‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 2 sur 77 · DE L.A TROISIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE L.A TROISIÈME ÉDITION

sacrer à la lecture contre une propagande qui les déprave et les ruine. Nous leur avons mis sous les yeux ces principes d’économie politique qui touchent plus spécialement aux questions populaires (1). Le présent livre a ou plutôt garde une destination différente. Il s’adresse à la jeunesse studieuse et cultivée qui fréquente nos écoles ou qui en est sortie. C’est elle qu’il se propose d’initier aux fortes et salutaires doctrines de l’économie politique. Il a pour but de les mettre au courant de ces problèmes si délicats, si redoutables, et qui sont ou paraissent quelquefois si obscurs. Il s’applique à les résoudre d’une manière toute scientifique, quoique par les procédés les plus clairs et les plus simples, et de telle façon que nulle intelligence habituée à l’observation et au raisonnement par une éducation scientifique ou même surtout littéraire, ne puisse se soustraire à l’évidence des preuves méthodiquement exposées. Toutes les

séductions des utopies, tout le périlleux attrait des

idées communistes plus ou moins déguisées sous le nom de socialisme, si tant est que ces théories puissent conserver encore quelque prestige, toutes ces erreurs tombent, ainsi que d’autres erreurs économiques et sociales, qui n’ont tenu que trop de place dans le monde, devant ces vérités palpables, saisissantes, sévères et bienfaisantes, sévères seulement quand on les méconnaît, bienfaisantes toutes les

(1) Economie politique populaire, 1 vol. — La liberté du travail, de l’association et de la démocratie, 1 vol.

PRÉFACÉ

fois qu’on les respecte, et que Ton admire plus à mesure qu’on les approfondit davantage. A quoi d’ailleurs sert-il de se révolter contre elles? Cette révolte insensée qui les laisse subsister tout entières ne retombe que sur ses auteurs.

Je ne saurais trop inviter la jeunesse française à se rapprocher de cette science que j’ai commencé à aimer quand la jeunesse était aussi mon partage, et que, pendant seize ans, j'ai enseignée au Collège de France. Je n’ai pu le faire sans acquérir la conviction, chaque jour plus grande, de sa haute importance en elle-même, de son utilité indispensable dans l’état de la société, et de l’immense lacune que son absence trop fréquente dans l’enseignement laisse subsister parmi nous. Les générations nouvelles doivent se pénétrer de cette nécessité comme d’une partie du rôle qu’elles ont à jouer sur la scène du monde. Qu’elles étudient cette science économique ; qu’elles l’étudient avec cette sérieuse attention qu’elles mettent aux sciences mathématiques ou naturelles, elles seront tout étonnées de la trouver, non point aride comme on le dit, mais pleine d’un charme réel. C’est une des plus grandes forces qu’elles puissent se donner à ellesmêmes, un des aliments les plus solides qu’elles réclament, de même que c’est une des plus solides barrières qui puissent être élevées contre le désordre qu’elles sont appelées à combattre; car le temps des luttes, tout le monde le sent, n’est point fini. Elles y trouveront le germe des bonnes inspirations , des

Page 1