ET CONNAISSANCES UTILES
J'ai fuit voir, dans mon livre sur la Colonisation, combien est profitable la petite industrie domestique qui peut être exercée par les femmes et les enfants. En France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, on fait des prodiges de production de petits articles, qui s’exportent sur tous les marchés du monde et font la richesse de ces pays.
Une dame Belge, qui venait de visiter les paysans d'un canton en arrière de Montréal, me témoignait sa surprise d'avoir vu des enfants de 8, 10, 12 ans, passer leur temps à ne rien faire ou à faire des riens. “Tout le monde est utilement occupé chez nous, dit-elle. Toutes ces belles dentelles que vous voyez, ces fines toiles, ces paniers de fantaisie, ces statuettes en bois et tant d'autres objets délicatement fabriqués sont faits par des enfants, des femmes, pendant les soirées d'hiver surtout.”
Je vais indiquer quelques industries qui peuvent s’exercer ici avec profit, mais avant, constatons que la base de l’industrie domestique, c’est :
La vie de famille, cause de prospérité.
Remarques d'un évêque.—Nous soumettons à l'examen et la réflexion de nos jeunes gens les remarques suivantes de Mgr d'Annecy. Ils feront bien d’en tenir compte, car il s'agit pour eux de leurs plus chers intérêts :
“ La vie de famille est la première condition de l’honnêteté et du bonheur, Les peuples heureux et chez qui tout prospère sont ceux où l’on respecte, où l’on aime la vie de famille ; les peuples qui dégénèrent, qui vont se
perd re, sont ceux où l’on ne connaît plus les joies de la famille. Si un jeune homme met son bonheur à demeurer auprès de ses parents, s'il se trouve bien dans la maison où il a été élevé, augurez bien de l'avenir de ce jeune homme. Si cet autre, dès l’âge de seize ou dix-sept ans, aime à échapper à la famille, s'il recherche la compagnie des jeunes gens plus âgés que lui; s’il dédaigne la maison de ses parents et les laisse seuls, les jours de repos, pour passer de longues heures au café où à l'auberge, n'attendez rien de bon pour ce pauvre enfant. Pendant la première partie de sa vie, il n'aura jamais une seule joie véritable. Plus tard, lorsqu'il sera établi, il ne saura point diriger sa maison etélever ses enfants. La vieillesse viendra avec toutes ses infirmités, toutes ses tristesses ;
il sera seul, abandonné.” Fabrication du vin.
La fabrication du vin n'est rien autre chose que le changement du sucre, qui se trouve dans un fruit, en aleool par la fermentation. Tout fruit sucré peut donc produire du vin ou une liqueur J’emprunte à l’Almanach des cercles agricoles pour l’année 1894, de J.-B. Rolland & Fils, l’article suivant, qui est un résumé fidèle de l’art de faire le vin par Audibert.
On n’y parle que des raisins secs; mais la fabrication du vin avec les raisins frais est exactement la même, si ce n'est qu'il faut écraser les raisins avant de les mettre dans la cuve en fermentation. Quand le raisin n’est pas bien mûr on y ajoute une certaine quantité de sucre et d'eau.
“ Procédé rapide pour faire le vin à la maiïson.—La fubrication du vin de raisins secs est réellement très facile ;
cependant, comme pour toute autre chose, beaucoup de ceux qui veulent l’entreprendre ne réussissent pas, parce qu'ils négligent de prendre toutes les précautions que la pratique reconnaît nécessaires. Disons-le tout de suite : si vous voulez faire du bon vin de raisins secs, observez toutes les conditions requises que nous allons tâcher de résumer dans cet article, sinon, renoncez à l’entreprise, car vous y perdriez votre temps. et vos raisins.
Principe de la fabrication du vin de raisins secs. —Si l'on met tremper des raisins secs dans une certaine quantité d'eau ni trop froide ni trop chaude (température d'environ 77° Fahr.) et que l'on mélange bien le tout, le aisin ne tarde pas à se gonfler, eten même temps il abandonne à l'eau toutes ses matières solubles, spécialement le sucre qu'il contient en grando quan ité {les raisins secs de Corinthe contiennent de 50 à 60 p% de sucre). Au bout de quelques heures, le ferment, qui se trouve sur la peau du raisin, commence son travail merveilleux : en effet, sous l'influence de ce ferment, le sucre de raisin subit une fermentation, une décomposition ; il se transforme moitié en gaz acide carnonique, qui s'échappe du liquide sous forme de bulles de gaz, et moitié en alcool, qui reste dans le liquide ; au bout de quelques jours, la plus grande partie du sucre a disparu, et le liquide fermenté n'est plus autre chose que du vin.
Local et ustensiles propres à cette fabrication.—Choisissez un local sec, facile à aérer et à chauffer, par exemple, une cave munie de fenêtres et où l’on puisse mettre un poêle ; une cuisine où un appartement situé au bas de la maison mais non sur le même étage que les chambres à coucher. I ne faut pas perdre de vue que pendant la fermentation, le gaz acide carbonique qui s'échappe de la
cuve est le même gaz qui s'échappe du charbon brûlant dans un poêle, le même aussi qui se dégage des fours à chaux, et par conséquent présente les mêmes dangers d’asphyxie ; c'est la présence de ce gaz dans des celliers mal aérés qui a occasionné la mort de plusieurs vignel'on.
Pour éviter tout accident choisissez donc un local pou- “ant s'aérer facilement.
T'onneaux.—Procurez-vous trois tonneaux bien propres n'ayant servi qu'au transport des vins ou de boissons alcooliques, l’un beaucoup plus grand que les deux autres.
Ainsi, par exemple, si le premier a une contenance de 80 gallons les deux autres seront de 30 gallons.
Le plus grand, placé debout sur une table très solide et débarrassé de son fond supérieur, sera la cuve de fermentation. Quant aux deux autres plus petits que nous désignons par le No Let No 2, ils serviront l’un (No 1) au décuvaye, Yautre (No 2) au transvasement définitif et à la conservation du vin.
Cuve &e fermentation.—V'oici notre grand tonneau auquel nous avons enlevé un des fonds ; on le lave à l’eau chaude, avec une brosse ou un balai, puis on enduit l’intérieur d’un lait de chaux, pour éviter toute mauvaise fermentation ou moisissure.
Robinet.— Au bas du tonneau, à un ou deux pouces au dessus du fond on met un bon robinet (chantepleure) : on fixe solidement à l’intérieur du tonneau et contre l’ouverture d'entrée de ce robinet, une petite botte de paille ou un balai de bruyère: cette précaution est indispensable pour empêcher les raisins d’obstruer et boucher le robinet lors du décuvaye, et il importe d’attacher solidement ce balai avec deux chevilles de bois, de manière à
ce qu'il ne puisse pas se déranger pendant le brassage des raisins,
l'ilet.—Vers le haut du tonneau à l'intérieur, mais à deux ou trois pouces au dessous du niveau qu'occupera le liquide on aura soin d’enfoncer des chevilles de bois destinées à retenir un filet à mailles serrées,
Ce tilet est tout simplement une pièce de canevas où mieux encore une espèce de toile à jour, comme on en vend partout sous le nom d’interlining ou d'entredoublure (coûtant 5c. la verge.) On l'étend légèrement et on le coud sur un cercle de tonneau un peu plus grand que l'ouverture de la cuve. Ce filet rond (qu’on placera plus tard horizontalement sous les chevilles de bois) est indispensable, car il sert à retenir sous la surface du liquide toute la masse des raisins qui tend sans cesse à s'élever pendant la fermentation.
Couvercle. —Le fond qu’on avait enlevé au tonneau peut être employé comme couvercle ; il est bon d'y clouer une traverse de bois pour lui donner plus de solidité.
T'hermomètre.—Procurez-vous un bon thermomètre (thermomètre de laiterie) qr* coûte de 20 à 25 centins.
Euu et raisin.—C'est le petit raisin de Corinthe (currants, en anglais) que nous devons employer ; son prix en gros varie suivant le cours du marché entre 4 à 6 centins la livre.
Pour la préparation du vin que nous avons en vue, il convient d'employer 5 à 6 Ibs de raisins de Corinthe par galion d’eau.
Ainsi, par exemple, si nous voulons préparer 30 gallons de vin, nous mettrons (30X 6180 Ibs) 180 livres de “aisins secs pour 30 gallons d'eau ; mais en pratique, au lieu de 30 gallons d’eau, nous employons 35 gallons, pour compenser certaines pertes inévitables.
Inutile de dire que l'eau employée doit être de très bonne quulité, Avec ces proportions, on obtient un excellent vin qui revient à environ 39 centins le gallon !
Avant de mettre les raisins dans la cuve, il importe de les trier sur une table, d'écraser à la main les mottes de raisins collés ensemble, et de les débarrusser des pierres et autres matières étrangères qu'ils pourraient contenir,
l'empérature du cellier.—Comme nous n'employons que le procédé rapide de fermentation, dans laquelle la tem. pérature joue un si grand rôle, il est nécessuire de chautfer non seulement l'eau destinée à la cuve, mais aussi d'amener et de maintenir la température du cellier, ou de l'appartement qui nous en tient lieu, à un degré assez élevé, (77° Farh.) pour que la fermentation des raisins soit achevée en 6 jours au plus.
Les choses étant ainsi disposées, il ne reste plus qu'à apprendre comment... on fait le vin—Voici :
Mise en cuve.—On commence pur chaufter à 1049 Farh. au moins, la quantité d'eau qui doit servir à la fermentation des raisins. Comme il ne serait pas facile, dans une maison particulière, de chauffer d'un seul coup une aussi grande quantité d'eau, on obtient le même résultat en versant dans la cuve de fermentation (le grand tonneau) disons la moitié ou les # d'eau froide, puis on réchauffe celle-ci en y versant de l'eau bouillante ou du moins très chaude ;'enfin on s'arrange de manière à avoir dans la cuve la quantité d’eau nécessaire (disons 35 gallons) à la température de 1042,
Cela étant fait, pendant qu'un aide jette peu à peu les raisins secs dans la cuve, on brasse vigoureusement, au moyen d'un bâton, le mélange d’eau et de raisin, (le moût comme on dit dans le métier) de manière à amener rapidement la dissolution du sucre de raisin dans l’eau.
Lorsque tout le raisin a été mis en cuve, on cesse de brasser et on introduit dans la cuve le tilet dont nous avons parlé et on le place sous les chevilles de bois, auxquelles on l’attache avec des bouts de ficelle si c'est nécessaire, Le filet doit tremper dans le moût à une profondeur de deux ou trois pouces en dessous de la surface.
On pose ensuite le couvercle sur la cuve.
Pendant ces préparatifs, on a eu soin de chauffer le cellier ou l'appartement de fagon à amener la température à environ 770. [l faut autant que possible conserver cette température jour et nuit, jusqu’à la fin de la fermentation, c’est-à-dire pendant 5 à 6 jours: c'est là une condition essentielle.
Fermentation—La fermentation s'établit d'elle-même dans les vingt-quatre heures qui suivent la mise en cuve, et se continue régulièrement jusqu'à la fin; pendant ce temps, il se dégage par le dessus de la cuve des torrents de gaz acide carbonique qui étant plus pesant que Pair s'écoule, quoiqu'invisible, le long des parois du tonneau et vient occuper la partie inférieure de l'appartement où il se mélange à Pair.
Dangers de l'acide carbonique.—Ce gaz acide carbonique ainsi que nous l'avons vu plus haut, est” irrespirable et peut causer la mort. Il est d'autant plus dangereux qu'il n'a par lui-même aucune odeur, Si ce gaz est abondant, on peut cependant réconnaître sa présence en pénétrant dans le cellier, le matin par exemple. une chandelle allumée à la main et tenue à la hauteur de votre ceinture : si vous apercevez un tremblement ou un trouble dans la lumière, il faut se métier ; si la chandelle s'éteint, ne vous aventurez pas, car vous pourriez y laisser la vie. Comme
ce gaz occupe les parties basses de l'appartement, n’y laissez pas entrer les enfants avant d'avoir renouvelé complètement l'air en ouvrant les portes et les fenêtres. Ces précautions sont souvent utiles, surtout si vous prépurez une grande quantité de vin.
Décuvaye.—Pendant la fermentation active, (fermentation tumultueuse), la cuve est en ébullition à peu près comme une bouilloire sur le feu. Mais vers la fin, c'està-dire après 5 à 6 jours, la fermentation se ralentit et la température du liquide s’abaisse; bientôt, en appliquant l'oreille contre la cuve, on n'entend plus qu'un léger crépitement qui s’affaiblit de plus en plus ; quand tout travail actif paraît avoir cessé, c'est que la fermentation rire est terminée, c’est que le vin est fait. En principe, ce seruit le moment de procéder au décuvage, c'est-à-dire de retirer le vin de la cuve pour le mettre en tonneaux. Cependant en pratique, comme le vin est trop chaud, il serait dangereux de le décuver sans le refroidir tout d'abord. A ce moment on cesse donc de chauffer et on ouvre les portes et les fenêtres, puis on attend encore 24 heures pour obtenir le refroidissement complet.
Opération du décurage.—On amène un des deux tonneaux, le tonneau No 1, dont nous avons parlé (ayant. par exemple, une contenance de 30 gallonsi. sous le robinet de la cuve, en ayant soin de placer un entonnoiïr dans la bonde du tonneau ; on ouvre le robinet et on recueille le vin dans le tonneau qu'on à soin de remplir complètement ; le surplus du vin est mis en bouteilles que l'on bouche avec soin, car on en aura besoin pour l'ouillage du vin.
Comme la masse des raisins de la cuve retient beaucoup de vin, il faut, vers la fin du décuvage, presser énergique-
ment sur les raisins pour en faire sortir les dernières gouttes de vin,
Ouillage du tonneau.—Il est important de ne pas laisser pénétrer l'air dans le tonneau que nous venons de remplir; or, dans les premières semaines qui suivent le décuvage, le vin laisse dégager du gaz acide carbonique dont il était saturé au sortir de la cuve, et son volume diminue ; comme le vide produit ainsi dans le tonneau est nuisible, il faut le combler de temps en temps avec le vin de surplus que nous avons mis en bouteilles ; quant à la bonde, il suffit simplement de la fermer légèrement avec le bouchon. Cette opération du remplissage pour combler les vides s'appelle ouillage.
Fermentation lente ou insensible. —Après le décuvage, le vin qui vient d’être mis en tonneau subit une seconde fermentation appelée lente ou insensible à cause du caractère particulier qu’elle présente; elle est sans chaleur, lente et presque sans dégagement apparent d'acide carbonique. Les vins de raisins secs éprouvent plus qu'aucun autre vin cette seconde fermentation, pendant la quelle il se forme encore un peu d'alcool aux dépens dela petite quantité de sucre non transformée qui se trouve encore dans le vin. En même temps le vin, qui au moment du décuvage était trouble, s'éclaircit un peu ; les matières terreuses, #ommeuses etc., qui s’y trouvaient en suspension et qu'on appelle la Zie, se déposent sur les parois du tonneau. On laisse donc reposer le vin pendant deux à quatre semaines pour permettre à la lie de se déposer le plus possible, et c’est pendant cette période que l’on "ratique l'ouitlage dont nous avons parlé,
Soutirage et mise en fût.—Lorsque le vin s’est suftisamment éclairei, ce dont on peut s'assurer en prenant un
échantillon soit par la bonde, soit par un robinet placé sur un des fonds et vers le bas du tonneau, on le transvase dans un autre tonneau (notre tonneau No 2). Ce transvasement, qui s'appelle en terme de métier soutiraye, doit se faire rapidement et avec précaution pour éviter autant que possible l’action de l’air sur ie vin; dans les grands celliers, on soutire le vin soit avec une pompe, un siphon etc. mais pour le vin fait chez les particuliers, on s'arrange comme on peut, et si l’on ne peut facilement placer le tonneau plein de vin au-dessus du tonneau à remplir, ce qui serait le meilleur procédé, on est bien obligé de retirer le vin par le robinet dans des cruches ou des seaux, et de le verser immédiatement dans le second tonneau. C'est dans ce dernier fût, ou tonneau No 2, que le vin achèvera de se faire, de se bonitier, et de vieillir..si on lui en donne le temps.
C’est même à ce tonneau qu'on pourra verir puiser la quantité du vin nécessaire pour la consommation domestique, c'est-à-dire que nous voulons consommer le vin pris directement au tonneau (par le robinet}, sans être obligés de le mettre en bouteilles ; ce point est important, car la mise en bouteilles est une opération délicate, longue et coûteuse, et si nous pouvons nous en passer, nous arrivons à une grande simplification. Or, la chose est très facile et très pratique, si nous avons soin de stérilisr le vin c’est-à-dire d'arrêter toute fermentation du vin en lui faisant subir l'opération importante du soufraye. Ki nous n'en avons pas parlé avant la mise en fût, c'est pour ne pas interrompre l'exposé de la méthode de vinification.
Soufrage.— On appelle soufrer, mécher où muter un vin. l'action de l’imprégner de vapeur sulfureuse obtenue par la combustion de mèches soufrées.
Préparation des mèches.—Pour préparer ces mèches, on fait fondre du soufre dans une tasse de faïence plongée dans un bain d'huile ou de graisse fondue et qu’on chaufte sur le poèle; quand le soutfre est fondu on y trempe à deux reprises des bandes de papier d'amiante ou carton d'amiante, longues de 3 à 5 pouces et larges de 4 pouce ; à défaut d'amiante on prend des bandes de papier ou de toile, mais on s'expose alors à donner au vin des odeurs désagréables,
Opération du soufrage.—Quand on veut soufrer du vin, on commence par attacher une mèche soufrée à une broche de fer, puis on l’allume et on l’introduit dar: le tonneau vide destiné au vin, en ayant soin de maintenir la broche fixe au moyen du bouchon placé sur la bonde, Pour éviter que des fragments de souffre ou de mèche ne tombent dans le tonneau, on suspend parfois à la broche, mais plus bas que la mèche, un petit vase en métal ou en verre assez petit pour pouvoir être introduit par la bonde en même temps que la mèche.
Le souffre en brûlant donne des vapeurs d'acide sulfureux qui occupent l’intérieur du tonneau. Quand le soufre de la première mèche est brûlé, on en allume une seconde puis une troisième, etc., jusqu'à ce que la combustion ne soit plus possible dans le tonneau.
A ce moment, on y verse par la bonde deux ou trois gallons de vin et on remue le tonneau pour faciliter la dissolution du gaz sulfureux dans le liquide. On achève ensuite de remplir le tonneau avec tout le vin dont on dispose et l’on bouche parfaitement la bonde avec son bouchon : le vin ainsi soufré, ne travaille plus, ne fermente plus et se conserve en s'améliorant de plus en plus.
Quand faut-il soufrer les tonneaux ?—S'il n'est pas ab-
solument nécessaire de soufrer le tonneau No 1, au moment du décuvage, grâce au gaz acide carbonique dissout en ce moment dans le vin, et qui le protège contre l'action de l'air, il est au contraire de toute nécessité (surtout pour les vins à faible proportion d'alcool) de soufrer le tonneau No 2, avant de le remplir, et l'on procède alors comme nous venons de l'indiquer.
Mais cela ne suffit pas encore, si nous voulons nous dispenser de la mise en bouteilles et prendre de temps en temps une certaine quantité de vin au tonneau, pour la consommation de la famille. Dans ce cas, le vide qui se forme dans le tonneau se remplit d'air, et l’on sait que ie meilleur des vins se gâte rapidement au contact de l'air.
Si nous voulons donc conserver notre vin en bon état jusqu'à la dernière goutte, nous devons brûler de temps en temps une mèche soufrée dans le vide du tonneau, Cette opération, qui est d’ailleurs très facile à faire, a besoin d'être renouvelée tous les quatre jours ou chaque semaine où chaque mois, suivant que l’on tire du vin tous les jours ou plus rarement.
Sucrage.—Le vin obtenu par le procédé ci dessus est un vin sec, c'est-à-dire n’a pas où presque pas le goût sucré. Pour ceux qui aiment le vin doux c'est-à-dire sucré, voici ce qui reste à faire :
Le vin étant mis en fût, on y ajoute un sirop de sucre contenant autant de livres de sucre qu'il y a de gallons de vin à sucrer, soit 30 Ibs de sucre pour 30 gallons de vin, Dans une petite quantité d'eau chaude (14 gallon), on verse les 30 Ibs de sucre granulé blanc, on fait bouillir k d'heure, on laisse refroidir un peu on verse le sirop dans le vin, et on agite avec un bâton atin de bien mélanger le tout.”
Lors du décuvage, au lieu de presser de suite la pulpe, on peut y ajouter de l'eau et du sucre et faire une seconde cuvéé par la fermentation,
Vins de différentes espèces de fruits dits vins d'imitation.
Vin de mûres (ronces). Versez une pinte d’eau bouillante sur un gallon de mûres.—TLorsque le mélange est refroidi, écrasez le fruit. Laissez le tout pendant 24 heures dans une cuve à une température moyenne. Coulez et ajoutez deux livres de sucre par gallon de jus. Mettez dans un baril bien bouché que vous déposez dans une cave fraîche. Embouteillez quand le liquide est r'eposé.
Vin de sureau.—On fait un bon vin avec les baies de sureau en suivant le même procédé,
Vin de gadelles noires (cassisi.—Prenez des gadelles noires lorsqu'elles commencent à mûrir, égrenez-les et écrasez-les dans un cuvier de bois, abandonnez la masse pendunt 24 heures, puis exprimez le jus au travers d’un sac grossier où d’un tamis; mettez ensuite sur la masse une petite quantité d’eau et abandonnez-la dans le cuvier pendant douze heures ; et après en avoir exprimé la liqueur, ajoutez-la à la première ; dans une pinte de jus, ajoutez huit à dix onces de sucre ; la plus petite quantité de sucre que l’on puisse ajouter par pinte est de sept onces, mettez le mélange dans un tonneau qui doit être entièrement rempli, laissez-le fermenter, et lorsque la fermentation commence à s'affaiblir, ce qu’on connaît à la diminution du sifflement, enfoncez le bondon et laissez le fausset ouvert. Quelques jours après, débouchez de nouveau le fausset, afin que l'acide carbonique qui aurait pu
se former en quantité notable, puisse s'échapper, et on répétera la même opération de temps en temps jusqu'à ce qu'on n'ait plus à craindre les effets d'une trop grande expansion de gaz ; on peut alors boucher définitivement le fausset. On peut soutirer le vin six mois après, et le mettre en bouteilles lorsqu'il est parfaitement clair.
Vin de cerises.—On peut faire un excellent vin de cerises de la manière suivante :
Après en avoir ôté les queues,, prenez des cerises qui ne soient pas encore mûres, écrasez-les dans un mortier ou dans une bassine pour détacher ia pulpe sans briser les noyaux et abandonnez la masse pendant vingt-quatre heures, pressez la pulpe sur un tamis grossier, et à chaque pinte, ajoutez huit onces de sucre, mettez le mélange dans un tonneau, faites-le fermenter et soutirez le vin aussitôt qu'il deviendra clair. On met quelquefois les amandes et les noyaux écrasés, dans un sac que l’on suspend dans le tonneau par la bonde, pendant la fermentation du vin qui acquiert par là un goût de noyaux.
Vin de gadelles rouges et noires. — Un mélange de parties égales de gadelles rouges et noires donne un excellent vin d’un goût supérieur à celui du vin qu'on obtient de l’un ou de l’autre de ces fruits séparément,
crasez les gadelles rouges et noires, et, après en avoir exprimé le jus, étendez-le d’une pareille quantité d'eau, et, à chaque pinte de cette liqueur, ajoutez huit onces de sucre; mettez-le dans un tonneau en conservant une petite quantité pour le remplir, et placez-le dans un lieu chaud pour le faire fermenter, en ayant soin de remplir le tonneau avec le jus que vous aurez conservé.
Lorsqu'il a cessé de fermenter, bouchez:-le ; et lorsqu'il sera clair, soutirez-le et mettez-le en bouteilles.
Vin de framboises.—Pour une quantité de 9 pintes de framboises écrasées, ajoutez 14 pintes d'eau, laissez reposer le mélange pendant vingt-quatre heures, passez-le dans un tamis de crin grossier, et, à chaque pinte, ajoutez huit onces de sucre et faites fermenter,
Vin de fiques.—Prenez 200 livres de figues sèches que vous déposez dans un récipient ; ajoutez & gallon d'eau, 1 pinte d'alcool : fermez hermétiquement et tous les jours agitez ce mélange,
Quand la fermentation est engagée, mettez le tout dans un tonneau de 250 gallons rempli d'eau. La fermentation continue et quand elle est finie, bouchez et laissez reposer.
Si les figues étaient trop desséchées ajoutez un peu de sucre,
Le cidre.
On peut faire du cidre avec n'importe quelles pommes juteuses. Les pommes acides donnent une liqueur d’une qualité inférieure,
On écrase les pommes au moyen d’une meule ou mieux d’un moulin à cylindreet à noix, qui a l'avantage de ne pas écraser les pépins lesquels communiquent au moût un principe amer, une huile d’un goût fort peu agréable, et du mucilage qui tend sans cesse à se détériorer. On peut d’ailleurs, quand ils sont intactes, s’en servir comme semis.
Les fruits étant écrasés il est avantageux de les laisser macérer pendant 12 à 15 heures dans des cuves pour que la pulpe prenne une couleur rougeâtre qui se communique au jus. On soumet ensuite à la presse qui est une machine à vis Après avoir tiré un premier jus qui fait le meilleur cidre, on peut broyer le mare avec
les 4 de son poids d’eau et le soumettre une deuxième fois à la presse ; puis on soumet le mare une troisième fois à la presse avec son tiers d'eau. Le moût de ces deux pressions forme un cidre plus faible, qui ne peut se garder longtemps.
Le moût ainsi pressé se met dans de grands tonneaux, plucés sur chantier dans un cellier ayant une température de 129 à 15° Réaumur. On couvre la bonde avec un linge, En peu de jours une fermentation tumultueuse se produit, et rejette au dehors plusieurs matières fermentescibles sous forme d'écume ; peu à peu se forme un chapeau qu'on a soin de ne pas briser, et on entretient les tonneaux toujours pleins. Un mois environ après la mise en cuve, la grosse fermentation étant terminée, on bouche chaque tonneau hermétiquement, et après quelques semaines le cidre peut être bu : mais plus il se clarifie, meilleur il est, [l ne faut pas remuer les tonneaux avant de sortir le cidre pour le mettre dans des tonneaux plus petits ou en bouteilles.
Pour le cidre mousseux on ne laisse fermenter dans les tonneaux que pendant un mois et on met en bouteille aussitôt que le cidre est éclairci. Il faut alors attacher les bouchons aux bouteilles.
On obtient un bon cidre en prenant une livre de pommes sèches qu’on met dans un gallon d'eau avec une livre de sucre. On laisse fermenter à vase ouvert pendant 3 ou 4 jours et l’on met en bouteilles.
Le poiré se prépare comme le cidre. Il est très capiteux quand il est vieux. Les poirés de première qualité ressemblent beaucoup aux petits vins blancs de l’Anjou ; mousseux, ils prennent souvent la marque des vins légers de la Champagne.
De la bière,
La bière est une décoction d'orge ou de maïs fermentés, additionnés du principe amer et aromatique du hou. blon, Elle est modifiée par les procédés et les proportions relatives d’eau, d'orge, maïs et houblon.
L'orge et le maïs ne contiennent pas beaucoup de principe sucré ; aussi, pour qu'ils deviennent propres à fournir une liqueur sucrée fermentescible, est-il nécessaire de leur faire subir la fermentation saccharine qui a pour effet de convertir en sucre l’umidon qui s'y trouve en abondance. C’est à quoi l'on parvient en les faisant ramollir et gonfler dans l'eau, puis en les étendant en couches minces sur le plancher du germoir, grande pièce où la température reste constamment entre 14 et 15 Réaum. Dans ces conditions le grain ne tarde pas à germer. Cette opération convertit l’amidon en sucre.
Lorsque le germe a acquis à peu près la longueur du grain, c'est-à-dire en 10 ou 15 jours, on arrête la fermentation en l’exposant en des tubes à une chaleur d'environ 509, ce qui lui fait subir un léger grillage, et sépare les germes, sous le nom de drèche, du malt sec.
On réduit en farine grossière au moyen de meules, puis on le fait tremper pendant trois heures environ dans une grande cuve, avec de l’eau chauffée à 50° ou 60%. Cette cuve a un double fond percé à environ 2} pouces du fond véritable. Le malt est placé sur ce fond, on couvre de 1 pied à 1 pied 4 pouces, puis l’on fait arriver de l’eau à 60° sous le faux fond au moyen d’un tube qui communique à une chaudière supérieure, tandis qu’on agite le malt. Si l’on met dans la cuve 1000 gallons de malton fait arriver 700 gallons d’eau. On laisse le malt se gonfler pendant
une demi-heure, et alors on fait arriver par le même tube 500 gallons d'eau à 90° : on brasse fortement jusqu'à ce que le tout soit également fluide. On saupoudre la surface du liquide de malt fin et on couvre la cuve de manière à concentrer la chaleur.
Après une couple d'heures de repos on soutire la dissolution au moyen d'un robinet placé entre les deux fonds et on la dirige dans un réservoir do 250 gallons de capacité, d’où une pompe l'élève dans un réservoir supérieur,
On fait subir au malt qui reste dans la cuve deux nouvelles infusions, la première avec 850 gallons d'eau à 90° ; le deuxième avec 650 gallons d’eau presque bouillante. Le deuxième brassin est réuni au premier. Le troisième sert à faire de la bière faible. La chaudière de cuite, qui contient environ 75 gallons, est généralement en cuivre.
Quand les deux premiers brassins sont amenés près de l’ébullition on ajoute le houblon eton maintient la coction pendant 2,3 ou 4 heures. On soutireau moyend’un robinet dans un bac à repos, destiné à laisser déposer le houblon etàle séparer du liquide en filtrant celui-ci à travers des claies. Après un repos d’une couple d'heures on décante le liquide clair dans de vastes bacs peu profonds, dits rafraîchissoirs où il se refroidit jusqu’à 15°, Du rafraîchissoir le moût passe dans une cuvette profonde. On y délaie une petite quantité de levure de bière ou de ferment, et bientôt la fermentation s'établit et s'active pendant quelques jours. Dès qu'elle est terminée on soutire la bière dans de petits tonneaux dont la bonde reste ouverte. La fermentation se ranime, une écume épaisse sort par la bonde ; on remplit les tonneaux avec de la bière claire, et quand ïl ne se produit plus d’écume on bouche.
Bière domestique à peu de frais.—Faites bouillir ensemble, pendant 2 heures, 5 gallons d'eau, 2 pintes d'orge, 3 livre de houblon, et laissez tiédir. Coulez. Ajoutez une pinte de levure (yeast) et une pinte de mélasse, Mettez le jus dans un baril muni d'un robinet, la bonde ouverte, dans un endroit chaud, et tenez le baril plein avec de l’eau tiède, Après deux jours de fermentation fermez le baril et déposezle au frais. Bonne à boire après quelques jours de repos, On peut remplacer un tiers d'orge par du sarrasin, On peut faire bouillir ce houblon à part du grain, afin de pouvoir donner celui-ci aux animaux.
Autre manière économique et facile de faire de la bonne grosse bière.—Prenez de l'orge que vous fuites tremper pendant 2 jours ; on l’étend ensuite sur un plancher dans un appartement chauffé régulièrement à environ 60° Far. En 5 ou 6 jours ce grain germe ; c’est du malt. On le met dans un vaisseau ouvert et pour chaque livre de malt on met 2 gallons d'eau chaude à 170°. On brasse le mélange et on laisse reposer pendant + ou # d'heure. Alors on sépare l’eau du malt en le pressant sans écraser le grain —qui alors avec le germe porte le nom de drèche et qui peut servir aux animaux, surtout aux vaches laitières pour favoriser la sécrétion du lait.—On met ce jus dans un tonneau ouvert ; on y ajoute de la levure, (yeast) à peu près une pinte par 20 gallons de jus,
Si l'appartement dans lequel on opère est chaud, disons 90 centigrades l’écume va venir à la surface et alors on l'ôte. Si l'appartement ne dépasse pas 3 ou 4 degrés ; l'écume reste au fond.
Quand la fermentation bruyante est finie on met ce liquide dans un tonneau couché et muni d'un robinet, et
on laisse la bonde ouverte, Il s'établit une légère fermentation, qui fera dégorger le tonneau qu'on « soin de toujours tenir rempli avec du même liquide que l'on a mis à part, en bonteille ou en cruche, Quand lu fermenta. tion est finie, si le liquide n'est pas assez clair, on clarifie avec des blancs d'œufs ou de la colle de poisson, et l'on bouche. Quand elle est bien claritiée on embouteille ou on met cette bière en petits barils.
Petite bière.—Dans un baril mettez une pinte de bléet un quarteron de raisin sec pour un gallon d'eau, Ajoutez un demiard de mélasse, Mettez votre baril, bien bouché et muni d’un robinet, couché au soleil pendant 3 jours. Mettez ensuite ce liquide en bouteille, laissant au fond de votre baril blé et raisin.
Pour faire de nouvelle bière on met la même quantité d'eau et de mélasse qu'on laisse 24 heures. On embouteille, et ainsi tant que le blé à la vertu de fermenter.
Autre espèce.—Pour deux gallons d’eau prenez 1 chopine de mélasse, une cuillerée à soupe de gingembre en poudre, une cuillerée à thé d'essence d'épinette qu'on se procure chez les pharmaciens. Mettez dans une cruche ou un baril bien bouché que vous exposez au soleil pendant 24 heures et embouteillez.
Fabrication du vinaigre.
Je donne ici la méthode la meilleure pour faire d’excellent vinaigre. Elle est de M. Arthur Desfossés, fabricant de vin de Montréal, auteur d’un opuscule sur notre raisin indigène, et qui m'écrit ce qui suit :
On fait du vinaigre avec le vin, l’eau sucrée, la mélasse, le sirop, toutes les matières sucrées susceptibles de fermenter alcooliquement.
‘ Les familles qui font leur vin l’automne peuvent faire salement leur vinaigre en utilisant la pulpe des raisins après le soutirage du vin quand il est fini.
Le
“ Voici la 1anière de procéder :
‘ Prendre un quart à farine, où mieux un quart à sucre que l'on à coupé par la moitié, dans le fond duquel on. aura percé une quarantaine de trous de vrille ; mais avant de faire les trous, il sera nécessaire, pour enlever le goût du bois neuf, de laver à l’eau chaude une couple de fois le fond du quart qui doit servir à faire le vinaigre,
‘ Après cela vous placerez ce quart à l'entrée d'un tonneau défoncé par le haut, au bas duquel on aura placé un robinet de bois à la hauteur de deux ou trois pouces du fond, atin de ne pas soutirer la lie qui dépose dans le fond.
“ Dès que tout est prêt, on place de la pulpe jusqu'à la hauteur des deux tiers du quart percé; cette pulpe encore imprégnée de vin ne tardera pas à s'acidifier. Pour en activer l’acidification, on pourra arroser cette masse avec un peu de vinaigre fort. Dès que la fermentation est bien établie, ce que l'on reconnaît par l'odeur acétique, on commencera par arroser cette masse deux fois par jour avec du vin, deux gallons le matin et deux gallons le soir. Lorsque le tonneau du robinet sera au trois quart rempli de ce vinaigre, pour lui donner de la force, on soutirera par le robinet le matin etle soir deux gallons chaque fois pour recommencer de nouveau à arroser cette masse de bas en haut jusqu’à ce que le vinaigre paraisse assez fort. Si l’on était quelques jours sans arroser cette masse, elle moisirait et 1: vinaigre prendrait un mauvais goût.
‘ Lorsque le vinaigre est fini on le transvase dans un tonneau bien propre.”
Autre vinaigre économique.—Une manière économique de faire de bon vinaigre est de faire réduire de moitié de l’eau d'érable, qu'on met dans un baril, dans un endroit tempéré; au bout d'un mois et demi vous aurez du vinaigre et au bout de 3 ou 4 mois vous aurez d’'excellent vinaigre.
À défaut d’eau d'érable faites dissoudre du sucre d'éable dans de l’eau à la proportion de une livre de sucre par gallon d'eau.
Du cidre, du vin, de la bière laissés quélques temps à l'air font un excellent vinaigre.
Chartreuse.
2 livres de sucre dans une pinte d’eau; versez-y une pinte impériale d'alcool rectifié à 959; ajoutez 2 petites bouteilles d'eau de mélisse (Boyer. Colorez avec & oz de teinture de safran, Mélangez, et plus elle vieillit, meilleure elle est.
Chartreuse économique ou crème de cassis.—10 On prend 3 bonnes poignées de feuilles tendres de cassis, on les dépose dans un bocal et l'on verse pur dessus une pinte de bon alcoo! à 86 ou 90 degrés ; on laisse macérer les feuilles dans l'alcool pendant quinze jours ; au bout de ce temps, on retire l'alcool qui à pris une teinte verte très prononcée, tandis que les feuilles sont devenues blanches. On passe une chopine d’eau sur les feuilles pour leur enlever le peu d'alcool qu'elles ont absorbé et on réunit cette eau à l’alcool.
20. On tait fondre 2 livres de sucre blanc, de belle qualité, dans une chopine d’eau, sur un feu très doux.
Lorsque le sucre est refroidi on procède à la confection de la liqueur de Ia manière suivante :
Dans un vase en verre, en faïence, en grès où en bonne terre vernissée, on verse d'abord l'alcool qui a servi à l’infusion des feuilles, ensuite le sirop de sucre. On ajoute une once d’eau de fleurs d'oranger, et l’on mélange bien le tout ensemble au moyen d'une spatule de bois ou d’une cuillère.
On filtre à travers un chausson de laine garni de papier sans colle, blanc et bien lavé. On met en bouteille. Elle se bonifie en vieillissant, (Gazette des Campagnes.)
Fabrication du sucre d’érable.
Chaque habitant, dans nos campagnes, devrait avoir sur sa terre quelques cents érables, soit qu'il les v ait conservés, soit qu'il les y ait semés où plantés.
Dans les érablières on trouve de beaux plants de quelques pieds de hauteur et dont la repousse est facile et la croissance rapide.
Chaque érable peut produire de 25 à 50 cents par année, en sirop et en sucre, dont les qualités sont supérieures, non-seulement comme goût, mais comme possédant des propriétés médicinales. La fabrication du sirop ou du sucre n'est rien autre chose que le résidu de l'évaporation de la sève sucrée qui sort de l’érable au printemps.
Cette exploration exige une cabane, des seaux, un tonneau portatif. On se sert maintenant de chaudières de la capacité d'un ou deux gallons, et de chalumeaux en fonte auxquels on accroche ces chaudières. Dans la cabane il faut une grosse tonne pour recevoir l’eau d'érable, une bouilloire serpentin.
Au printemps lorsque le soleil chauffe on entaille les érables. Cette opération se fait au moyen d’une tarière du diamètre des chalumeaux ou goudrelles que vous introduisez assez juste pour que la sève ne coule que par le trou du chalumeau, A la base de cette gouttière est un petit crochet auquel on suspend la chaudière. Il est mieux que ces chaudières soient couvertes pour préserver l’eau des saletés, de la pluie, ete. Ce couvercle pourrait être peint de couleurs différentes sur les deux faces. À chaque fois qu’on recueille l’eau, on retourne le couvercle, Il est alors aisé de reconnaître à distance si l'on à oublié de vider quelques chaudières.
Il faut enlever l’eau des chaudières tous les jours, et même deux fois par jour quand les érables coulent bien. et la faire évaporer au plus tôt.
Le tonneau pour récolter la sève et auquel on l’apporte au moyen de chaudière en zinc ou en fer blanc, consiste en un baril d'environ 5 pieds de long sur 2 de diamètre, solidement couché sur un traîneau, muni à l’un de ses bouts d’un fort robinet, et à sa bonde on adapte un large entonnoir.
Rendu à la cabane on fait couler par le robinet, en un dalleau, le contenu du baril dans le tonneau réservoir, lequel communique à l'évaporateur au moyen d’un tube régulateur. Cet évaporateur est placé sur un fourneau en pierre ou en brique, et traversé de tuyaux comme les bouilloires tubulaires des machines à vapeur, de manière que la flamme passe par ces cylindres horizontaux entourés d’eau d'érable. Cet évaporateur a des robinets d’où l'on tire le sirop. Un flotteur qui se trouve dans la chaudière s'élève et s’abaisse avec le niveau du liquide et ferme ou ouvre la porte du tuyau de communication.
Si l'on veut convertir son sirop en sucre on le verse dans un autre évaporateur, et on le réduit jusqu’à état de consistance. On verse ce produit encore chaud dans des moules de toutes formes. On peut en agitant conti. nuellement ce produit faire de la cassonade.
Le sirop d'érable se clarifie en y mettant du lait au moment de la cuisson, ou après, avec quelques blancs d'œufs.
L'arôme du sirop d'érable se conserve mieux si, comme le sirop de fruit, il est mis à chaud dans des cruches bien bouchées que l’on place à la cave dans un endroit frais, mais sec.
Fabrication des cigares.
Puisqu'il en faut autant vaut fabriquer soi-même ses cigares que de payer cinq centins pour un cigare qui ne contient pas en tabac et en temps pour la valeur d’un centin. Et leur confection n’est pas difficile. Un cigare se compose de débris de tabac enveloppés de deux robes. Les espèces de tabac les plus aromatiques sont les meilleures pour l'in‘érieur et les espèces à larges feuilles sont les plus commodes pour les robes. Vous faites tremper ces feuilles pour les assouplir ct leur ôter le plus gros de leur nicotine. Vous les pressez de manière à ôter toute l'eau dont elles sont imprégnées, mais sans les tordre. Vous les étendez toutes les unes sur les autres et vous les prenez une à une à mesure qu'il vous faut des robes. Vous taillez à même chaque feuille bien étendue sur une planche unie et au moyen d’un couteau bien tranchant, des lanières d'environ six pouces de long en forme de fuseau et les mettez en pile de manière à ce qu'elles ne se dessèchent pas.
Pour fabriquer votre cigare vous mettez dans et en travers de votre main ‘gauche des débris de tabac de n'importe quelle forme sans en ployer aucun, mais cassant les bouts qui dépasseraient la longueur désirée. Vous en faites un rouleau de la forme, de la grosseur et de la longueur d’un cigare. Vous pressez ce rouleau en fermant la main et assez fortement pour qué tous ces débris qui ont été préalablement humectés adhèrent les uns aux autres. Vous étendez une robe et vous couchez, au bout le plus effilé, votre rouleau de tabac en biais avec cette robe, de manière que le bout le plus effilé de votre rouleau, réuni à la partie la plus effilée de votre robe forme un angle aigu, Vous enroulez le bout de votre robe, autour du bout de votre fuseau, du plat de la main vous faites rouler le fuseau sur cette robe qui s’enroule à lentour. Vous faites la même opération sur une seconde robe plus belle que la première et n'ayant aucune déchirure ; vous coupez le bout où doit se mettre le feu. Il ne faut pas trop presser le cigare dans sa robe, car il serait dur à fumer. Il faut laisser sécher ces cigares après leur confection. On les met en boîte, et on peut répandre sur chaque rang quelques gouttes d’essences odorantes.
Du tricotage.
On achète aujourd'hui des bas et des tricots à tout prix ; on se procure aussi des machines à tricoter qu'on dirait munis d'intelligence ; mais encore faut-il qu'une femme sache tricoter pour plusieurs raisons : pour apprécier un tricot, pour économiser quelques sous, pour charmer ses loisirs. Et puis les tricots à la main sont toujours plus solides que les tricots à la machine.
Règle générale : la laine ou le coton que l’on emploie pour tricoter ne doivent jamais être trop gros, parce que l'objet confectionné n'en est pas plus solide et se raidit à la lessive. La grosseur des broches doit être un peu plus forte que celle du coton ou de la laine ; elles doivent être toutes de même grosseur, sinon le travail serait irrégulier,
Manière de tricoter un bas.—Le bas se divise en deux parties : la jambe et le pied.
La jambe comprend : le bord, le genou, le mollet, la cheville, Le pied comprend : le talon, le petit talon, la fourchure, le coup de pied et la pointe.
La jambe.—Le bord peut être à côtes, c'est à dire fait deux points à l'endroit et deux points à l'envers alternativement,.
Pour cela on choisit un certain nombre de points, en apport à la finesse de la laine et qui puisse se diviser par quatre, (ainsi 72, 84, mais non 62, 83, etc.) de manière que le tour se termine par une côte achevée, Le nombre de tours du bord doit être égal au tiers des points,
Le genou est tricoté à l'endroit, il doit être aussi long que large; il forme un carré et renferme une couture, c’est-à-dire un point tricoté alternativement une fois à l'endroit et une fois à l'envers.
Le mollet a une fois et demie la longueur du genou On le rétrécit du quart des points, ce qui se fait au bout de quatre coutures. On tricote jusqu'au troisième point avant la couture, on le prend sans tricoter, on tricote le suivant, au-dessus duquel on fait sauter le premier, ensuite on travaille le point suivant, la couture et encore un point. Le deuxième point après la couture doit être tricoté et replacé ensuite sur l'aiguille de gauche, on passe
le troisième point au-dessus du deuxième, puis on le remet sur l'aiguille de droite. D'après cette manière de diminuer, les points que l'on fait tomber se dirigent des deux côtés vers la couture, on peut aussi diminuer en tricotant deux points ensemble. Les diminutions terminées, on tricote la cheville tout droit, c’est-à-dire sans diminution jusqu'à une hauteur égale à la moitié de la largeur du genou ; après quoi la jambe est faite. Certaines personnes préfèrent que la jambe soit à côtes, mais cela ne change rien aux proportions données ci-dessus.
La longueur de la jambe entre le bord et le talon comprend trois fois la largeur du genou.
Si on désire avoir des bas couvrant entièrement le genou on double la longueur de cette partie,
Le pied.—Pour une taille moyenne la longueur du pied, depuis le coin du talon, comprend deux fois la largeur de la cheville. Le pied commence par le talon. On partage les points qui restent en deux parties égales ; on prend sur une seule aiguille Ia partie au milieu de laquelle se trouve la couture et on tricote toujours cette même aiguille, une fois à l'endroit, une fois à l'envers ; on continue jusqu'à ce qu'il y ait autant de coutures que de points d'un côté de la couture. La fermeture du talon, ou le petit talon, se commence à l'envers de Pouvrage, On tricote l'aiguille jusqu'à la couture, plus deux points, on tricote ensuite ensemble et à l'envers le troisième et le quatrième points après la couture, et puis encore un point à l'envers. On retourne ensuite son ouvrage : on prend le premier point sans tricoter et on le tricote ensuite à l'endroit jusqu’à la couture; après la couture on tricote encore deux points à l'endroit, on prend le troisième sans tricoter, on tricote le quatrième, on fait sauter
le précédent au-dessus de celui-ci, on tricote encore un point et on retourne de nouvean son ouvrage à l'envers, Ensuite on tricote jusqu'au dernier point avant le vide qui a été fait en retournant l'ouvrage ; on tricote ensemble ce point et celui qui suit, puis encore un point, et on retourne de nouveau l'ouvrage. On continue ainsi jusqu'à ce que tous les points soient diminués, De cette manière le talon est terminé en forme de triangle. On partage alors les points qui restent sur deux aiguilles, on prend sur une autre aiguille les points qui ont été formés des deux côtés du talon, et on les tricote avec les points qu'on a laissés en commençant le talon, pour en former de nouveau un anneau complet. Mais alors le pied a trop de largeur: c’est pourquoi on rétrécit tous les deux tours, (d’abord au commencement de l'aiguille à la droite du talon, ensuite à la fin de celle de gauche) jusqu'à ce qu'il reste autant de points qu'il y en avait en commençant le talon. Ces diminutions forment la fourchure,
Le cou-de-pied est l'espace droit de la largeur de la cheville qui conduit le pied généralement jusqu'aux trois quarts de sa longueur totale où commencent les diminutions pour la pointe.
La pointe du bas est l'extrémité du pied, elle comprend un quart de sa longueur. IT v a différentes manières de fermer les pointes et de terminer le bas,
L'une d’elles consiste à commencer la pointe à l'endroit où se trouverait la couture si on l'avait continuée; on prend un point sans tricoter, on tricote le point suivant. au-dessus duquel on fait passer le premier, on tricote six points, on diminue, on tricote de nouveau six points, et on continue ainsi jusqu’à la fin du tour. Après quoi, on fait six tours tout droits Ensuite on diminue, on tricote
cinq points, on diminue encore et ainsi de suite jusqu'à ce que le tour soit fini. Viennent alors cinq tours tout droits. Entre les diminutions suivantes, on fait quatre, trois, deux points et le même nombre de tours jusqu’à ce que le bas soit terminé. Le dernier bout de coton ou de laine doit être solidement attaché et rentré à l’aide d’une aiguille à remmailler ; on doit faire de même pour tous les bouts qui sortent à l'envers du bas. (Tiré du livre “ Le Chemin du bonheur domestique, par le comte d’Arbeiterwohl, directeur de l'Association Allemande.”)
La couture.
Pour apprendre à coudre il faut prendre des leçons. Je ne puis faire autre chose ici que de poser des règles générales qui serviront aux personnes déjà initiées. Pour coudre on doit se tenir droit, ne pas baisser la tête plus qu'il ne faut pour bien voir sur l'ouvrage, ne pus appuyer les coudes et ne pas croiser les jambes. Le fil “ont on se sert ne peut être qu'un tant soit peu plus gros que celui de l’étoffe, et ne doit pas être pris trop long, parce qu'il s'amincirait à la longue et se casserait facilement, de plus on perd du temps en tirant chaque fois un fil aussi long. C'est seulement pour faufiler ou pour froncer qu'on peut prendre un fil plus long.
Les points de couture sont le point de devant, le point de côté, le point de piqûre, le point d’ourlet, le point de surjet.
Le point de devant sert à coudre ensemble des étoffes légères et comme préparation à d'autres coutures ; cela s'appelle alors faufiler ; on s'en sert aussi pour froncer les
étoftes.
Ce point est également employé dans les raccommodazes. Lorsqu'on l'exécute rapidement de façon que l’étofte soit percée par l'aiguille à plusieurs espaces régu liers avant que l'on retire l'aiguillée, il prend le nom de point coulé où glissé.
Le point de piqûre se fait, contrairement aux autres points, à l'endroit de l'ouvrage et sert à réunir deux mor: ceaux d'étoffes, ou bien aussi comme ornement,
Le point d'ourlet sert à coudre les bords des étoftes qui n’ont pas de lisière, conime les essuie-mains, les draps de cuisine, etc. (en faisant un ourlet). Il demande quelque préparation. Pour faire un ourlet droit, on doit d’abord couper l’étofte en fil droit ; ensuite on plie à l'envers une petite partie assez étroite qu’on replie une seconde fois du même côté à + de pouce au moins, et plus selon qu'on veut un ourlet plus où moins large, On coud alors cette partie rabattue au point d'ourlet,
Le point de côté ressemble beaucoup au point d’ourlet, quand à la manière de l’exécuter, seulement on peut aussi bien le faire de droite en haut vers la gauche en bas, que de droite en bas à gauche, On le fait à l’intérieur de la couture rabattue.
On se sert du point de surjet, pour attacher ensemble deux lisières et pour former un surjet. [Test important pour ce genre de couture que le fil soit toujours bien tiré. que les points soient très rapprochés les uns des autres et cousus à la même profondeur.
La couture rabattue consiste en deux coutures, la première pour attacher les deux étoftes, la seconde pour terminer et rendre l'ouvrage plus solide.
Elle sert surtout à attacher entre eux des morceaux coupés droits ou en biais. La première couture se fait
avec des points devant ou des points de côté où même des points de piqûre ; les deux premiers se font à l'envers, tandis que le dernier (le point de piqûre) se fait à l'endroit. {est ce dernier point que l'on emploie, lorsqu'on veut faire une belle couture bien serrée, Si l’on tient à ce que la couture soit solide et durable, tout en épargnant du temps, il faut prendre le point de côté. Pour des étoffes légères et pour les raccommodages le point devant suffit.
La couture anglaise sert principalement à joindre certaines parties de vêtements, de pantalons, de jaquettes, de jupons, de tabliers. etc, etc. Tes diverses parties à attacher doivent être d'abord cousues à l'endroit au point de devant, puis coupées très près du bord, retournées à l'envers et cousues de nouveau au point de côté, (Ouvrage cité.)
Du filage.
De la préparation des tissus avant «de les jiler.—Je comprends qu'avec les usines de toutes sortes il est peu usité de faire soi-même le filage et le tissage; mais il est très utile de savoir le faire, et parce que cet art peut occuper des mains, autrement inutiles pendant de longues soirées où l’on s'ennuie, et que les tissus fabriqués à la maison sont plus solides et de plus de durée.
Les substances propres au tilage ont besoin d'être nettoyées, redressées.
Lorsque les fibres sont courtes comme le coton et certaines laines on se sert de cardes ; et lorsqu'elles sont longues comme le lin, le chanvre et Ia laine longue on se sert de peignes.
Avant de soumettre la matière à la curde, il faut la nettoyer et rendre l'élasticité aux filaments, Pour cela on fait usage du battage, en la soumettant à une machine spéciale, La laine cardée a besoin d'être graissée d'huile d'olive et mieux d'acide oléique,
Le lin et le chanvre se préparent par le rouissage et le broyage.
Le ouissage consiste dans l’immersion complète du lin et du chanvre en une eau courante ou stagnante, L'action de l’eau et de l'air fait fermenter et fournir la matière gommeuse, fendiller l'écorce ou la chènevotte des tiges ; il suflit ensuite d'un frottement ou broyage convenable pour faire partir la matière étrangère et isoler /4 Jilasse.
Après le rouissage on étale le chanvre et le lin au soleil, dans un four encore chaud, où dans un séchoir quelconque, puis on broie.
Le broyage consiste à fre passer par poignée pour le râcler, cette substance entre des espèces de mâchoires en bois, disposées l’une sur l’autre ; la mâchoire inférieure est creuse et fixe, la supérieure a la forme d’un couteau qui à un mouvement articulé autour d’un point fixe ; en donnant une impulsion à celle-ci, elle entre dans la première et force une poignée de tiges placée en travers, d'y passer la première en s'y broyant ; l’ouvrière retire ensuite cette poignée en la forçant de passer entre les mâchoires pour la dépouiller complètement de son écorce et pour assouplir la filasse.
Le chanvre, qui a les tiges plus rudes, a besoin ensuite d'être assoupli par le battage.
Le peignage, qui vient ensuite, est le procédé qu’on emploie pour démêler une chevelure, et il a pour effet de
diviser les fibres autant que possible et les ranger parallèlement entre elles,
On se sert généralement d'un peigne fixé à une certaine hauteur à la portée du peigneur.
Le peignage donne pour résultat : 10 la filasse peignée qu'on nomme long brin, 20 des filaments plus courts qu'on nomme étoupes; 30 un résidu de poussière, de corps durs et étrangers,
Les longs brins sont destinés à la partie la plus estimée, Les étoupes ont besoin de subir un cardage pour être filées,
Le filage consiste à soumettre les fils de coton, de lin, de chanvre et de laine un à un, à la main, sans le secours de machines autres que le rouet classique qu'on doit tenir en bon ordre, les rouages bien gruissés. La matière est transformée par le glissement successif que l’ouvrière imprime aux fibres, en faisant progressivement passer entre ses doigts, pour les échelonner et les faire adhérer entre elles de manière à former une mèche continue allant de la quenouille à l'axe de la bobine du rouet. Le mouvement de rotation, simultanément imprimé à ce dernier par le pied de la fileuse fait: 1o tourner la mèche sur elle-même, la tord par conséquent, pour augmenter sa consistance et lui donner la rondeur du fil ; 20 enrouler ce dernier pour le disposer régulièrement autour de la bobine qui offre la forme la plus convenable à l'usage.
S'il s'agit de filer des laines pour la confection d'étoftes il faut deux sortes de laine : la chaîne et la tissure. La chaîne doit être bien filée, c’est-à-dire bien étendue et bien tordue, bien régulière. La tissure est plus grosse et plus molle, c’est-à dire moins tordue. S'il s'agit de laines pour tricots, bas, ete., la laine doit être doublée et tordue.
S'il s'agit de fil destiné à faire de la toile, c'est de la
tilasse qu'on emploie et qui doit être filée en brins mouil. lés ; et l'étoupe qui se file à sec sert à des toiles grosses, poches, torchons, ete.
Manière de faire le savon de ménage.
Pour faire du savon de ménage, on recueille les uraisses, et on les plonge dans la lessive à mesure, de sorte qu'elles se dissolvent et se conservent. Comme les graisses dissoutes surnagent on les plonge de temps à autre pour qu'elles ne se corrompent pas. On met cette graisse dans un chaudron avec autant de lessive très forte, de manière que le chaudron soit à moitié rempli, on fuit bouillir lentement et quand ce liquide gonfle on y verse un peu de lessive froide, On reconnait que le savon est fait quand il s'attache autour du chaudron ; on y ajoute alors de gros sel marin, afin de séparer la lessive de la graisse, On laisse refroidir, on coupe par morceaux. Si le résidu n'est pas en gelée, on le fait bouillir pour en faire une espèce de potasse qui sert à laver les planchers ou les torchons.
Mastic chinois pour réparation de verres. faïences. etc.
Chautfer à la lan pe un morceau de verre blanc, et quand il est très chaud, le plonger subitement dans l'eau froide. ce qui le rend très friable, Piler ce verre dans un mortier de porcelaine désourdie et le passer à travers un tamis extra-fin, puis le mélanger avec du blanc d'œuf. Pour être réellement bon, ce mortier doit être’ liant et très doux au toucher.
Les parties rejointes avec ce ciment ne se séparent jamais.
Procédé pour rendre imperméable toute espèce de chaussures en cuir.
Dans 1 once d'huile de pied de bœuf, faire dissoudre sur un feu doux, + once de gutta-percha, coupée en très petits morceaux, et agiter le mélange jusqu'à parfaite dissolution, Etendre une ou deux couches de cet enduit sur les chaussures chautfées et bien séchées,
Cirage en pâte pour chaussures.
Chauffer -!;, de pinte de bière, 4, de pinte d’eau et 1 once de mélasse. Ajouter 6 onces de noir d'ivoire et 3 onces de sucre candi en poudre. Bien mélanger le tout et mettre dans des boîtes.
Manière de fabriquer l'encre noire à écrire.
Faire macérer pendant 24 heures, dans 2 pintes d’eau bien pure et une chopine de vinaigre blanc, 6 onces de noix de galle concassées, en ayant soin d’agiter quelquefois le mélange, Ensuite faire bouillir pendant une demi heure, retirer du feu, ajouter 2 onces de gomme ar.bique, 8 onces de sulfate de fer ou cou rose verte et 2? onces d’alun ; ces trois substances doivent êtr pulvérisées : laisser infuser le tout 24 heures ; ensuite placer ce mélange sur le Cu pendant un quart d'heure ; entin, laisser refroidir et mettre en bouteilles.
Rouge.—Faire dissoudre + grains de carmin dans une once d’ammoniaque et ajouter un peu de somme arabique.
Bleue.—-Bleu de Prusse etacide oxalique, égales parties et réduisez en poudre et fuites-en une pâte ; ajoutez l'eau qui convient aux différentes nuances, ajoutez un peu de gomme arabique.
Gélatine ou colle.
: C'est avec les os et la peau des animaux qu'on fait la gélatine ou colle-forte.
Quand on soumet à l'action prolongée de l’eau bouillante du tissu cellulaire animal, de la peau, des tendons, des cartilages, ete, on voit ces matières se gonfler, se ‘amollir et enfin se dissoudre. La liqueur, par le refroidissement, se prend en un mastic tremblant ou gelée, qui, par l'exposition à l'air, se dessèche et forme alors une substance dure et cassante. C’est la gélatine. La colle-forte, c'est la gélatine obtenue en faisant bouillir dans l'eau les peaux d'animaux, les rognures de cuir, les vieux gants, les tendons, les pieds, les oreilles de chevaux, de bœufs, de veaux, de moutons, ete. Lorsque la liqueur est assez concentrée pour se prendre en gelée consistante par le refroidissement, on la tire à clair et on la coule dans des moules en bois placés dans un endroit sec. Quand la matière est prise en gelée et complètement froide, on la coupe par tranches que l’on fait dessécher en les plagant sur des treillages en cordes ou en fils métalliques, dans un endroit tiède et aéré. Il en résulte des tablettes minces et demi-transparentes, qu’on conserve dans un endroit sec,
La colle de poisson est tout simplement la membrane interne de la vessie natatoire de l’esturgeon, roulée ou ployée en carré, puis blanchie par l’aciäe sulfureux et séchée.
Pour se servir d’une colle sèche il faut toujours la laisser tremper dans Peau froide pendant plusieurs heures pour qu'elle se dissolve presque entièrement par l'ébullition.
Pâté de foie gras.
(Dicté par Mde Adolphe Germain.)
10 Foie de jeune porc (dur de fressure) où de veau.
20 Ajoutez la viande d’un poulet, si vous voulez la faire plus riche,
50 Triturer ou pétrir le tout à perfection.
40 Un peu de lait pour le tenir mou et un ou deux œufs, bien battus seuls et ensuite dans le lait.
50 Du vin blanc pour le rendre meilleur.
60 Des épices au goût.
70 Envelopper le composé dans une coiffe de porc et le mettre dans un petit plat ou terrine en faïence, en grès ou en poterie.
80 Planter de petites bandes minces de lard partout afin de l’imprégner de graisse en cuisant,
Jo Faire cuire dans un fourneau modérément chaud pour commencer et augmenter graduellement,
100 La cuisson doit durer suivant la grosseur du pâté, et jusqu'à ce qu'une broche qu'on y plante en sorte nette,
Faites refroidir et mangez.
Moyen de faire du café avec de la betterave.
On lave et on râcle un peu de betterave crue ; on la coupe ensuite par petits morceaux carrés, gros comme des dés à jouer. On les pose sur des claies et on les fait sécher au four à deux ou trois reprises différentes. Quand ces morceaux sont bien secs, sans être rô'is ni brûlés, on les rôtit comme le café dans une poêle jusqu’à ce qu’ils aient
une couleur brun foncé ; on les verse sur une table pour les laisser refroidir et se raffermur. On les moud, e: on les prépare comme le café. C'est une liqueur très saine.—(@azette des Campagnes.)
Ciment excellent.
Le silicate de soude mélangé avec de la couleur où un lait de chaux donne un beau ciment qui résiste au feu et est imperméable à l'eau. I constitue un mucilage adhésif pour raccommoder la porcelaine, la faïence, le verre ou le bois. On peut en revêtir les murs et les voûtes en brique. Le silicate de potasse appliqué liquide avec un pinceau fournit la pius puissante adhésion lorsqu'il est séché,
Beignes de Mde Laurent,
(Les meilleures).
Dans une quantité suffisante de farine, mettez 1 livre de beurre, + livre de sucre blanc, 1 douzaine d'œufs; 1 verre à pied de vin blanc, 1 verre à pied de brandy, 1 cuillerée à thé de soda.
Manière de faire le soda.
Prenez + onces de bicarbonate de soude et :3 onces d'acide tartrique. Mettez avec de l’eau dans deux flacons différents, ou plutôt dans un pot séparé en deux compartiments.
En se réunissant dans un verre où vous le versez ce liquide mousse comme du champagne.
Vous le sucrez avec le sirop suivant, que vous avez préalablement mis dans le verre : 2 onces acide citrique ;
2 dragmes d'essence de citron ; 5 livres de sucre blanc et 1 gallon d'eau. Buvez en ébullition.
Procédé de peinture à l'huile à la portée de tout le monde.
Sans avoir la moindre notion de peinture, même de dessin, on peut faire, par le procédé que nous allons indiquer, de charmants tableaux qui, regardés à une certaine distance, singeront à s'y méprendre la peinture sur toile : scènes d'intérieur et paysages, personnages et animaux, tous les sujets traités par les peintres. pourvu qu'on ait une reproduction lithographique de leur œuvre ; tous dessins au crayon noir sur papier blanc sont propres à cet attrayant passe-temps. Choisissez le plus possible une lithographie dont les ombres, non hachés, auront un grain se rapprochant des teintes de l'estompe, c'est-à-dire serré et fondu ; collez-la, bien tendue, par les quatre marges sur un cadre de bois mou de dimension voulue, de façon que lendroit du dessin se voie sans marges par louverture antérieure du cadre ; laissez sécher, et, au moyen d'un pinceau trempé dans l'huile d'æillette, frottez les deux côtés de la lithographie, jusqu'à ce que vous ayez donné au papier toute la transparence dont il est susceptible et qu'il n'y ait plus sur sa surface un point opaque,
Quand vous aurez obtenu cette transparence, vous pourrez essuyer l'huile avec un chiffon ou attendre qu'elle soit séchée spontanément ; puis vous procédez à la peinture en vous plaçant devant la fenêtre, de façon que le dessin, faisant face au jour, soit placé entre vous et Ja lumière, comme vous le faites pour voir les détails d'un dessin que vous placez sur un carreau de vitre quand vous voulez en faire le décalque.
C’est alors, à moins que vous ne vouliez reproduire avec fidélité les nuances originales d’un tableau, que, suivant votre goût et votre sentiment de l'harmonie, vous aurez à disposer sur l'envers même du papier les couleurs dont se sert l'artiste peintre, c'est-à-dire des couleurs préparées à l'huile et se vendant en vessies ou en tubes Posez celles-ci sans autre précaution que de les enfermer dans l’espace qu’elles doivent occuper, la fusion se faisant elle-même par la disposition des ombres existantes ; le seul point important consiste à trouver sur la palette la nuance et le ton.
La peinture terminée laissez la sécher, et pour ajouter à l'illusion, ou plutôt pour cacher le mystère du procédé, revêtez de toile la partie sur laquelle vous aurez procédé avec votre pinceau ; vernissez la face, et logez votre cadre de bois mou dans un second cadre doré ou ornementé. digne de votre œuvre.
Nous recommandons de n'employer pour ce genre de travail que des dessins ou des lithographies sur papier non collé et de petite épaisseur.
L'amateur qui n'aura jamais fait de la peinture devra, pour s'approcher le plus possible de la perfection dans la pratique de notre procédé, se pénétrer des recommandations suivantes :
Pour le coloris, on emploie trois couleurs fondamentales ; jaune, rouge et bleu, lesquelles mélangées en proportion diverse avec le blanc et le noir, produisent toutes les teintes et les nuances qu'offre la nature. Le bon coloriste à la connaissance des effets de l'association des couleurs complémentaires et de la juxtaposition des couleurs non complémentaires, ce qui lui permet d'éviter les dissonances et de rechercher les harmonies d’analogie et de contraste.
Les couleurs se placent sur la palette dans l'ordre suivant : 10 jaune de Naples (jaune clair), ocre jaune, ocre de ru (jaune foncé) ; 20 vermitlon brun (ocre rouge) laque (violet rouge) ; 30 terre de Sienne bralée, bitume et terre de Cassel (terres brunes) ; 40 bleu d'outre-mer (lapislazuli) cobalt, (bleu Thénard) bleu de Prusse et indigo (bleu foncé dit de roi), etc. On met à part le noir (noir d'ivoire, de pêche, de liège) et le blanc (blanc de plomb, d'argent, de céruse).
Les parties du dessin placées à des distances inégales doivent être peintes suivant les règles de la perspective, c'est-à-dire que celles du premier plan doivent recevoir un coloris plus vif et celles de l'arrière-plan des couleurs ternes et d'autant plus effacées qu'elles sont plus éloi-
gnées,.
L’empaillage des petits oiseaux.
On sait que l’art de l’empailleur a pour but de conserver indéfiniment, avec leur forme, leur couleur et leur attitude naturelles, les êtres vivants auxquels il s'applique.
La préparation des animaux n'offre pas de difficultés sérieuses, lorsqu'on sait borner ses désirs et qu’on s’en tient aux petites espèces. Quant à la dépense, elle est de nulle importance, puisqu’un bon canif, un poinçon, une pince, du fil de fer et de l’étoupe forment à peu près tout le matériel nécessaire.
Pour cette préparation, il faut :
10 Enlever toutes les parties facilement putrescibles, et préserver les autres de toute décomposition au moyen d'antiseptiques appropriés ;
20 Remplacer les parties enlevées par un bourrage convenuble ;
30 Donner à l'ensemble, par un montage ad hoc, la rigidité et la disposition naturelles,
Pour faire le dépouillement des oiseaux, le seul outil réellement indispensable est un instrument tranchant quelconque, mais bien affilé : scalpel, canif, rasoir ou couteau ordinaire,
Toutefois, lorsqu'il s'agit de petits oiseaux, il est bon de se munir, pour soulever la peau, au fur et à mesure qu'on la détache au moyen de la lame, d’une paire de brucelles (1); eur, avec les doigts, on risquerait d'endommager la peau et les plumes.
On facilite grandement lopération en ajoutant à ces outils nécessaires quelques accessoires ufiles, qui, bien loin de compliquer le dépouillement, le simplifient d'une facon étonnante.
èemurquons, d’ailleurs, que toutes les opérations de l'art de l'empailleur sont de la plus grande simplicité et exigent seulement certaines précautions faciles à prendre.
Ainsi, au lieu de déposer l'oiseau sur une table, il y a avantage à le mettre sur une planche carrée de petite dimension, que l'opérateur pourra placer sur ses genoux et retourner avec facilité dans tous les sens.
Cette planche étant recouverte d'un linge quelconque. les plumes ne se froisseront pas, et l’'empailleur aura constamment à sa portée de quoi essuyer ses doigts et ses outils.
Comme il importe de dépouiller l’animal sans détériorer son plumage, on évitera l'adhérence et la salissure des plumes contre les surfaces mises à nu, en saupoudrant
(1) Petites pinces à ressort, servant à prendre et à tenir de petts objets.
DE L'ÉCONOMIEDOMESTIQUE 271
eclles-ci de cendres sèches et bien tamisées, contenues dans un récipient à la portée de l'opérateur,
[1 faut aussi préparer à l'avance du coton ou de l'étoupe pour le bourrage des cavités, d'où pourraient s’écouler les humeurs nuisibles à la propreté du plumage.
L'antiseptique le plus employé est le savon arsenical, dont voici la formule :
Arsenic pulvérisé. ose 2 livres, Del RIT uma 12 onces.
CaMphre ss ss sisndoiess sie » onces, SATVON DIANC Siam eesoue 1 livre.
Chaux en poudre: ssssus se 8 onces,
On coupe le savon blanc en très petits morceaux, on le met dans une terrine de grès sur un feu doux, et on y mêle une petite quantité d'eau pour faire fondre, à mesure que l’on remue avec une spatule en bois. Lorsque le savon est bien fondu et qu'il ne reste aucun grumeau, on le retire du feu et l'on ajoute le sel de tartre pulvérisé. On remue jusqu'à ce qu'il soit bien fondu et mélangé, puis on y ajoute, par parties et successivement, la chaux et l’arsenic. Le mélange prend de la consistance, et on agite jusqu'à ce que toutes les parties soient parfaitement fondues les unes avec les autres,
Lorsque le tout est bien refroidi, on y ajoute le camphre. Si on l’ajoutait à chaud, il s'évaporerait rapidement, On le pulvérise préalablement dans un mortier, en y mêlant un peu d’esprit-de-vin pour le rendre friable. Ensuite, on remue le mélange avec une spatule, jusqu’à ce qu'il soit parfait. Alors, le préservatif est bon à employer.
Pour le conserver, on le met dans un pot de grès vernissé à l'intérieur ou dans un vase de faïence, avec la
précaution de le boucher le moins possible et de le tenir dans un lieu frais, pour qu'il ne se dessèche pas. Lors. qu'on veut s'en servir, on en met la quantité suffisante dans un petit vase, et à l’aide d'un pinceau de crin, on le délaie dans l'eau ; puis, avec le même pinceau, on l'étend sur la partie quelconque à préserver.
Si l’on ne veut pas se donner la peine de composer soimême le savon arsenical, on peut se le procurer en pains secs chez tous les naturalistes préparateurs, On en trouve aussi chez les pharmaciens, mais à un prix plus élevé.
Ce savon doit s'employer avec précaution, car il est bon de se rappeler que c'est un poison très violent.
Dépouillement.—10 On commence par tamponner avec du coton les narines et le bec, pour éviter tout écoulement salissant.
20 On place l'oiseau sur le dos, la tête du côté de l’opérateur, et on écarte avec précaution les plumes sur toute la longueur axiale du corps, pour ne pas les endommager lorsqu'on fendra la peau.
Celle-ci une fois mise à nu, on la fend de l’anus au sternum, le moins possible dans cette dernière direction. Il s'agit alors de la soulever lentement, délicatement, sans la déchirer, sans endommager où maculer les plumes,
A cet eftet, l'oiseau étant disposé comme nous l'avons dit, l'opérateur saisit avec les doigts ou avec les brucelles, —de la main qauche,—le bord de la section située à sa gauche ; puis, avec la main droite, il insinue sous la peau, pour la détacher, tantôt Ia lame, tantôt le manche de son instrument tranchant, Il parvient ainsi, de proche en proche, à détacher la peau jusqu'à l'insertion des membres. On tranche ceux-ci, l'aile et la cuisse, la chair et l'os,
auprès du tronc, en ayant bien soin de laisser leur peau intacte,
On saupoudre de cendres fines les parties mises à nu, pour les empêcher de se recoller ; puis on retourne loi: seau, la queue vers l'opérateur, et l'on procède de la méme façon pour l'autre côté,
Cela fait, le corps de l'oiseau n'adhère plus à la peau que par le croupion et par le cou et la tête.
30 On détache d'abord le croupion ; opération délicate, car il faut éviter de trancher en même temps la peau et les tuyaux des plumes.
On y parvient en sectionnant l'intestin et les chairs jusqu'à l'os, avec lenteur et précaution.
La peau n'adhère plus au corps que par le cou et la tête. Il devient facile de la retourner comme un gant, en tenant le croupion de la main droite et en relevant la peau de la main gauche. Sauupoudrer fortement.
On arrive ainsi à la naissance du crâne, auquel la peau adhère fortement par les oreilles et par les yeux.
40 On coupe tous les petits muscles crâniens, on saupoudre de cendres pour rendre les surfaces moins glissantes, on saisit fortement la peau, et, par un petit coup sec, on arrache de chaque côté les sacs auditifs.
50 Il faut éviter de crever l'œil en l’enlevant, car les humeurs qui se répandraient pourraient souiller les plumes. On détache le globe des paupières en glissant doucement sous celles-ci la pointe d'un canif, puis on saisit le nerf optique avec les brucelles, et un léger mouvement de torsion détache l'œil.
60 On tranche alors le cou à la base du crâne, de façon à entamer celui-ci, de telle sorte qu'il présente une ouverture par laquelle on puisse retirer la cervelle. Celle-
ci une fois enlevée, on la remplace par un tampon de coton bien imbibé de la solution arsenicale. On place de petits tampons analogues dans les orbites des yeux.
70 On râcle avec soin toutes les particules de chair adhérentes aux os du crâne, en ayant bien soin de ne pas sectionner le ligament qui unit les deux mandibules à leur base. Saupoudrez toujours avec soin.
80 Les os crâniens une fois bien nettoyés, on fait subir aux membres et au croupion la même opération, en ne laissant dans ces diverses parties que le moins de chair possible, et seulement lorsqu'on ne peut l'enlever sans endommager la peau ou les ligaments des os.
On coupe les os de l'aile au delà de la première articulation ; mais il est nécessaire de laisser un peu de chair à la base des plumes, pour les empêcher de se désagréger. Pour les pattes, on enlève le fémur et ses chairs ; mais on peut conserver le tibia, celui-ci étant peu charnu et peu corruptible.
Bien imbiber toutes ces parties de la solution préservatrice, et en enduire toute la surfuce de la peau.
90 Il reste maintenant à retourner de nouveau la dépouille dans sa position primitive, la plume en dehors.
En prévision de cette opération, il est de bonne précaution, avant la mise en œuvre du dépouillement, de passer dans les narines de l'oiseau une ficelle, dont les deux extrémités donneront une grande facilité pour effectuer le retournement.
On saisit cette ficelle de la main gauche, et peu à peu, avec toutes les précautions nécessaires pour ne pas froisser les plumes, on rabat les plis de la peau par-dessus le crâne, et la dépouille se trouve prête pour les autres opérations de l’empaillage.
Montage.—C'est de la construction de la charpente que dépendra la conformation de l'édifice ; aussi cette question est-elle extrêmement importante.
Or, donner des règles fixes est ici impossible ; c’est à l'amateur de choisir l'attitude qu'i veut donner à son oiseau. Tout ce que l’on peut faire, c'est de mentionner quelques recommandations :
10 On assemblera les diverses parties de la charpente avec du coton très fort,
20 On engagera dans le cou un fil de fer qui pénètrera dans le crâne par le trou occipital et qui sortira juste au milieu du front ;
30 On assujettira les ailes et les pattes du sujet, Pour cela, on prendra deux fils de fer recuit de même longueur, et, procédant de l'intérieur à l'extérieur, on percera l'aile dans toute sa longueur en maintenant constamment le til de fer sous la peau. Enfin, on ploiera l'aile (à moins qu'on ne préfère la garder étendue) ;
40 On procèdera de la même manière pour les pattes.
Lorsque la charpente et les pièces qui en dépendent sont en place, on coud la peau de l'oiseau de manière que les bords soient parfaitement joints ; on laisse seulement vers l’anus une petite ouverture par laquelle on introduira des pelotes de chanvre destinées à bourrer la peau. On presse ces pelotes les unes contre les autres au moyen d’une baguette ; quand l'intérieur de l'oiseau est bien rempli, on termine la couture.
Quant au perchoir, on est libre de le choisir selon son goût ; il sera cloué sur le socle destiné à supporter l'édifice,
Passons à la pose des yeux,
Beaucoup d'oiseaux ont les yeux noirs ; dans ce cas, on figurera ces yeux avec des épingles à tête d'émail.
Pour les yeux à iris en couleur, il faudra s'adresser à un ornithologiste ; on trouvera dans son catalogue des yeux de toutes les grandeurs et de toutes les teintes, qu'il suffit d'enfoncer dans la tête de l'oiseau par la petite pointe dont ils sont munis.
Enfin, avant de considérer le travail comme terminé, on imbriquera les plumes, s’il y a lieu, avec la pointe d’une épingle, à l’aide de laquelle on mettra en lumière les couleurs les plus vives.
I] est essentiel, si l’on veut conserver longtemps un oiseau empaillé sans qu'il se dégrade, de le tenir à l'abri de la poussière et de l'humidité, et d'éviter qu'il ne soit rongé par les insectes.
Pour protéger un oiseau empailié contre les insectes, on peut introduire dans l’intérieur, pendant l'opération de l’empaillage, quelques parcelles de camphre. C’est là un remède préventif; comme remède curatif, nous recommanderons de soumettre le sujet à une fumigation sulfureuse.
Destruction des rats.
En 1849 l’Académie de Dijon recommandait aux cultivateurs la recette suivante :
Pâte de noix vomique.— Noix vomique rapée 5 onces ; farine ou mie de pain 4onces ; de la graisse ou du beurre en suffisante quantité pour lier le tout et en faire une pâte qu’on partage en boulettes que l’on place dans les trous des rats.
Préparation des peaux en poil.
(Tiré du livre de la ferme, par Joigneaux.) Râclez les peaux fraîches lavées, avec une lame d'acier, ou un couteau qui ne coupe pas, afin d'enlever les fragments de chair et de graisse. Si l’on opérait sur de vieilles peaux, il faudrait les faire tremper d'abord jusqu'à ce qu'elles soient souples.
Une fois bien nettoyées, mettez ces peaux dans un bain préparé à l'avance de façon qu’elles y trempent bien et le poil en dessus. Vous pouvez en mettre autant que vous voudrez, les unes sur les autres, en ayant soin de bien les imprégner de liquide.
Le bain se prépare en faisant dissoudre sur le feu 4 onces d’alun et 2 onces de sel de cuisine par pinte d'eau ; une #is dissous, laissez refroidir. On y place les peaux lorsque, mettant la main dans le liquide, on en supporte facilement la température.
Les petites peaux, comme celles de lapins, lièvres, fouines, etc., doivent séjourner dans le bain un ou deux jours ; les peaux de moutons, de chiens, d'ours, ete., y séjourneront de quatre à cinq jours ; on y laissera plus longtemps encore les peaux plus grosses.
Vous les sortirez ensuite du bain et les ferez sécher à l'ombre en les clouant sur des panneaux, atin qu'elies se rétrécissent moins, Une fois ces peaux bien essorées, c'est-à-dire presque sèches, on les frottera fortement avec les mains pour leur rendre leur souplesse. On peut battre les peaux les plus épaisses avec un maillet dont les angles seront arrondis.
On peut se servir de son ou de sciure de bois pour les assécher quand on frotte les peaux avec les mains.
Chapeaux en paille.
On choisit les plus longues pailles de blé ou d'orge qu'on arrache lorsque le grain n’est pas très mûr, On coupe les épis et on laisse sécher à l'air, et quand elles sont sèches on ôte, au moyen d’un petit coup sec, le bourrelet noueux qui est à la base, de manière à n'avoir que le haut de la tige. On la met par bottes ; et en temps utile on tresse cette paille après lavoir humectée à l'eau tiède, Cette opération se fait en mettant sept ou neut pailles fixées ensemble à leur base ; et qu’on prend entre le pouce et l'index de chaque main. On natte alternativement de gauche et de droite en faisant des deux mains et en contournant la seconde paille par la première du bord et passant une paille par dessus l’une et par dessus l'autre de droite et de gauche. Quand l’une des pailles est épuisée, on en met une autre dont le bout se prend entre deux autres déjà tressées. Vous en nattez ou tressez des verges que vous tenez en réserve.
Pour faire un chapeau on commence par le milieu du fond en y faisant une roulette autour de laquelle vous cousez votre tresse jusqu’à ce que le fond ait la largeur voulue. Alors il faut la disposer sur une forme de la grandeur désirée pour faire la calotte et on continue jusqu'au bas de cette forme mise sur une table, Quand on est rendu au niveau de la table on fait prendre à la tresse une direction horizontale pour former le bord du chapeau. On a soin de toujours superposer les rangs de la tresse l’un sur l’autre le plus bas engagé sous le plus haut.
Glacière.
(MANIÈRE DE FA&GRIQUER.) (Du livre de la ferme, par Joigneaux.)
Choisissez pour établir une glacière un endroit sec et abrité par un massif d'arbres. Ouvrez un trou de la capacité de 32 pieds au moins ; entourez ce trou d’une cloison en bois isolée de la terre par une épaisse couche de sciure de bois ou de paille hachée, Faites en sorte que les suintements de la glace aient un écoulement assuré sous la glacière et, pour cela, garnissez le fond d'un grillage en bois; placez sur ce grillage une couche de brindilles, de la paille hachée ou des roseaux sur lesquels reposcra la glace Les parois verticales seront aussi garnies d’une couche de roseaux, à mesure qu'on emplira la glacière. Enfin 1ecouvrez le tout d’un épais toit de chaume ou de planch:s superposées, arrivant presqu'à fleur de terre et mettez la porte au nord ou à l’ouest, en ayant soin qu’elle n’ouvie pas directement sur la glace et qu’il faille s'engager, pour y arriver, dans une espèce de couloir.
Pour emplir cette glacière vous emploierez des morceaux de glace sciée et bien tassés de manière qu'il ne resteaucun vide, vous arrosez enfin le tout avec un peu d’eau qui se prend en glace et formera bientôt une masse.
Cire à bouteilles.
La cire à bouteilles n’est pas autre chose que de la résine de pin que l’on fait fondre et que l'on colore à volonté par une addition d’ocre, de vermillon ou de tout autre produit.
Instrument de cuisine recommandable.
Une des pièces les plus recommandables dans les voyages, les champs, les pique-niques et même dans les petits ménages est la casserole à la minute. Cette casserole, dit Mde Millet-Robinet, est divisée exactement dans le sens horizontal en deux parties égales réunies par une char. nière ; elles s'emboîtent l’une dans l'autre d'une manière si complète, que la casserole peut être fermée hermétiquement. En allumant sous cette casserole un morceau de papier de la dimension d'un de nos journaux quotidiens, on peut cuire en deux ou trois minutes des côtelertes, et en une minute des œufs sur le plat.
Mettons, dit Joignaux, deux journaux au lieu d’un seul pour obtenir une cuisson convenable, Non-seulement on s'en sert pour faire des côtelettes dans leur jus et des œufs sur le plat, mais on peut très bien y faire cuire des biftecks, des omelettes, du poisson, etc. Avæ cette casserole, des provisions et des journaux dans sa pothe, du poivre et du sel et quelques allumettes chimiques dans une boîte on peut faire de la cuisine partout et promptement.
La viande maigre exige un peu de beurre, la viande grasse n’exige rien que l’assaisonnement, Il va sars dire qu'il faut retourner cette viande pour qu'elle cuiæ des deux côtés.
Pour préserver le fer de la rouille.
Pour préserver le fer de la rouille, lorsque ce fer est à l'abri de la pluie, il suffit de le bien frotter avec des gousses d'ail, des oignons crus, des échalottes, et ne le mettre en place que quand il est parfaitement sec.
Lorsque le fer est exposé aux intempéries des saisons, c'est-à-dire, à l'air libre, le moyen qui vient d'être indiqué serait insuflisant, Dans ce cas il faut broyer avec de l'huile de lin de la sciure de bois ou mieux encore de la suie de houille et en passer une ou deux couches sur le métal.
Feux de cheminée.
Le meilleur moyen d’éteindre un feu de cheminée est de jeter du soufre sur le feu, il se produit du gaz acide sulfureux qui monte et étoufte l'incendie. IT est donc prudent d'avoir toujours du soufre chez soi.
Pommes de terre germées.
On dit avec raison que les pommes de terre germées sont malsaines, car le germe contient de la solanine qui est un poison. Pour détruire la so/anine dans des pommes de terre qui germent, plongez-les pendant deux ou trois minutes dans l'eau bouillante et faites-les sécher ensuite au soleil ou au grand air. La chaleur a tné le germe, sans porter atteinte à la chair du tubercule, qui a gardé toute sa saveur.
Toux et catarrhes guéris par le sirop d'oignons blancs.
On fait fondre 2 livres de sucre dans une chopine d’eau pure—ce qui fait un sirop. On prend 8 onces de gros oignons blancs, dépouillés de leur enveloppe extérieure ; on les coupe en rondelles minces, et on les met cuire dans un litre d’eau. Une fois ces oignons cuits, on les jette avec l'eau sur un linge fin et l’on passe sans presser, Enfin on recueille le liquide filtré, on y ajoute tout le sirop de sucre et l’on fuit réduire pendant quelque temps sur le feu.
282 DE L'ÉCONOMIE DOMESTIQUE Confitures de noix vertes.
Ces confitures sont hygiéniques et conviennent surtout aux personnes faibles, On cueille les jeunes noix au moment où on peut les traverser de part en part avec une épingle, On les pèle, on les blanchit à l’eau bouillante, puis £n les en sort pour les jeter dans l’eau froide et les y laisser 48 heures. On les retire et on les recouvre d'un sirop de sucre.
Sauce terrible.
(Condiment Russe.)
Prenez les jaunes de six œufs dureis que vous pétrissez en les arrosant d'huile d'olive pour y incorporer en broyant sous la cuillère quelques gousses de petit piment, du sel, du poivre, un peu de safran, Pour achever délayez dans un demi-verre de vinaigre ; passez cette purée, et servez-la comme sauce pour les viandes froides.
Radis en salade.
Prenez des radis, même creux, pourvu que les racines et les feuilles soient fraîches. Nettoyez racines et feuilles, jetez-les dans l’eau bouillante et les y laissez bien cuire. Après la cuisson, vous les mettez quelques minutes dans une passoire, puis vous les hacherez très menus, et il ne vous restera plus qu'à les accommoder avec du beurre.
Il n’y a pas de plat de choix qui vaille un plat de radis cuits.
Sirop d'œufs.
Ce sirop convient très bien pour nourrir les individus qui sont convalescents et chez lesquels l'estomac ne reprend qu'avec peine ses fonctions. Les enfants s'en trouvent bien.
DE L'ÉCONOMIF DOMESTIQUE 283
Prenez 10 œufs de poules, bien frais, cassez-les et faites tomber dans un vase de façon que le jaune et le blanc se mêlent dans leur chute. Auparavant vous aurez eu soin de peser le vase, vous le pèserez de nouveau avec les œufs et en déduisant de ce dernier poids celui du vase, vous aurez celui des œufs. Supposons que ce poids soit de 8 onces vous ajouterez 3 onces de sucre en poudre, et vous le laissez fondre à froid en le remuant et agitant de temps en temps le vase qui contient votre préparation.Cela fait on passe le sirop à travers une pièce de toile serrée, et on le met dans des fioles en verre que l'on a bien lavées et que l'on bouche avec soin.
Casse-noisette économique.
Pour faire très facilement un casse-noisette, on coupe une branche d'arbre, grosse comme le pouce, longue d'environ 14 pied. On forme à quelque distance de l'une de ses extrémités, une entaille assez large pour recevoir la noisette en ne laissant qu'une mince bande de bois au fond de l’entaille, de manière que cette partie soit très flexible, Lorsqu'on veut casser une noisette, on saisit le long bout de la main gauche, l’on place la noisette dans l’entaille, et on la brise facilement, en prenant et en ployant de la main droite le petit bout qui sert de poignée.
Vin médicinal de Quinquina.
Excellent pour les estomacs faibles, en prenant de ce vin à la dose d’une cuillerée à bouche le matin à jeun, le soir avant le coucher. Plus faible dose pour enfant.
On concasse avec un marteau 2 onces de quinquina jaune qui est le meilleur ou 1 once de quinquina gris,
qu'on met dans une bouteille vide et, par dessus, on verse 1 once de bonne eau-de-vie, On laisse macérer pendant 14 houres, et après cela, on remplit la bouteille avec de bon vin blanc ou rouge. Au bout de 4 à 5 jours on commence à le boire, et dès que la bouteille sera reduite de moitié, on en préparera une autre de la même manière,
Vin médicinal de Gentiane.
[Il est tonique et stomachique : Racine de gentiane 1 once ; alcool pur 2 onces ; cau-de-vie 4 onces,
Coupez les racines par morceaux, faites-les macérer dans l'alcool pendant 48 heures, ajoutez 1 pinte de vin rouge, bouchez bien, et, au bout de huit jours décantez et filtrez.
Dose de 2 à 4 cuillerées par jour, matin et soir.
Sirop de chou rouge.
Le chou rouge est non seulement bon comme légume ; mais il est encore un excellent remède sur la fin des maladies de poitrine et surtout dans les catarrhes chroniques,
On débarrassera le chou des feuilles larges et coriaces du bas. On pile les parties pommées dans un mortier avec 6 onces d’eau pour 2 livres de chou, Une fois le légume bien pilé, on en exprime le jus que l'on filtre, puis on fait fondre au bain-marie le double de sucre dans son jus filtré. |
Si l’on veut en préparer une quantité importante on devra le mettre en bouteilles, le cacheter et le placer au froid,
DE L'ÉCONOMIE LOMESTIQUE 285
Sirop de roses.
Prenez un bocal dans lequel vous établirez des couches de pétales de roses fraîches alternées avec des couches de sucre en poudre, La quantité de sucre employée doit être, en poids, trois fois plus grande que celle des pétales.
Bouchez hermétiquement votre bocal, en fixant votre bouchon avec un parchemin mouillé ; exposez-le au soleil jusqu'à ce que le sucre soit entièrement fondu par l'humidité produite par la macération des pétales. Vous verserez alors tout le contenu du bocal sur un tamis et vous recueillerez dans un flacon le sirop de roses,
Le bocal ne devra pas être entièrement plein, afin de laisser un peu d'espace aux vapeurs que développera la chaleur du soleil, sans cela il pourrait se briser.
Ce sirop peut servir à aromatiser le lait, la crème et une foule de préparations culinaires.
Garder in actes les fourrures pendant l'été.
Pourvu que les fourrures soient bien secouées et brossées, afin qu'il n'y reste aucun œuf de mites, le meilleur procédé pour les conserver à l'abri de cette vermine est de les envelopper dans ur journal.
Ciment pour coller les dessous de lampes.
Rien ne re à l’action de la Kérosine que le ciment suivant. 3 parties de résine, une de soude caustique et cinq d’eau. Mélez cette composition avec moitié de sa pesansanteur de plâtre de Paris.
Ce ciment est très adhésif, imperméable à la kérosine mauvais conducteur de la chaleur.
Manière simple de conserver les fruits en boîtes sans les chauffer.
L'opération de faire chauffer les fruits en boîtes leur Ôte de l’arôme et du goût. Une Dame de Springfield, Mass., a découvert qu'ils restaient intacts et savoureux indéfiniment en emplissant des boîtes de fruits et d’eau froide pure et les y faisant séjourner jusqu'à ce que l'air confiné s'en soit échappé.
Vinaigre à bon marché.
Prenez 25 gallons d'eau, 4 gallons de mélasse et ] gallon de levure (yeast). Laissez fermenter et vous aurez de très bon vinaigre.
On peut imiter le vinaigre de vin blanc en mettant dans l’eau du raisin écrasé (mashed) pendant un mois, dans un endroit chaud.
Procédé pour préserver le verre de la cassure.
Placez vos verres, cheminées ou vaisselle dans un vase rempli d'eau froide à laquelle vous ajoutez un peu de sel de cuisine et faites bouillir ce mélange et alors faites refroidir tranquillement.
Ce procédé peut s'étendre à la vaisselle en faïence, porcelaine, etc.
Manière facile d’affiler les ciseaux.
Prenez un aiguille à coudre et tenez-la fermement entre le pouce et l'index de la main gauche ; alors prenez les ciseaux de la main droite et faitesles couler légèrement, mais promptement, de la base à la
pointe.
Lumière de nuit économique.
Mettez du sel en poudre sur une chandelle jusqu'à la hauteur de la partie noire de la mèche.
Insecticide fameux.
Prenez de l'alun que vous mettrez dans de l'eau chaude et laissez bouillir jusqu’à dissolution. Appliquez cette préparation chaude duns les fentes, les interstices des couchettes, cloisons, etc., partout où il y aura des punaises, des coquerelles, etc.
Vous détruirez ainsi toute la vermine sans danger,
Couverture de lit confortable et à bon marché.
Le papier est un mauvais conducteur de la chaleur. Or le refroidissement vient plus de la chaleur qui s’en va que du froid qui vient. Deux ou trois doubles de journaux font un excellent couvre-pied.
On peut en coudre ensemble de la longueur voulue et les pauvres peuvent se payer ainsi un excellent confortable pour rien. Rien n’est propre à protéger l'estomac et le dos du froid comme un double de gazette.
On peut avec une gazette protéger les fleurs contre un froid fort intense.
Refrigérateur ingénieux.
Prenez deux grandes boîtes d'emballage, l’une d'une couple de pouces plus petite que l’autre en tout sens et percez deux trous dans le fond de chacune de manière à ce qu'ils correspondent. Remplissez l’espace entre les deux fonds avec du charbon de bois ou de la cendre froide. Mettez sur ce charbon ou cette cendre la
boîte interne et remplissez tout l’espace entre les deux boîtes de la même substance. Ajustez bien les couvercles des deux boîtes avec des pentures en fer et même en cuir. Mettez autour de l'intérieur de la boîte du dedans, au moyen de crochets ou tasseaux, des tablettes, en laissant un espace au centre pour y introduire la glace. On peut mettre des pattes à la boîte extérieure ou l’élever au moyen de rognures de bois ou de briques, la ventilation n’en sera que meilleure.
Comment faire un hamac.
Défuites un quart à fleur, nettoyez et peinturez-en les douves. Procurez-vous une forte corde à linge 4 fois l'espace que doit occuper le hamac. Partagez la corde en deux, doublez chacun des morceaux. En commengant à environ deux verges de chaque bout de la double corde enlacez-les l’une dessus et l’autre dessous chaque douve à environ 3 pouces de leur bout, ce qui les fera se croiser entre elles.
En opérant ainsi des deux côtés vous aurez un hamac.
Plante aromatique et désinfectante pour la maison.
Tout le monde aime les plantes d'appartement ; mais toutes ne réunissent pas l’agréable à l’utile. ZL’'Eucalyptus globulus est un arbre splendide qu'on cultive facilement dans les serres, dans les maisons et qu'on met dehors dans la belle saison. Quand la plante devient trop grande on la raccourcit. Son feuillage est d’un beau vert tendre, répand une odeur résineuse dans l'appartement où il se trouve et l’assainit,.
“ L'Eucalyptus, dit Cazin, dans son traité de plantes médicinales, a une grande faculté d'absorption pour l'eau, aussi l’a-t-on utilisé pour détruire les marais ; il s'échappe de ses feuilles une odeur balsamique qui rappelle celles des sapinières, aussi le considère-t-on comme exerçant une influence favorable sur la salubrité des contrées où on le multiplie.”
Ses qualités antiseptiques et cicatrisantes sont sérieuses, “Cette action, continue Cazin, est basée sur les expériences de Grimbert (1870), qui est parvenu à conserver intacts pendant trois mois du sang, des matières organiques diverses. Aussi on peut l'employer avec avantage,à l'intérieur contre les ulcérations de la tièvre typhoïde, de la dyssenterie, les ulcères simples de l'estomac, la dyphtérie, la gangrène du poumon, etc. ; x l'extérieur dans les suppurations fétides, la gangrène, la pourriture d'hôpital.”
Schulz (Revue Medico-chiruryzicsle de Vienne, 1880), rante l'Eucalyptus comme succédanéavantageux de l'acide phénique, par conséquent comme l'un des désinfectants les plus puissants. Les feuilles d’'Eucalyptus fraîches ou séchées en poudre, appliquées sur les plaies anciennes, les désinfectent et les font cicatriser promptement,.
Spécifique contre le choléra et les vers.
Dans une lettre adressée par Michel, médecin à Avignon, au Bulletin de thérapeutique (1849), nous trouvons le passage suivant, dit Cazin, dans son traité des Plantes Médicinales
“ Dans lx période algide du choléra, alors que tout l'organisme est stupéfié, et que la vie anéantie va s'é-
teindre, maintes fois, à notre grand étonnement nous
avons vu la réaction s'opérer, et le malade marcher sans entrave vers la guérison, Malgré la figure décomposée et laide, le pouls insensible, les ongles violets,les extrémités froides, le hoquet, les crampes, la stupeur et l'asphyxie cholérique, présage d'une mort certaine, nous avons vu sous l'influence de l'ail, les ressorts de la vie se mettre en mouvement sur des cholériques pour ainsi dire agonisants.”
‘“ Pour produire cet heureux phénomène, il ne faut que piler quelques bulbes d’ail dans un mortier, avec addition de 50 à 75 centigrammes (24 oz) d'encens qui se réduisent facilement en pommade, et employer en friction et en cataplasme sur plusieurs parties du corps, principalement sur les régions thoraciques et abdominales, pendant que d'un autre côté on administre quelques tasses d’une infusion chaude préparée avec quelques gousses de cet asphodèle, Bientôt un sentiment de chaleur, suivi de sueur, se déclare avec une forte odeur alliacée. C’est le prélude de la réaction qui doit sauver le malade.”
“La propriété anthelmintique de l'ail, dit Cazin, est connue depuis des siècles, et son usage comme tel est devenu populaire. Hippocrate, Galien, Dioscorède en font mention, Rosenstein et Tissot ont réussi à faire rendre des tœnias (vers solitaires) en continuant l'usage de l'ail. Le premier cite une femme qui, après avoir mangé pendant six mois une gousse d'ail tous les matins, rendit un tœnia (ver solitaire) de 16 brasses de long. Golis employait contre les ascarides vermiculaires des lavements de décoction d'ail. Le suc d'ail, à la dose de & once dans 54 onces de lait sucré, et dont on prend une tasse matin et soir, est la meilleure préparation contre les ascarides lombricoïdes et les oxyures vermiculaires. La médecine
domestique, dit Roques, prescrit aux enfants tourmentés par les vers deux ou trois bulbes d'ail infusées dans du bouillon, dans du lait ou dans une tasse d'eau sucrée. Ce remède simple fait périr ou met en fuite les vers lombrics et les vers ascarides. Les paysannes se contentent de faire manger à leurs enfants quelques morceaux de pain bien frottés d'ail. On peut aussi leur appliquer sur le ventre une espèce de liniment préparé avec deux ou trois cuillerées d'huile d'olive et deux gousses d'ail écrasées.
Citrouille contre le ver solitaire (tϾnia).
Brunel, en 1845, communiqua à la société de médecine de Bordeaux, qu'il fit administrer après un purgatif 45 gr. (14 oz.) de semence de courge pilée avec autant de sucre et que, après diverses doses de cette pâte, son malade rendit un tœnia complet. Un second malade, porteur du même parasite, fait le même remède et obtient le même résultat.
Sarraméa présenta peu de temps après à la même société deux tœnias rendus par des jeunes gens, après l'administration de la pâte de graines de citrouille, L'un des deux malades a rendu le ver après la troisième dose ; chez l’autre, il a été expulsé après la première.
Brunel, dans le journal de médecine de Bordeaux, 1852, dit avoir employé trente fois ce remède avec succès.
Le journal universel des sciences médicales constatait les excellents résultats de 90 gr. (environ 3 onces) de citrouille fraîche et 180 gr. (environ 6 onces) de miel donnés en trois doses à la distance d'une heure, A l’aide de ce moyen on parvient constamment à chasser le tœnia dans le laps de six à sept heures,
Girard, professeur de clinique à Marseille, cite un grand nombre de cas dans le Bulletin de thérapeutique. (1862), ce qui fait voir que la graine de citrouille est vrai. ment un spécifique contre les vers de toutes espèces,
Tête de cochon en fromage.
Séparez en deux une tête de cochon dont vous enlevez la cervelle. Faites bouillir avec poivre et sel et un oignon. Désossez et laissez bouillir de nouveau jusqu’à consistance voulue, et ajoutez & verre de vin, de la cannelle et du clou de girofle, une cuillerée à thé pour une demi-tête ordinaire. Laissez bouillir encore dix minutes, mettez en moule, laissez refroidir, et servez froid.
Pieds de cochon désossés.
Mettez des pieds de cochons bien nettoyés dans un peu d’eau, assaisonnez et faites bouillir jusqu'à ce que les os puissent s’en détacher facilement, enlevez les os en prenant garde de difformer les pattes. On remet ces pattes ainsi désossées dans un moule et on verse dessus le jus consommé coulé qui a servi à faire cuire les pattes ; mettez au froid afin de laisser prendre en gelée.
Moyen infaillible de culltiver les champignons.
Maintenez dans une cave non humide une température de 60° à 70° Far.
Amassez du crottin de cheval pur auquel vous ajoutez 207100 de terre. Mélangez le tout et empêchez de fer. menter avant de l’employer.
Vous faites de ce mélange, que vous foulez à mesure qu'il est placé, un carré de 8 pouces d'épaisseur.
Laissez chauffer. La chaleur montera au-dessus de 100°, Quand cette couche sera refroidie à 90° ou 95° semez le blanc de champignon de la grosseur d’un œuf, de pied en pied, à une profondeur de 3 pouces,
Laissez-le prendre et mettez dessus une couche de 2 pouces de terre pure. En 40 jours votre blanc poussera. Si la terre devient trop sèche, humectez-la légèrement.
Quand cette semence a produit, râclez et elle reproduira sans semer de nouveau. (Méthode P. A. A. Dorion.)
Conservation des œufs.
Procédé chinois.
En Chine on conserve les œufs en les salant, On prépare une solution aqueuse de sel marin. Cette solution doit être assez concentrée pour que les œufs y surnagent.
Lorsque le sel les a pénétrés, ils deviennent plus lourds et tombent au fond de la liqueur. Ils sont alors suffsamment salés. On les retire, on les essuie et on les conserve dans des caisses.
Anisette de Bordeaux.
Sucre blanc 10 onces ; huile volatile d’anis, 6 gouttes ; eau de rivière, 2 pintes ; alcool à 36 degrés, 1 pinte. Versez les six gouttes d'huile d’anis sur le sucre qui servira d’excipient, puis ajoutez l’eau et l'alcool.
Curaçao:
Zestes d'oranges amères récentes, 4 onces ; cannelle fine concassée, 1 gros ; macis, 36 grains ; vieille eau-devie, 4 pintes ; sucre, 14 livre.
Macérez seulement pendant six heures et filtrez.
Ratafñia de café.
Café moka brûlé et concassé ou grossièrement moulu, 1 livre ; eau-de-vie à 21 degrés, 4 pintes ; sucre blanc concassé, 1 livre, Macérez pendant 8 jours et filtrez.
Peinture à la chaux et au lait.
Prenez de la chaux vive, faites-la éteindre dans du lait écrémé et passez ce liquide dans un tamis médiocrement serré, puis ajoutez-y pur 2 livres de badigeon, 3 onces de beau sucre blanc. On obtiendra de cette manière un enduit qui réunit à une grande solidité un beau lustre et une blancheur éclatante ; il est susceptible d’un poli vif, imitant celui du marbre. On sait qu'il se forme entre la chaux et le sucre une véritable combinaison chimique.
Peinture à la pomme de terre.
Prenez 2 livres de pommes de terre cuites à l’eau, écrasez-les pendant qu’elles sont encore chaudes, puis délayezles avant leur refroidissement dans 3 ou 4 ïitres d’eau bouillante ; passez le tout au tamis de crin et ajoutez-y 2 livres de blanc d’Espagne que vous aurez préalablement délayé dans 4 pintes ‘l’eau.
Le tout ayant été bien mêlé forme une couleur ou un badigeon blane dont vous pouvez vous ser vir pour peindre des murs ou des boiseries ; maïs ordinairement on lui donne une nuance plus ou moins foncée, par exemple, on formera du gris en y ajoutant du noir de charbon ou du noir d'ivoire en poudre ; avec du rouge de Prusse, vous produirez depuis une teinte rose jusqu’à un rouge assez coloré ; avec l’ocre jaune, vous obtiendrez des nuances variées, et ainsi de suite.
Cette peinture est fort économique.
Amélioration de l'empesage.
Dans l’empois récemment préparé et bien chaud plongez une bougie de stéarine (blanc de baleine) de première qualité et remuez jusqu'à parfait mélange. Pour une pinte d'empois vous laisserez fondre une hauteur de trois pouces environ de bougie. Le linge empesé de cette manière, puis repassé, prend un brillant et un poli extraordinaire, Il devient lisse et ferme ; lu poussière s'y ati he difficilement.
Fabrication des paniers d’osier.
On sesert des branches de osier rouge (hart rouge) ou vert, Onen prend cinq branches de la longueur du diamètre que l’on veut donner au fond du panier qu'on veut fabriquer. On pratique une fente dans le milieu de deux d'entre elles. On aplatit un peu les trois autres pour les introduire jusqu'à leur moitié dans cette fente, On a donc ainsi deux branches traversées par trois. On fait prendre une direction circulaire et opposée à toutes celles qui ne sont pas au milieu, laissant celles du milieu en croix pour faire quatre rayons ou raies de cette roue. Vous enlacez de manière à ce que les branches que vous tressez passent lune en dessus et l'autre en dessous de chacun de ces ‘ayons. Au second tour on a soin d'introduire entre les deux rangs déjà faits une autre branche aux deux formant rayons, afin qu'ils soient impairs. Si l'on veut agrandir le panier on introduit entre les tresses d’autres rayons au bout de ceux qui finissent d'être enroulés.
Le fond du panier une fois fini et bien tassé avec un maillet, vous entilez auprès de chacun des rayons une branche qui servira de montant au corps de votre panier. Vous
repliez chacun de ces montants et vous les fixez du haut autour d'un cercle du diamètre que vous voulez donner à votre panier,
Près de chacun des rayons du fond de manière à l'emprisonner avec le montant, vous entilez entre les tresses du fond une branche plus fréle que j'appelerai brindille destinée à s'enrouler autour de chaque montant en pussant aussi elles en dedans et en üchors de chacun de ces montants. [l est important qu'en commençant à enrouler les brindilles autour des montants on les fasse au premier tour passer chacune en dedans du montant en les enlaçgant ensuite autour du dernier rang du fond, de manière à former un rebord qui soliditie le panier et en protège le fond ; et on continue ensuite à tresser autour des montants chacune des brinailles,
Une fois rendu à hauteur voulue on enroule l'un après l'autre ce qui reste des montants en les allongeant au besoin autour du dernier rang des brindilles de manière à faire un rebord soiide.
Cirage luisant qui n’altère pas le cuir.
Prenez du noir de fumée non tassé en quantité sufhsunte, par exemple plein un verre à boire. Versez dessus assez d'eau-de-vie commune pour en faire une pâte épaisse. A cette pâte, ajoutez deux verres d’eau, dans lesquels vous aurez fait fondre 10 gros de sucre brûlé et 10 gros de savon que vous aurez dissous dans une petite quantité d'eau bouillante et que vous saturerez d'huile d'olive ; c'est-à dire que vous n'y ajouterez que l'huile qui pourra être tenue en dissolution par Je savon ; puis vous réunirez ce liquide au précédent, et vous battrez bien le tout, atin d'opérer une parfaite combinaison.
Semelles imperméables.
Lorsque vous commanderez des souliers à votre cordonnier, recommandez-lui d'interposer une mince feuille de caoutchouc ou bien un morceau d'étoffe imperméable entre les deux cuirs dont se compose la semelle.
Mastic imperméable propre à raccommoder les vases de poterie.
Prenez 1 livre de colle forte de Paris. Faites-la tremper 24 heures, puis faites-la fondre dans la quantité d'eau nécessaire pour lui donner une consistance convenable, diins un vase de fonte, au bain-marie, Dès que la colle aura pris une bonne consistance, on y projettera un mélange, par parties égales, de chaux éteinte et de plâtre pulvérisé en quantité suflisante pour le but qu'on se propose.
Ce mastic s'emploie à chaud. Ilest absolument imperméable à l’eau, il bouche exactement les fontes.
Vernis pour la conservation des statues et autres objets sculptés en marbre.
Faites fondre deux parties de cire dans 8 parties d'essence de térébenthine rectitiée, et appliquez ce vernis sur le marbre, en le tenant constamment liquide. Ilest essentiel de veiller à ce que les couches ne soient pas d’une épaisseur qui puisse altérer la sculpture. On frotte ensuite le marbre avec un morceau de drap ou de flanelle.
La même préparation pourra servir pour les statues et figures en plâtre.
Donner aux figures de plâtre l'apparence et presque la durée du marbre.
Ayez un feu clair de charbon de bois, approchez-en successivement toutes les parties de la figure ou du buste que vous voulez préparer, et passez dessus un bout de bougie stéarique. La stéarine se fondant à mesure, pénètre la superficie du plâtre. Il faut ne chauffer le plâtre qu'autant qu'il est nécessaire pour fondre la stéarine par son contact, et promenez le bout de la bougie sur le plâtre de manière à ce que toute sa superficie en soit successivement recouverte d’une façon égale, S'il y a une trop grande épaisseur de stéarine dans un endroit, la chauffer de nouveau et l'excédent de stéarine pénètre dans le plâtre.
Cadres rustiques faciles à faire
On achète chez les encadreurs de longues baguettes toutes préparées soit rondes, soit carrées, ouvragées ou simples.
On en extrait quatre bouts, deux de quelques pouces plus longs, deux de quelques pouces plus larges que l'image que vous voulez encadrer ; à quelques pouces des bouts de chaque pièce faites une échancrure de la moitié de l'épaisseur du bois ; vous croisez ces pièces de manière quelles s'emboîtent bien et laissant une surface plane au point de jonction, et vous les fixéz l’une à l’autre au moyen d'un clou à tête jaune. Vous pouvez ajouter aux quatre angles et en travers un petit morceau de votre baguette de biais, de manière à cacher le joint.
En choisissant ces baguettes en bois blanc vous pouvez les teindre en imitation de noyer noir en les laissant
tremper quelques minutes dans la solution suivante : Lessive concentrée, 1 boîte, 1 livre d'ocre rouge, 1 once de noir de fumée, bien mélangé,
Si vous voulez lui donner la couleur du chêne supprimez l'ocre rouge,
Au lieu de baguettes préparées vous pouvez prendre des branches d'arbres auxquelles vous luisserez l'écorce que vous vernissez,
Vernis pour le bois.
Ce vernis présente une telle solidité qu'il résiste à l'action de l’eau bouillante. Voici sa composition : Huile de lin, 14 livre ; ambre jaune, 1 livre ; blanc de céruse en poudre, 5 onces, Titharge 5 onces ; mipium, 5 onces,
On fera bouillir l'huile de lin dans une chaudière da fonte ou duns un vase de cuivre non étamé et l'on y tiendra suspendu, dans un nouet de toile, la céruse, la litharge et le minium. On continuera l'ébullition jusqu'à ce que l'huile prenne une couleur brune, On continuera à la faire chaufler, en y jetant une gousse d'ail, opération que l'on renouvellera cinq ou six fois. IT faut veiller à ce que cette huile ne s’'enflamme pas. Si cet accident arrivait,il faudrait à l'instant, clore le vase avec son couvercle qui devrait fermer exactement.
Quant à l’ambre jaune, on le divisera en petits morceaux ; on le mettra avec 2 onces d'huile de lin, dans un petit chaudron qu'on placera sur un feu vif, ayant soin de le retirer chaque fois que lon supposera que l'huile peut s’enflammer, et le remettant ensuite sur le feu, Lorsque l’ambre sera fondu et incorporé à l'huile, on versera le tout dans le vase contenant la livre et demie d'huile.
On laissera encore bouillir la mixtion pendant 3 ou 4
minutes, en remuant le tout, afin d'opérer une combinaison complète ; puis, étant un peu refroidie, on la passera et on la conservera dans une bouteille bien bouchée.
Le bois sur lequel on veut appliquer le vernis doit d’abord être passé à la pierre ponce, puis, si on désire qu'il ait une nuance autre que celle qui lui est naturelle, on lui donne une teinte quelconque, avec une matière colorante délayée dans de l'essence de térébenthine additionnée d'un tiers d'huile grasse des peintres ; par exemple, de la sui pour le brun, du sang dragon pour le rouge, du jaune de chrome pour le jaune, etc. Quand cette première couche sera parfaitement sèche, vous y passerez une couche de vernis avec une de ces brosses plates appelées queues de morue. Lx première couche étant sèche, vous en donnerez une seconde, et vous réitérerez cette opération jusqu'à quatre fois. Vous polirez ensuite votre pièce à la pierre ponce lorsque la dernière couche sera parfaitement sèche.
Si vous voulez que la pièce que vous vernissez ait des nœuds, des veines, des ondes, c’est à la première couche de l'essence qu'il faut ies former et cette opération demande un peu d'art.
Moyen ingénieux et hygiénique de purifier l'air
On place au milieu d'une pièce imondée de soleil,un grand rase de verre rempli d'eau ; et l’on y dresse un bouquet de menues branches, de saule, bouleau, tilleul, etc.
En peu de temps l'atmosphère de la chambre sera très sensiblement rafraîchie, l'évaporation de l’eau produisant l’ettet désirable sans le moindre inconvénient pour la santé. En outre, la verdure exhalera, sous l'influence des rayons
DE L'ÉCONOMIÉ DOMESTIQUE 301
solaires, une quantité d'oxigène suffisante, pour aider considérablement à la purification de l'air ambiant.
[Il faut renouveler de temps en temps cette feuillée et surtout l’eau.
Arrangé avec goût, cet étrange bouquet sera même un ornement original et gracieux, Seulement il faudra bien se garder de le laisser dans l'appartement après la chute du jour, ainsi que de le placer à l'ombre, surtout dans une chambre à coucher ; car si, sous l'influence de la lumière, la plante respire de l'oxygène, c'est de l'acide ‘arbonique qu'elle rend à l'ombre, d'où les migraines, les malaises causés par le repos des fleurs dans une place fermée, ou placées dans l'obscurité.
Les feuilles de géranium comme cicatrisants.
Les feuilles de tous les géraniums ont la propriété de guérir promptement les coupures, écorehures ou autres plaies d' ce genre.
On pacnd quelques feuilles de cette plante, que l'on écrase un peu sur un linge, et que l’on applique sur la plaie.
Elle s'attache fortement à la peau, aide au rapproche ment des chairs et cicatrise la blessure en peu de temps.
Rafraïîchissement des appartements pendant les chaleurs de l’eté.
Placez aux fenêtres, largement ouvertes, des linges imhibés d'eau. On sait combien l'eau, pour passer de l'état liquide à l’état gazeux, absorbe de calorique. Cette absorption fait baisser en quelques instants de 5 à 6 degrés la température de l'appartement et l'humidité répandue
dans l'air fait supporter plus facilement la chaleur. Par ce système, les malades se trouvent, même au plus fort de l'été, dans une atmosphère rafraîchie, analogue à celle qui règne après les orages. [l'en est de même quand on humecte les planchers ou qu'on répand de ‘eau sur le trottoir, sur les galeries, aux portes.
Remède suédois contre l’Ivrognerie.
Les ‘ Petites Lectures,” cette excellente revue publiée à Paris, par lu société St-Vincent-de-Paul, donnent une recette qui me paraît rationnelle pour guérir de livrognerie.
Généralement l'ivrogne à une boisson favorite avec laquelle il s'enivre. Or apprête tous les mets dont il fait usage, avec cette boisson. Son pain même est trempé dans ce liquide qui devient pour lui un objet de répulsion. Huit à dix jours de ce régime amènent de telles nausées que la vue de cette boisson le crispe. L'odeur lui en devient insupportable.
Remède contre le rhume de cerveau.
Il suftit de priser du sel de table fin comme on prise du tabac, trois ou quatre fois suffisent quand le rhume ne fait que commencer. C'est facile à essayer.
Pour se débarrasser des fourmis.
Il suffit de placer un citron en deux dans les endroits infectés pour éloigner ces intéressants mais désagréables insectes. Les plantes et la feuille de tomat's ont le même effet.
DE L'ÉCONOMIE DOMESTIQUE 303 Pour nettoyer les bouteilles.
Introduire dans la carafe ou la bouteille que l’on veut laver quelques morceaux de papier coupés en menus morceaux ; remplir la bouteille d'un quart d'eau, puis l'aviter en tous sens. La saleté ne résiste pas à ce simple lavage et la bouteille est bientôt d'une propreté parfuite.
On peut aussi rincer les bouteilles avec des grains de plomb, de menus morceaux de patates et mieux encore avec une chaînette de fer zingué.
Recette d’encre rouge inaltérable.
On triture du carmin avec un peu de silicate de potasse en solution, jusqu’à ce que le mélange soit arrivé à la consistance d’une encre bien coulante, Les traits tracés avec cette encre sèchent vite et deviennent très brillants,
Enduit imperméable pour les chaussures.
Faites fondre sur un feu très doux + livre de suif, 4 onces de saindoux, 1$ once de cire jaune et 1* once de térébenthine.
Quand ce mélange est complètement fondu, ajoutez-y, en le remuant vivement, 1ÿ once d'huile d'olive. Cet enduit doit être appliqué tiède sur les chaussures ; quand la première couche à bien pénétré le cuir, on en donne une seconde, après quoi on peut compter sur l’imperméabilité des chaussures, dont l'enduit prolonge en même temps la durée.
Expulsion de rats.
Le chlorure de chaux, qui est à très bon marché, ne détruit pas les rats, mais son odeur, qu'ils ont en horreur, les éloigne de leurs demeures tout le temps qu'elle dure.
I suffit d'en introduire en poudre ou mélangé avec de l'eau dans leurs trous pour les voir disparaître aussitôt.
Le chlorure a aussi l'avantage de désinfecter les endroits généralement fréquentés par les rats.
Le vitriol de fer a le même effet
Préservatif contre le froid aux pieds.
Humecter l'intérieur des chaussures de quelques gouttes d'essence de térébenthine.
Un autre excellent préservatif est de se mettre tous les matins les pieds dans l’eau froide pendant 2 ou 3 minutes.
Moyen de s'assurer si les œufs sont frais.
On dissout 4 onces de sel de cuisine dans une pinte d'eau.
L'œuf du jour va au fond. Celui de la veille ne touche pas le fond. L'œuf de trois jours nage dans le liquide.
Celui qui a plus de trois jours vient à la surface, et il émerge d'autant plus qu'il est plus vieux.
Cette petite opération est indispensable lorsque l’on achète des œufs pour les faire couver ou pour les conserver.
Vinaigre framboisé et sirop de vinaigre framboisé.
La liqueur la plus rafraîchissante et la plus saine est bien le vinaigre framboisé et le sirop de vinaigre.
Faites macérer pendant une quinzaine de jours avec de bon vinaigre des framboises mures ; puis jetez le tout sur un linge clair, le vinaigre sortira limpide et aromatisé, C’est le vinaigre framboisé.
Pour avoir le sirop de vinaigre framboisé, ajoutez six onces de sucre pour trois onces de liqueur.
La meilleure manière d'opérer c'est de faire fondre le sucre dans le sirop au bain-marie.
Deux cuillerées à café acidulent un verre d'eau pure.
Le mal de dents guéri comme par enchantement.
Une gazette agricole de France prescrit de mettre derrière l'oreille du côté où l’on soutfre, un petit cataplasme de racine de raifort, enveloppé dans de 4 mousseline.
La moutarde devrait avoir le même effet.
Emploi de la suie contre les insectes nuisibles.
Un horticulteur écrit au rédacteur des ‘ Petites Lectures ” que rien ne chasse les insectes nuisibles aux fleurs ou aux légumes comme de mettre un pouce de suie au fond d’une tranchée couverte de terre dans laquelle on met les plantes.
Méthode scientifique de rallumer une bougie éteinte, une allumette, un cigare.
Toute personne respire de l'oxygène, et en exhale une certaine quantité pendant quelque temps. Il suffit par conséquent d'approcher de la bouche un cigare pour que le soufïle imprégné d'oxygène le rallume. Une allumette presqu'éteinte et plongée dans la bouche, puis vivement retirée, en sort en pleine combustion.
En un mot celui qui a absorbé de l'oxygène possède pendant quelques minutes un petit réservoir d'oxigène dont il peut profiter à son gré. Et c’est ainsi qu'on enflamme les combustibles en soufflant dessus.
Procédé pour prendre l'empreinte des plantes.
On huile légèrement d'un seul côté une feuille de papier, on la plie en quatre, de façon que la partie huilée reste à l'extérieur ; on place la plante dont on veut l’empreinte dans le dernier pli, la matière grasse aura filtré assez à travers les pores pour qu’il s'en trouve au revers du papier ; par la seule pression de la main on charge le végétal d’une très petite quantité d'huile, l'empreinte est prête à obtenir, la plante ayant reçu le corps gras des deux côtés, Pour donner deux épreuves à la fois, on la place, par conséquent entre deux feuilles de papier, on comprime légèrement avec la main posée à plat, l'image existe, bien qu'elle soit encore invisible, il n’y a plus qu'à la fixer et à la faire apparaître,
Pour cela on saupoudre le papier avec un peu de plombagine, puis on promène celle-ci comme s'il s'agissait d'ussécher l'écriture, le dessin se relève dans toutes ses parties ; on enlève l'excès de plombagine qui pourrait salir le papier en promenant sur la surfaces un peu de cendre, cette substance respecte les traits du dessin et emporte avec elle la plombagine,
L'empreinte ainsi obtenue s’effacerait : pour fixer l'épreuve, il est préférable de mêler à la plombagine de la résine, on expose ensuite à une chaleur modérée, soit devant un foyer, soit en appliquant un fer chaud jusqu’à ce que la résine fonde.
Eau de Cologne excellente.
Prendre une pinte d'alcool à 90 degrés,
Essence de bergamotte 6 gros 4 citron + once « girofle 24 gros d romarin 1 ; “ Portugal + once d verveine 4 o
Méler, laisser infuser pendant un mois et filtrer.
Recette quand on a avalé un objet.
On fait coucher la personne à plat ventre sur une table; on laisse déborder la tête qu'on soutient ; on introduit l'index dans la bouche pour déprimer la langue, Un docteur populaire assure qu’aussitôt, l’objet qui causait l’étouffement glisse le long du doigt de l'opérateur et tombe à terre.
De l’emploi de l’ail contre les insectes.
On pile quelques gousses d'ail, on ajoute de l’eau et l’on remue, de manière à communiquer au tout la saveur forte du liquide. Les grains à semer sont trempés pendant six heures avant de semer ou planter,
Excellente soupe aux tomates.
Echaudez les tomates auxquelles vous ôtez ensuite la plure. Ajoutez pain tranché, oignon haché, poivre, sel, beurre ou graisse, et faites bouillir lentement.
Confiture de tomates.
On choisit des tomates d'une grosseur moyenne et d'une forme aussi régulière que possible; on les place dans un plat creux, et on verse dessus de l’eau bouillante en telle quantité qu’elles en soient couvertes,
Après un quart d'heure, on les retire de l’eau, on les coupe en travers et on leur enlève toutes les graines de même que la peau. Ainsi préparées, on jette les tomates duns de l’eau froide, d'où on les retire peu de temps après, pour les faire égoutter, et ensuite les sécher en les pressant légèrement entre deux linges vieux et souples. Aussitôt on les pèse et on les met dans une casserole avec une livre et demie de sucre pour chaque livre de fruits et un verre d’eau pur pour chaque douzaine de tomates. On porte la casserole sur un fourneau plein de charbon embrasé. Après un quart d'heure d’ébullition, on râpe sur les confitures le zeste d’un ou deux citrons. Dès que le sirop est formé, on retire la casserole du feu et on met en pots.
Vin de tomates.
Exprimez, au moyen d'une presse, le jus de belles tomates mures, et par chaque gallon de jus mettez 4 livres de sucre brut.
Laissez reposer dans tin baril pendant quelques mois, Embouteillez en évitant d'y mettre les graines.
Vin de rhubarbe.
Exprimez au moyen d’une presse le jus de la rhubarbe, Pour chaque gallon de jus ajoutez 1 gallon d’eau dans lequel vous avez fait dissoudre 7 livres de sucre brut.
Remplissez un baril, laissant la bonde ouverte, et tenez-le plein au moyen d'eau sucrée, Bouchez quand il sera clarifié par le repos.
Manière de faire le Pain Killer.
Alcool, une pinte ; gomme de gayac 1 0z; gomme de myrrhe, camphre et cayenne pulvérisé—de chacun # oz. Agitez de temps à autre pendant une dizaine de jours. Filtrez.
Bœuf fumé.
Tous les morceaux d’un bœuf sont bons à fumer, mais la poitrine est le morceau le plus fin.
La viande étant coupée par quartiers, vous la plongez quatre ou cinq fois dans l’eau bouillante pour l'en retirer de suite. Après cela vous mettez chaque morceau sur une table, vous les frottez vigoureusement avec la main pleine de sel et vous le mettez dans la saumure. Au bout de quinze jours, retirez cette viande, laissez-la égoutter, recouvrez-la de son et pendez les morceaux dans la cheminée. Vous allumerez alors dans cette cheminée, pendant cinq ou six heures et trois jours de suite, un feu de copeaux de bois vert, de sciure ou de rameaux. Les jours suivants, vous fumerezun peu moins longtemps, et toujours en diminuant, et au bout de cinq ou six semaines, la viande sera fumée, vous la retirerez de la cheminée et la suspendrez.
La meilleure huile pour les cheveux.
Deux parties d'huile d'olive, une partie d'huile de ricin, (castor) quelques gouttes d'essence de bergamotte.
Eau pour la conservation des dents.
Faites infuser dans une demi-pinte d'alcool: 2 oz. de gomme--résine de gayuc, 8 clous de girofle et 1 gros de camphre; tirez à clair au bout de quinze jours ; aromatisez cette infusion avec six gouttes d'essence de menthe et bouchez avec soin la bouteille qui la renfermera.
Pour en faire usage vous en mettrez une dizaine de gouttes dans un verre d'eau fraîche, et chaque matin vous vous en rincerez la bouche à plusieurs reprises.
Eau sédative de Raspail.
Faites dissoudre dans une pinte d’eau, 4 oz. de sel de cuisine, Ajoutez-y 24 gros d'alcool camphrée et 2 oz. d’ammoniaque liquide, (a/cali volatil). Remuez bien ce mélange et tenez la bouteille exactement bouchée,
Quand à la composition de l'alcool camphré, elle se borne à faire dissoudre 36 grains de camphre dans 24 gros d'alcool. Cette dissolution a lieu très promptement.
Remède infaillible contre les cors aux pieds, verrues, etc.
Mettez tremper pendant 36 heures de l'écorce intérieure blanche et spongieuse de citron dans du fort vinaigre dans lequel vous aurez fait dissoudre autant de sel qu'il vous sera possible. Appliquez le soir sur le cor ou la verrue une de ces petites portions d’écorce, que vous maintiendrez avec un léger bandage, et que vous laisserez jusqu'au matin. (rardez-le dans la journée, si vous n'êtes pas obligé de sortir, après toutefois l'avoir renouvelé ; continuez ainsi pendant quelques jours, et le cor, pénétré, désorganisé, tombera en poussière a nsi que sa racine,
Pain d'épice économique.
Un œuf battu, 2 tasses de sirop ou mélasse, 1 tasse d'eau tiède, gros comme un œuf de beurre fondu, 1 grande cueillerée de soda, délayée dans une petite quantité de vinaigre; 1 petite cuillerée de gingembre, de muscade et de cannelle, de la farine pour épaissir ; bien mêler et bien battre.