PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION
ni té toute patriotique de l’étude qui se trouve résumée dans ce livre. Hélas I notre pays n’a que trop besoin de se relever. Il lui faut pour cela de grands cœurs, mais il lui faut aussi et il lui faut beaucoup de bons et sages esprits qui remettent à leur place les idées justes,, comme la paix dans la rue et dans l’atelier, comme les finances si profondément éprouvées par les guerres et les révolutions se faisant tristement suite les unes aux autres. Il faut créer au profit du vrai et du bien une grande force d’opinion. L’ordre moral aussi bien que l’ordre politique est à ce prix ; ni l’un ni l'autre ne seront possibles tant que, par les faux systèmes des uns et par l’ignorance indifférente ou abusée des autres, les vérités économiques les plus fondamentales resteront à l’état de mystères qui ne regardent que quelques initiés, ou seront foulées aux pieds par les sectaires, fis entraînent à leur suite une partie de ce qu’on nomme le peuple ; mais qu’on y songe, c’est la nation tout entière qu’ils finiraient par conduire aux abîmes, si en s’armant d’énergie pour prendrp virilement la conduite de ses destinées, elle ne s'armait aussi de raison et de science vraiment saine pour résister à ce torrent d’erreurs et de passions déchaînées.
Henri Baudrillart.
Juin 1871*.