On peut arriver à la même conclusion par une autre voie
L'argent a la valeur de l'objet qu'il représente. Or, parfois cet olojet n'a pas d'utilité distincte de la consommation et, dans ce cas, exiger un intérêt pour le prêt d'argent .est une injustice. Mais, souvent, l'objet a une valeur d'échange ; on peut s'en servir pour les besoins du commerce et de l'industrie. Dans ce cas, l'argent représente une chose productive, ayant une autre utilité que sa consommation ; par conséquent, il est juste qu'en le prêtant on demande l'équivalent de cette utilité.
Or, dans notre milieu économique, le dernier cas se réalise pour la grande masse des emprunteurs.
Donc, à notre époque, il est conforme à la justice de percevoir un intérêt raisonnable provenant du simple prêt d'argent.
On voit par l'explication proposée, comment, au moyen-âge p. ex., où la situation économique n'était pas la même qu'aujourd'hui. l'Eglise a pu déclarer illicite, d'une manière générale, l'intérêt vi solius mutui ; comment, de nos jours, au contraire, l'Eglise peut, sans se contredire, se montrer moins sévère. En fait, elle a déclaré, de nos jours, que les fidèles qui perçoivent un tel intérêt ne doivent pas être inquiétés, jusqu a ce que le S' Siège ait porté, dans cette
matière, une décision définitive à laquelle ils soient prêts à se soumettre.