il est large et plat, on peut y faire frire le poisson.
Poissonnière.—I1 convient pour faire bouillir le poisson d'avoir des vaisseaux plats, généralement allongés, garnis d’un double fond percé de trous et munis à chacune des deux extrémités, de poignées à l’aide desquelles on enlève facilement le double fond intérieur avec le poisson qu'on y fait cuire.
Les chaudrons de grandeurs différentes sont en fon.e. Comme on s’en sert pour faire cuire les légumes ils sont meilleurs en cuivre étamé.
Il faut aussi un gril qu'on tient bien propre. Les grillades de bœuf et les côtelettes de mouton ne sont trouvées excellentes que cuites sur le gril. On en fabrique de circulaires dont les rayons sont concaves pour faire arriver dans une poche du centre le jus qui s'échappe de la viande.
La passoire est indispensable, et il en faut de différentes grandeurs et percées de trous plus ou moins grands, Elles peuvent être en ferblanc.
[l'est bon d'avoir plusieurs entonnoirs de ditférentes grandeurs, [l y en a en fer blanc, en gutta-percha et en verre.
Un mortier soit en marbre, en pierre ou en bois dur sert à piler les légumes, etc.
La cafetière et la théière peuvent être en ferblance, ou en poterie vernissée ou en cuivre étamé.
Le coquemar (canard) est indispensable pour faire chauffer de l'eau, cuir les œufs, ete. Il est en fonte généralement, ou en ferblanc double. On peut se servir d'une chasse panne en fer avec queue.
Assiettes, ete. Une cuisine doit être munie de plusieurs assiettes, de soupières, de plats ; ils peuvent : ‘3 en faïence, en ferblanc ou en zinc,
Les cuillers peuvent être en bois, en fer ou en étain.
Les instruments nécessaires à la préparation des viandes sont une égouine, deux couteaux dont l'un pointu, un hachoir, On se sert d'un couteau scie à dents demi cireulaires pour couper le pain.
Un hachoir composé d'une lame de forme arrondie sert à hacher Îa viande dans un bassin en bois dont le fond est aussi arrondi. On a maintenant des moulins à hacher qui coûtent peu et qui sont commodes pour hacher les viandes.
Il faut pour nettoyer les couteaux de la brique appelée tripoli,
Le moulin à café et à poivre permet d'acheter le café et le poivre en grain et de l'avoir ainsi pur et sans mélange,
Le rouleau à pâtisserie est utile à la cuisinière qui fait elle-même ses pâtisseries.
[ doit y avoir des boîtes fermées, ou de petites boîtesen ferblanc, ou en bois pour les épices, le sel, la farine, le riz, etc.
Les terrines et les vlats de différentes grandeurs sont indispensables, soit plats, soit creux, soit en ferblanc ou en zinc.
On fabrique maintenant des plats à fond mobiles qui sont très commodes pour cuire les Savoies, les tartes, et. en ce qu’on peut tirer les gâteaux sans les briser, en soulevant le fond qui est appuyé sur un rebord intérieur sans y être soudé.
I ne faut pas oublier les balais, les plumeaux, les brosses, les cruches, la pelle à charbon, les pincettes, les poignées.
Les balances sont nécessaires, ainsi qu'une horloge et un thermomètre.
Voilà ce qui me paraît essentiel ; mais on peut certes s'en payer beaucoup plus, comme brûloir a café, bouilloire à lait, planches à couteaux, vide-pommes, appareils en chaînes pour laver les chaudrons, etc. Voyez au titre “ Industries domestiques ” la description d’une casserole à la minute.
Je ne saurais trop recommander ce que prescrit Mlle Céline Fleuriot dans son livre, “ Le jardin des Dames :” c'est d'avoir dans la cuisine une persillière, qui consiste en un seau, une tinette, une cuve, un vase quelconque percé de nombreux trous régulièrement disposés et placés à distance égale les uns des autres,
“ Pour établir votre persillière, dit-elle, vous disposez d’abord au fond de ce récipient une couche de terre dont
la surface arrive au niveau des premiers trous ; puis prenant des plants de persil de l’année, vous choisirez les plus vigoureux, vous les introduirez dans la persillière de telle sorte que leur racine soit enfoncée dans le sol tandis que leur tige, passant par le trou, vient saillir au dehors,
“ Lorsque vous aurez ainsi garni tous les trous de la rangée inférieure, vous recouvrirez les racines au moyen d'une seconde couche de terre dont la surface viendra se mettre au niveau de la seconde rangée de trous ; vous opèrerez comme je vous l'ai dit ci-dessus et ainsi de suite jusqu'à ce que la persillière soit remplie de terre et que tous ses trous soient garnis des plants de persil. Pour dissimuler l'ouverture supérieure, vous y placerez également quelques pieds de persil dont le feuillage ne tardera pas à couvrir l'étendue,
“ L'établissement d’une persillière à si bon marché a l'avantage, outre d'être un ornement, de disposer, quand vous le voulez, de ce délicieux assuisonnement.
‘ Pour arroser ‘otre persillière il vous suffira de verser quelques gouttes d'eau par l'ouverture de la partie supérieure.”
Un autre moyen d'avoir des herbes vertes en toutes saisons et à sa portée est de prendre une bouteille que l'on hubille de grosse flanelle, où mieux de ouate. On la remplit d’eau tiède jusqu’à ce qu’elle renverse, de manière à humecter la flanelle dans toute son étendue ; on la saupoudre de graines de cresson. On Îla tient humide en ajoutant de l’eau par le même procédé, Au bout de quelques jours, cette bouteille mise à la chaleur va se couvrir de cresson que vous tondez au besoin et qui repousse
continuellement.
Le même procédé peut être adopté pour toutes espèces de graines fines de plantes potagères ; ce vase doit être placé auprès d’une fenêtre pour que le jour favorise la croissance du persil, et comme vous ne pouvez pas lui donner du jour de tous côtés en même temps, vous le retournerez au moins une fois par semaine, pour que tous les plants profitent chacun à son tour des bénéfices de la lumière du jour.
Le cerfeuil, la sarriette, et d'autres plantes domestiques peuvent se cultiver de la même manière dans la cuisine.
Choses utiles.—Boîte à compartiments pour recevoir toutes les ferrailles : contenant clous, pointes, vis, vieux fers, etc.
Ciseaux, gouges, colle forte, enclume, emporte-pièce, équerre graduée, étau, hache, alêne, couteaux, hachereau, maillet, marteau, mèches, papier sablé, pinceaux, rabots, scies, tenailles, varlope, vilebrequin, vrilles, fer à étamer, un établi, un chevalet, une clé anglaise (wrenchi.
Tout maître de maison industrieux devrait être capable de faire lui-même les réparations journalières, réparer les ferblanteries, les appareils de gaz, raccommoder les souliers, les attelages, poser des clous, percer nn trou, scier une planche, la varloper, etc., etc.
Aussi doit-il avoir constamment chez lui du bois bien sec, de la peinture, du plomb, de l'esprit de sel, du vernis, ete.
La cave à provisions est à côté de la cuisine. I] ne doit pas y geler, mais il faut qu’elle soit fraîche sans être humide. La fenêtre doit être garnie d'un treillage en gros fil de fer, recouvert d’une toile métallique pour éviter l'introduction, même des mouches. Le sol doit être cimenté ou briqueté. Cette cave est munie de tablettes,
de crochets au plafond et de compartiments sur le sol, ou bien doit contenir des barils à jour pour y recevoir les légumes. Dans la cave est un garde-manger, sorte d’armoire grillée, avec plusieurs tablettes, à l'abri des mouches, souris.
La cave à vin doit être sombre et contenir des tablettes plates et disposées en carreaux pour y coucher les bouteilles. Là sont les barils, les cruches, les bouteilles, les entonnoirs, les tire-bouchons, des syphons, des bouchons, de la cire à cacheter,des bouteilles, ete., panier à bouteilles, un égouttoir pour les bouteilles. Les tonneaux aussitôt vidés doivent être nettoyés et mis la bonde en bas, et quand on veut s’en servir on les rince. S'ils avaient une mauvaise odeur on les lave avec de la lessive ou de la soude.
Les bouteilles se lavent au moyen de plomb de chasse, de pois, de morceaux de patates crues; un bon moyen est une chaine fixée à un bouchon. Lorsque les bouteilles sont chargées à l’intérieur on enlève facilement les dépôts en faisant dissoudre 2 livres de cristaux de soude dans dix pintes d’eau chaude. On lave la bouteille avec un peu de cette solution et on rince parfaitement à l'eau froide.
On évite cet ennui en lavant les bouteilles aussitôt qu'elles sont vides.
L'égouttoir pour les bouteilles est formé d'un bloc en bois dur au milieu duquel on fixe une grosse tige ronde de 5 ou 6 pieds de hauteur. On perce à l’entour presque verticalement des trous d'environ un quart de pouce et dans lesquels on met une cheville. On peut remplacer ces chevilles par de grands clous. On entile ces chevilles dans le woulot des bouteilles qui s’égouttent parfaitement.
A défaut de cet appareil on place les bouteilles, le goulot en bas, dans une cuve ou un panier, on une planche trouée,
On se sert pour faire sortir les bouchons des bouteilles d’un appareil de trois ou quatre fils de fer dont les extrémités qui doivent plonger dans les bouteilles sont recourbées à l’intérieur. Ces fils sont disposés de telle manière qu'ils se tiennent naturellement ouverts. En renversant la bouteille le bouchon venant s’introduire dans le goulot se trouve entre ces fils qui se referment sur le bouchon par la pression du goulot. La partie supérieure de cet instrument est en forme de poignée. Une simple ficelle doublée remplit cette fonction.
Autant que possible quand on commence à embouteiller le vin d’un fût il faut le vider. On tire le vin du tonneau au moyen d’un syphon en caoutchouc, ou par un robinet qu’on à eu d'avance la précaution d'introduire, ou qu'on introduit en enfonçant le bouchon qui en ferme le trou ; c'est le même robinet qui bouche l'ouverture.
Les bouchons, qui doivent être de bonne qualité, tremperont dans l’eau bouillante pour les amollir. On les met au moyen d’un appareil qui les pousse en réduisant leur volume de manière à ce qu’ils s’introduisent dans le goulot, Quand ils sont séchés on peut les cacheter.
La buanderie.—Dans une maison bien conduite on doit faire le blanchissage, car outre qu'il devient très dispendieux d'envoyer son linge chez un blanchisseur ou à une buanderie publique, le linge, quand il revient tout, est plus ou moins écorché, brûlé par la composition dont on se sert pour expédier la besogne.
La buanderie doit être munie d’une bouilloire, surtout d’un appareil pour blanchir le linge à la vapeur, le lessivage à la vapeur libre et sans pression étant le mode
le plus salubre, celui qui altère le moins les tissus, tout en donnant les résultats les meilleurs, les plus prompts et les plus économiques. Ces appareils, d'une grande simplicité, consistent en une cuve en tôle galvanisée, géné- ‘alement en forme de baignoire, dont ils peuvent tenir lieu au besoin. Ils sont mobiles et portatifs, appuyés sur des pieds à roulettes assez hauts pour y introduire un appareil de chauffage.
Les fers en fonte polie paraissent préférables à ceux en fer, parce qu'ils coulent mieux et que leur poli s'altère moins facilement. Lorsque les fers ne coulent pas bien on peut les frotter avec de la cire qu'on enveloppe de papier. Les grands fers sont plus commodes ; mais il faut aussi un petit fer pour certains ouvrages. Il doit être fort épais, arrondi du talon.
Il convient d’avoir, pour poser les fers sur la table, un petit gril en fer, et pour manier les fers des poignées faites avec de vieux linge, du feutre, du cuir, etc.
Des fers à gauffrer sont aussi nécessaires.
Une planche à repasser qu'on garnit d’un vieux tapis ou d'un morceau de couverture recouvert lui-même d’une serge ; on adapte sur le tout une nappe propre.
On fait chauffer les fers sur un poêle, ou devant un feu ; mais un appareil spécial chaufté au charbon de bois est préférable.
Une laveuse à cylindre et une tordeuse ; du savon, de la sonde à laver, du bleu, (indigo) de l'amidon, du borax. Voilà ce qu'il faut dans la buanderie, qui, dans la plupart des maisons, est érigée dans la cuisine,
Comme la manière de faire la lessive affecte l'économie, j'en parlerai dans un chapitre spécial.
Le yrenier n’est pas ce qu'il y a de moins utile en éco-
118 DE L'ÉCONOMIE DOMBSTIQUE
nomie, C’est la pièce où l’on ramasse tout ce qui a servi. Or, tout ce qu'on ramasse peut servir un jour. Et quand ilest tenu en bon ordre on y retrouve ce qu'on y a déposé.
Un grand grenier peut aussi servir à étendre le linge sur des cordes fixées au moyen de poulies. C'est là qu'on peut mettre les paniers, un coffre à linge sale. C’est pourquoi il doit être bien aéré.
Voilà à peu près ce qu'il faut pour une maison bourgeoise, On peut se contenter ct être heureux avec beaucoup moins, comme on peut être privé et se faire une maladie de n'avoir pas dix fois plus.
Plusieurs choses peuvent s'ajouter sans nuire beaucoup à l'économie, ce sont des objets fabriqués à la maison, des tableaux faits par les enfants, des nattes, des corbeilles, des jardinières, des serres d'appartement, des aquariums, etc.
Mais de grâce qu'on bannisse des maisons ces ridicules brimborions qui ne servent à rien, si ce n’est à montrer la faiblesse d'esprit à suivre les modes quelles qu'elles soient.
Chauffage.
Dans notre pays la question du chauffage est une question d'état. Aussi les maisons sont-elles généralement bien construites, et pour cela on fixe les soliveaux dans le mortier de fondation ; on feutre au feutre goudronné ou non, et en dehors on recouvre ce feutre d'endaits et en dehors d'un lambrissage ; les ouvertures sout munies de doubles châssis indispensables pour nos hivers, qui font descendre le thermomètre jusqu’à 30° Farenheit au-
dessous de zéro, Mais, comme je l’ai fait observer, il faut, dans des maisons aussi hermétiquement fermées, se réserver des ventilateurs dont les meilleurs sont en bas. A ce compte les cheminées et les poêles sont d'excellents appareils pour cette fin.
On se sert dans les villes surtout, où le bois se fait rare, de charbon anthracite ou de houille. Il y a bien la tourbe qu'on utilisera quand la houille deviendra rare, comme on utilisera le charbon de sciure de bois, etc., produit d’une industrie naissante. Quand on retire les cendres du poêle on doit les sasser et recueillir le charbon, on le mouille et il brûle ensuite très bien.
On commence maintenant à se chauffer au gaz et au pétrole,
Dans les campagnes où le bois n'est pas cher on se chauffe au bois ; le bois franc : l’érable, le merisier, le bêtre, le tilleul, sont les meilleurs ; viennent ensuite l'épinette rouge, la blanche, le sapin. Pour cela on se sert de poêles à bois dont les plus avantageux sont ces grands poêles à deux ponts, qui servent en même temps de poêles de cuisine, et qui peuvent suffire pour une cuisine ordinaire, Mais on fabrique des poêles de cuisine très perfectionnés, qui dépensent peu de bois et jettent peu de chaleur pour la cuisine en été, Les poêles ordinaires dessèchent parfois l'air au point de rendre la respiration diflicile. On obvie à cet inconvénient en plaçant sur le sommet un récipient rempli d’eau.
Quel que soit le mode de chauffage que l’on adopte, il n’est pas bon de tenir les appartements trop chauds. On s'habitue ainsi à la grande chaleur, et le moindre froid ause des pleurésies et des rhumes qui deviennent dangereux, Il faut s’endurcir et l'on ne s’en porte que mieux.
Il faut faire attention à ce que les appartements dans lesquels on se tient habituellement, comme un cabinet, une chambre de couture, soient bien tempérés, et que les pieds ne soient pas froids. Le feu de cheminée est agréable, mais loin d'être économique.
Les fournaises à eau chaude ou à la vapeur sont préférables à toutes autres, en ce que, au moyen de clefs, on laisse pénétrer la chaleur où l’on veut, et que la chaleur est douce et imprégnée d’une certaine humidité favorable au fonctionnement de la peau. Quand une telie fournaise. est bien conduite elle répand une chaleur uniforme dans toutes les pièces que l’on veut chauffer. Il faut donner aux fournaises le charbon qui leur convient ; le gros, le moyen ou le petit.
Le Coke coûte peu cher, mais jette une chaleur trop dense et détruit le foyer du poêle très promptement, On s'en sert pour les poêles de cuisine.
Il y a de nombreux systèmes de chauffage à eau chaude, à la vapeur, à air chaud ; il faut s'appliquer à choisir celui qui offre le plus d'avantages réunis,
On a inventé dernièrement un appareil chaufté avec une lampe à pétrole et qui tout en éclairant réchauffe un appartement.
MM. Dumas et Trouillard mettent en application un procédé qui me paraît merveilleux : il consiste en une fournaise adaptée à un appareil à gaz ; par cet appareil on utilise le bois en fabriquant du charbon ou de l'alcool méthylique, tandis que le gaz chauffe et éclaire la maison.
On se sert pour allumer les poêles de rebuts de scieries ou de croûtes que l’on trouve dans les clos à bois, ou de petits bouts de ripes enduits de résine, de gomme de pin, etc.
Les cendres fines et sassées peuvent servir de remplissage, à paver les allées, les ruelles, et même à répandre en petites quantités sur les jardins comme engrais. Les cendres de bois surtout sont excellentes,
Les cheminées bien faites ne doivent pas avoir une ouverture trop large, sinon il s'établirait une disproportion entre l'entrée de l'air chaud et celle de l'air froid ; il est bon qu'elles soient recouvertes d'un tournevent qui en favorise le tirage, et empêche l’eau et la neige de s'y introduire,
On favorise le tirage des cheminées en ouvrant les portes ou les fenêtres de l’appartement où est l'âtre.
Entretien des appareils à chaufage.—A faut que les parois de la cheminée où l’on fait du feu soient recouvertes d'une couche de peinture grise ou blanche, ou de carreaux de faïence, ce qui augmente l'intensité de la chaleur rayonnante.
La propreté et l'entretien réguliers des appareils sont nécessaires pour en assurer le bon tirage et la durée. Les cheminées doivent être souvent ramonées ; les grils des fournaises doivent toujours être nettoyés de manière à laisser toujours libres les conduits à l'air.
La fonte se nettoie avec de la mine de plomb mélangée de térébenthine.
La tôle des tuyaux se noircit avec le mélange suivant : de la mine de plomb mêlée avec du blanc d'œuf bien débattu, le tout délayé dans de la bière aigre ; cette mixture doit bouillir pendant un quart d'heure, et on laisse refroidir.
Les cuivres, le fer battu se nettoient avec du papier à l’'émeri et mieux, avec du tripoli.
Quand on laisse des appareils de chauffage sans s’en
servir on les enduit d’un corps gras, mélangé avec de la mine de plomb Les tuyaux en fonte doivent rester pleins d’eau.
Eclairage.
On s'éclaire avec des chandelles de suif, et tout ménage de campagne sait comment se fait une chandelle : on a un moule en ferblanc dont l’un des bouts est en pointe percée, et que l'on suspend ; on y introduit une mèche double en coton, dont le bout inférieur passe à travers la pointe que l'on ferme au moyen d'une petite cheville ; la mèche ainsi fixée en bas, est suspendue en haut par une petite traverse. On verse du suif fondu de mouton ou de bœuf, et on laisse figer. On ôte la petite cheville du bas et on tire la traverse sur laquelle est à cheval le haut de la mêche et l’on tire une chandelle,
Les bougies sont faites de blanc de baleine, de stéarine et de paraffine,
Le pétrole épuré ne laisse aucune odeur.
L'huile de ricin, de colza, de lin, d'olive, d'œillette, servent toutes à l'éclairage.
Dans les villes on se sert de gaz ou de l'électricité,
Appareils d'éclairage. —Les appareils à gaz et à l’électricité sont du ressort des hommes de l’art.
Les lampes sont de bien des espèces, Aussi n’avonsnous que l'embarras du choix, Elles sont presque toutes à cheminées en verre : il y a un verre qui ne casse pas en tombant ; tout verre se casse si on jette dessus une goutte d’eau quand il est chaud. Quand on allume une lampe il faut mettre la mèche haute tout d’un coup, car quand il ne se réchauffe que graduellement le verre est exposé à casser. Les mèches éclairent mieux quand, trempées dans
l'huile, elles sont passées au fer chaud avant de s'en servir, Il devient quelquefois nécessaire de les décrasser en les lavant. Les lampes éclairent et jettent d'autant plus de chaleur quelles ont une mèche plus large, Il y a des mèches circulaires qui jettent un grand éclat, surtout quand la lumière se reflète sur un brûleur à tige centrale. Il y a des lampes à pied, des lampes suspendues, etc,
Pour éviter les accidents on doit avoir des lampes à large pied, et mieux encore une espèce de lampe qui s'éteint en se renversant. [lne faut jamais laisser une lampe bien basse, car, outre qu'elle jette une odeur malsaine, la fumée fait une suie qui peut s'enflammer. Ilne faut jamais remplir la lampe quand elle est allumée, ni la laisser brûler quand la mèche ne plonge plus dans l'huile.
Aussitôt que l'odeur du gaz se répand dans une chambre il faut s'assurer d'où il s'échappe afin de boucher cette ouverture immédiatement avec de la cire, ou du plomb. Ne laissez pas les gaz allumés trop bas de crainte qu'un courant d'air ne les éteigne.
Lorsque vous sentez dans une chambre une forte odeur de gaz n’y allez pas avec une lumière de crainte d’explosion.
Malgré que les appareils à gaz, les tuyaux, ete., soient bien en ordre il est économique de fermer le compteur le soir à l'extinction des feux, car le gaz s'échappe toujours en quelques endroits.
Si l’on a besoin de lumière pendant la nuit il est mieux de se servir d’une veilleuse à huile grasse, avec une petite mèche supportée par un flotteur,
On vend maintenant de toutes petites lampes pour la nuit, Elles n’exigent pas de cheminée.
On peut faire chauffer de l'eau, du lait sur une lampe à huile ou sur le gaz en y adaptant un petit gril qui permet d'y mettre un vaisseau sans obstruer la circulation de l'air,
Les appareils d'éclairage, surtout les lampes, doivent être entretenus avec soin. Ils se nettoient avec de l'eau chaude contenant du sel de soude ; la partie carbonisée de la mèche doit être enlevée tous les jours,
On éteint la lampe en la baissant et la soufilant ensuite,
Les verres de lampes acquièrent une certaine solidité lorsqu'on les fait bouillir avant de s'en servir. On les laisse refroidir dans l’eau où ils ont bouilli.
Les verres de mica sont presque incassables,
On peut conserver très longtemps les verres de lampes ou les verres de bec de gaz, en mettant sur le haut du verre et à cheval, une épingle à cheveux ou un fil de fer plié comme l'épingle à cheveux.
Soins à donner au mobilier.
Les ustensiles de nettoyage sont : brosses, balais, peau de chamois, blanchissoirs, torchons, éponges, seaux, porte-poussière, plumeaux, etc., ete. Les balais sont en crin, en bruyère, en thuya (cèdre), en chiendent ou en fil de fer.
Quand on balaie il faut humecter le balai et ouvrir les fenêtres. On procède à petits coups. Après quelque temps on époussette sur les meubles au moyen d’un torchon sec et puis d’une peau légèrement humectée,
Les planchers, les escaliers sont lavés avec l’eau claire ou savonnée, et lorsqu'ils sont bien secs avec de la potasse ou de la lessive.
Les plinthes et les boïseries sont lavées à l'eau de savon, puis rincées et essuyées avec la peau de chamois,
Les murs blanchis doivent être grattés avant d'être badigeonnés. Les murs peints à l'huile lavés à l'eau de savon avec une éponge.
L'action du soleil, la poussière, l'humidité, les mouches sont des causes de détérioration continuelle qu'on ne peut entièrement éviter, mais dont on doit s'empresser de faire disparaître les traces.
Autant que possible il faut soustraire les meubles aux rayons du soleil et à l'effet de l'humidité.
[1 faut épousseter tous les jours, et si le vernis et le poli sont altérés il faut réparer le mal le plus tôt possible,
D'ailleurs les réparations aux meubles endommagés ne peuvent être trop tôt faites.
Evitez d'approcher les meubles des murs humides,
Tapis. —On balaye les tapis avec des feuilles de thé humides, des épluchures de patates, du marc de café, etc.
Les taches de graisse et de lait s'enlèvent en frottant la tache avec une brosse trempée dans une composition de fiel de bœuf étendu d'eau.
L'’ammoniaque enlève lu graisse, mais change les couleurs. Les paillassons se nettoient avec de l’eau salée chaude ; pour qu'ils ne jaunissent pas, on les frotte jusqu'à ce qu'ils soient séchés.
Tentures.—Pour enlever la poussière des tentures on se sert d’une brosse ronde à long manche, qu'on peut recouvrir d’un linge propre.
Les sièges rembourrés sont battus avec un battoir ou un martinet. Lu baguette use l'étofte.
Les marbres tachés peuvent se nettoyer avec de l'acide citrique et de la pierre ponce.
Les cuivres peuvent se nettoyer avec de la brillantine ou du tripoli. Les taches de graisse s'enlèvent avec une savonnée et de la soude.
Le zinc se nettoie en le frottant avec un bouchon trempé dans de l'huile, du tripoli ou du soufre.
Acier.—Frottez avec un bouchon et du tripoli.
Gravures, dessins. —On les nettoie avec du pain rassis. On enlève les taches de mouches en plaçant la gravure au-dessus de l’eau bouillante pendant quelques heures.
Les tableaux à l'huile se nettoient en lavant le tableau à l’eau fraîche, puis on le frotte légèrement avec des tranches d'oignons ; après cette opération on lave encore à l'eau claire.
Les meubles en bois mou se lavent au savon, ou avec du sable blanc et une poignée de paille. Pour ôter les taches de graisse on emploie le procédé suivant : on mélange à parties égales, du blanc d’Espagne, des cendres de beis (qui peuvent être remplacées par de la potasse) que l’on met dans un tampon de toile ; on en frotte ensuite le meuble mouillé au préalable avec de l'eau chaude. Enfin on rince et on essuie.
Les meubles vernis, rayés et ternis, peuvent se revernir de la manière suivante : on fait dissoudre dans de l'eau chaude de la gomme arabique, une égale quantité de sandaraque dans de l’eau-de-vie chaude ; après avoir ajouté ce mélange, on ajoute un blanc d'œuf et on étend au pinceau.
Meubles polis.—On peut les faire reluire avec le mélange suivant : presser le Jus de 2 citrons, y ajouter une égale quantité d'alcool et d'huile fine. Etaler cette mixture sur le meuble et frotter avec un linge.
T'aches de rouille et d'encre.—JLes taches de rouille sur
les métaux s'enlèvent avec le pétrole, on les enlève des meubles avec un mélange d'huile, de tripoli et de fleur de soufre ; si la tache est forte on emploie le papier sablé.
Les taches d'encre s’enlèvent en humectant la place tachée avec de l'eau chaude, puis on emploie l'acide tartrique dans une cuillerée d'eau : on rince plusieurs fois et on essuie.
Les toiles cirées et le linoleum sont lavés avec de l’eau additionnée de vinaigre ou d’ammoniaque.
Les verres sont rincés dans un vase rempli d'eau fraîche, et ensuite parfaitement essuyés ; on les place renversés dans le panier aux verres.
La vaisselle doit être lavée à l'eau très chaude et avec grand soin, La laveuse doit d'abord enlever les débris qu'elle contenait ; on peut les donner aux poules ou aux porcs. Elle range ensuite, autour du vase dans lequel est l'eau chaude, toute la vaisselle à laver, puis elle commence à laver les pièces qui ne sont pas trop grasses. Pour laver la vaisselle il faut employer un morceau de grosse toile un peu serrée appelée lavette. À côté du vase qui contient l'eau chaude, il doit y avoir un autre vase rempli d'eau froide ou tiède, dans laquelle on plonge chaque pièce à mesure qu'elle est lavée ; puis on la met s'égoutter dans le panier où dans le râtelier à vaisselle, pour l’essuyer ensuite dessus et dessous.
Les vitres sont nettoyées avec du blanc de Meudon que l'on met dans un petit plat creux et que l'on mouille assez pour qu'il baigne dans l’eau, et forme une espèce de lait, On y trempe un tampon de linge avec lequel on frotte la vitre, on essuie immédiatement avec un linge bien sec; puis on achève le nettoyage avec un autre linge aussi sec, On ne lave qu'une vitre à la fois pour ne pas
permettre au blanc de sécher. La lessive nettoie assez bien les vitres.
Les ylaces se lavent de la même manière ; mais quand elles sont grandes on ne doit les couvrir de blanc que par parties, car il sèche et s'enlève difficilement. L'alcool convient bien au nettoyage des glaces. Faire attention de ne pas altérer la baguette qui les entoure.
Les verres de lampes se nettoient en passant un chiffon en dedans au moyen d'une baguette ; si ça ne suftit pas on les met dans de l’eau chaude, dans laquelle on à fait dissoudre un peu de cristaux de soude (soda). On les y laisse tremper, puis on les frotte avec un linge doux ; on les rince et les essuie. Le nettoyage avec du blanc les fait éclater quand on allume la lampe.
Les vases en porcelaine ou en terre vernissée, se nettoient en les frottant à l’aide des doigts ou un tampon de linge, avec un peu de cendre ou de sablon très fin légèrement humecté, et ensuite on les rince, On se sert aussi de lessive, de potasse ou de soude,
L'argenterie se nettoie avec du blanc de Meudon qu'on délaye dans un peu d'eau. On y trempe un morceau de linge, on laisse sécher un peu, puis on essuie avec un linge usé ou un morceau de peau douce. Si l'argenterie est à filets il faut employer une petite brosse.
I ne faut employer le blanc qu'en cas de nécessité, car il use l’argenterie, on peut la laver avec une éponge et du savon.
Les cuivres dorés doivent être nettoyés ainsi; on passe une éponge trempée dans de l’eau chaude sur du savon pour en frotter l'objet, puis on rince et on essuie.
La meilleure manière; employée par les grands fabricants de meubles d'Europe, c'est de mettre trois ou quatre
wouttes d'acide nitrique (eau forte) dans un verre d’eau. Laver avec cette eau, repasser avec un linge trempé dans l'eau pure, essuyer,
Insectes et animaux nuisibles.
Les plus petits ne sont pas les moins incommodes : rats, souris, punaises, puces, etc.
Rats et souris.—VLe poison à un grave inconvénient, outre que les animaux empoisonnés peuvent vomir un peu partout, ils peuvent mourir dans les planchers et jeter la peste dans une maison. On peut se sauver des souris et des rats en bouchant hermétiquement tous les trous au moyen de verres cassés ; mais ils en font vite de nouveaux ; les souris s'attrapent facilement avec les souricières que l'on fabrians à bon marché. Un moyen peu dispendieux est de renverser un bol qu'on relève en l’appuyant sur le rebord d’un dé à coudre rempli de farine et dont l'ouver ture est en dedans {1 faut que ce dé soit assez gros pour relever suffisamment le vase d’un côté afin que la souris s'introduise dessous. En mangeant elle pousse le dé au dehors ; le bol lui tombe sur le nez, la force à reculer et elle se trouve sous le bol, on la tire de là en la forçant de tomber dans un bassin d’eau.
Les rats sont autrement plus difficiles à prendre, les vieux surtout. Il y a beaucoup de systèmes d’attrapes qui sont plus ou moins effectifs ; le meilleur est le piège à ressort, étendu de manière à ce qu'il parte facilement, On met sur la palette du beurre ou du saindoux que l’on recouvre de farine. Quand ces rats sont devenus trop défiants, ce qui arrive quand on en a pris plusieurs, on couvre le piège d’un linge très mou sur lequel on répand de la farine ou du grain.
Les punaises.—On ne saurait s’en débarrasser dans Jes vieilles maisons, surtout si les tapisseries sont fendillées ou décollées, non plus que dans les couchettes en bois. Il y a des poudres insecticides que l’on répand dans les interstices avec un petit souflet. Muis le meilleur moyen est de les échauder et de laver l'endroit où elles pullulent avec une décoction de tabac ; le pétrole a aussi bon effet, pourvu qu'on puisse aérer.
Les puces sont plus difiiciles à rejoindre. Il faut les chasser au moyen de poudre, éloigner chiens et chats qui les apportent et puis se résigner.
Les coquerelles, dont l'humidité favorise l’éclosion, sont une engeance horrible. A la longue on s'en débarrasse en versant de l’eau bouillante dans les nids, en y soufllant une poudre de vert de Paris ou autre poison, et tenant dans un grand état de propreté.
Les mouches—On se protège des mouches du dehors en faisant usage d’une toile métallique que l’on met dans les ouvertures et aux portes des armoires à manger. Quant à celles du dedans, tous les matins il faut, en ouvrant les fenêtres, les chasser au dehors au moyen de balais, éventails, feuillages, etc., et refermer aussitôt, L'emploi de préparations arsénicales est dangereux. On en détruit beaucoup à l’aide d'un verre rempli à moitié d’eau de savon, et qu'on recouvre d'une croûte percée, en dessous de laquelle on met du miel, du sucre, ete. On peut en détruire au moyen de papier sur lequel on répand un sirop composé de résine et d'huile d'olive. Elles se prennent dans cette glu. A la campagne on peut se servir de paquets de feuilles de fougères qu'on pend au plancher. Le soir les mouches s’y réfugient et à l’obcurité on jette les paquets au feu.
Poudre Insecticide.
La meilleure poudre insecticide contre les puces, punaises, poux, coquerelles, etc., est le produit d’une plante appelée pythère du Caucase, qu'on fait sécher et qu'on pulvérise. On conserve cette poudre dans des hocaux, qu'on place dans un lieu sec. On l’emploie sèche au moyen d'un petit soufflet. On en répand dans les poulaillers, les pigeonniers, on en saupoudre les volailles en
les suspendant par les pattes de manière à retrousser leurs plumes.
Blanchissage du Linge.
Le blanchissage à la vapeur doit remplacer le savonnage à cause de l’économie et de la perfection qu'il procure, excepté pour le linge de couleur. On trouve des appareils à vapeur chez les marchand de fer.
Savonnage—On décrasse le linge avec du savon et de l'eau plus que tiède, en le frottant sur une planche à savonner, et entre les mains, dans un baquet ou cuve monté sur des pieds ou des chaises. On verse sur Île linge, qu'on a replacé dans ce baquet après l'avoir vidé, de l'eau chaude dans laquelle on a fait dissoudre de la soude, (une livre pour 4 à 5 gallons d'eau). On recouvre avec une toile, on laisse tremper pendant plusieurs heures. On prend de cette eau qu'on remet chauffer et on la verse sur le linge qu'on frotte de nouveau. On le rince, on le met au bleu et on le fait sécher.
Pour savonner le linge de couleur on peut se servir de l'eau à la soude dans laquelle a trempé le hinge blanc; on y ajoute un peu de savon ; mais 1l faut se hâter de le rincer, car la soude altère les couleurs.
On remplace maintenant la planche à laver par des alandres, (moulins à rouleaux) qui ménagent le temps et les doigts.
Mais, je le répète, il est très économique de se servir d'un appareil à la vapeur. La manière d'opérer est la suivante: On emploie 14 once de cristaux de soude et une pinte d’eau par 2 livres de linge. On fait dissoudre sur le feu les cristaux dans une petite portion de l'eau à employer, de manière à faire une solution très forte ; le reste de l’eau mesurée est placé dans une cuve dans laquelle on mouillera tout le linge à lessiver. On y verse la solution jusqu’à ce que ce mélange arrive à peser, pour mouiller le linge fin 1 degré ou 1 degré et demi au pèse lessive, selon la saleté du linge ; pour celui qui est plus gros et plus sale, l'eau doit marquer deux degrés et demi, et 3 degrés pour les torchons. On mesure son eau, il en faut une pinte pour 14 once de soude et par 2 livres de linge. Si l'appareil qu’on emploie peut contenir 20 livres de linge, on mesure 24 gallons d’eau ; on en fait chauffer environ un gallon dans laquelle on met fondre une livre de cristaux, on verse les 2 autres gallons dans le baquet dans lequel on doit tremper le linge dans la dissolution. On y ajoute les deux tiers de la dissolution de cristaux, on trempe dans cette eau le linge le plus fin, puis pour celui qui est plus sale, on ajoute le reste de la dissolution. ‘Toutes les pièces trempées doivent être tordues.
Avant de tremper le linge dans l’eau de soude, il faut frotter à l’eau tiède celui qui est taché de grosses saletés. Lorsque toute l’eau est absorbée par le linge on le range dans l’appareil, les morceaux les plus sales au fond, puis on chauffe l'appareil jusqu’à ce que la vapeur se manifeste tout autour du couvercle que l’on à placé sur le linge.
Au lieu de cristaux de soude on peut employer la cendre pour faire la lessive à la vapeur ; pour cela, après l'avoir tamisée, on la fait macérer pendant 48 heures dans l’eau froide, en ayant soin de la remuer de temps à autre, puis on la laisse se déposer et on décante., C'est avec cette eau que lon mouille le linge avant de le mettre dans le cuvier.
Quand on les sort du cuvier on met les pièces dans un baquet d’eau froide ou chaude et on les frotte sans savon, excepté pour celles qui sont tachées,.
S'il y avait sur le linge quelques taches jaunâtre dues au chauffage il faut les exposer à l’air o'1 mieux au soleil en les arrosant d’un peu d'eau de savon.
Après ce premier lavage, on lave à grande eau, on bat les pièces les plus fortes, on tord avec une tordeuse à cylindres et on étend.
Les taches de fruits s'enlève au moyen du soufre. On mouille Ja tache, on étend l’étoffe tachée, on fait brûler le soufre de plusieurs allumettes au-dessous de la surface mouillée. On peut remplacer les allumettes par un peu de soufre placé dans un vase ou par une mèche soufrée, Sil reste une tache jaunâtre qui résiste après cette opération répétée, usez de savon, ensuite d’eau de javelle.
Les taches d'encre et de rouille S'enlèvent à l’aide du sel d’oseille ou oxalate de potasse. On mouille la tache avec de l'eau ; on place dessus une iégère couche de sel d'oseille pulvérisé, puis on met dans une cuiller quelques charbons ardents. On promène le dessous de la cuiller qui est très chaude, sur le sel d’oseille, et on mouille de nouveau, On atteint le même résultat en tenant la partie tachée étendue au-dessus de la vapeur. On lave ensuite là partie touchée par le sel et on rince,
Il ne faut pas opérer au sel d'oscille sur des objets de couleur verte.
On conserve le sel d'oscille dans une petite fiole de verre d'où on le tire en y plongeant le doigt mouillé et on l’étend ensuite sur la tache.
Les taches de graisse où de résine s'enlèvent au moyen de l’éther, de la térébenthine, du citron ou de la benzine, ou de l'argile délayée dans de l’eau.
On enlève les taches de peinture de la même manière,
Mise au bleu.—Le bleu ou indigo est bien enveloppé dans un linge que l’on met dans une cuve d'eau, on presse cette pochette pour en faire sortir le bleu dissous, et quand l’eau est colorée on y plonge le linge que l'on tord et qu’on étend aussitôt après.
Le linge de corps doit être retourné à l'envers quand on le lave.
Il ne faut pas faire sécher le linge la première fois qu'on l’étend ; on l’enlève à moitié sec, on le plie, puis on le met sur une table, on le laisse ainsi une dizaine d'heures, puis sans le déplier complètement on l'étend pour achever de le faire sécher et l’on met de côté celui qui doit être raccommodé. Le linge à repasser ne doit pas être complètement sec ; il faut même l’humecter au besoin.
Chaque espèce de linge doit être classée avant le repassage, afin de repasser toutes les pièces d’une même espèce les unes à la suite des autres.
Empesage à l'amidon.—On peut empeser les chemises d'hommes et les jupons avec l’amidon cru ; l'empois, qui est de l’amidon cuit, les rend plus fermes ; pour les mousselines il faut qu'il soit cuit. TL’amidon doit être le plus blanc du commerce.
Empesage à l'amidon et au borax.—L'addition du borax à l'amidon donne au linge une fermeté et un brillant supérieurs.
Pour faire de l’'empois au borax, on délaie l’amidon dans de l'eau avec soin, on y ajoute environ le huitième de son poids de sel de borax que l’on pulvérise et que l'on fait fondre dans un peu d’eau, on l’ajoute à l’amidon et on fait cuire le tout ensemble en le remuant. Une toute petite quantité de cire blanche ou de suif fondu avec la préparation facilite beaucoup le repassage en faisant couler le fer. L'addition de gomme arabique favorise le poli du linge. Pour faciliter le repassage on place le linge empesé sur une nappe où un drap dans lequel on le roule.
La préparation au borax peut se conserver 8 ou 10 jours.
Repassage. —Le linge à repasser doit rester soigneusement enveloppé jusqu'au moment où on le mouille. On l'asperge avec la main ou un petit goupillon avant de le repasser, Chaque objet mis à l'envers pour être lavé doit alors être retourné à l'endroit pour être repassé.
La repasseuse doit choisir, pour repasser le linge uni, le moment où le feu est le plus ardent et où le fer est le plus chaud ; lorsque le feu a perdu de son ardeur, elle repasse les petits objets.
On doit soumettre au repassage, à la suite les unes des autres, les mêmes sortes de linge. Ce n’est pas en faisant couler le fer très vite sur le linge qu'on fait le plus de besogne, c’est en le conduisant de façon à ne pas être obligé de repasser plusieurs fois à la même place.
Pliage.—1M faut adopter un mode de pliage pour chaque pièce de linge à repasser, et le plier toujours à l'endroit et de la même façon, ni trop grand, ni trop petit.
Entretien du linge et des vêtements.
Il faut s'empresser de faire disparaître les taches du linge.
On peut faire disparaître le roussi du linge en opérant avec un composé d’un Gemi litre de vinaigre bouilli, jusqu'à consistance, avec 2 onces de terre à foulon, & once de savon dur et le jus de 2 oignons. On mouille les parties roussies et on laisse sécher, puis on lave à l'eau froide une ou plusieurs fois.
Les taches d'encre doivent être lavées avec de l’eau vinaigrée ou saupoudrée de sel d’oseille. On met le linge au-dessus d’un récipient d’eau bouillante ; la vapeur fait disparaître le sel d’oseille et la tache ; rincez à l’eau froide.
Les taches de vin et de fruits s’enlèvent en tenant le linge au-dessus des vapeurs de soufre, que l’on obtient en brûlant quelques allumettes soufrées. On savonne ensuite. La peinture sur le linge s'enlève par l'usage de l'essence de la térébenthine ou de la benzine.
Les taches de goudron s’enlèvent en les enduisant de beurre qu’on lave ensuite avec de la savonnée. On se sert aussi de térébenthine ou de benzine.
Le linge de couleur se déteint dans de l’eau de soude. Il faut donc le rincer aussitôt après l'avoir savonné dans une telle eau.
Certaines couleurs s’altèrent au simple savonnage. On remédie à cet inconvénient en mêlant de l’alun à l’eau.
Les laines, surtout blanches ou très claires, rétrécissent au lavage On les lave dans de l’eau où lon a mis tremper, pendant un jour, du bois de panama. On peut employer l'oléine et l'ammoniaque mélangés, dans les
proportions de deux ou trois cueillerées par sceau d'eau, un peu tiède, Il ne faut laver qu'une pièce à la fois,
L'eau de rinçage sera plus chaude que l’eau de lavage, et contiendra quelques gouttes d'alcali. Afin d'éviter la production de raies, il faut laisser sécher les objets dans un endroit obscur, les couvrir d'un linge et ne permettre qu'une lente évaporation, Les vêtements, surtout s'ils sont humides, doivent être accrochés et non déposés sur un meuble.
Si le bas de lu jupe est chargé de boue on laisse sécher et on frotte, Quand la tache de boue persiste on se sert d'un jaune d'œuf pour l'enlever. Le balai pour enlever la poussière use moins les étoffes que la brosse,
Les taches graisseuses s'enlèvent plus facilement quand elles sont fraîchement faites; en serrant les vêtements uraisseux, les mites y font bombance, Sur les étoftes noires les taches de graisse s'enlèvent avec un morceau de flanelle imbibée d’'ammoniaque ; pour les étoftes de couleur, il est préférable de se servir de naphte ou de benzine, Sur les tissus de soie elles s'enlèvent avec de l'éther.
On peut presque toujours faire disparaitre les taches uraisseuses en humectant l’étotfe d’eau froide, et en frottant ensuite les taches avec une brosse douce trempée dans l’eau de savon ; on rince aussitôt après, à plusieurs reprises.
Les taches de bougie s'enlèvent en les couvrant d'un papier buvard sur lequel on promène un fer chaud.
Les taches de sucre, de pâtisserie, de sirop, de liqueurs se traitent à l’eau chaude.
Les taches d'acide, citron, orange, etc, sur des étoffes foncées sont traitées à l'ammoniaque ; on lave ensuite avec
un peu de vinaigre si l'étoffe est attaquée par l'ammoniaque,
Le velours noir froissé, mouillé, se remet à neuf en passant un morceau de lard fais sur l'endroit abimé ; puis, on fuit sur l'envers de l’étoffe fortement tendue glisser un fer très chaud après avoir lavé l’étotte avec de la bière.
Le col et les poignets s'encrassent promptement, On nettoie comme suit: imbibez-les d'un composé de par ties égales d'eau et d'ammoniaque à l'aide d'une éponge, grattez avec un coupe-papier ou une lame de bois ; après quoi imbibez de nouveau avec l'éponge et laissez sécher. Les cols et poignets en caoutchouc ou en celluloïde se lavent à l’aide d’une éponge et de l'eau de savon.
Les dentelles, les rubans de soie noire doivent être humectés avec une décoction de thé, un peu d'ammoniaque et repassés à l'envers.
Les gants de peau se nettoient sur la main avec un morceau de flanelle imbibée de naphte. On peut employer le lait frais et le savon blanc,
Les plumes peuvent se refri:: de la manière suivante : faites chauffer une paire de ciseaux, puis passez les barbes de la plume sur les lames chautffés, en imprimant à cellesci le même mouvement que l’on donne au fer à friser; maintenez ensuite la plume au-dessus du fer ; la chaleur la gonfle et la rend plus touffue.
Ou déchiffonne les vêtements en les suspendant plusieurs jours dans un endroit humide.
Le naphte et la benzine doivent être employés avec précaution parce que ces essences sont très inflammables.
On prolonge la durée des semelles de chaussures en les enduisant d’une couche de collodion. Pour les travail
DE L'ÉCONOMIE DOMESTIQUE 139 leurs les matières huileuses conservent les empeignes en les rendant souples et en les préservant de l'humidité,
Les chaussures de cuir ordinaire s'entretiennent avec du cirage et les chaussures en cuir verni avec du lait frais.
Toilette,
[l faut être habillé selon son état, mais on ne doit suivre les modes que de loin, et ne pas adopter du tout celles qui sont ridicules, malsaines ou risquées, Pour une femme la plus belle mode, toujours nouvelle et toujours agréable, c'est la propreté dans toute sa personne, et elle ne devrait jamais sortir de sa chambre sans être bien peignée surtout ; le soin de sa personne est le secret de plaire à tous et surtout à son mari.
Il y aurait beaucoup à dire sur ce chapitre de lu toilette, qui cause tant de désordre dans la santé et dans l'économie, J'en ai parlé au chapitre de l'hygiène. Mais au point de vue économique et du bon goût, je résume tout dans le mot “ simplicité." Quand vous voyez une femme autfublée de clinquants, vous pouvez, à coup sûr, dire qu'elle a besoin de briller par sa toilette, parce qu'elle ne peut briller autrement.
Une femme qui comprendra convenablement sa mission duns la famille et lu société, choisira pour ses toilettes des étofftes de tons neutres, n'appelant pas l'attention ct peu susceptibles de se démoder ; telles sont les étoftes de tons gris, noir, loutre, bleu marin; le blanc est bien porté par les enfants et les jeunes filles.
Les modèles devront être peu compliqués. Les étottes unies ou à rayures seront toujours de meilleur goût que les étottes à dessins bigarrés et compliqués.
Une jeune personne choisira une robe d'usage, en mérinos par exemple, de couleur foncée, qui peut se remplacer par partie quand le vêtement commencera à s’user.
Une robe à deux fins, comme seconde robe, suffira ; on la prend de couleur claire, en cachemire ; elle constituera une bonne toilette de cérémonie, et pourra se porter fort bien pendant la belle saison, comme robe de ville.
Une robe de soie noire se met dans toutes les circonstances et existe longtemps.
Un long manteau est un vêtement très économique, on peut user ainsi des robes qui ne seraient plus mettables autrement.
Les chapeaux devront être portés pendant deux saisons sans subir de modification, et ceci est faisable, si la forme est simple et les fournitures de bonne qualité. Le feutre est toujours plus solide que le velours. Les plumes forment, il est vrai, une garniture fort chère, mais elles durent très longtemps, car il suffit de les refriser pour qu’elles constituent toujours une parure élégante. Hors les grandes circonstances rien ne sied à une femme comme un chapeau sans autre ornement qu'une aile de perdrix ou de pigeon, ete. Une fleur naturelle rehausse le ton.
Le linge de bonne qualité est aussi le plus économique.
Les chaussures les plus recommandables sont le veau mat pour l'hiver et le chevreau lustré pour l'été.
Pendant nos hivers nous devons tous porter des claques en caoutchouc doubles où des pardessus en fentre avec semelle en caoutchouc.
Nous avons peu de chose à dire sur les toilettes des hommes et des garçons. Mais en général je puis dire qu'on doit s’efforcer pour n'importe quelle étofte d’avoir une bonne coupe ; j'ai vu des gens très distingués porter
de la toile à poche, mais bien taillée. En général le pantalon doit être clair, la redingote ou le morning coat sombre, —la cravate noire ou blanche, souliers ou bottes vernis ou toujours bien cirés, linge toujours bien propre, —surtout.
Pour les jeunes gens les cravates et les chemises de couleur font bien,
Comme coiffure le feutre et le chapeau de soie, La casquette ne convient qu'aux jeunes garçons.
Les gants ne sont pas exigés dans ce pays, quoiqu'ils habillent très bien.
Je reproduis ici les considérations philosophiques sur la toilette, que je trouve dans un excellent livre, ‘ La ménagère en ville et à la campagne ” par C.S , dédié à Mde la Comtesse d'Oultremont ;
“ Pour juger de la valenr morale d'une personne on considère souvent sa mise, et l'expérience a prouvé qu'on se trompe rarement en consultant ce baromètre, dont voici les principales indications avec leurs pronostics :
19 Mise simple, en accord avec la fortune et la position sociale. Garde-robes moudérément fournies : caractère sérieux, bon jugement.
29 Mise extravagante ; au-dessus de la condition de fortune ; couleurs voyantes ; colifichets : petit esprit ; caractère léger et frivole ; goûts romanesques ; désir immodéré et mal placé de plaire et d'attirer les regards.
3° Mise en dessous de la condition de fortune: petit esprit ou avarice (lorsque cette simplicité dans la mise n'a point pour mobile la charité chrétienne qui se prive en faveur des malheureux.)
4 Vêtements bien ajustés, propres, bien raccommodés : ordre et propreté,
5° Vêtements malpropres et déchirés : malpropreté, désordre, ou amour désordonné de la science ou de l’art.
Conclusion.—Les personnes désireuses de plaire aux gens sérieux et bien pensant, s'empresseront de se conformer aux indications du No. 1 et 4.
Provisions de ménage.
A ceux quien ont les moyens, je recommande de se procurer d'avance les provisions les plus ordinaires et qui se conservent au moins un mois, pourvu que chacune soit étiquetée et mise dans un magasin dont la maîtresse ait seule la clef, autrement il y aurait profusion et gaspillage.
Les principales choses, à part bien entendu le charbon et le bois sec, sont :
Café.—Si on l’achète en grain et vert, ce qui est très prudent, il faut le laisser vicillir.
Pour que le café soit agréable il doit être bien brûlé. non noir, mais roux, en torréfier peu à la fois. On l’'enferme dans un vase bien bouché, et on le moud au besoin. Un peu de chicorée lui donne de la couleur et du corps.
Chocolat.—Le chocolat qu'on ne doit acheter que dans des maisons de confiance, car il y a des contrefaçons, même dangereuses, perd assez promptement sa qualité.
Huile d'olive.—Ici encore il y a des huiles falsifiées. On reconnaît l'huile d'olive en l’agitant et la vidant d’un vase dans un autre : l'huile d'olive ne doit pas produire de mousse comme les autres huiles.
On conserve l'huile d'olive à la cave dans des bouteilles en verre ou en grès verni bien remplies,
Indigo ou bleu.—Qu'il est difficile de trouver bon.
Miel.—Le miel en gâteaux se conserve indéfiniment. Le miel vierge, qui est celui qu'on obtient par simple écoulement des rayons ouverts, se conserve bien en lieu frais,
Moutarde. —Pour en être sûr il faut se procurer de la graine nouvelle de moutarde noire ; mais on en trouve de bonne toute moulue dans le commerce. Elle se délaye généralement dans la sauce avec du vinaigre, à l’estragon, auquel on ajoute un peu de sel, ou avec de bon vin rouge; on peut aussi lu délayer dans l'eau.
Bouchez bien les flacons, autrement elle se dessèche.
Pâtes.—On achète des pâtes préparées sous le nom de vermicelle, semoule, macaroni, ete.
Il ne faut en acheter que peu à la fois, car elles perdent leur goût en vieillissant. Les pâtes d'Italie sont les meilleures.
Riz.—Le riz doit être transparent, entier, gros.
Savon.—Il y a différentes sortes de savon. Il faut en faire une provision, car il est plus profitable étant sec et dur, On le coupe d'une grosseur telle qu'on puisse s’en servir, avec un fil de fer fin. On place les morceaux coupés les uns sur Îles autres, dans un endroit aéré, en laissant entre eux un petit ‘ntervalle pour faciliter la circulation de l'air. Ainsi séchés on peut les enfermer dans une armoire bien saine, Toute ménagère doit savoir faire du savon ordinaire avec les restes gras. Voyez “ [ndustries domestiques.”
Sucre.—On peut se servir pour la cuisine de la cassonnade jaune, elle sucre mieux. Le sucre blanc en grains est pour la table, le thé. Il doit être brillant.
Le sucre blanc en poudre sert à saupoudrer les pâtes,
les beignets, etc. Mais faites attention qu'il soit pur, car on y ajoute des farines.
Le sucre en pain ou cassé en morceaux carrés doit être brillant et sonore, et casser net.
Le sucre d'érable est très sain et convient aux pralines, à la crème, aux amandes de cocos.
Thé.—Le thé vort est moins pur que le thé noir. Le thé du Japon incolore est excellent. On le conserve dans des vases bien bouchés, et dans un lieu sec, autrement il s'évente. Il faut le préserver des odeurs étrangères,
Vanille.—La vanille entre dans beaucoup de desserts pour les parfumer. On place les gousses dans un flacon au large goulot qu'on remplit ensuite de sucre rapé de manière qu'il en soit saturé. Le sucre ainsi parfumé sert à sucrer les fraises, les crèmes, ete. Le sucre peut se renouveler plusieurs fois sans altérer la vanille.
Vinaigre. —On achètedes vaisseaux de bois, carle vinaigre est corrosif et dangereux, mais le meilleur vase est celui de buis ou de cèdre. On peut faire facilement de bon vinaigre en recueillant les morceaux de pommes ou de pulpes de ‘aisin qu'on laisse aigrir, et que l’on met dans une cuve trouée au-dessous de laquelle on place un récipient. On verse sur ces déchets de l’eau sucrée qui tombe dans le récipient, et que l'on fait passer plusieurs fois, jusqu’à ce que le vinaigre soit assez fort. Mettez ce vinaigre dans un baril avec robinet en bois. Ja bière, le vin, le cidre mal bouchés font d'excellent vinaigre, On peut pour les renforcer les faire passer sur les déchets mentionnés plus haut. (Voir ‘ Zndustries domestiques.)
On le parfume avec des plantes aromatiques : roses, fleurs de capucines, thym, poivre, clous de girofle, etc, L'ébullition donne de la force au vinaigre en ce qu'il évapore l’eau. [l'en est de même de la congélation.
Farine.— Une bonne ménagère a toujours en réserve de la farine préparée où non de froment, d'avoine, de blé d’'Înde et de sarrasin.
Lard.—Le lard entre dans une si grande quantité de mets qu'il est essentiel d'en avoir une provision. Je ne saurais trop recommander aux ménagères de la campagne d'élever un ou deux cochons, et aux ménagères de la ville d'acheter, l'hiver surtout, un cochon et un agneau de temps à autre, un quartier de bœuf, ete, etc.
Léqumes.—Patates, carottes, navets, panais, choux de Siam, céleris.
Herbes aromatiques.—Persil, sarriette, thym, ail, estrayon.
Sel gros pour la cuisine, fin pour la table,
Poivre—en grain et le moudre soi-même. Le poivre blanc est le plus fort ; l'autre se met en grain dans quelques sauces.
Clou de girofle.—Parfume les viandes, les sauces, etc.
Anis.—$Se met dans plusieurs pâtes et est sain.
Sirop d'érable.—Si doux, diurétique.
Mélasse.—TLa meilleure est la Barbade, délicieuse pour nanger avec du pain, la soypäne (porrage). On en fait de la tire, des compotes de pomme, de citrouille.
Saindour.—Il entre dans une quantité considérable d'aliments. Le meilleur est celui qu'on fait soi-même en faisant fondre de la panne de porc.
Beurre.—C'est une grande commodité d’avoir une tinette de beurre de première qualité et une autre de beurre moins bon pour les fritures, les sauces, etc,
Adoptez un cultivateur qui vous fourpira l’article.
Conservation des aliments.
Le lait.—A faut le mettre dans des terrines de grès, de faïence ou de fer blanc, l’exposer à une température toujours égale et inférieure à 25 degrés Réaumur ; on le conserve longtemps en y ajoutant 1 gr. de bicarbonate de soude par pinte de lait, ou bien 30 gr. de chaux par pinte ; l’ébullition arrête la fermentation et prolonge la conservation.
Un moyen simple de reconnaîire la richesse du lait est d’avoir un verre d’une demi-pinte gradué en 100 parties, ou sur lequel on colle à l'extérieur une bande de papier tracé de 100 parties égales.
La crème qui monte doit occuper de 15 à 20 degrés, autrement on y aura ajouté de l’eau.
Les viandes.—Quand on peut se procurer de la glace c'est une économie,
Le soufrage, faute de glace, est une manière de conserver les viandes l’été :—dans une caisse hermétiquement fermée on fait brûler une mèche soufrée et l'on y pend les viandes. Les viandes plongées durant 24 heures, dans une saumure contenant environ + livre de borax par gullon d'eau, se conservent très bien, De même en les plongeant dans une dissolution d'acide salicylique contenant trois millièmes de cet acide, soit une once environ pour deux gallons d’eau.
Pour conserver les volailles, le gibier, rien n’est préférable à ce que les cuisiniers appellent un tour de casserole.
La marinade conserve les viandes et bonifie les lièvres, les lapins. le bœuf à la mode, le gigot à braiser, etc.
On conserve aussi les viandes en supprimant l’un des
trois agents nécessaires au développement des germes atmosphériques : l'air, humidité, la chaleur.
Pour soustraire les aliments à l’action de l'air, on les place dans des boîtes de fer-blanc, dont on soude le couvercle, puis on y pratique une ouverture et on les place dans un liquide dont on élève la température à 100 ou 110 degrés.
L'eau contenue dans l'aliment s'évaporeet l'air s'échappe. Au bout de + heures les boîtes sont retirées et fermées rapidement, Puis on les remet dans le liquide bouillant où elles séjournent encore pendant une heure ; après quoi on les laisse refroidir, Au bout de quelque temps, le couvercle, par l'effet du vide intérieur, s'affaisse sous l'action de la pression atmosphérique.
Si l'opération a été mal faite, la putréfaction se déclare bientôt, et les gaz qui se forment à l'intérieur soulèvent le couvercle de la boîte,
Il'en résulte que les boîtes de conserves dont le couvercle est bombé contiennent certainement des aliments corrompus.
Ce procédé permet de conserver des viandes, des légumes et des fruits pendant des années.
Une boîte de conserves ouverte doit être vidée, car les aliments deviennent nuisibles et causent une sorte d'empoisonnement.
Les mêmes accidents se produisent par le contact de l'aliment avec le plomb de la soudure.
La dessication est aussi un moyen de conservation, qui peut s'obtenir dans les pays où le soleil est chaud et l'air sec. C’est ainsi que les sauvages préparent le pémican.
L'extrait de viande et la poudre de viande sont encore une autre manière de la conserver. Voir ‘“ Industries
domestiques.”
Saler et fumer sont certainement les meilleurs procédés de conserver certaines viandes et le poisson, quoiqu'il rende la viande coriace et moins digestive.
Manière de préparer la viande pour la saler.—Si le temps est froid et sec, il vaut mieux attendre quelques jours pour saler la viande qui est alors plus tendre.
La manière de découper le pore pour le saler est de le fendre dans toute sa longueur après avoir enlevé les pannes intérieures qu'on fait fondre pour faire du saindoux cet dont le résidu refroidi se mange en cretons. On sépare les quartiers de derrière de ceux de devant ; la fressure ne se garde pas et il faut la manger au piutôt, ainsi que les rognons et les filets. On ôte les pattes que l’on met en ragoût, l'épaule que l'on peut faire fumer, comme jambonneau ou en lard froid, et l'on découpe par morceaux où briques. Sur le quartier de derrière on lève les jambons, en les découpant de bonne forme circulaire au-dessus ; la peau doit dépasser la chair plutôt que de ne pas la garnir jusqu'au bord. Il est important de ne pas attaquer la mollette, c'est-à-dire l'os de la cuisse qui s'emboîte dans celui de la hanche, cela nuirait à la conservation du jambon. On découpe le reste de la même manière que le quartier de devant.
Au lieu de fendre la colonne vertébrale par le milieu on peut la laisser intacte et couper des deux côtés, en conservant la largeur d'une main à cette bande que l'on mange en ragoût : c’est l'échinée,
Salaison. —Généralement on se sert d’un saloir en chêne ou en frêne que l’on nettoie bien, surtout s’il y a déjà eu des viandes tournées. On passe le saloir à l’eau bouillante, même avec du jus de framboises. On peut se servir d'une tinette en pin, de jarres en grès, etc,
Il vaut mieux manier le lard avec une fourchette qu'avec les mains si l’on doit le remettre au saloir, car cette manipulation l'engage à se gâter.
Chaque morceau destiné au saloir est roulé ou frotté avec de gros sel et rangé l’un sur l'autre dans le saloir au fond duquel on à préalablement mis une couche de sel, la couenne près des parois ; à chaque couche on saupoudre de sel. Après quelques jours on visite le saloir et on le secoue pour tasser la viande et faire pénétrer le sel dans les interstices, S'il se fait un vide, on le remplit avec de la saumure que l'on obtient en faisant dissoudre du sel dans de l’eau en quantité suffisante pour qu'il n'y fonde plus après 5 à 6 heures. On peut se servir du sel qui ne fond pas, et qui reste au fond du saloir, en jetant dessus de l'eau froide qu'on n’y laisse pas séjourner, et on le met sécher au four ou au soleil. L'eau qui a servi à laver le sel peut saler la nourriture des animaux.
Un peu de salpêtre dans le sel contribue à la conservation du lard et le rend rosé. Le sel peut être aromatisé avec du poivre en poudre ou en grain. On peut ajouter au sel du laurier, du thym et quelques baies de genièvre, de la sauge, de lPuil, etc.
On x soin de placer sur le dessus du saloir les parties qui se conservent le moins : celles qui avoisinent la saignée, le cou, la tête. Ontermine par une épaisse couche de sel.
AZanière de fumer la viande. —Presque toutes les parties du cochon peuvent être fumées. Lorsqu'elles sont coupées on les suspend en un lieu sec et aéré ; il s'en écoule une certaine quantité de liquide, et deux fois par jour on les essuie parfaitement avec un linge sec ; après quelques jours, à ou 6, silatempérature eat fraiche elles deviennent
tendres. On les pare en enlevant l'os de la hanche qui se trouve à la surface, et ce qui nuirait à la forme; puis on frotte fortement toutes les parties, d'abord avec un citron coupé en deux, ensuite avec un mélange de poivre, d'épices en poudre et de sel pilé et mêlé de salpêtre, dans la proportion de 2 onces pour la salaison d'un jambon ordinaire,
On choisit un vaisseau en terre ou en bois, on en garnit le fond de sel ainsi préparé et on y ajoute des feuilles de laurier, de thym, du poivre en grain, du clou de girofle. Le tout bien haché. Le pourtour du vase doit aussi être garni de sel. On y couche le jambon, la couenne en dessous; on le couvre du même sel ; on peut y mettre plusieurs jambons, l’un par dessus l’autre, couenne à couenne, et l’on couvre d’une couche de ce sel, puis on presse avec une planche, On laisse pendant dix ou quinze jours ce vase et son contenu dans un lieu frais, à l'abri des mouches. On retire les jambons que l'on suspend en lieu sec et aéré. La saumure qui reste au fond du vase peut servir à remplir les saloirs qui contiennent le lard.
Lorsque les jambons sont bien secs on les fume. Cette opération se fait en les saspendant dans une cheminée où l'on brûle du bois, mais assez haut pour que la fumée ait le temps de se refroidir, et de manière à ce qu'ils ne touchent pas aux parois de la cheminée. On fait brûler dans le foyer des branchages verts, des herbages, des arbrisseaux odoriférants, comme de la sauge, du laurier, de la sciure de bois, etc., que l'on empêche de s’enflammer en élouffant le feu.
Les jambons restent ainsi exposés jusqu'à ce qu'ils soient bien fumés. Mais on peut les faire fumer pendant quelques heures seulement, les assaisonner de nouveau
et leur faire subir cette opération trois fois. On peut, au lieu de les mettre ainsi dans une cheminée, faire une cabane droite et longue au haut de laquelle on les suspend et au bas de laquelle est un foyer,
Après cette fumigation on les suspend dans un endroit aéré, après les avoir renfermés dans un sac de canevas ou de toile qu'en peut même enduire d'une couche de chaux ou de peinture inoffensive, Les épaules des pores se préparent de Ia même manière sous le nom de jambonneaux ; les côtés subissent aussi la même opération.
La poitrine du porc peut être fumée comme le jambon. Sept ou huit jours de séjour dans le sel suffisent.
Pour le bœuf voyez ‘‘ Industries domestiques.”
(fraisse fondue ou saindouxr.—Outre les pannes et le lard, il y a dans le cochon une membrane qui enveloppe les intestins, la coiffe. On en emploie une partie pour envelopper les saucisses ; le reste est ajouté à la graisse qu'on fait fondre, et aux parties qu'on a détachées des morceaux de lard: on coupe ces diverses parties par petits morceaux qu’on met dans le chaudron, On verse au fond environ une pinte d'eau, On fait chauffer à petit feu d'abord et on remue; puis quand la graisse commence à fondre on anime le feu. Quand il ne s'échappe plus de vapeur et que les parties de la graisse qui ne peuvent pas fondre sont cuites, on coule la graisse, à travers une passoire à trous très fins, dans des vases en grès que l’on remplit bien, parce que la graisse en se refroidissant diminue de volume. On les place dans un lieu à l'abri de toute atteinte et, deux jours après, on les couvre et on les place en lieu sec et frais. La graisse se conserve ainsi pendant deux ans. Les rillons, c'est-àdire ce qui reste dans la passoire, acquiert, en se refroidis-
sant, un goût délicieux, et on les mange sous le nom de cretons ou rillettes. On peut ajouter aux rillettes du foie que l'on fait cuire (sans le hacher; dans la graisse pendant qu'elle fond, ou bien dans de l'eau fortement assaisonnée de sel, de poivre, épices, thym. On le retire avant parfaite cuisson; on enlève les parties qu'on ne pourrait pas bien hacher et on hache très mince ; puis on pile si c'est possible, On hache et on pile ensuite les rillons quand ils sont froids. On mêle le tout, et l’on sale. On remet sur un feu doux et l’on fait cuire pendant une demi-heure, en remuant légèrement, sans laisser bouillir; puis on laisse refroidir en remuant de temps en temps. On peut y ajouter poivre et épices, et l'on met dans des pots secs où ils se conservent quelques mois,
Confits d'oie, ete.—Pour préparer des confits d'oies on se sert d'oies jeunes et grasses, saignées ; on les plume et vide encore chaudes. Au bout de deux ou trois jours on découpe l'oie en enlevant les quatre membres, pattes et ailes ; on enlève toute la graisse du reste du corps et on la met à part. On assaisonne fortement les quatre membres séparément en les imprégnant fortement de sel pilé, poivre, thym haché, feuilles de laurier et de diverses épices, On les presse vigoureusement les unes contre les autres dans un vase, et on les charge d’un poids sur le couvercle, On les laisse ainsi pendant vingt ou trente heures ; après quoi on ajoute pour chaque oïie une livre à une livre et demie de lard non salé, dont on enlève la couenne, et la graisse qu’on avait mise à part; on hache le tout bien menu, et on met fondre dans un chaudion ; on ajoute un peu d’eau ; on remue avec une spatule pour faciliter la fonte. Lorsque la graisse commence à fondre, on passe {les membres des volailles dans de l'eau pour
enlever les ingrédients qu'on avait mis pour les parfumer ; on les laisse égoutter un instant et on les mot cuire dans la graisse qui fond sur un feu doux, On remue de temps en temps On laisse cuire jusqu’à ce que les membres puissent être traversés par une fourchette, On les fait complètement refroidir avant de les mettre dans des pots de grès où on les recouvre de graisse passée au tamis et presque froide, et on les met à la cave.
Les résidus de lu graisse peuvent servir comme rillettes, Il faut avoir soin que les membres d'oie qui restent dans un pot entamé soient toujours couverts de graisse. Les membres d'oie ainsi conservés se mangent roussis dans une poêle avec leur graisse, ou réchautfés dans une sauce piquante. On peut aussi les manger froid en les débarassant de leur graisse, ou les mettre chauffer et rôtir dans un plat, ou cuire dans unesoupe aux choux. Cette graisse d'oie est délicieuse pour assaisonner toute espèce de mets.
On peut ajouter aux membres d'oies, en les préparant de la même manière, des membres de dindons et des morceaux choisis de poitrine de cochon.
Lait condensé.—Pour obtenir le lait condensé on fait évaporer la plus grande partie de l’eau contenu dans le lait, on ajoute du sucre, puis on met cette crème dans des boîtes en ferblanc, qui après avoir séjourné dix minutes dans un liquide bouillant, sont fermées et soudées. Ce lait est fort bon, mais ne vaut pas le lait frais de bonne qualité.
Harengs aux oignons.—Dans un petit tonneau ou une tinette mettez un rang d'oignons hachés dans lesquels vous aurez mis du poivre en grain, et étendez dessus du harens dessalé que vous couvrez d'une nouvelle couche
d'oignons et ainsi de suite ; couvrez. Au bout de quelque
temps ce mélange sera excellent à manger.
Choucroute.—Ce sont des choux hachés et légèrement
acidulés par un commencement de fermentation.
Les feuilles parfaitement blanches des choux à grosses pommes et non frisés, conviennent à cette fin. On coupe la pomme blanche du chou en deux et on la divise en lanières très étroites. On prend un petit baril cylindrique, on y dépose une petite couche de sel, puis une couche de choux en les parsemant de poivre en grain, des baies de genièvre, et quelques feuilles de laurier ; on foule sans frapper et sans écraser les choux de manière à réduire leur épaisseur de moitié. On ajoute une nouvelle couche de sel, plus faible que lu première, puis des choux assaisonnés, comme dit est, on foule et ainsi de suite, jusqu'à ce que le baril soit aux trois quarts rempli. On met à la cave, puis on recouvre d'une toile taillée en rond, on met le couvercle qui entre das le baril, on y ajoute un poids, ou on le presse au moyen d’un levier fixé au baril.
La fermentation s'établit peu de temps après ; l’eau surnage, et le couvercle s'affaise, on ôte une partie de cette eau sans cependant laisser le couvercle à sec, Après un mois on peut en manger; mais elle n’est vraiment bonne qu'après deux mois. Il ne faut pas s'effrayer de l'odeur de fermentation qui s’en échappe et qui disparaît par le lavage du chou avant de le faire cuire.
Lorsqu'on veut en tirer on retire l’eau et le couvercle ; on rince la toile et le couvercle que l’on remet submergés d’une couche d’eau fraîche, puis on remet le poids ou le levier,
Conserves de tomates.—Faites une provision de tomates
lorsqu'elles sont à bon marché, essuyez-les, enlevez les queues et coupez-les en plusieurs morceaux. Mcttez-les dans un chaudron, sur le feu, Remuez d'abord pour éviter qu'elles ne brûlent avant d'être écrasées et liquides ; laissez sur le feu jusqu'à ce qu’elles soient assez cuites pour qu'on puisse les écraser facilement ; alors pour en séparer la peau et les pépins, on passe le jus et la pulpe dans un tamis de crin en pressant avec le pilon à purée. On en remplit des demi-bouteilles ou des bouteilles en ayant soin de bien remuer pour que la pulpe soit évalement distribuée. On fait cuire au bain-marie pendant 25 minutes pour les demi-bouteilles et 30 pour les bouteilles entières.
Marmelade de tomates vertes.—Prenez + de minot de tomates vertes que vous coupez en quatre, vous ajoutez 2 gros oignons tranchés ; saupoudrez de deux grosses poignées de sel et laissez passer la nuit dans un vase de grès. Otez la saumure et ajoutez du vinaigre à égalité du mélange dans lequel vous mettez une cuillerée à thé de poivre, clou, piment, moutarde et un peu de poivre rouge, et une livre de sucre, Faites bouillir le tout pendant un quart d'heure. Mettez en bocaux bien clos.
Catsup.—Prenez un gallon de tomates bien mûres, ôtez la pelure ; mettez au feu avec une chopine de vinaigre, faites chauffer jusqu'au point de bouillir ; passez au tamis; remettez au feu avec des épices, savoir, pour 1 gallon, 4 cuillérées de sel, 4 de poivre, 3 de moutarde, 5 de clou de girofle, 1 de clou mêlé de canelle. Faites bouillir jusqu'à ce que ce soit épais. Ajoutez du piment.
Haricots verts—On les jette dans de l'eau acidulée avec une petite quantité de vinaigre, on les fait bouillir à moitié dans l'eau, on les place sur des claies ou des tamis
pour qu'ils s'égouttent et se refroidissent, Ils se con servent en un lieu sec. Avant de les faire cuire on les fuit tremper dans l'eau pendant une couple d'heures,
Ou bien on place dans une terrine, des haricots tendres et bien verts, on jette dessus de l’eau bouillante très salée, et on couvre la terrine, on aromatise ensuite du vinaigre comme sil s'agissait de confire des cornichons, et on y met les haricots ; on peut y joindre de petits oignons.
Herbes salées.—On épluche et lave le persil, le cerfeuil, les cives et autres herbes ; on met dans une tinette un ang de sel et d'herbes, jusqu'à ce que le vaisseau soit plein, On sale de même les fèves vertes.
Cornichons.—Choississez les verts et petits, ôtez-leur le poil en les agitant dans l'eau froide où vous les laisserez tremper quelques heures; faites bouillir de bon vinaigre, dans lequel vous jetez vos cornichons tirés de l'eau ; ajoutez des épices. De très petits oignons pelés avec soin, ét auxquels on fait faire quelques légers bouillons dans un vinaigre bien aromatisé, sont aussi bons que tout ce qu'on peut imaginer pour tenir lieu de cornichons.
Les Capucines se préparent de la même manière.
Œufs.—On conserve bien les œufs dans le sel, dans le son, ou en les enduisant d’une couche de graisse. Procédé sûr, indiqué dans le livre des sœurs de Ia Providence : 8 livres de chaux en pierre qu'on fait éteindre au moment de s'en servir, 2 livres de salpêtre, 2 livres de sel de table, 22 wallons d'eau. Faites cette saumure trois jours d'avance, ayant soin de remuer chaque jour.
Mettez-la ensuite sur les œufs, recueillez le dépôt qui se trouve au fond du vaisseau dans lequel vous aurez préparé la saumure, et mettez sur une toile ; couvrez-en Îles œufs.
Conserves des légumes au vinaigre.
Capucines.—Les grains et les boutons de capucines que l'on récolte tous les jours se mettent dans un bocal de bon vinaigre blanc, auquel on ajoute du clou de girofle, du poivre en grain, du sel et un peu d'ail.
Choux.—On choisit un beau chou bien blanc, bien tendre et bien frais ; on défait les feuilles, on enlève le cœur et les plus grosses côte, puis on jette dessus de l'eau bouillante dans laquelle on les laisse infuser pendant quelques instants. On fait bouillir du vinaigre avec du sel et du poivre, quelques petits oignons, du clou de girofle, une gousse d'ail. Lorsque le vinaigre est en ébullition on y jette les feuilles de choux.
Maïs ou blé-d'Inde (Epis de).—Cueillez les épis de maïs formés vers la base de la plante et dont le grain est à maturité ; on les débarrasse de leur enveloppe et de leur barbe ; on ajoute une certaine quantité de petits oignons et de l'ail. On met du vinaigre dans un chaudron étamé, mieux dans un pot de terre ; on met ce chaudron sur un feu clair et ardent. Quand le vinaigre bout, on le sale, et on y met les mêmes ingrédients que pour les cornichons, puis on y jette les épis de maïs, on laisse faire quelques bouillons, et on verse le tout dans une terrine vernissée pour laisser refroidir. On place ensuite le maïs dans des bocaux, en y ajoutant de l’estragon, des feuilles de rose, etc.
Les betteraves rouges se conservent dans le vinaigre après les avoir fait bouillir dans l'ean légèrement salée,
Conservation des fruits par la dessication.
Certains fruits se conservent par la dessication.
Cerises.—Faites sécher les plus grosses au four. I suffit de les exposer deux fois à la chaleur du four ; encore, la seconde fois, le four doit-il être très peu chaud, On peut même se contenter cette fois de les mettre au soleil. On les place ensuite dans un endroit sec. Elles se mangent en compotes avec un peu de sucre,
Poires.—On fait sécher au four des poires entières et non pelées si elles sont petites, jusqu’à demi cuisson.
On peut les conserver par le procédé suivant : pelez les poires bien mûres, en leur laissant la queue, et empilez-les autant que possible dans un pot de terre rempli d'eau ; on le couvre d’abord avec les pelures des poires, puis avec son couvercle et on le place devant un bon feu. Lorsque les poires sont bien cuites, ce qui prend du temps, on les retire une à une,et on les place sur des cluies à côté l’une de l'autre. On place ces claies dans un four, après que le pain est retiré. Le lendemain on retire les claies du four que l’on chauffe de nouveau pour avoir la même chaleur qu'il avait quand on les à mis la première fois. Puis on aplatit les poires ; on les trempe dans le jus qu'on avait réservé et dont on à fait préalablement un sirop en le soumettant à une ébullition suffisante ; puis on les remet sur les claies et au four le lendemain. Si les poires sont grosses on fait cette opération trois fois. Faire attention qu'elles ne brâlent pas. Lorsqu'elles sont sèches et froides on les range dans des boîtes garnies de papier blanc, et on les place dans un lieu sec.
Un autre procédé consiste à les peler, les mettre avec un peu d'eau dans un plat très creux ; on les recouvre
de leurs pelures; on les met sur des claies et on les traite comme dans le premier procédé ; le jus qui reste dans le plat sert à les tremper.
Pommes sèches—On peut faire sécher les pommes entières en les pelant et les mettant au four deux heures après que le feu en a été retiré.
On peut aussi les faire sécher au soleil en les tranchant pai morceaux et lesentfilant dans un fil. Avant leur maturité, il arrive souvent que les pommes tombent avec assez d'abondance ; on en tire un bon parti en les coupant par tranches sans les peler et en les faisant sécher au four sur des claies ou au soleil.
Raisin.—On fait sécher le raisin au four de la même manière que les cerises. On peut aussi le faire sécher au soleil. [l faut choisir le raisin le moins juteux. Notre raisin indigène est excellent ainsi séché.
Les bluets séchés au soleil peuvent servir comme le corinthe à mettre dans les puddings..........,,........,.......
Les framboises et autres petits fruits se conservent en les mettant en bocaux que l'on chauffe au bain-marie et que l’on ferme hermétiquement.
Confitures, Gelées.
C’est le moyen le plus certain de conserver les fruits et de les rendre agréables. Presque tous les fruits peuvent faire des confitures, C’est une fausse économie que de ménager le sucre pour cette opération, ainsi que ‘le choisir une mauvaise qualité de sucre. On peut se servir d'une casserole en cuivre bien écurée, ou d’une marmite émaillée.
Groseilles.—On choisit de belles groseilles bien mûres, mais non tournées, On peut mélanger un quart de
blanches avec trois quarts de rouges. On égrène et on pèse. On y ajoute leur poids de sucre blanc en grains On met le tout dans un vase de terre ; on laisse macérer pendant deux heures ; puis on verse la masse dans un bassin où un petit chaudron non étamé qu'on place sur un feu doux d'abord ; on remue avec une spatule en bois, A mesure que les groseilles fondent, on anime le feu, afin que l’ébullition soit prompte. Après avoir bouilli à gros bouillons elles sont parfaitement cuites : on verse le tout dans un large tamis de crin placé sur un vase de terre, on laisse égoutter quelques instants, et on verse la confiture dans des pots bien secs. Les confitures qui doivent se former en gelée ne doivent pas être mises dans de grands pots, elles s'y congèlent moins bien, et lorsque le pot est entamé, une partie de son contenu tourne en sirop.
Procédé plus économique : On ajoute des framboises aux groscilles, on les met dans la bassine sur un feu doux d'abord, on les remue avec une spatule en bois ; aussitôt qu'elles ont fait quelques bouillons pendant quatre ou cinq minutes, on les retire du feu : on les met égoutter sur un tamis. On ajoute au jus qu'on retire 1 livre de sucre en grains ; aussitôt que le sucre est fondu, on met en pots. Cette confiture gèle très promptement.
La gelée de groscilles blanches se fait de la même manière que les rouges ; seulement on y ajoute, pendant la cuisson, un peu d’écorce de citron.
Abricots.—La marmelade se fait avec des abricots mûrs, qu'on ouvre en deux pour extraire les noyaux ; on les met dans une bassine non étamé sur le feu du fourneau. Lorsqu'ils sont assez cuits pour que la peau puisse se séparer facilement de la pulpe, on les met dans un tamis en cuir et on les passe à l’aide du pilon, On pèse la
pulpe et l'on y ajoute une égale quantité de sucre en crains. On laisse reposer pendant une heure en remuant de temps en temps, puis on place le mélange sur un feu doux d’abord, qu'on anime peu à peu, et on laisse cuire pendant dix minutes au plus après que l'ébullition est commencée, On met dans les pots.
On peut ne pas ôter la peau des abricots. Après avoir ajouté le süucre aux fruits, on les laisse macérer pendant trois heures, puis on les met sur le feu, on remue sans cesser jusqu'à ce que le sucre soit bien fondu ; on fait bouillir pendant un quart d'heure.
Les abricots peuvent rester entiers en les choisissant peu mûrs et en ne les fendant que juste pour faire sortir le noyau. Il faut 14 livre de sucre blanc par livre de fruits. On met le sucre dans un bassin avec une chopine d'eau par 2 livres. On fait cuire le sirop, on y place les abricots, en quantité telle que la surface de la bassine soit couverte, on active le feu, on retourne les fruits ; quand ils sont cuits, ce qu’on reconnaît à leur transparence, on retire la bassine, puis on prend les abricots un par un, avec une fourchette, et on les place dans des pots de verre. On remet le sirop sur le feu pour faire cuire les abricots qui ne sont pas entrés la première fois. Quand ils sont tous cuits on verse ce sirop dans les pots, de manière que les fruits y soient plongés.
Les courges se traitent comme les poires.
Les fraises se mettent en confitures en y ajoutant une égale quantité de sucre que l’on fait d'abord fondre dans une chopine d’eau par 2 livres; on fait cuire le sirop, puis on y met les fraises. Après quelques bouillons, on enlève les fraises avec l’écumoire, et on en remplit les pots jusqu’à la moitié ; puis on remet le sirop sur le feu, et lorsqu'il bout on en remplit les pots.
Les framboises se mettent dans la bassine sur un feu doux qu'on active peu à peu ; après cinq minutes d'ébul lition, on ajoute un poids égal de sucre en grains ; lorsqu'il est fondu, la confiture est faite et peut être mise en pots.
On fuit la gelée de framboises comme celles de gro. seilles ; mais on la laisse cuire cinq minutes de plus.
Les poires se pèlent avec soin, se coupent en quartiers. On enlève les pépins ; on ajoute 6 livres de sucre pour 8 Ibs de fruit dans une terrine en grès. On laisse macérer pendant six heures en remuant de temps en temps. Quand le sucre est à peu près fondu, on place le mélange dans une bassine sur un feu doux et on le remue fréquemment. Lorsque les poires paraissent parfaitement cuites, on met la confiture en pots. On peut y ajouter un peu de vanille coupée en petits morceaux.
Pommes en gelée. —Coupez les pommes en deux sans les peler; jetez-les à mesure dans le poêlon, que vous avez rempli d’eau claire acidulée avec du jus de citron; jetez l’eau dans laquelle elles ont trempé et que vous remplacez par de l’eau claire en assez grande quantité pour qu'elles y baignent complètement. Posez la bassine sur un feu vif. Lorsque les pommes sont cuites sans être en marmelade, versez le tout sur un tamis. Laissez égouter quelqnes instants; pesez le jus en le versant dans le poêlon, que vous avez le soin de tarer à l'avance et ajoutez-y 2 livres de beau sucre en grains pour 2 livres de jus. Exprimez-y le jus d'un ou deux citrons en ayant soin d’en ôter les pépins. Mettez la bassine sur un feu ardent, et laissez boullir pendant un quart d'heure au plus. Retirez du feu puis versez dans les pots.
On parfume la gelée de jommes avec de l'écorce de citron coupée en lanières que l’on met cuire sur un feu
vif dans un peu d'eau. On ajoute cette eau au jus des pommes. On distribue ensuite ces lanières dans les pots.
Coings en gelée.—A peu près comme la gelée de pommes; mais retirez les pépins. Quand les coings sont cuits on ajoute 14 livre de sucre pour 1 livre de jus ; on remet au feu vif; après trois ou quatre bouillons, on écume et on met en pots.
On peut employer la pulpe à faire de la pâte de coings,
Prunes en confiture—Autant de sucre que de fruits pas très mûrs. On met le sucre de très belle qualité dans la bassine avec une demi-pinte d’eau par deux livres, On fait cuire, et on ajoute les mirabelles. Après trois ou quatre bouillons on les retire du feu ; on les verse dans un vase de porcelaine ou de verre, et on laisse refroidir jusqu'au lendemain, On ajoute le sirop dans la bassine, puis on le met sur le feu pour le réduire encore. On plonge de nouveau les mirubelles dans le sirop ; elles y font encore trois ou quatre bouillons. On les retire et on procède exactement comme le jour précédent, si elles ne sont pas bien cuites à l'intérieur. On met dans les pots.
Rhubarbe.—On pèle les tiges que l’on plonge dans l'eau bouillante pendant trois minutes ; on les coupe par tronçons et on les jette dans un vase qu'on a placé sur le feu et qui contient du sirop de sucre en ébullition. On agite. La proportion est de 2 de sucre pour 1 de rhubarbe,
Pâtes de fruits.
On peut conserver les fruits pendant plusieurs années en les mettant en pâtes.
Coings.—On fait cuire dans un vase d’eau couvert, sur un feu vif, ou des coings frais, ou bien on prend la pulpe
qui a servi à préparer la gelée. On fuit égoutter, et on fait cuire de nouveau en y ajoutant 1 livre de sucre en grains par 2 livres de pulpe, et en les remuant toujours ; on laisse refroidir et on y incorpore du sucre en poudre jusqu'à ce qu'elle ait la consistance d’une pâte ferme. On roule cette pâte avec un rouleau en saupoudrant de sucre la table sur laquelle on opère. On la réduit mince ; on saupoudre également la pâte de sucre. On découpe cette pâte, puis on place les morceaux sur des feuilles de papier saupoudrées de sucre. On les met au four à une chaleur très modérée, on les y laisse douze heures ; on les place dans des boîtes en les séparant par des feuilles de papier.
Pommes.— On les pèle, on enlève les pépins et on les jette dans l’eau. On les fait cuire sur un feu vif, dans un vase couvert. Lorsqu'elle: sont cuites on les remue vivement pour en former une espèce de marmelade épaisse qu'on met dans les assiettes, en couche mince, On place ces assiettes dans le four très modérément chautté; le lendemain, on détache la pâte avec un couteau. Le dessus est sec, mais le dessous est mou ; on place ces galettes sur une claie, en mettant le côté mou en-dessus ; et remettant de nouveau au four.
On rend la pâte plus délicate en ajoutant du sucre et de la canelle,
Fruits en bouteilles.
On fait une conserve de fruits moins sucrée que des confitures. Le fruit y conserve sa forme et sa couleur et nage dans un sirop très clair.
Il est préférable d'employer des demi-bouteilles, parce qu’une fois ouvertes, les fruits ne se conservent pas.
Abricots et cerises. —On raccourcit les queues : on emplit les bouteilles, on ajoute environ 6 onces de sucre en grain et on bouche, On consolide le bouchon avec une ficelle où un fil de fer. On les place dans de petits sacs de grosse toile ; puis on les range debout dans un chaudron qu’on remplit d'eau froide, sans que l’eau arrive jusqu'au bouchon, et on allume un bon feu, On fait bouillir pendant 20 à 25 minutes les cerises, et ? d'heure les abricots ; on retire le chaudron du feu, et on laisse refroidir, On enlève les bouteilles, et, lorsque les bouchons sont secs, on les goudronne exactement et on les couche dans la cave.
On peut aussi, quand les fruits sont bien tassés dans les bouteilles, remplir celles-ci avec du sirop cuit ; on bouche et on fait cuire,
En mettant de l'eau-de-vie dans les compotes au moment de les manger, on en fait d'excellents fruits à ’eau-de-vie,
Fraises et framboises.—Même procédé que pour abricots et cerises, mais on ne les laisse bouillir que pendant sept à huit minutes,
Prunes. Même procédé.—On n'ôte pas les noyaux ; on laisse bouillir pendant une demi-heure.
Sirops,
On prépare le sirop de sucre en faisant fondre 4 livres de sucre dans 2 pintes d’eau bien limpide. On délaie un blanc d'œuf dans de l’eau, on l’ajoute au sucre fondu, et on met le mélange sur le feu jusqu'à ébullition. Lorsque le blanc d'œuf est bien cuit on laisse reposer un moment, puis on enlève l'écume avec une écumoire.
Le sirop est cuit au petit boulé lorsque, en trempant une écumoire dedans et en souflant fortement à travers
les trous, on fait naître des globules derrière ces trous ; il est cuit au grand boulé lorsque, en opérant de même, on fait que les globules se détachent et s'envolent comme des bulles de savon. Le sirop est à {a nappe lorsqu'il s'écoule de l’'écumoire par nappes qui tombent lentement ; au cassé quand il forme des filaments qui se consolident lorsqu'on les jette dans de l'eau froide ; à l’état de suvre d'orge lorsqu'il commence à jaunir ; enfin, au caramel lorsqu'il a pris une couleur brune ; s'il reste quelques instants après il brûle,
Groseilles (sirop de).—-(iroseilles rouges égrenées, 8 livres, cerises aigres, 2 livres, Après avoir ôté les noyaux et les queues des cerises on les écrase au pilon. On exprime le mélange à l’aide d'un torchon neuf et mouillé. On dépose à la cave pendant 24 heures le jus obtenu ; il se coagule, On le divise avec une fourchette, puis on le verse dans un couloir de laine blanche ou sur un tamis de crin ; on laisse égoutter sans exercer de pression, On ajoute ? livres de beau sucre en grain pour 1 livre de jus. On fait fondre sur un feu doux ; au premier bouillon on retire du feu ; on transvase dans une terrine et on laisse refroidir. On met en bouteilles, on bouche,
On peut remplacer 1 livre ou 2 livres de groseilles par une égale quantité de framboises.
Epine- Vinette (Sirop d”.).—On écrase des baies bien mûres ; on les fait fondre sur le feu avec une pinte d'eau pure, 6 livres de fruit. On exprime le jus dans un torchon neuf et mouillé, on passe au tamis, pour 1 livre de jus, on ajoute 1 livre de sucre en grains fondu sur un feu très doux; on met ensuite le sirop en bouteilles, quand il est refroidi.
Fraises et framboises (sirop de).—On fait cuire les
fruits pendant quelques instants en les remuant, puis on les met sur un tamis pour en extraire le jus, Le sirop de vinaigre framboisé se fait en infusant pendant 15 jours ; livre de framboises bien mûres dans une pinte de vinaigre ; on presse, puis on fait fondre dans le mélange 3 livres de sucre,
Gomme (sirop de).—(iomme arabique, 5 onces; eau, l livre ; sucre, 2 livres,
On lave la gomme, puis on la met dans l’eau dans un vase sur un feu très doux pour la laisser fondre : on passe la solution gommeuse à travers un linge en le tordant; on ajoute le sucre, qui doit être très beau et en grains; lorsqu'il est bien fondu on met en bouteilles; on peut y ajouter 1 once d’euu de fleurs d'oranger.
Oranges (sirop d’'). On choisit de beiles oranges ; on enlève le zeste et on le réserve pour parfumer le sirop ; on achève de peler les oranges, on en écrase la pulpe. On exprime le jus dans un torchon neuf et mouillé. On emploie 2 livres de sucre pour 1 livre de jus. D'autre part, on étend sur un couloir ou sas ou linge mouillé les zestes d'une ou de deux oranges, Dès que le sirop entre en ébullition, on le verse bouillant sur les zestes, puis, lorsqu'il est presque froid, on le met en bouteilles,
Citron (sirop de) se prépare comme le sirop d’oranges ; mais le suc de citron étant très acide, on peut y ajouter une proportion égale d’eau.
Fleurs d'oranger (sirop de).—EÆEau de fleurs d'oranger, 1 livre ; 2 livres de beau sucre en grains.
On fait dissoudre le sucre dans l’eau de fleur d'oranger, et on passe au filtre de papier gris.
Fruits à l’eau-de-vie ou à l'alcool.
Plus l'alcool est rectifié, meilleur il est pour y plonger les fruits, Le sirop dont on se sert est composé de 4 livres de sucre par pinte d’eau. Les bocaux doivent être en verre et bien bouchés.
Abricots et pêches. —On pique les fruits jusqu’au noyau avec un poinçon et on les jette dans la bassine dans un sirop composé de 4 livres de sucre et d'une pinte d'eau par cent abricots. On fait chauffer doucement jusqu'à lébullition. On verse le tout dans un vase de faïence et on laisse macérer pendant 24 heures. On égoutte le jus et on le met sur le feu pour l'amener à ébullition. Pendant ce temps on place les abricots dans un bocal et on verse le sirop presque bouillant. Trois ou quatre jours après, on ajoute une pinte de trois-six bien blanc; on bouche.
Cerises.— On range dans un vase de terre 6 livres de cerises qu’on à piquées en tous sens ; après leur avoir enlevé les queues, on y verse le sirop bouillant, on les tient submergées avec une assie:-e, On laisse macérer pendant 24 heures. On égoutte le sirop ; on le met sur le feu et on y ajoute cannelle et clous de girofle, et on fait cuire un peu. On les laisse ensuite refroidir à moitié et on y ajoute un pinte de trois-six par 6 livres de cerises. On verse le mélange sur les cerises, et on bouche.
Poires.—On les choisit avant complète maturité. On enlève la peau avec un couteau à lame d'argent ou d'ivoire et on laisse la queue. On jette au fur et à mesure les fruits dans l'eau acidulée de jus de citron eton les y tient pendant +d'heure, On les met ensuite dansune bassineavec une nouvelle eau pour qu'elles y baignent. On ajoute 10
onces de sucre pour 1 livre de poires pesées avant d'être pelées. Lorsqu'elles sont assez cuites pour que l'on puisse facilement y enfoncer une paille, on les retire du feu, on les verse doucement dans un vase de terre, on les laisse refroidir dans le sirop, puis on les range dans le bocal. On fait bouillir un peu, et lorsque le sirop n’est plus que tiède on y ajoute une demi-pinte de 3-6 par 3 livres de poires. On mêle avec soin le sirop et l'alcool ; on verse le mélange sur ies poires. On laisse refroidir et on bouche.
Prunes.—Prenez une certaine quantité de belles prunes encore dures et vertes; essuyez-les et piquez-les avec une aiguille jusqu'au noyau ; coupez la queue à moitié, jetez-les dans l’eau froide, D'autre part, on fait fondre dans une bassine de cuivre rouge non étamée 4 livres de beau sucre avec 1 pinte d'eau ; lorsque le sirop bout on le verse sur les prunes déposées dans un vase de faïence ou de porcelaine : on place dessus une assiette pour les tenir plongées et on laisse infuser jusqu'au lendemain. On fait alors écouler le sirop et on le remet dans la bassine sur un feu vif. Lorsqu'il a bouilli pendant dix minutes, on le verse de nouveau sur les prunes qu'on a eu soin de conserver vertes ; on laisse encore infuser pen nt 24 heures ; les prunes deviennent jaunes. On verse l2, prunes t le sirop dans la bassine, et on met le tout sur un feu clair. Lorsque les prunes sont ruvenues dessus on les retire avec une écumoire et on les met égoutter sur un tamis. Lorsqu'elles sont sorties on laisse cuire le sirop ; puis on range es prunes dans un bocal, on y verse le sirop et on bouche. Après 3 ou + jours, on ajoute 2 pintes et demie d’eau-devie blanche pour 100 prunes ; si c'est du 3-6, 1 pinte suffit. Bouchez biea,
Ratafia.
C’est une manière de conserver certains fruits.
Merises.—On met 2 livres de merises bien mûres, dont on ôte la queue, dans un bocal de verre ou une cruche en grès, avec 1 gallon de forte eau-de-vie; on bouche et on expose au soleil pendant deux mois. On fait fondre dans une très petite quantité d’eau 2 livres de sucre si l’on veut un ratafia doux; une livre si l'on veut qu'il soit plus fort ; le sucre doit être seulement bien humecté, on passe la liqueur, on y ajoute le sucre, et l’on met en bouteilles.
Cassis.—Le même procédé que pour les merises, mais on y ajoute + ou 5 clous de girofle, une douzaine de feuilles de cassis, et quelques noyaux d'abricots qu'on ‘asse sans enlever la coquille.
Coinys.—On fait cuire huit beaux coings, sans les peler, baignés dans l'eau : lorsqu'ils sont assez cuits pour qu'on puisse y passer une paille, on les retire du feu et on les coupe avec un couteau de bois; on les laisse refroidir dans l'eau où ils ont cuit, on les fait ensuite égoutter et on met fondre 4 livres de sucre dans © pintes de ce jus, auquel on ajoute une pinte d'alcool, pais on met en bouteilles que l’on bouche.
On peut se borner à faire irfuser pendant un mois dans de l’eau-de-vie des coings coupés en quartiers, et y ajouter par pinte 1 livre de sucre qu’en fait fondre dans un verre d'eau.
Raisins.—Les noirs sont préférables ; on les fait cuire épurés à feu doux en les remuant avec la spatule en bois. Lorsqu'ils laissent échapper leur jus, on verse le tout sur le tamis de crin, et lorsque le jus est refroidi, on y mêle de
forte eau-de-vie dans la proportion d'un cinquième ; on met la liqueur dans de grandes bouteilles où dans des cruches à goulot étroit, après avoir placé dans chaque bouteille un nouet de linge contenant de la cannelle, des clous de girofle et de la coriandre pilés. On laisse sortir de la bouteille la ficelle qui attache ce nouet ; on bouche le vase et on le laisse debout, Un mois après on transvase la liqueur dans des bouteilles ordinaires qu'on bouche avec soin. Une addition de 3 à 6 onces de sucre par pinte améliore la liqueur.
Framboises.—Comme le ratatia de merises. Sr au lieu d'eau-de-vie, on emploie de l'alcool, on n'en mettra que 2 pinteset on ne fera infuser que 12 heures. Dans ce cas on fait fondre 6 livres de beau sucre dans deux pintes d'eau que l’on mêle à l’infusion, après l'avoir passée au tamis, puis on met en bouteilles.
Boucherie.
Du plus ou moins de perfection avec laquelle un animal est saigné et de l'adresse avec laquelle la viande est découpée, dépend en partie sa bonne conservation et son apparence.
Lorsqu'on se prépure à tuer un animal, surtout un cochon, on le laisse une couple de jours sans manger. On choisit un temps sec et frais.
Abattage des veaux, moutons et bœufs.—Pour procéder à l'abattage des animaux domestiques, tels que les veaux, moutons où bœufs, il y a des établissements spéciaux. qui ont été éditiés dans presque tous les pays, que lon appelle ‘battoirs ; ces établissements ont été construits d'après des conditions hygiéniques permettant d'éviter des émanatons qui engendrent des épidémies où des maladies ; il
y a des règlements spéciaux assez sévères auxquels sont soumis les bouchers qui fréquentent ces abattoirs,
Il y a peu de personnes qui n'aient visité ces établisse. ments, et je crois même que, sans posséder des sentiments sanguinaires, on peut très bien visiter un abattoir, ne serait-ce que pour se rendre compte de quelle manière les bouchers opèrent pour nous fournir la viande de bou:cherie servant à notre alimentation.
Si quelques uns de mes lecteurs n'ont visité ces lieux, qu'ils veuillent bien me prêter un peu d'attention pendant que je vais leur mo: ‘rer comment les bouchers procèdent,
Pour les bœufs, veaux et moutons l'opération est la même, mais l'opérateur doit employer plus ou moins de précautions selon qu'il s’agit d'un animal plus ou moins fort.
Voici comment on pratique : le garçon boucher, après avoir bien amarré le bœuf ou le veau à l’aide d’une corde, attache l’animal soit à un piquet ou à un anneau de fer solidement fixé dans le sol, il s'en approche, il l’assomme d’un coup de massue appliqué sur l'os du milieu du front, et à l’aide d’un couteau pointu et bien aiguisé lui coupe la gorge ou bien lui enfonce le couteau dans la région du cœur ; alors on le foule du pied dans le flanc pour faire sortir le sang.
Cette bête qui est tombée, après avoir rendu le dernier soupir, est détachée de ses liens, on la met sur le dos, 9n lui enlève la peau avec précaution jusqu'au dos, en commençant par la poitrine et lui fendant la peau tout le long, en évitant de la détériorer, puis on suspend la bête, pour ôter ce qui tient encore de Ia peau, on lui en retire le suif et les entrailles ; on la dépèce en diverses parties, c’est-à-dire en deux dans le sens de la longueur!
après lui avoir enlevé la tête, on laisse refroidir et le lendemain on la devise en quartiers,
Pour le mouton, on se contente de uer les pattes à la pauvre bête dont on connaît la douceur proverbiale ; on la dépose sur une espèce de table que l’on nomme étal, on la saigne êt l’on opère ensuite comme pour les bœufs et les veaux. Le sang peut-être fricassé.
Pour le veau on procède de la même manière, mais on le pend avec sa peau qu'on ôte le lendemain.
Pore.—Le cochon quelques jours avant de le tuer doit être tenu au sec. En le saisissant il faut faire attention à ses crocs : on peut l’assommer, ou le saigner tout de suite ; on le met sur le côté, et tandis qu'on lui enfonce le couteau dans la gorge assez avant pour atteindre la région du cœur, un autre met la poêle sous la saignée pour recevoir le sang. T1 faut avoir soin de le remuer à la main pour éviter qu'il ne se coagule. La personne qui le remue enlève et jette les caillots qui se forment dans su main. Et pendant qu'elle verse une poêlée dans un autre vase plus grand, celui qui tient le couteau ferme la plaie en en pressant les bords sur le couteau, On dépose le sang dans un lieu frais. Si on échaude le porc, ce qui nettoie mieux la peau, mais ramollit la chair, on le place la tête en bas, sur une échelle penchée, et on y verse de l'eau bouillante par petite quantité à Ja fois, et on gratte à mesure pour arracher le poil.
Lorsqu'on le grille, on l'étend par terre emmuillotté d'une faible couche de paille, ayant soin d’avoir d'autre paille à sa disposition. On y met le feu et l’on fuit attention que ce feu ne brûle pas les chairs, er ütant, au moyen d’une grande fourchette que l'on à à la main, le feu où il semble trop ardent, et en en mettant où il languit ; on
remet même des tampons de paille à où il n'a pas suffisamment brûlé, Le cochon une fois grillé bien également, on le lave d'abord à l’eau chaude, non bouillante, on le gratte avec un fort couteau, qui enlève avec les soies carbonisées une partie de leur racine; on peut aussi le frotter avec une brique ; on le rince à l'eau froide. On le pend ensuite sur une échelle inclinée, lu tête en bas : on l’ouvre et on en retire la fressure, qu'on mange au plus tôt. On lave les intestins avant de les enlever ; on enlève d’abord la graisse qui les entoure et elle est mise à part et fondue ; puis on transporte les intestins près de l’eau. On lave l'extérieur des tripes ; puis au moyen d'un petit morceau de bois, on les retourne par fractions pour les vider et les laver intérieurement, Il faut diviser ces boyaux en bouts assez longs, cela est plus commode pour faire le boudin. On ouvre l'estomac, on le lave et on le retourne, ainsi que les gros intestins, On rapporte le tout au logis dans un panier et plus tard on nettoie de nouveau avec de l’eau tiède On emploie pour râcler l'intérieur des tripes, un couteau peu tranchant ou en bois. IT faut que les boyaux destinés au boudin soient entièrement dégarnis de la membrane dont ils sont revêtus intérieurement, et qu'il ne reste exactement que l’épiderme, qui doit paraître transparente lorsqu'on soufHe dedans. Il faut toutefois ne pas aller jusqu’à perforation. On met ensuite tremper ces boyaux dans l’eau froide. Les autres parties d’intestins sont aussi parfaitement lavées mais non grattées ; elles sont réservées pour faire de l’andouille. La coiffe qui entoure les intestins est réservée pour faire des crépinettes propres à envelopper de la saucisse où à faire des pieds de cochons farcis, ou bien on la joint à la graisse des tripes.
J'ai parlé à l'article de la conservation des viandes de la
manière de découper et de saler la viande, et aussi fait connaitre le procédé de faire fumer certaines parties du cochon, je vais maintenant parler de quelques préparations qui conviennent au cochon.
Andouilles.
On emploie les gros boyaux à faire des andouilles. Après les avoir bien lavés à l’eau froide et les avoir râclés légèrement, on les lave à l’eau très chaude, puis on les fait macérer pendant trois où quatre heures dans du sel pilé, fortement assaisonné de poivre et d’'épices; on choisit et on met à part ceux qui sont les mieux faits pour servir d’enveloppes aux andouilles; les autres sont coupés avec des ciseaux, en lanières de six ou douze lignes ; on peut y ajouter des lanières de fraises de veau échaudées et bien blanches, ce qui les rendra plus délicates. Tout étant ainsi préparé on prend Îa quantité de lanières suffisante pour remplir un boyau, on les réunit en paquet en les allongeant sur la table et de manière à égaliser autant que possible les bords des deux côtés, Dans le boyau qui doit servir d’enveloppe à l'andouille, on doit passer une ficelle que l’on attache ensuite par le milieu du paquet de lanières que l'on vient de préparer ; on attache aussi très serré le bout de l'enveloppe le plus rapproché des lanières ; alors, prenant d'une main le bout de la ticelle qui sort du gros boyau, on fait avec l’autre main glisser celui-ci et, doucement, sans effort, on retourne peu à peu l'enveloppe sur les lanières jusqu’à ce que celles-ci soient entièrement enveloppées ; on coupe alors la ficelle ; on rentre un peu l’autre bout et l'andouille est faite. On procède ainsi pour toutes les
autres, puis on met bouillir à petit feu pendant environ deux heures dans de l’eau assaisonnée de sel, poivre, quelques oignons, thym, laurier. On les retire de l’eau. on les range sur une planche ; on les recouvre d'une autre planche qu'on charge d'un poids de 2 livres, on les laisse refroidir en cet état. On peut les faire fumer, On les mange grillées,
Boudin.
Lorsque les boyaux sont bien lavés et râclés, on souttle dans chaque morceau pour s'assurer s#il n’est pas percé et on le coupe au point où il l’est, puis on l'attache avec un til par un des bouts et on le met dans un plat rempli d'eau, pour le rernplir avec la préparation suivante :
On coupe par tranches une douzaine de gros oignons suffisants pour le sang d’un cochon ordinaire, on les met sur le feu dans une casserole avec un peu d’eau ; on les couvre avec soir et on les laisse cuire en remuant souvent, jusqu’à ce qu'ils soient réduits en purée. D'autre part on luve + onces de riz qu'on fait cuire dans deux pintes de lait environ, jusqu'à ce qu'il soit parfaitement crevé, On réserve, en découpant le porc, les joues et les bajoues ; si cette viande n'est pas suffisamment grasse, on y ajoute du lard. Le tout doit former environ de 2 à 4 livres, tant de chair maigre que de grasse, On enicve la couenne de ces viandes et on hache aussi mince que la chair à saucisse, On met ce hachis sur le feu dans un chaudron ou dans un autre vase assez grand pour contenir tous les ingrédients qui doivent eomposer le boudin On laisse cuire en remuant souvent. Comme il ne faut pas laisser fondre la graisse qu'elle contient, on y ajoute les oignons et on retire le vase du feu. Ilne faut pas
que la viande soit cuite au point d'en séparer la graisse On ajoute alors le riz qu'on mélange parfaitement à lu viande plus tard coupée en petits morceaux ; puis après avoir luissé refroidir quelques instants, on verse je sang dans cette préparation en remuant avec vitesse, pour que le sang versé le premier ne cuise pas, puis on met sel, poivre, épices, girofle, canelle etc.
On emplit les boyaux au moyen d’une boudinière, au-dessus d’un vase creux, On attache et on fait cuire dans l'eau qu'on amène presque jusqu'à l’ébullition. Lorsqu'une piqûre d’épingle ne fait pas sortir de sang, on retire et on laisse refroidir sur des torchons. On les mange ensuite chauffés ou rôtis sur le gril ou dans une poêle,
On peut faire une excellente soupe à l'oignon ou aux choux avec l’eau qui a servi à la cuisson des boudins.
Saucisse.
On peut faire des saucisses avec des boyaux de porc ou de mouton ou avec la coiffe du porc.
On choisit dans la viande de porc des morceaux très entrelardés, on les hache mince, on y ajoute du lard si elle n’est pas assez grasse ; on sale et on poivre et on fait la saucisse. On se procure chez les marchands de fer des moulins commodes à hacher la viande,
Fromage d Italie.
Cette préparation imite le pâté de foie gras. On enlève de l'intérieur du foie de porc les membranes dures, On les hache très mince, puis on y ajoute 3 livres de lard, Le tout est haché parfaitement de nouveau. On ajoute
en saupoudrant, deux à trois cuillerées de farine, puis on
y joint trois œufs. On met sel, poivre, épices, deux feuilles de laurier, une petite branche de thym, on hache de nouveau,
Dans une terrine à pâté, on range des lardons carrés bien assuisonnés de poivre et de sel, sur lesquels on place une couche de hachis, puis d’autres lardons, ainsi de suite. On fait cuire au four ou au fourneau pendant une heure ou une heure et demie, Après, laissez refroidir.
Voyez d'autres préparations au titre “ Industries Domestiques ??,
Volailles,
Les volailles ne doivent pas être servies avec Ja tête et le cou, lesquels peuvent se préparer en ragoût.
Pour dresser une volaille après l'avoir saignée on la plume encore chaude, on la flambe, on fend la peau du cou en-dessus avec des ciseaux, puis on détache le jabot et on coupe le cou à sa naissance, Après avoir coupé la peau du cou, on la replie sur le dos de lanimal et on l'y fixe au moyen d’une ficelle, après avoir retourné le bout des ailerons sur le dos. Pour la vider on fend la peau du ventre le long de la cuisse droite, on enlève les intestins ; on saisit le gosier et le foie en les prenant par derrière pour éviter de crever le fiel. Le jabot vient avec, on enlève le fiel, puis l'anus en le coupant après l'avoir retourné et le faisant sortir avec le doigt introduit par lu fente qui a servi à vider.
On laisse les pattes qu'on dépouille de la pellicule qui les recouvre en les passant dans le feu, et on en coupe les ergots à la seconde phalange, on les enlève ou on les plie le long des pilons, on les y fixe en les faisant passer sous une lanière de peau,
Les pattes du canard et de l'oie ne doivent pas paraître sur la tuble et doivent être désarticulées,
On enlève au dindon, au canard et à l'oie les deux premières phalanges de l'aile, qu'on fait cuire avec l'abattis. [n’en est pas de même des ailerons des poulets et des poules ; leurs ailes doivent rester intactes ; on les retrousse en en passant le bout sous l’aileron, ce qui les fixe sur le dos de la bâte,
Fabrication du pain.
On devrait dans chaque famille fabriquer son pain et parceque c'est une grande économie, et parcequ'on est sûr alors de ce que l’on mange.
On peut fabriquer le pain dans un four qui est en forme de fer à cheval. L'âtre ou la sole est en brique ou en pierre, un peu plus élevé dans le fond qu'à la bouche du four.
La voûte est en brique mise de champ ou en glaise ; plus elle est près de l’âtre plus elle est facile à caautrer, Elle est d'environ 14 pied de hauteur. La bouche, qui est de la grandeur d'un gros pain se ferme avec une tôle munie d’une poignée.
On peut aussi faire cuire le pain dans des chaudrons ou des lèchefrites qu'on introduit dans le fourneau d'un poêle.
Le four se chauffe au moyen d'écluts de bois et lorsque la braise en est tirée, au moyen d’un fourgon recourbé, on laisse refroidir jusqu'à environ 100 degrés centigracdes. On enfourne au moyen d’une pelle à long manche.
Le pétrin où huche est un long coffre sur pieds plus large du haut que du bas. A laide d’une ou deux planches
qui servent de cloison mobile, on peut diviser le pétrin en plusieurs compartiments.
Farine.—On emploie pour faire le pain de la farine de froment, de seigle, d'avoine ou d'orge.
Un peu de farine de seigle mélangée au froment fait un pain bien nourrissant. La présence d’une petite quantité de son est utile pour stimuler les fonctions digestives.
La farine d'avoine donne un pain nourrissant, mais peu digestif. On s'en sert pour faire du gruau, (soupâne ou porrage).
La farine d'orge est moins nutritive que le froment, et donne un pain lourd et suspect.
Des pommes de terre ajoutées à la farine rendent la pâte plus légère.
Levain.—Le premier procédé est le levain ou ferment. C'est un morceau de pâte fermentée mis en réserve de la dernière fournée, pour déter..iner la fermentation de la pâte; on peut le former des râclures du pétrin auxquelles on aïoute un peu d’eau et une petite quantité de farine. On met du levain 1 à 2 pour 100 du poids total du pain qu'on se propose de pétrir. La veille du jour où l'on entend faire le pain, on met à l’une des extrémités du pétrin la quantité de farine qu'on veut panifier. On enlève la croûte qui s’est formée à la surface du levain, et on place ce qui reste dans un trou pratiqué au milieu de cette farine ; puis avec de l’eau d’autant plus chaude que la température est plus froide, on incorpore et on pétrit avec le levain une partie de la farine qui l'entoure. On saupoudre cette pâte avec de la farine, et peu de temps après la fermentation commence, Si la température est froide, on active la fermentat'on en recouvrant la pâte d’une couverture de laine, qu’on fait chauffer s’il en est
besoin, Lorsque le levain a renflé du double environ, qu’il exhale une odeur vineuse et qu'un morceau surnage sur l’eau, il est à point.
On peut, au lieu de levain employer de la levure dont l'usage est préférable, C'est un produit qui se forme pendant la fermentation de la bière et qu'on peut se procurer aux brasseries, On la met délayée comme le levain dans un creux fait dans la farine du pétrin ; on y ajoute les pommes de terre bien écrasées et le sel nécessaire. Et puis on pétrit en ajoutant peu à peu de la furine à la levure, puis de l’eau à la farine. On se sert d'eau dégourdie. Lorsque l’eau est chaude le pain est terne. Le pain est plus nourrissant quand on se sert pour le pétrissage d'eau dans laquelle on a fait bouillir du son.
Quand la pâte est bien pétrie on la sépare en boules que l’on dépose sur le couvercle de la huche préalablement saupoudré de farine. On le couvre, puis on le met dans un endroit tempéré.
Au bout d'environ deux heures la fermentation est suffisante et il faut mettre le pain au four ou au fourneau sans tarder. Pour des pains de 4 livres 1 heure environ de cuisson est nécessaire. Les pains se conservent dans un endroit sec et bien aéré.
Pâtisseries.
On peut réserver une partie de la pâte le jour ou l’on fait le pain, y ajouter du beurre et des œufs et en confectionner des pâtisseries.
Cependant toute ménagère doit avoir chez elle de la farine préparée ou fermentante, qui permet de faire très vite, au besoin, un plat de friandises: gaufres, crêpes, etc. Une tarte aux fruits est économique: Prenez 1 livre
182 DE L'ÉCONOM:E DOMESTIQUE
de farine préparée, 4 livre de beurre frais : # d'un vorre d’eau ; un peu d’eau-de-vie et du sel. Pétrissez la pâte ; roulez-la bien et mettez-la dans une forme bien graissée. Mettez sur la pâte des pommes coupées en tranches fines ; saupoudrez-les d’un peu de farine et cannelle en poudre mélangées. Recouvrez de pâte les pommes et faites, dans le dessus de la pâte, de petites incisions, Faites cuire sur le poêle pendant & heure environ, en ayant soin de tourner la forme pour que le dessous de la tarte ne brüle pas. Faites-la ensuite cuire au four le temps nécessaire pour lui donner une belle couleur dorée. Un moyen simple de constater si le four est chauffé à point pour la pâtisserie est d’y introduire une feuille de papier. Si ce papier devient rapidement jaune mais pas noir, c’est le degré qui convient pour toutes les tartes fouilletées ou brisées.
Quand le papier jaunit lentement, la chaleur est bonne pour les mets qui doivent prendre couleur et gratiner.
Si ce papier se recroqueville simplement le four est bon pour les mets qui doivent cuire lentement, se dessécher en quelque sorte.
On s'assure que les pâtes sont cuites à point, à l’aide d’un fétu de paille qu'on y introduit. Si le pâte n'adhère plus au fétu, elle est assez cuite.
Pâte feuilletée—Pour faire un grand gâteau feuilleté ou deix vols-au-vent, prenez farine 1 livre ; beurre & livre ; eau-de-vie 2 cuillerées, un blanc d’œuf, sel et une quantité d’eau suffisante pour faire une pâte un peu plus consistante que celle de pain.
La pâte feuilletée est faite à l’eau froide et en lieu très frais avec du beurre ferme.
Faites un trou au milieu de la farine étendue sur la planche à pâtisserie, mettez-y l’eau froide dans laquelle
vous avez fait fondre le sel; ajoutez l’eau-de-vie et le blanc d'œuf, Pétrissez de manière à avoir une pâte bien liée, mais pas trop dure pour pouvcir l’étendre facilement avec le rouleau. Faites une boule de cette pâte et donnezlui un tour, ce qui veut dire étendre la pâte avec le rouleau à une épaisseur de quatre lignes au plus, puis la plier en six, c’est-à-dire d'abord en trois comme une serviette, puis encore en trois, de manière quo les seconds plis soient en travers des premiers et que la pâte forme alors un cube. Au second tour il sera essentiel de la plier en sens contraire. Saupoudrez votre planche de farine et donnez un second tour à votre pâte ; mais cette fois après l'avoir étendue en carré au moins aussi mince que la première fois : vous devez y mettre votre beurre que vous aurez, au préalable, parfaitement pétri dans les mains pour en faire sortir toute l’eau ou le lait qu'il pour- ‘ait contenir et pour en faire une pâte douce, moelleuse et très onctueuse. Etendez-le aussi agilement que possible sur les deux tiers de la surface de votre pâte, en ayant le soin qu'il n'arrive pas tout à fait ou bord, pour éviter qu'il ne s'échappe sous la pression du rouleau lorsque vous abaisserez votre pâte encore une fois, de telle sorte qu’en pliant la pâte en trois, comme je vais l’expliquer, le pliage soit fait en travers du premier.
Repliez le tiers de la surface de votre abaisse qui n’a pas reçu de beurre, sur la moitié des deux tiers beurrés ; relevez le tiers restant de manière à plier votre pâte en trois ; vous avez ainsi deux couches de beurre intercalées entre trois couches de pâte ; pliez-la de nouveau en trois, afin d’avoir un cube bien carré ; donnez encore un tour. Après avoir plié votre pâte en six, étendez-la pour lui donner la forme que vous voulez. Ayez soin de couper les bords bien nets avec un couteau, précaution essentielle
pour que votre pâte monte bien au four. Dorez avec le jaune d'œuf que vous avez mis à part et que vous délayez avec un peu d’eau. Faites attention que la dorure ne coule pas sur les bords car elle empêcherait la pâte de monter, Mettez au fourneau ou au four chauffé comme pour le pain sur une plaque de tôle beurrée ; 20 à 25 minutes de cuisson suffisent. Si le gâteau prend trop de couleur couvrez-le d’une feuille de papier beurré.
Ayez soin de vous mouiller parfaitement les mains pour pétrir votre beurre, afin qu’il ne s'y attache pas.
Pâte feuilletée brisée.—Prenez 1 livre de farine, 1! onces de beurre ; 24 gros de sel. Préparez vivement, avec la farine et de l’eau tiède dans laquelle vous avez fait fondre le sel, une pâte de moyenne consistance ; mettez en boule. Maniez le beurre de manière à en bien extraire toute l’eau ou le lait de beurre qui peuvent s'y trouver ; s'il est trop dur, placez, pour le pétrir, vos mains au-dessus d’un fourneau contenant de la cendre chaude ; s'il est trop mou mettez-le à la glacière. Lorsque vous avez amené le beurre à la même consistance que la pâte (ce point est important) étalez la pâte en rond, en lui donnant un diamètre tel, qu'en plagant le beurre en boule au centre vous puissiez l'en entourer parfaitement. Il faut que le milieu de la pâte, sur lequel on place le beurre soit beaucoup plus épais que la portion qui doit la recouvrir. On obtient cela facilement au moyen du rouleau, avec lequel vous étendez avec précaution cette boule de beurre et de pâte, de manière que le beurre nen sorte pas, jusqu’à ce qu'elle n'ait plus qu'une épaisseur d'environ six lignes. Pliez cette pâte en quatre. Si le beurre est trop mou mettez la pâte à la cave ou dans la glacière, et attendez qu’elle se soit
raffermie, roulez de nouveau jusqu’à ce qu'elle soit revenue à la même épaisseur, et repliez en quatre, toujours avec la même précaution.
Après ces deux façons, étendez de nouveau, toujours avec précaution. Repliez-la pour la dernière fois en boule ; puis placez-la sur la plaque en tôle, et étendez-la de manière qu'elle ait une épaisseur de 12 lignes et une forme appropriée à sa destination ; dorez avec un jaune d'œuf délayé avec un peu d’eau, et mettez au four. Une demi-heure de cuisson suffit.
On peut faire avec cette pâte une foule de gâteaux, de différentes formes, y ajouter des confitures, de la viande, des vols-au-vent.
Jardin.
À la campagne, et même à la ville, on peut se ménager un petit jardin. Ontire tant de quelques carrés bien cultivés ! Toute terre convient à faire un jardin, car on peut l’'amender à sa guise en y ajoutant de la terre légère si elle est trop compacte, et de la terre forte si elle est trop légère,
Ce qu’il faut à toute croissance c'est l'humidité, la chaleur et la lumière.
Le dessin de votre jardin doit être subordonné à votre goût, et à la disposition du terrain. Il y a cependant tout avantage à le rendre accidenté, parce que, outre l'aspect plus pittoresque que vous lui donnez, vous en augmentez la surface. Ménagez donc habilement de petits coteaux et de petites vallées et vous gagnerez facilement de cette manière quelques verges en superficie ; surtout n’abusez pas des allées larges qui prennent trop de terrain, excepté si vous en avez à profusion. Défiez-
vous des arbres de haute futaie qui épuisent la terre et jettent trop d'ombrage, Si cependant vous en avez de profitables il ne faut pas les détruire ; plantez dessous des plantes qui aiment l’ombre : le muguet, les fraises.
On peut semer des graines hâtives avec les tardives, de manière à les récolter avant qu'elles nuisent aux autres.
Mais encore faut-il qu'un jardin soit bien égoutté et même drainé. A propos de drainage, pas n'est besoin pour le faire de grands frais : creusez un fossé, mettez dedans des branches liées en bottes d'environ un pied de diamètre, placez--les bout à bout, couvrez-les de paille et d'une forte couche de terre, ou bien au lieu de branches, mettez des roches au fond de votre fossé, et vous aurez un drain parfait, peu coûteux, et qui vous donnera occasion d'utiliser vos roches ou vos brindilles.
Si le sol de votre jardin est de terre forte, il faut des béchages profonds et répétés, des engrais abondants de fumier vert, comme celui de cheval, et même un mélange de terre légère, surtout de cette terre de bruyère que l’on trouve en abondance dans les forêts ou dans les marais. La sciure de bois divise bien les terres fortes. Si au contraire le sol est sablonneux et léger il faut employer du fumier froid, celui de vache, de porc, d’autres fumiers bien pourris, des composts, et même des terres glaiseuses.
Une condition essentielle au jardinage est une bonne clôture à l'épreuve des animaux, même des poules.
Les arrosements sont indispensables dans les jardins, mais observons que les eaux de puits et de source doivent séjourner à l’air pendant plusieurs heures avant de s'en servir. Les meilleures sont celles de pluie, de ruisseau ou de rivière.
Les eaux doivent être versées sur les plantes au moyen
d'un arrosoir, car à trop forts jets la terre est lavée et vite épuisée. Si vous n'avez pas d’arrosoir, humectez avec un petit balai que vous plongez dans l’eau et que vous secouez d’abord au-dessus du vase qui contient le liquide, et ensuite sur les plantes, mais dans tous les cas il faut faire attention de répandre assez d’eau pour qu'elle atteigne les racines et au-delà.
La meilleure exposition d’un jardin est celle du sud ou sud-est.
La plupart des jardins demandent protection contre certains vents, les vents du nord ou du nord-est surtout. Une bonne haïe de sapin, de pin, d’if, de senellier, d'épinevinette remplit ce but et rend l'aspect agréable.
Les allées qui devraient être pavées de sable, de graviers ou de cendre, doivent être munies de plates-bandes que l'on destine à la ciboulette, au persil, aux fleurs ou aux fraisiers.
Le sarclage est aussi essentiel au jardinage.
Le plus modeste jardin requiert certains instruments : bêche, râteau, houe, sarcloir, brouette, arrosoir, truelle de jardinier demi cylindrique. et un bon livre, entendezvous ?
Plusieurs canadiens ont fait de bons livres sur le jardinage. Je recommande particulièrement celui de M. l'Abbé Provancher : ‘ Le verger, le potager et le parterre ” ; le manuel d’horticulture et d’arboriculture du Dr Larocque. Mais voulez-vous avoir des produits abondants, riches, succulents, savoureux ? engraissez, engraissez |
Le fumier d’étable convient surtout aux plantes vivaces et aux légumes foliacés ; ce sont ceux dont on mange les feuilles : épinards, choux, salades, etc. Il leur faut
beaucoup d'engrais pour activer la végétation ; lorsqu'ils poussent lentement, ils sont coriaces et sans saveur.
Le terreau convient mieux aux plantes dont on utilise les tubercules et les racines; radis, navets, carottes, pommes de terre, etc.
Les fruits secs (pois, fèves, haricots, etc.,)s’accommodent d'une terre amendée au moyen de cendre de bois; ils nu demandent qu’un peu de fumier bien consommé. Les engrais artificiels sont excellents en ce qu'ils peuvent être appropriés aux ditférents produits ; n’engendrent pas de mauvaises herbes ct se transportent facilement.
Il ne faut pas en principe cultiver tous les ans les mêmes produits aux mêmes endroits excepté les oignons.
Lorsque la terre sera bêchée, fumée et préparée, il est mieux de la laisser reposer pendant quelques jours avant de semer.
Il vaut mieux semer en ligne qu’à la volée, les sarclages sont plus faciles.
Les semences seront enterrées d'autant plus profondément qu'elles sont plus grosses; les semences fines sont simplement déposées sur le sol qu'on tasse pour les y fixer.
Dans tous les jardins, il faut réserver un coin pour y déposer les résidus, les sarclages. Ces restes, herbes, feuilles, racines, tiges,etc., ainsi accumulés en tas, s’échauffent, se décomposent et forment un excellent compost, surtout si vous y allez verser les eaux grasses, les urines, les eaux de savonnage, etc.
Les plantes se partagent en annuelles, bisannuelles, et vivaces. Les annuelles sont celles qui donnent leurs fleurs la première année de leur semis et périssent ensuite.
Les bisannuelles sont celles qui la première année ne
donnent que des feuilles, fleurissent la deuxième année et ne durent pas plus longtemps,
Les vivaces sont celles dont la racine, bulbeuse, tubéreuse, ligneuse ou herbacée persiste indéfiniment, en donnant leurs fleurs chaque année.
Propagation des plantes.
Les différentes plantes se propagent par boutures, par greffes, par marcottes et par semis.
Des boutures.—La bouture consiste à couper une partie quelconque d'un végétal en lui laissant généralement plusieurs yeux, On enterre celui du bas dans du sable ou de la terre fine que l’on tasse à l’entour et qu’on conserve humide, Couvrir la bouture d’un verre favorise la reprise, ce que l’on reconnaît quand les boutures commencent à donner des tiges. Alors on transplante.
Les marcottes sont différentes des boutures en ce qu’on ne les détache de la plante à laquelle elles appartiennent que lorsqu'elles ont déjà fait des racines. Ainsi l’on recourbe une branche d'une plante jusqu'à terre suns la rompre et on la recouvre près d'un œil d’une petite quantité de terre qu'on tient humide ; elle prendra bientôt racine et alors on pourra la séparer de la plante mère et l'emporter à part. Au lieu de coucher vos marcottes en pleine terre vous pourrez également les coucher en pot. Les racines se développent plus facilement quand on a fendu au préalable, dans le sens de la longueur, la partie qui doit être cachée dans le sol,
Greffe.—C'est au printemps qu'on a recours à la greffe pour propager certaines variétés. Il y a bien des sortes de greffes, mais la plus avantageuse est la greffe en écusson, On prend sur la plante que l’on veut propager un
œil peu développé, mais d'apparence vigoureuse, en ayant soin d'enlever avec lui et autour de lui de ÿ à un pouce de l'écorce dans toute son épaisseur, Sur l’une des branches ou sur la tige de l'arbre que l’on veut greffer ou pratiquer une incision en forme de T; elle doit traverser toute l'épaisseur de l'écorce que l’on soulève légèrement et, entre l'arbre et l'écorce on introduit l'œil que l’on vient de préparer dans ce but en lui donnant la forme des écus des anciens chevaliers. On referme l'incision, on fixe le tout au moyen d’uneligature de laine suffisamment serrée pour rapprocher ensemble toutes les parties et les mettre en contact. On peut aussi greffer en août, mais l'œil ne se développera que le printemps suivant,
On greffe sur des sujets de 4 pouce à £ de pouce de diamètre.
Si en opérant vous aviez enlevé du bois de l'écorce, il faut l'ôter, prenant bien garde de ne pas arracher la racine de votre œil, car alors votre écusson ne vaudrait rien.
Des graines. —Pour la première année vous vous procurez de bonnes graines, sans trop regarder au prix d'achat. Mais vous faites vos graines pour une seconde année. Pour cela vous réservez dans votre jardin, un endroit bien exposé et bien fumé, où vous repiquerez quelques plantes, choisies parmi les plus vigoureux de vos légumes. Vous les laissez monter en graines ; et lorsque cellesci sont arrivées à maturité, vous les recueillez et vous en faites de petits paquets soigneusement étiquetés, que vous mettez à l'abri des rongeurs et de la lumière en les suspendant au plafond d’une pièce sèche.
Ce qu’il faut dans un jardin.
Les principales choses à mettre dans le jardin potager sont :
Asperges Canover, aubergine monstrueuse, betterave Montreal market, blé d'Inde sucré Crosby, carotte demilongue nantaise, céleri blanc doré, chicorée frisée, choux d'Etampes d'été et St-Denis d'automne, rouge nain d'Erfurt, choux fleurs nain d’Erfurt, ciboule, concombre \white spire). Fèves, laitue pommée, melons muscat de Montréal, navets blanc doré de Laing, oignons rouge (Westerfield) et jaune de Danvers, panais demi-long, poireau ; radis rouges et blancs de toute saison, rhubarbe Victoria, tomate Acmé ou Levingstone.
Herbes officinales : sauge, sarriette, marjolaine, lavande, romarin, valériane, menthe, baume, thym, estragon, persil, cresson, cerfeuil.
Quelques arbres fruitiers peuvent y figurer, mais avec discrétion si le jardin est petit. Choisissez de bonnes variétés de poiriers, pommiers, cerisiers, etc. Les vignes prennent peu de place et tous les murs exposés au soleil devraient en être garnis.
Pour le jardir de fleurs, il faut pour les bordures des oxalis, des œillets mignardises et de Chine, des campanulles; le thym fait aussi un bon effet et répand un bon arôme ; le Cerastium tomentosum, le Lippia repens, la Silène, les Némoj 38, les Leptosiphorus, les œillets de poëte, des Farpiers à grandes fleurs, de la Crépide rose, des Juliennes de Mahon, des Belles de jour, des violettes, des pensées, Alysse maritime.
Massifs.—Mettez-y des Rhododendrons, des Hortensias et des Palmiers, des Rosiers, des Althæa Frutex, des
Lilas, les Petunia, les Géraniums, les Fuchsias, le Seringa ricin, bananiers, calladium, la Boule de neige et quelques arbustes résineux ; if, sapin, pin, cèdre.
Gazons.—Ménagez quelques petits gazons que vous obtiendrez en semant du ray-grass, lawn-grass, ou bien apportez quelques carrés de gazon que vous prendrez dans une prairie ou mieux encore dans ces terrains qui poussent spontunément des herbes courtes et verdoyantes, comme de petits trèfles, des renouées, etc., que vous tenez constamment tondues.
Le parterre est réservé aux fleurs. Il y en à tant, et de si belles, les catalogues que vous faites venir de tous les vendeurs de graines et de plantes vous en fourniront une nomenclature; celles que je préfère sont: acroclinium, ageratum, alyssum, asters on reine marguerite, auricule, begonia, bellis perrennis, achyrantes, chrysanthème, corbeilles d'or, clématite, coleus, convolvulus, cyclamen, giroflée, houblon du Japon, hyacinthus lobella, mimulus geranium, œillets, pensées, pétunia, phlox, pois de senteur, primevère, pivoine, réséda, (mignonnette), verveine, violette, zinnia.
Rochers.—S$Si vous voulez faire de belle fantaisie, surtout si votre jardin est en pente, ménagez un endroit où vous mettez une roche harmonieusement disposée où vivront volontiers dans les infractuosités les fougères, la scolopendre officinale, l’osmonde royale, les iris, les pervenches, le sédum, les saxifrages, les primevères, ete. De chaque côté du rocher, mettez quelques végétaux grimpants: glycine, houblon, chèvrefeuille, lierre d'Islande.
Si vous avez une chute d’eau à faire miroiter sur votre roche, vous êtes un privilégié.
Bassin.—ÆEt alors vous pouvez y ménager un bassin où
pousseront le sparganium natans, la sagittaire, la polygornium amphibie, la villarsia nymphoïde, la vallisnérie, etc. Vivier.—Et dans ce bassin pourquoi pas des poissons ?
Choix des plantes.—IT] faut rechercher les espèces vivaces, venant sans grande peine. Les espèces annuelles doivent être graduées afin d'obtenir des floraisons du printemps à l'automne,
Des couches.
Afin d'activer la végétation des plantes annuelles à repiquer, il est bon de les semer en couche et l’on repique ensuite en pleine terre.
[Il y à : couche chaude, tiède et sourde.
La couche chaude doit être exposée au soleil du midi et à l'abri du vent, elle se fait en mars ou avril. Vous faites un cadre en madrier proportionné aux châssis qui devront la couvrir, mais un peu en pente. Vous emplissez ce cadre de fumier frais de cheval, et de litière imprégnée de l'urine des animaux, que vous mettez par couches bien foulées pour atteindre 2 à 3 pieds d'épaisseur ; si le fumier est trop sec arrosez; vous recouvrirez d’une couche de terreau de 4 ou 5 pouces, et vous foulez également avec une planche. Vous la couvrez de ses châssis et la laissez en cet état jusqu'à ce qu’elle commence à cLauffer. Lorsque la masse entière se sera affaissée et qu'elle aura jeté sa plus grande chaleur, semez, et quand les plantes sont levées, aérez lorsque le temps le permet. La nuit on les recouvre de paillassons. Quand le soleil devient trop ardent il faut couvrir la couche d’un peu de paille ou on barbouille le vitrage avec du blane
d'Espagne ou de la boue.
Les couches tièdes ne diffèrent de la chaude que par leur dogré de température, que l’on obtient au moyen de fumier de cheval mélangé à des feuilles, de la mousse, de la paille. On les fait plus tard que les chaudes, en avril ou en mai.
Les couches sourdes s’établissent dans des fosses d'une couple de pieds de profondeur, remplies de fumier neuf ct vieux, recouvert d'un peu de bonne terre. Quand la saison est assez avancée on peut se dispenser de les couvrir pendant le jour.
Les verres, ayant une légère teinte verte, sont ceux qui conviennent le mieux dans le vitrage des châssis. Au lieu de châssis vitrés on peut se servir de coton ou de papier huilé. On peut cultiver ensemble deux plantes dont l’une est beaucoup plus tardive que l’autre, et profiter ainsi de l’espace libre entre les plantes : radis avec céleri, laitue avec persil, etc.
On peut aussi, au liru de couches, se servir de cloches en verre, en calicot ou en papier huilé, auquelles on donne la forme que l’on veut au moyen d’une charpente en osier ou en fil de fer. J'ai vu cultiver des melons et des concombres en pleine terre de la manière suivante: on creuse un trou de 10 à 12 pouces carrés que l’on remplit au # de fumier qu’on recouvre de 4 à 5 pouces de bonne terre, on entoure ce trou de 4 briques sur champ ou d'un petit cadre en bois, qu'on recouvre d’une vitre.
Serres.
La Serre est un excellent moyen de cultiver l'hiver, légumes et fleurs, et d'obtenir bien des profits considérables.
Pour qu'une serre soit économique il faut qu'elle puisse facilement être chauffée. Or le mieux est de la mettre en terre, c'est-à-dire qu'on creuse une fosse d'environ 4 pieds de profondeur ; on l'entoure d’une simple planche ou madrier qu’on goudronne pour la mieux conserver, ou d'un cadre de bois qu'on renchausse de terre. C'est la couche en grand ;on y appuie des chevrons munis de chaque côté d’une rainure dans laquelle on coule les vitres formant un toit peu incliné. (Cette espèce do serre se chauffe très facilement et a l'avantage de permettre aux plantes d’être près des vitres, condition essentielle pour qu'elles poussent bien.
De la basse-cour.
La basse-cour, dit M. Millet Robinet, est la corne d’abondance de la fermière. En attendant ia récolte on peut se procurer de l'argent comptant au moyen des œufs et des poulets, des lapins, ete. Et puis, quelles ressources pour la famille.
Mais arrangez-vous pour que vos poules n'aillent dans votre jardin qu’au temps où vous y bêcherez, car alors elles détruiront en s'en nourrissant une quantité considérable d'insectes. Vous pouvez leur faire un enclos en lattes ou en toile métallique, car il est assez essentiel qu'elles soient dehors en été pour gratter, manger de l’herbe,s’épivarder dans le sable, pour se nettoyerdes poux. On peut même faire à bon marché des clôtures portatives afin de les changer de place, quand l'endroit où elles ont passé quelque t: aps est épuisé d'herbes, de larves, etc. D'ailleurs les animaux préparent bien une terre non défrichée ; un terrain sec et graveleux convient à la basse-
cour en ce que les poulets ont besoin de petit gravier pour digérer.
Les bâtiments où logent les animaux doivent être aussi vastes que possible, bien aérés, bien éclairés surtout par le soleil, et proprement tenus,
Blanchissez fréquemment à la chaux les murs, les nids, les perchoirs ; établissez des courants d'air quan les ani. maux sont dehors, et renouvelez les litières le plus souvent possible ; mettez du chlorure de chaux ou autre désinfectant quand les animaux n’y sont pas.
La basse-cour doit être sur un sol sablonneux et en pente, elle doit être exposée au soleil levant où au midi, abritée des vents du nord ; plantez-y quelques arbres ou arbustes de manière à leur donner de l’ombre pendant les chaleurs ; une basse-cour doit avoir un hangar où les animaux peuvent s'abriter pour se protéger de la pluie, de la neige, du vent, Le plancher de ce hangar peut être en bois ou en terre. Mais s’il est en bois il faut y tenir une fosse à cendre ou à sable. I] doit y avoir une auge pour donner à manger. Cette auge contient de petites cases formées par une trappe à bascule s'ouvrant sous le poids de la volaille.
L'abreuvoir doit se faire de manière que les volailles ne puissent pas salir l’eau qui s’y trouve. On en fait de toute forme ; mais le plus commode est rond en cône, hermétiquement fermé de partout sauf une ouverture au bas par où l’eau s'écoule dans un bassin, soudé au cône et dont le rebord est plus haut que le trou. Pour remplir cet abreuvoir on le couche sur le côté, on y verse l’eau par l'unique trou et l'air sort. Lorsqu'il est plein on le dresse et l’eau arrive dans le bassin jusqu’à ce qu'elle surpasse le niveau du bord supérieur du trou ; à mesure
que les volailles boivent le niveau de l'eau baisse et, au moment où il est assez bas pour découvrir un peu le trou l'air entre dans le réservoir et l’eau arrive de nouveau dans l’augette jusqu'à ce qu'elle ferme de nouveau Île trou.
La nourriture.—1I] faut s'appliquer, si l’on veut avoir du profit avec les volailles, à les nourrir à bon marché C'est pour cela qu'aux poules, aux dindons, aux pintades, il faut du pâturage où elles se nourrissent d'insectes, d'herbes, de coquillages, de gravier essentiel à leur digestion, etc. ; aux canards et aux oies il faut de l’eau, des mares, en sus de l'herbe, afin qu'ils vivent d’écrevisses, de têtards, d'œufs de poissons, etc.
A celles des volailles qui mangent de la viande, et elles en sont presque toutes friandes, il faut donner les restes de table et s'arranger avec un boucher pour avoir des débris de boucherie qu'on fuit cuire, et qu'on distribue avec discrétion, car l'abondance leur nuirait,.
Quelques éleveurs font même des verminières qui consistent à superposer dans une fosse des couches de paille, de crottin de cheval, de terre, sur lesquelles on met des débris d'animaux. Il s’y produit des vers qu'on distribue tous les jours par pelletées aux volailles,
Autant que possible soignez les volailles à la même heure, mais ne leur donnez que juste ce qu'il leur faut. Qu'elles aient toujours de l'eau propre. Un peu de sel convient aux volailles et assainit la nourriture, L'hiver, la viande et le grain, surtout le sarrasin, le blé, le maïs provoquent une ponte précoce,
Pour les empêcher de manger les œufs on a des nids dont le fond à bascule garni d'un œuf artificiel, permet aux œufs de tomber sur un second plancher.
Le fait de mettre dans les nids des œufs artificiels qu'elles essaient de casser les corrige de cette habitude.
Une manière d'empêcher les volailles de couver est de les enfermer seules, et leur donner peu de nourriture,
Pour faire couver on choisit les plus gros œufs qu'on conserve dans du son ou de l’avoino.
Après huit jours de couvée on mire les œufs, et s'ils ne présentent pas de filaments comme les pattes d’une araignée, «est qu'ils ne sont pas fertilisés, et ils sont encore bons à munger.
Les couvées précoces sont celles qui donnent le plus de profit, et parce qu'on peut vendre des petits de bonne heure, et parce que les poulettes de bon printemps commencent à pondre dès l'automne suivant.
Autant que possible gardez les races pures. Elles se vendent mieux, et les croisements n'améliorent guère les qualités que chacune peut avoir.
Les mâles seront choisis parmi les plus vigoureux, les plus vaillants, et pris dans une autre famille que celles des femelles.
Il y a avantage de mettre couver à peu près le même jour plusieurs volailles, car on peut confier à une seule les petits de deux ou trois poules.
Le fumier de volailles doit être gardé à part pour en faire un engrais puissant comme le guano. On le délue
s 8 dans l’eau et on en arrose le pied des plantes ayant soin de ne pas toucher les feuilles ou les tiges.
Les volailles s'engraissent généralement en leur laissant peu d'espace, et les soignant abondamment, même en les gavant.
Maladies des volailles.
Les maladies généralement communes à toutes les volailles sont la constipation qu'il faut combattre par des herbes, du son et même de l’huile d'olive ou de la manne fondue dans de l’eau.
La maladie du croupion se manifeste par une tumeur au-dessus du croupion, qu'il faut ouvrir, presser pour en faire sortir le pus ; on lave et panse avec une pommade camphrée ou de l’eau phéniquée.
La diarrhée se combat par des aliments secs, du grain, du pain trempé dans du vin.
La pépie, qui est une espèce de diphtérie, se soigne en souffant de l’alun en poudre ou une solution d'alun dans le gosier.
La goutte, qui est due à l'humidité du logement, se guérit en mettant la volaille au sec, si la maladie est récente ; ancienne, elle est incurable.
La roupie, qui consiste en un écoulement par les fosses nasales, est difficile à guérir et contagieuse. Essayez les bains froids, et mettez la volaille à la chaleur.
Les poux constituent une véritable maladie. Nettoyez le poulailler, les nids, changez les poules d'appartement après leur avoir insufïlé entre les plumes, de la poudre de pyrêthre ; puis désinfectez leur logis que vous fermez aussi clos possible après y avoir enflammé du souffre,
Le poulailler doit être muni de pondoirs recouverts, qu'on isole autant que possible afin que les pondeuses n’y soient point dérangées, mais elles doivent y avoir accès facilement au moyen d’escaliers. Il n’est pas nécessaire que le poulailler soit chauffé, pourvu que le vent n’y pé-
nètre pas, que le soleil y éclaire à travers les fenêtres et qu'il n’y ait pas d'humidité.
Les perchoirs doivent être autant que possible au même niveau entre eux. Les rayons d’une roue suspendue horizontalement forment un bon perchoir et les poules doivent s'y rendre au moyen d’une échelle inclinée, les juchoirs doivent être à arêtes adoucies sans être complètement cylindriques, car dans ce cas, ils causent souvent aux volailles de la déformation aux pattes.
De l'élevage artificiel.
Au moyen d'incubateurs qu’on paie de 825 à 830, on élève des poulets toute l’année dans un appartement tempéré.
Ces incubateurs se chauffent par l'eau tenue chaude au moyen de gaz, d’une lampe, ou de briquettes. L’important c’est de maintenir une chaleur humide d'environ 40 degrés Réaumur qui est la chaleur de la poule.
Il faut avoir soin de tourner les œufs tous les jours, évolution que leur fait faire la couveuse naturelle. Quand les petits son! éclos on les confie à une éleveuse artificielle chauffée de la même manière et sous laquelle ils se réfugient au besoin.
L’élevage artificiel rapporte des profits considérables et demande peu de capital.
On peut avec ces machines élever toutes espèces de volailles.
Des poules,
Un jeune coq suffit à fertiliser une dizaine de poules ; mais il n’est pas nécessaire pour la ponte.
Quant à la qualité des poules les leyhorns blancs ou jaunes paraissent les meilleures pondeuses, Les spanish sont aussi excellentes pondeuses. Les brahmu sont bonnes pondeuses et couveuses. Les lang shang pondent de beaux et bons œufs, s’engraissent facilement et offrent beaucoup de profit, Les plymouth rock réunissent les qualités de pondeuses et éleveuses ; elles sont grosses, vigoureuses et semblent le mieux convenir à notre climat.
La nourriture des poules se borne à les laisser paître et à ne leur donner que peu de grains le matin et le soir; si vous avez beaucoup de déchets de table, ça leur suffit,
Aux poules enfermées, outre le sable ou la cendre qui doivent contenir de petites roches, du charbon, dont elles mangent une certaine quantité, il faut quelques herbes, salades, débris de choux, oseille, betterave. Les patates bouillies mêlées au son ou au lait caillé, des débris de viande, sont pour elles un régal.
Les os moulus, surtout non dégraissés, constituent une nourriture excellente. Cette nourriture les engage à pondre. On se procure pour quelques piastres des moulins à broyer les os. On peut sans moulin les écraser en les faisant chauffer au four, mais alors ils se dessèchent et il y a perte de nourriture. Les grains, avoine, sarrasin, blé, le blé d'Inde sont échauffants et hâtent la ponte durant l'hiver.
Tenez, je le repète, à leur disposition du gravier, du mortier ou de la terre sèche, surtout du sable.
Quand elles veulent couver on fuit adopter aux poules un nid isolé en les y plaçant à l'obscurité. Il est mieux que les couveuses puissent manger à part et qu'elles trouvent la table mise quand elles se lèvent, ainsi que de l'eau fraîche et du sable ou de la cendre pour s'y épivarder. Les nids sur la terre qu’on recouvre d'un peu de
paille sont les meilleurs, non seulement parce qu'ils sont solides, mais parce que l'humidité de la terre favorise l'éclosion. On peut à cette fin remplir une boîte au ? de terre que l'on arrose et qu'on recouvre de paille. Les boîtes à fromage sont commodes pour ce but.
Quinze œufs ne sont pas de trop pour une grosse poule.
Aussitôt que les œufs commencent à éclore, il ne faut pas déranger la couveuse, à moins que l’éclosion ne retarde de plusieurs jours et alors il convient d'enlever les premiers nés. Quand on les croit tous éclos on lève la poule et l'on baigne les œufs non éclos dans l’eau tiède. S'ils ne font voir aucun mouvement, c'est qu'ils sont clairs, alors on livre à la poule ies poussins dans un endroit isolé, tempéré et sec. On leur donne de la mie de pain ou de la farine de maïs délayée dans l'eau. Après que la mère ieur a appris à manger on donne à celle-ci une nourriture substantielle. A 53 ou 4 jours les poussins peuvent manger du blé. Ils raffolent de viande, mais il faut leur en donner peu. Ils affectionnent les herbes, ciboulettes, queues d'oignons qu’on hache fin.
Il faut les préserver des rats, des renards et même des chats, en les renfermant le soir et ne les laissant sortir qu'après la rosée tombée, s’il y à de l'herbe dans la bassecour.
Engraissement des poules.—Il est une industrie qui n’est pas pratiquée ici et qui cependant devrait être rémunératrice, Si l’on fréquente nos marchés nous n’apercevons aucune volaille grasse offerte en vente, et tous les poulets qui y sont élevés sont loin d’être toujours ragoûtants. Et pourtant c'est bien facile d’engraisser des volailles ; je le répète, celui qui achèterait pour revendre
quelques semaines plus tard des volailles pesant plusieurs livres de plus, ayant une mine plus alléchante devrait tirer de cette pratique un grand profit, Le tout est de parvenir à cette fin par des moyens économiques.
Les poulets n'engraissent bien que quand ils ont atteint toute leur croissance, Cependant on peut les mettre en chair avant cette ‘poque tout en les laissant libres, en leur donnant deux fois par jour du grain à manger, outre ce qu'ils trouvent eux-mêmes. Le maïs et le sarrasin conviennent parfaitement. On leur donne aussi une pâtée composée de patates bouillies et écrasées dans laquelle on met les débris de table ou de la farine non blutée. Si la saison le permet on peut leur donner un repas de bette- ‘Aves coupées,
Quant aux volailles adultes il faut les séquestrer dans une cage formée de plusieurs cases fermées en haut par une planche à charnières ou glissant dans une coulisse, percée d'ouvertures permettant aux volailles de passer la tête pour manger. Le plancher de cette cage fait en barreaux plats, placés dans le sens de la longueur, sur lesquels se juche la bête, est à claire-voie et donne passage à lu fiente ; le derrière et les côtés sont en planches. Il est très important que les bêtes à l’engrais ne voient pas leurs voisines, Au devant de ces petites cellales, dans lesquelles l'animal ne peut se retourner, on place une mangeoire qui doit être mobile, atin qu'on puisse la nettoyer facilement. Chaque cellule a environ 14 pied de longueur sur 1 pied et + pouces de hauteur et 1 pied de largeur.
Cette cage est placée sur des pieds élevés de 1 ou 14 pied, dans un lieu obscur, sec, et dont on renouvelle l’air aux heures des repas au moyen de deux ouver-
tures, ménagées en face l’une de l’autre. Ces conditions sont importantes. On doit autant que possible mettre en même temps les poules d'une même cage, car le bruit qu'elles font au commencement dérangerait les autres,
Il y a deux moyens d'engraisser promptement les volailles, La première consiste à les nourrir exclusivement de grains ; la seconde à les nourrir avec des pâtées faites de farines et de liquides de diverses natures. A côté de la nourriture on place un petit pot contenant de l'eau ou du lait, Aussitôt qu'elles ont mangé on enlève la mangeoire et on abaisse sur le devant de la cage une toile, car elles doivent digérer dans l'obscurité dans un repos absolu et dans le silence.
Le maïs est ce qui convient le mieux, Il faut éviter les saletés dans le grain, car il est difficile pour ces bêtes de trier.
Dans la seconde manière d’engraisser, on commence par donner du grain pendant trois ou quatre jours, puis on arrive à la pâtée peu à peu, en la mélangeant d’abord avec le grain, pour la donner pure ensuite.
La pâtée est faite avec la farine de tout grain, sauf de seigle que les volailles n'aiment pas. Il faut bien se garder d'employer du son ou même des recoupes, qui ne nourrissent que par le peu de farine qu'ils contiennent, Les préférables sont les farines de sarrasin, de maïs, d'orge, d'avoine, de froment. La pâtée est faite avec de l’eau, du lait caillé et mieux du lait doux; elle doit être assez épaisse ; on peut y mélanger des patates cuites.
Si la bête digère mal généralement, ce que l'on reconnaît au gonflement du jabot, il faut la tuer, car son engruissement coûterait trop ; si c’est occasionnel on cesse toute nourriture jusqu'à ce que l'estomac soit bien dégonflé.
On stimule l'appétit des volailles en mettant du grain avec la pâtée et un peu de sel,
En un mois une volaille de bonne race engraisse très bien.
Canards.
L'élevage des canards rapporte de gros bénéfices, si l’on est à proximité d'un ruisseau ou de mares, car ils peuvent y trouver une grande partie de leur nourriture, A part les canards communs qui sont les plus faciles à élever, nous recommandons les canards Alisbury, les Pékins qui sont tout blancs, et le canard de Normandie.
Pour ne point perdre d'œufs, il faut tenir les canes renfermées le matin jusqu’à ce qu'elles aient pond
A part les insectes, les tétards, etc., qu'ils trouvent en barbottant, on peut leur faire une bouillie de son, de moulée et des herbages hachés. Ils aiment la viande qui leur va bien en petite quantité pendant l'hiver. Le grain doit être la base de leur nourriture,
Les canards sont d’un bon rapport, même pour les œufs et la plume.
Les oies.
La dépouille qu'elle donne tous les ans, son duvet, sa peau, avec laquelle on fait une fourrure excellente, sa graisso si abondante et si délicate, sa chair excellente font de l'oie un oiseau fort précieux. Les foies procurent ces célèbres pâtés si connus. Elle aime l’eau claire.
Les oies mangent du grain, des pommes de terre, des herbes, elles les broutent dans les champs.
La ponte se fait généralement en mars ou avril, Quand elles pondent dans un endroit convenable il ne faut pas les déranger. Mais on lève leurs œufs en leur laissant un œuf artificiel, On fait leur nid pour couver à terre et presque plat. On doit tenir du manger aux couveuses tout près de leur nid.
Quand les oisons sont tous éclos on leur donne à manger du son avec des herbes hachées ou des pommes de terre écrasées ; s'ils sont dans une cour il faut leur donner à manger 5 ou 6 fois par jour; mais quand ils sont à proximité d'une rivière ils se suffisent à eux-mêmes.
Pintade.
La pintade qu'on élève peu en ce pays a une chair excellente qui remplace celle du faisan. Elle pond beaucoup. Comme elle est mauvaise couveuse, on peut faire couver ses œufs par des poules. Les pintadeaux s'élèvent comme les poulets ; ils aiment les œufs durs hachés avec du pain émietté, de la viande cuite, du froment, des vermisseaux, du lait caillé. Évitez l'humidité et la rosée tant que leurs aroncules ne sont pas tout rouges.
La nourriture des pintades est celle des poules. Elles sont sujettes aux mêmes maladies que les dindons.
Le dindon.
Les dindes sont très profitables quand on a de l’espace pour qu'elles trouvent une partie de leur nourriture au champ. Les foncées sont les plus vigoureuses et jes plus faciles à engraisser. Les dindonneaux, surtout quand ils sont jeunes, doivent être tenus au sec, et autant que possible sur un terrain graveleux. Avant qu’ils aient le rouge, la sortie à la rosée est fatale. Ils doivent être soignés souvent. Une bonne nourriture pour eux ce
sont d’abord des œufs durs écrasés, puis du son délayé avec du lait caillé et on y mélange des herbes à dinde, des queues d’oignon, de l’ortie, ensuite du grain. Quand ils sont un peu gros on les met au champ où ils se nourrissent de sauterelles, criquets, etc.
Il faut lever les œufs de dinde tous les jours et les conserver dans le son ou l’avoine.
Quand elle couve il faut lever la dinde du nid tous les jours, en la prenant par les ailes et la levant tout droit. On la fait manger et boire et elle se remet seule sur son nid.
On fuit les nids généralement par terre assez spacieux pour que les œufs ne soient pas superposés et ussez espacés l’un de l’autre, afin que les couveuses ne se volent pas leurs œufs. Le coq dinde ne doit pas aller dans cet endroit.
Engraissement des dindonneaux.—Les dindonneaux engraissent avant que leur croissance soit achevée.
La nourriture des dindons n’est pas la même à toutes les époques d. l’'engraissement,
Dans les premiers temps on se borne à leur donner de la nourriture au moment de leur rentrée des champs. On peut leur donner des grains ou des déchets de grains, des patates cuites, des becteraves coupées en petits morceaux, des glands, des faînes ; quinze jours après on commence à leur donner, au repas du soir, une pâtée de patates cuites écrasées et mélangée d'une farine quelconque.
Huit ou dix jours après ce nouveau changement dans l’alimentation, on supprime le repas de grain du matin, et on le remplace par de la pâtée ; enfin, dans les derniers S jours, lorsque le dindon a mangé de la pâtée, on lui fait avaler d’abord une ou deux boulettes de supplément par repas, et on ajoute une boulette de plus à chaque repas.
Ces boulettes se font en délayant de la farine non tamisée avec du lait caillé, on y ajoute des pommes de terre cuites. On forme avec cette pâte des bâtons, comme des bâtons de tire longs de 2 pouces. On les fait avaler en ayant soin de les mouiller, on leur ouvre le bec et on leur enfonce cette boulette jusque dans ie gosier, puis on la fait descendre dans le gosier. Après un mois d’engraissement les dindons doivent être parfaitement gras.
La laitue, s'ils en mangent trop quand ils sont jeunes, donne la diarrhée aux dindons et cependant elle est convenable quand on la mêle avec du son ou de la recoupe.
Maladies ordinaires des dindons.—La pluie est leur plus mortel ennemi, Quand ils sont mouillés il faut les essuyer et les mettre à la chalcur. On peut leur faire avaler quelques gouttes dé vin ou de cidre.
Ils ont quelquefois une espèce d’échauffement qui leur hérisse la plume. Il faut alors examiner attentivement les plumes qui garnissent le dessous du croupion ; on en trouve deux ou trois dont le tuyau est rempli de sang; il suffit de les arracher pour rendre la santé aux malades,
La roupie est un engorgement à la tête qu'on guérit en en facilitant l'écoulement par les narines qu'on lave et qu'on frotte avec du beurre frais. Quand la tête se couvre de tumeurs, on les lave avec de l’eau acidulée de vinaigre ou de vin chaud, ou avec du phénol dilué, et on leur donne à manger du chènevis où de la pâtée au vin.
Lorsque les dindons prennent le rouge, ils subissent une crise qu’on soulage en les protégeant contre l’humi-
dité,
Les pigeons.
Ils sont très variés ; les ordinaires sont les plus profitables. [ls se nourrissent de toutes espèces de grains, mais il leur faut une nourriture abondante, parceque leur ponte est fréquente. Il faut se dispenser de leur donner de l'avoine quand les petits sont jeunes, car les mères leur en donneraient et elle leur percerait le jabot. I] mangent très bien les pommes de terre bouillies écrasées. [ls ont un goût prononcé pour le sel, et le poisson salé, que l'on pend, les régale d’une manière particulière.
Le pigeon est délicieux à manger et sa plume précieuse ; les ailes des pigeons peuvent être utiles comme ornement des chapeaux.
Les lapins.
Ils donnent un grand profit en ce que leur chair est délicieuse et leur peau donne une belle fourrure, surtout quand on a le soin d'en garder une espèce d’une seule couleur,
Ils mangent toute espèce de légumes, cependant les choux et les salades mouillées leur sont nuisibles. C'est une erreur de croire qu'ils ne boivent pas.
Les logis humides, obscurs, qu'on leur donne généralement leur sont préjudiciables.
Il faut leur ménager un enclos entouré d'une clôture dont les fondations à environ 3 pieds sous terre les empêcheront de s’'esquiver. Sous un appentis exposé au soleil levant ou au midi on fait des ca'ranes destinées à chaque femelle qui est pleine, et d'autres aux mâles, Une cabane plus grande servira à loger les adultes assez
grands pour être mis en commun.
Chaque cabane sera planchéiée et en pente de manière à laisser échapper les urines, et garnie d’un râtelier alin d'éviter que la nourriture ne soit foulée aux pieds.
Le fumier de lapin est excellent.
Le mâle doit être tenu dans une case particulière, et bien nourri quand il a plusieurs femelles. Quelques semaines après qu'une femelle à mis bas on la laisse passer une nuit avec le mâle, qu'on sépare des petits qu’il pourrait détruire. La lapine porte 30 jours; et quand elle doit mettre bas, ce que l’on reconnaît quand elle s'ar- ‘ache le poil du ventre pour construire son nid, il lui faut une bonne litière sèche et propre. On ne doit laisser à chaque mère que les six plus beaux jeunes.
Les maladies des lapins sont les indigestions qu'il faut éviter en limitant leur nourriture ; le gros ventre qui se combat par des aliments secs, des herbes aromatiques, et saler un peu leur boisson. La gale est incurable et contagieuse. Les lapcreaux sont sujets au mal d’yeux dû aux exhalaisons du fumier en fermentation. [l faut pour les en préserver les mettre sur une litière fraîche et sèche.
Vache.
Inutile d'insister sur l'utilité d’une vache. Non seulement elle vous fera rentrer promptement dans les fonds que vous aurez dépensés ; mais que de régals elle vous offrira. Que de mets ne fait pas une maîtresse de maison avec le lait, la crème. Et quelle fontaine de santé que le lait pur d’une vache bien nourrie.
Le choix d’une bonne vache n’est pas facile, et il ne faut pas regarder au prix quand elle est bonne. Quant à la race laitière nous en avons d'excellentes et qui donnent un lait riche.
Les grosses races qui fournissent beaucoup de viande et quelquefois beaucoup de lait ne sont pas les plus avantageuses pour la maison, en ce que leur lait est souvent maigre et qu'elles dépensent énormément en nourriture. e (est par la goule que les vaches sont bonnes,’ est un proverbe peu profitable.
A la ville même une petite vache peut être gardée sans presque de dépenses, puisque les patates, les pelures, les miettes de pain peuvent aider à son entretien.
Les Ayrshyres, qui ont une bonne taille, sont parmi les grosses races considérées comme les meilleures vaches à lait. Les Jerseys, se distinguent par la quantité et la qualité de leur lait ; la Guernesey, vient après. M. Barnard, dans son excellent manuel d'agriculture, vante avec raison les vaches canadiennes, comme pouvant être classées parmi les meilleures laitières du monde entier, tant pour la quantité que pour la qualité du lait produit ; elles ont de plus l'avantage d’une grande rusticité.
Le choix d’une vache n'est pas toujours facile, car il en est des mieux marquées qui ne valent pas grand chose et d’autres qui n'annoncent rien, et qui sont de vrais trésors. Le soin y est pour beaucoup. Voici, d’après M. Barnard, les signes d’une bonne laitière : tête et cornes fines ; yeux gros, vifs et doux ; cou mince; peau fine et souple, pis long, large et profond ; trayons d'égale grosseur, longs et bien espacés; veine à luit bien nouée et développée ; fontaine profonde; pis soyeux ; intérieur des oreilles, tour des yeux, de la queue, d’une peau orange et chargée d’une pellicule graisseuse ; ces derniers signes indiquent un lait riche.
Les vaches peuvent rester à l’étable toute l’année, pourvu qu’elles aient une cour où elles puissent prendre
l'exercice de temps à autre surtout la nuit, On a par là le profit du fumier.
L’étable doit être bien aérée et claire, sans courant d'air ; les portes larges ets’ouvrant en dehors. On munit l’étable d’un râtelier et d'une crèche. Le sol de l’étable doit être pavé avec une légère pente de la crèche au ruisseau que l’on doit faire derrière les animaux pour l’écculement, dans le fossé à purin, des urines ou des eaux de lavage. On peut se dispenser de ce ruisseau si l'on a toujours à sa disposition de la terre sèche à mettre sous les vaches. Lorsqu'elle est bien imprégnée d'urine on l'enlève pour la remplacer par de la nouvelle; elle forme un excellent engrais. On peut se dispenser d’avoir une grande chaleur dans une étable, pourvu qu’elle ne soit pas humide, |
La nourriture des vaches est facile. [La variété des aliments et la régularité des repas de la vache nourrie à l'étable sont des soins utiles à sa santé.
Il faut du foin, mais de qualité inférieure. L'usage prolongé du mil leur nuit ; elles mangent bien la paille, surtout la paille d'avoine, le sainfoin, la luzerne, le trèfle, les cosses de légumineuses. Mais il faut ajouter à cette nourriture sèche quelques aliments aqueux : son, drèche, racines, navets, choux de Siam, feuilles de choux et sur tout des soupes composées de racines cuites à l’eau avec des fourrages hachés et que l’on mélange ensuite avec du son. Les plantes vertes, maintiennent l'animal en santé et assurent l’abondance et la qualité du lait.
Il ne faut pas oublier un peu de sel qui excite leur appétit, stimule les forces digestives et dépure le sang.
Les soins à donner à la vache après la mise bas, surtout dans unesaison froide, consistent à la préserver des refroi-
dissements. On ne doit lui donner à manger que lorsqu'elle a délivré, à moins que la chute du délivre ne se fasse trop attendre. On lui donne une portion d'avoine chauffée, de l’eau tiède dans laquelle on délaie un peu de farine.
Quand on ne veut pas garder le veau, on l’enlève à la mère avant même qu'elle le lèche. Quand on le garde, elle l’assèche et on l'aide à têter au plus tôt, puis on trait la vache à fond aussitôt que possible. Ce lait ne vaut rien pendant trois ou quatre jours.
La manière de traire les vaches n'est pas indifférente. Il est bon qu’elles connaissent la personne chargée de ce soin et que celle-ci s'en fasse aimer par des friandises, comme un peu de sel, un morceau de pain, une racine fraiche et une caresse. Elles doivent être traites à heures fixes.
Chèvres.
La chèvre rend de grands services à ceux qui ne peuvent acheter ou loger une vache, La chèvre, bien qu'aimant à vagabonder, s'habitue facilement à l’étable, propre et bien saine, munie de crèche, de râtelier. La chèvre est adulte à un an. Elle mange de tout ce que mange la vache et même des feuilles sèches.
Les chèvres d'Angora et de Cachemire, sont les chèvres les plus précieuses en ce que, outre le lait, on leur enlève chaque année une laine abondante dont on fait les plus beaux tissus connus, le cachemire. Le fumier de chèvre est très bon.
Le lait de chèvre est excellent pour les enfants, précieux pour les malades de la poitrine. On en fait d’excellents fromages, comme le Gruyère,
La peau sert à fabriquer des gants, le poil à faire du fil.
Laiterie.
La laiterie est l'endroit où l’on conserve le lait. Elle peut être installée dans un appendice de Ja maison à l'ombre ou dans une cave, située au nord autant que possible et éloignée de la rue, car le passage des voitures, en secouant le lait, pourrait nuire à sa qualité, Les murs doivent être blanchis à la chaux ; le sol, qui peut être en pierre, en brique ou en sable, et les rayons doivent être entretenus avec une propreté minutieuse, ainsi que Îles vases et ustensiles qui sont mis en contact avec le lait. I] faut que la laiterie soit aérée; faites attention qu'il n'y ait rien pour y répandre une mauvaise odeur.
Le lait doit être mis dans des vases plats afin de provoquer la crème, On obtient beaucoup plus dans les vases en grès ou en bois que dans les vases en fonte ou en fer blanc. Les meilleurs vases sont en grès non vernissé.
Pour obtenir une crème fraîche et délicate, on n'attend pas pour l'enlever, que le lait soit caillé ; on écrème aussitôt que la crème est bien raffermie, c’est-à-dire lorsque la crème ne s'attache pas du tout au doigt qu'on y pose.
Lorsqu'on n'écrème qu'après l'entière formation du caillé, le lait a alors éprouvé diverses altérations et contracte une saveur qui ne rend qu’un produit inférieur. Plus la crème est fraîche plus le beurre est de bonne qualité.
La crème doit être conservée dans un endroit frais, et pendant les chaleurs, dans une glacière.
Dans les beurreries on à des appareils qui séparent la crème du lait,
Il y a un œrand nombre de barattes que l’on trouve à »
bon marché chez les marchands de fer et d'instruments agricoles.
Les meilleures sont les barattes en bois et } mouvement direct sur l'axe, Le bois s'imprègnant d'eau, le beurre n’y adhère pas.
On fait un beurre d'une grande finesse et par conséquent d'un grand prix en n’attendant pas que la crème se sépare du lait; on bat le lait doux ; on réunit la traite du soir à celle du matin et on opère avec le lait comme avec la crème douce. On agite et l’on secoue. En quelques minutes le beurre est fait. On le sort avant qu'il se réunisse et on le prépare.
On peut aussi battre une petite quantité de beurre dans un pot en grès ou un plat creux, au moyen d’une cuillère ou d’un pilon en bois qu'on agite vivement.
Lorsque le beurre est fait, on procède au délaitage ; c'est une opération très importante pour sa conservation. On débarrasse le beurre du petit lait qu'il contient ex le lavant et en le manipulant d'abord avec de l’eau froide en été et de l’eau tiède si le beurre est dur, parceque l'eau dissout les parties caséeuses qu'il contient, On lui fait subir plusieurs lavages jusqu’à ce que l’eau ne blanchisse plus. On le travaille ensuite à sec.
On le prépare en pain ou on le met en tinette par cou che, et on le couvre de sel très dur et très net. On y met un linge blanc ; quelqu'un recommande de saler le beurre en grains dans la baratte au moyen d’une saumure très forte.
Pour éviter la rancidité causée par le contact prolongé de l'air ou le délaitage imparfait, on le place entre deux assiettes, lorsqu'on ne le met pas tout de suite en tinette,
et l’on dépose le tout dans un baquet d’eau que l'on renouvelle tous les jours en y mettant un peu de bicarbonate de soude.
On corrige la rancidité du beurre en le pétrissant duns une eau où l'on a fait dissoudre une petite quantité de bicarbonate de soude; dès que la saveur rance a disparu, on pétrit le beurre à plusieurs reprises dans de l’eau fraîche et on le sale.
On peut colorer le beurre au moyen de matières colo. rantes ou du jus de carottes.
On débarrasse aisément le beurre de son petit lait au moyen d'un malaxeur. L'institut des sourds-muets, au Mile-End, Montréal, en fabrique de très bons.
Certains bois dont on fabrique les tinettes peuvent donner au beurre un mauvais goût, le sapin, par exemple. Il est bon d’ébouillanter les tinettes avec du jus de framboisiers, on recommande de les garnir avec du papier parchemin.
Au lieu de se servir de tinettes ordinaires on pourrait faire de petits sceaux ou de petits vases de fantaisie qui plairaient à l’œil et feraient mieux accepter la marchandise.
Le petit lait est un excellent breuvage légèrement laxatif, On l'utilise en délayant du son, de la moulée ou des herbages qu'on donne aux pourceaux.
Fromagerie.
La fromagerie doit être une pièce où l’on garde une température régulière de 12 à 15° Réaumur. 11 faut une longue table étroite dans laquelle sont creusées des canne: lures aboutissant toutes dans un des bouts de la table à une rigole transversale, qui elle-même est percée dans son
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milieu d'un trou sous lequel on met un vase pour recevoir le petit lait s'écoulant du caillé. A l'entour sont des tablettes destinées à recevoir les fromages. Il faut des moules en terre, en bois où en fer blanc dans lesquels on place le caillé pour le faire égoutter, Ces moules ont un
fond troué, ou sont'en grillage ou en panier.
Fabrication du fromage.—$i au lieu d'enlever la crème du lait vous versez dans le lait un peu de présure il se produit du caillé, et ce caillé enlevé, il ne reste plus que le petit lait. On met ce caillé dans les moules ou paniers où il égoutte durant quelques heures, et c'est du fromage, mais qu'il faut consommer tout de suite.
Si l’on veut faire du fromage fort on le laisse sécher et on le met dans des pots avec du sel, du poivre et des épices à volonté, On recouvre les pots d'un linge et d'une feuille de papier et on laisse fermenter dans une cuve pendant plusieurs semaines,
Pour faire de la présure on se sert d’un estomac de veau qu’on laisse sécher. Une journée avant de s'en servir, On la met dans de l’eau ticde et salée, et on la laisse macérer, Cela fait, on filtre et l’on obtient un liquide qu'on appelle la présure. Il n'en faut qu'une très petite quantité pour faire cailler le lait. On peut remplacer la présure par des fleurs d’artichaut séchées que l’on fuit bouillir en petite quantité dans un peu d’eau. On ajoute cette eau au lait que l’on veut faire cailler.
On fait différents fromages dont quelques uns sont délicieux. Les RR. PP. Trappistes font un fromage appelé * Port Salut ” qui ne le cède en rien au Gruyère, Les habitants du sud de Montréal, Longueuil, Bélæil, St Bruno, et l'Ile d'Orléans, font des fromages raffinés comparables au Brie, au Camembert, etc.
Fromage à la crème préparé sans présure.—On place le caillé dans un moule d'osier garni d'un morceau de mousseline ou de toile claire plus grand que le moule, Lorsque le moule est rempli on rabat le linge sur le caillé, et on laisse égoutter pendant six ou huit heures, après quoi, au moyen d'un pilon, on fait passer le fromage à travers un tamis ou une passoire ; puis on ajoute au fromage de la crème douce, On mélange soigaeusement le tout, puis on le met de nouveau égoutter dans un moule d’osier. Deux heures après on verse le fromage dans le vase dans lequel on doit le servir, et on l'entoure de crème fraîche, qu'on fait mousser en la battant avec une fourchette au moment de la servir ; ce fromage se mange avec du sucre ou avec poivre et sel,
Fromage à la crème préparé avec présure—On délaie dans quelques cuillerées de lait un morceau de présure de la grosseur d’un petit pois ; on verse ce mélange dans du lait chaud, sortant du pis de la vache, et on agite bien, Ce lait se caille très promptement, on le fait égoutter. On le traite ensuite comme le précédent.
Fromage de Brie raffiné.—Môêlez le lait de la traite du matin, encore chaud, à la crème de la traite de la veille au soir, et vous placez ce mélange dans de l’eau chaude à 409 Réaumur, environ. Vous versez ensuite la présure, et laissez former le caillé. Vous remuez ensuite le caillé dans le petit lait avec la main ; vous le pressez au fond du vase, vous le sortez de là, le placez dans un moule et le pressez fortement, avec la main d’abord, puisau moyen de poids. Lorsqu'il a perdu le petit lait vous le renversez sur une planche couverte d'un linge mouillé ; vous garnissez l’intérieur du moule vide d’un autre linge et vous l'y replacez comme auparavant et l'enveloppez. Vous
appliquez un couvercle sur le moule et vous soumettez le fromage à une nouvelle pression d'une demi-heure, Vous changez le fromage de linge et le pressez encore, et ainsi de deux heures en deux heures jusqu'au lendemain au soir, La dernière pression se fait à nu, sans linge, directement sur le fromage et dure un peu plus d'une demi-heure, Ce temps écoulé vous placez le fromage dans un petit baquet et le frottez des deux côtés avec du sel sec et fin, Le lendemain vous faites la même opération. Trois jours après vous sortez le fromage du baquet et le portez dans une chambre sèche et aérée sur des rayons garnis de nattes de paille ou de jone. Vous le retournez de temps en temps, et l'essuyez avec un linge propre jusqu'à ce qu'il vous paraisse convenablement sec,
Une fois dans cet état on s'occupe de l'afliner, c'està-dire de développer dans le fromage un certain degré de fermentation. On prend une futaille défoncée par un bout, On forme dans cette futaille, avec de la menue paille ou de la balle d'avoine, un lit de 5 à 6 pouces d'épaisseur ; on étend sur ce lit un des fromages qui a ordinairement près de 1 pied de diamètre sur 1 pouce d'épaisseur, On recouvre ce premier fromage d’une nouvelle couche de menue paille ou balle d'avoine et ainsi de suite. Placez la futaille en un lieu frais sans être humide, Au bout de quelques mois les fromages fermes sont bons à manger ou à livrer au commerce sans attendre que la fermentation fasse dilater la peau.
Fromage de lait de chèvre.—Pour faire le fromage de chèvre, on met la présure dans le lait lorsqu'il vient d'être trait; puis lorsqu'il est caillé et que le petit lait commence à se séparer du caillé, on l'enlève avec une cuillère pour le faire égoutter dans un moule de terre, ou de ferblanc de 5 pouces de haut et du même diamètre, percé
de trous dans son pourtour et au fond, et on dépose les moules dans une boîte à la cave. Le lendemain on sale le fromage dans le moule et on l'y laisse jusqu’au jour suivant ; alors on le renverse sur un cajot ou natte en paille posée sur une claie en osier, suspendue, puis on le sale de l’autre côté. On peut les placer dans un #ardemanger où ils sèchent lentement en se couvrant de moisissure. Lorsqu'ils sont secs sans être durs, on les range dans des pots en grès, en enveloppant chaque fromage dans de bon foin mouillé d’eau salée, On couche les pots, on les place dans une chambre, et au bout d’un mois au moins, on peut commencer à manger les fromages.
S'ils se ramollissent trop, on remplace le foin mouillé par du foin sec.
Si l’on garde les fromages longtemps, il est bon de les changer de pots, afin de mettre par-dessus ceux qui étaient au-dessous. On les râcle avant de s’en servir. Lorsqu'ils ontété longtemps À l’affinage ils ont beaucoup d’analogie avec le fromage de Roquefort,
Fromage de luit de brebis.— On le fait exactement comme celui de chèvre,
Fromage de pommes de terre. —En Thuringe et dans une partie de la Saxe, on fabrique, paraît-il, Ges fromages de pommes de terre.
On choisit des pommes de terre de bonne qualité, surtout la grosse blanche ; on les fait bouillir dans un chaudron ; on les pile ensuite et on les réduit en une pulpe bien égale et bien homogène. Après avoir ajouté 1 livre de lait aigre pour 5 livres de cette pulpe, on pétrit le tout. On laisse reposer le mélange en le tenant couvert pendant 3 ou 4 jours ; puis on pétrit de nouveau et l'on place les fromages dans de petits paniers qui laissent
échapper l'humidité superflue ; enfin on les met sécher à l'ombre et on les place par lits dans de grands pots, on sale et on les laisse pendant quinze jours. Plus ils deviennent vieux, plus ils acquièrent de qualité.
La Porcherie.
Aucun animal n’estutile comme le porc. Aucun animal non plus ne profite autant des soins qu'on lui donne.
Les meilleures races sont les Berkshire, qui se distinguent par un corps massif, le museau très court, le tout noir, excepté l'extrémité des pattes et une marque au front. Le Hampshire a beaucoup d'analogie avec le précédent, Il a les formes plus grossières et a du roux. Le Leicester, l’Essex, le York sont estimés,
La soue doit être d’une grande propreté, n'être pas humide ; être tempérée, environ 609 Fahr. Le porc à l’engrais doit avoir le moins de mouvement possible, et pour cela il faut le mettre à son aise, que l'endroit où il dort soit an peu obscur. Plus il engraisse vite, moins son engraissement coûte cher.
La soue qui, pour être saine, doit être bien aérée, doit contenir une élévation où est la litière et être munie d’une auge moitié en dedans et moitié en dehors. Au moyen d’un couvercle se mouvant sur un axe, elle se ferme des deux côtés alternativement, c’est-à-dire qu'en l’ouvrant du dehors pour verser le manger dans l'auge, elle se trouve fermée en dedans, de manière que le manger ne tombe pas sur la tête du cochon.
Le porc mange de tous les grains et de beaucoup de fruits. Le gland, la faîne sont des aliments excellents. Dans le champ il fouille et est précicux pour détruire une foule de mauvaises herbes ; il raffole de la racine de
fougère mâle. Le grain lui est très favorable. Aussi le meilleur engrais est une moulée riche de pois, d'orge et d'avoine. Les pommes de terre cuites, surtout mélangées aux grains, l’engraissent aussi promptement. Îl mange bien la viande et quand on est près des abattoirs on peut facilement s’en procurer. Mais il faut lui en donner avec discrétion. Comme tous les autres animaux le porc doit être soigné à heure fixe, mais souvent, car il ne doit pas souffrir de la faim. Pour exciter son appétit il faut varier ses mets. Le sel est excitant et aide à la digestion.
Le fumier de cochon est en rapport avec la richesse de sa nourriture. Aussi doit-on le ménager, mais ne pas le laisser trop près de la soue où il répandrait une mauvaise odeur.
Nous avons vu au chapitre de la conservation des viandes, la manière de tuer le porc, de l’accommoder et de tirer parti de tout ce qui s’y trouve.
Les porcs, comme les autres animaux, sont sujets à certaines maladies qui prennent presque toutes leur origine dans les porcheries malsaines, dans la mauvaise nourriture, dans les changements trop brusques de température.
Les maladies externes comprennent des plaies à la peau, les maladies des pieds, la gale, les dartres et les poux. Elles se guérissent toutes facilement au moyen des plus simples soins de propreté. Pour la gale, les dartres et es poux, on mêle des cendres tamisées, du soufre et du goudron à l'eau dont on se sert pour laver l'animal, au moyen d'une brosse. Les plaies du pied, quand elles sont un peu importantes, doivent être pansées au moyen d’étoupes fines.
L'ançyine, qui est dangereuse, a son siège principal dans la gorge. Les animaux en sont atteints promptement
pendant l'été. Ils respirent difficilement, ils toussent avec tendance au vomissement.
Aussitôt que la maladie est déclarée il faut donner des vomitifs, employer la saignée et des cataplasmes émollents sur le cou.
Comme vomitif on donne de 1 à 4 grains d’émétique dissous dans 24 d’eau distillée, à administrer avec précaution en deux fois en une heure, Quand la tuméfaction apparaît au cou, il est bon de frictionner deux fois par jour avec de l'essence de térébenthine, ou avec de la pommade camphrée. Quand la tumeur devient charbonneuse, il faut la cautériser au moyen du fer rouge, après y avoir fait des incisions.
La diarrhée fait des ravages chez les jeunes porcs. On l'actribue à l'humidité de la porcherie ou aux aliments malsains.
On recommande pour guérir ce mal de mêler à la boisson des porcs environ 30 grains de sulfate de fer par jour, et de les nourrir aux tourteaux de lin.
La constipation, assez fréquente chez le pore, se combat en administrant 5 gros de sulfate de soude dissous dans une chopine d’eau tiède. On ajoute avec succès à cette solution un verre d'huile d'olive.
La soie consiste en une toutfe de soie se réunissant sur le côté du cou, et s’enfonçant en changeant de couleur.
Il faut avoir recours à l’extirpation du bourbillon, et cautériser ensuite la plaie au moyen du fer rouge. On donne après cela par jour & once de nitrate de potasse dans la boisson.
Des abeilles.
Les mouches italiennes, qui sont jaunes, sont les meilleures. Tout fermier devrait avoir un rucher tant sont profitables ces industrieuses abeilles qui n'exigent que très peu de soin. Encore faut-il leur en donner quelques uns, Même à la ville et au village on peut se payer le luxe de quelques ruches qui rendraient au centuple les égards qu’on leur accorderait.
Le rucher est un abri qui ne doit recevoir aucun courant d'air; il est destiné à protéger les ruches des rayons directs du soleil. Il faut que les abeilles aient de l'eau dans le voisinage.
Les ruchesles plus simples sont les meilleures, à moins que l’on ne veuille faire de la fantaisie.
On leur donne la proportion suffisante pour leur hibernation, environ 20 livres de miel et leur couvain. Souvent les ruches sont carrées, en bois, d'environ un pied de diamètre sur 14 de hauteur. Le dessus est fermé d’une planche trouée surmontée d'un capuchon de même diamètre et d'environ dix pouces de hauteur, surmonté d’un toit. Lorsque les abeilles ont à peu près rempli le corps principal, on ouvre les trous du couvercle pour permettre aux travailleuses de déposer du miel dans ce capuchon qu'on enlève à l'automne sans déranger la colonie dont le couvain est en bas. Cette ruche est placée sur un talus ou table et les abeilles en sortent et y entrent par une porte assez étroite pour qu'elle puisse la protéger contre les ennemis. Une porte dans le capuchon leur abrégerait le chemin quand elles y font du miel; time is money. Dans ce capuchon peuvent se mettre des boîtes en verre correspondant aux trous.
Les ruches en paille, qui sont en forme conique, peuvent rester dehors tout l'hiver, Les abeilles des ruches en bois s'hivernent dans une cave, un caveau ou des bâtiments, pourvu qu'il n’y ait aucune humidité. L'obscurité la plus complète doit y régner. Les abeilles ainsi casernées ont peu d'activité et dépensent peu ; mais encore faut-il leur laisser assez de miel pour permettre de ne les :ortir qu'aux beaux jours du printemps, après la fonte des neiges. Si elles en manquaient il faudrait les pourvoir au moyen de sucre fondu, de miel ou de sirop.
Il faut les visiter quelquefois pendant l'hiver, pour voir s'il n’y a pas de moisissure qu'il faut faire disparaître. [In laissant l'air circuler entre le tablier et la ruche on évite l'humidité que les abeilles craignent beaucoup. Au printemps, on sort les ruches, et on les visite pour enlever la moisissure, la fausse teigne, ete. On les tixe ensuite sur une planche ou tablier du rucher, de manière à ce qu'il n’y ait aucun interstice entre le tablier et la ruche, ne laissant qu'une porte qui puisse être gardée contre les ennemis.
A la fin de mai ou au commencement de juin les bonnes ruches donnent un essaim. La vieille reine, qui a rempli sa ruche de petits et donné naissance à une nouvelle reine, laisse la place, suivie des nouvelles abeilles, qui se posent où s'arrête la reine et forment une grappe, généralement suspendue à un petit arbre qu’on leur ménage d’ailleurs exprès. On prépare une ruche vide en la nettoyant et y mettant un peu de saumure que les abeilles affectionnent. On place cette nouvelle ruche, ayant soin d'en soulever la base, au-dessous de la grappe de mouches, Au moyen d’un coup sec, donné sur la branche à laquelle
est suspendu l’essaim, il se détache et tombe suret à côté
de la nouvelle ruche qu'on s'empresse de couvrir d'un drap. Les abeilles s’y introduise par la base et s’y installent. Le soir, alors qu'elles sont toutes entrées dans leur nouvelle demeure, on les transporte au rucher, où elles vont dès le lendemain travailler à faire des cellules ; à moins qu'on ne leur en ait placées d’artificielles ou de naturelles, ce qui est une grande économie, puisqu'elles commencent tout de suite à faire du miel. Pour les visiter ou leur ôter du miel on envoie dans la porte quelques bouffées de fumée ; elles se mettent à bruire et elles ne sont plus alors aussi rageuses.
On x dos extracteurs de miel qui tirent le miel des ayons sans les briser et qu'on replace dans les ruches pour y recevoir les essaims qui trouvent une maison toute meublée. Le temps, c'est de l'argent, surtout au Canada où les saisons sont courtes.
Le miel forme une excellente douceur et se vend bien. La cire est précieuse pour préparation de remèdes, fabrication de cierges, etc.
Les abeilles ont des maladies : la dyssenterie, par exemple; on la combat avec du vin qu’on met dilué d’eau, à leur portée ; le sel est une excellente chose. Les rats, les souris, certains oiseaux sont des ennemis faciles à combattre ; mais le plus ennuyeux, c'est la fausse teigne, espèce de papillon de nuit, qui dépose ses œufs dans les fissures des ruches et dont les larves s'introduisent dans les rayons et y font des dégats. Voilà pourquoi toutes les issues doivent être bien fermées ; il ne faut laisser à garder qu’une porte et quelquefois deux, quand les abeilles travaillent dans le haut de l'atelier. Si une ruche perd sa reine il faut lui en donner une ou bien forcer les abeilles d’émigrer dans une autre ruche, ce qui se fait facilement
en les mettant sous une ruche qui a sa reine et forçant, au moyen de la fumée, les abeilles orphelines à monter dans l’autre ruche supérieure. On peut aussi, lorsque la plupart des abeilles orphelines sont au champ, enlever leur ruche, et elles vont porter leur butin dans les autres et s'y installent,.
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