CHAPITRE Vf
que l’économie politique ne s’occupe que des richesses
APPROPRIÉES ET ÉCHANGEABLES.
Nous avons assigné la richesse, Ja valeur, comme idée constitutive de l’économie politique.
Tous les économistes ont distingué deux sortes de richcsses, les unes sont du domaine commun, comme l’eau de la mer, la lumière du soleil, etc., bien qu’elles n’aient pas été également données à tous les hommes, ainsi que l’attestent la diversité des situations géographique et la différence des climats. Mais, quoique inégalement réparties sur la terre, elles sont communes à. ceux qui en jouissent. Ils n’en font un objet d’échange ni entre eux, ni avec les autres hommes. Cette nature de biens n’est pas sans doute indifférente à l’économiste. Loin de là. On peut môme dire qu'à ses yeux, ils sont la richesse par excellence, puisqu’ils sont acquis sans effort. Heureuse l’humanité quand elle parvient à en multiplier le nombre et les avantages ! Mais scientifiquement, il n’y a rien à dire de pareilles richesses. On en jouit, et c’est tout. Toutes les valeurs qui .entrent dans la circulation ont ceci de distinctif: 1° qu’elles ont coûté à acquérir; 2° qu’elles sont appropriées, c’est-à-dire qu’elles appartiennent à quelqu’un par exclusion à tout le monde. On ne vend que ce qui est à soi. On n’achète qu’à l’aide d’un bien qu’on possède.
Il n’en faut pas davantage pour comprendre que le fait primitif qui sert à tous les autres faits économiques de point de départ, c’est ia propriété.
La propriété n’est donc pas seulement le fondement de la société humaine , elle est la véritable base de l’économie politique. C'est ce qu’il s’agit de bien comprendre.