CHAPITRE I
Cfr. sur cette matière :
Ch. Pékin. Premiers principes d' Economie politique . Paris, Lecoffre, 1895.
V. Brants. Les grandes lignes de lEconomie politique. 4*= édit. Louvain, Peeters, 1904.
Antoine S. J. Cours dÉconomie sociale. — Introd. Paris, Guillaume etC'^, 1896.
LiBERATORE S.J. Principes d'Économie politique. — Introd. Traduit de l'italien par Silvestre de Sacy, Paris, H. Oudin, 1894.
Hervé-Bazin. Traité clém. d^ Économie politique. Chap. I. 3*= édit. Paris, Lecoffre, 1896.
Jos. Rambaud. Élcin. d^ Économie politique, i*^ éàit.Vaxis, Larose, i8g6,
Ch. Devas. Political economy. Third Edition, London, Longmans, Green and C.
Gius. ToNiOLO. Trattato di Economia sociale. — Introduzione. Firenze, 1907.
ScALONi. Capital et Travail. 3° édit. Liège, 1904.
ART. I
Définition et Division.
I. a) Définition nominale : Economie est un terme dérivant de deux mots grecs : oiy.oz — maison, voy:?! — distribution. D'après cette ét^-mologie, on s'en est d'abord servi pour désigner la gestion des intérêts matériels de la famille.
De la famille on a étendu le mot à la cite (en grec TTo/t;) et enfin à la nation tout entière.
b) Définition réelle : L' Economie politique est la science qui dirige l'activité humaine, dans l'ordre des intérêts matériels de la société.
Cette définition contient trois parties :
I. Science qui dirige l'activité humaine... Comme telle, l'économie politique prend place parmi les sciences dont le but est de conduire l'homme vers sa fin, p. e. la philosophie et la théologie morale.
Elle est donc une science, et une science pratique (art. II).
2 dans r ordre des intérêts de la société.
Ainsi elle se distingue de toute science qui ne s'occupe pas du bien de la société mais de celui des membres de la société considérés individuellement.
L'Economie politique est donc une science sociale. Comme toute science sociale, elle aura donc des rapports de dépendance à l'égard de la morale, (art. III.)
3 dans l'ordre des intérêts matériels de
la société. La science sociale s'occupe de tout ce qui regarde le bien social, comme la paix publique, le respect du droit, la sécurité intérieure et extérieure, etc., tandis que l'économie politique ne porte que sur les intérêts matériels, qui ne constituent qu'un des éléments du bien social. Elle n'est donc pas la science sociale;ellen'en est qu'une /)a;'/i6', tout comme la politique, le droit.
L'économie politique en tant que science est basée sur des principes, mais en temps que science qui dirige l'activité humaine dans la sphère des intérêts matériels, elle présente un côté variable, contingent. Elle devra donc être étudiée d'après une double méthode: la méthode déductive et la méthode inductive (art. IV.)
II. Division : a. La division la plus rationnelle de l'économie politique semble être celle que l'on tire de son objet, c'est-à-dire de l'activité humaine par rapport au bien-être matériel de la société. Oï^ on distingue surtout quatre domaines, dans lesquels cette activité s'exerce plus spécialement.
1° La production. L'activité humaine, le travail aidé du capital : outils, instruments, machines, etc., transforme la matière, et crée ainsi une nouvelle îttilité.
2° L'échange des richesses, (circulation). L'activité humaine cherche à faire passer de mains en mains la richesse produite, pour 7nîdtiplier ces utilités.
3° La répartition. Généralement plusieurs facteurs
ont concouru à la production de la richesse. La science économique doit chercher à démêler ces divers éléments de l'activité humaine et assigner quelle part du produit total revient au capitaliste, à l'entrepreneur, au propriétaire, à l'ouvrier.
4° La consomination des ricliesses. L'activité humaine n'a produit l'utilité que pour se l'appliquer, directement ou indirectement. Cette application se fait par la consommation. L'économie politique doit fixer les lois qui président à l'usage des richesses.
b. Cette division n'est pas seulement la plus rationnelle, elle est aussi celle que les auteurs suivent presque iiniverselleinent de nos jours (i). De plus — et ce n'est pas le moindre de ses avantages — elle permet, dans une matière si complexe, un exposé plus clair des différentes questions économiques.
Le présent livre sera donc divisé en 5 parties :
L Questions préliminaires^ ou science économique considérée en général.
IL Production des richesses.
IIL Echange.