DE EA TROISIÈME EDITION
Au moment où paraît cette édition nouvelle de notre Manuel cV Economie politique, la France n’est pas remise encore d’une des plus terribles crises qu’aucune société ait eu jamais à supporter. Une insurrection formidable, succédant à la plus désastreuse des guerres, s’est accomplie en face de l’invasion étrangère qui occupe encore une partie de nos provinces et les environs de la capitale. Sous le nom de la commune révolutionnaire, c’est, nul ne l’ignore, le hideux drapeau du communisme lui- même qui, victorieux durant deux mois, s’est dressé devant la société frappée de terreur. C’est le communisme qui, obéissant aux j lus féroces instincts, a soutenu à Paris une lutte effroyable, et qui, se sentant vaincu, c’est-à-dire forcé d’ajourner ses nouvelles tentatives, qu’il annonce dès à présent, nous a laissé comme adieu le meurtre d’une foule de victimes innocentes et l’incendie de nos monuments. Non, certes, nous n’irons pas jusqu’à dire que l’ignorance de l’économie politique dans laquelle vivent les masses et tant d’intelligences d’ailleurs éclairées, explique seule de pareilles
catastrophes. In négation de la loi morale ligure au
PRÉFACE
premier rang parmi les causes d’une crise si redoutable. Le mal, et il faut en rougir, est dans les cœurs non moins que dans les esprits. Les sophismes ont pour complices et pour appui les convoitises. Ces sophismes, qui ment la science audacieusement, doivent eux-mêmes être distingués de la simple ignorance qui se laisse entraîner par faiblesse. Il n’est pas moins vrai que les ignorants forment le gros de l’armée, si facilement enrôlée par les sophistes. C’est là-dessus que compte en ce moment V Association internationale des travailleurs , ou plutôt c’est la triste situation que ses meneurs exploitent. Au surplus, soit qu’ils se trompent de bonne foi ou qu’ils trompent sciemment les ouvriers de nos villes , soit qu’ils s’adressent aux idées ou qu’ils ne parlent qu’aux plus grossiers appétits, il importe peu. Ce qui importe, c’est qn’on soit sur ses gardes, c’est qu’en même temps que la société se réorganise pour se défendre matériellement contre des entreprises abominables et qui peuvent momentanément réussir, on le sait aujourd’hui, les mêmes précautions intellectuelles soient prises, avec une égale prévoyance, c’est que les avenues ouvertes à de dangereux paradoxes soient fermées par l’étude et la réflexion dans Jes esprits que séduit trop aisément tout ce qui usurpe les mots de jusôice, d’égalité, de fraternité universelle et de bonheur public.
Pour notre humble part, nous avons cherché à prémunir les travailleurs qui ont quelque temps à cou-