DE LA TROISIÈME ÉDITION
bonnes résolutions, des bonnes lois. Elles apprendront à y affermir leur marche encore incertaine, à ne plus s’abandonner à cette molle direction si funeste depuis tant d’années aux esprits qui flottent au hasard, comme aux mœurs publiques et privées si faciles à corrompre. Des principes, non pas ce qu’on appelle ainsi trop souvent, c’est-à-dire de prétendues vérités ayant leur origine dans les conceptions sans réalité de l’esprit de système, mais des principes nés de l’expérience et qu’elle ne cesse de confirmer à chaque instant, voilà ce dont les générations doivent se montrer avides ; c’est ce qui a le plus fait défaut à leurs devancières, et combien chèrement elles l’ont payé ! Les conditions et les formes du gouvernement sur lesquelles nous avons tant de peine à nous fixer, malgré le soin que nous avons de décréter chaque fois l’éternité de celui que nous adop tons, ont assurément leur importance ; mais ce qui forme le fond permanent et quotidien de la société ou, pour mieux dire, de l’existence humaine en a bien plus encore. C’est un mécanisme qui n’a rien d’arbitraire et dont les rouages principaux ne sauraient, comme les constitutions politiques qu’on remplace tous les quinze ou vingt ans, être changés sans que la société périsse. Le travail, le capital, le crédit, l’échange, l’impôt, obéissent à
des règles fixes, malgré la mobilité de certains faits. Mais je ne veux pas anticiper sur des propositions qui seront elles -mêmes d.émontrées , puisqu’on les conteste. Je n’ai prétendu ici que signaler l’opportu-