‹ Manuel d'économie politiqueChapitre 139 sur 167 · I. Opinions sur la nature de la rente · texte numérisé non relu

I. Opinions sur la nature de la rente

a. Théorie de Ricard o.

Les terres, dit cet économiste, sont limitées et d'inégale valeur. Les plus fertiles sont cultivées d'abord, mais, la population croissant toujours, on se voit forcé de cultiver graduellement des terres de moins en moins fertiles, h' avantage des premières sur les secondes constitue la rente foncière.

Toutes les terres étant labourées, les propriétaires ont le monopole des rentes, qu'ils font monter à leur gré. La rente absorbe ainsi une partie de plus en plus grande du produit national, et fait tomber toujours plus bas le taux du salaire et le revenu du capital. Cette théorie est adoptée par Malthus, Stuart Mill, Say, Garnier etc.

b. L'opinion précédente est vivement combattue par Bastiat, Leroy-Beaulien, Jos. Ranibaud, Caitwes, Carey etc. Ces auteurs vont jusqu'à nier l'existence même de la rente, disant que le loyer de la terre est exclusivement le revenu des capitaux employés à améliorer le sol.

Les cultures, d'après eux, vont sans cesse en s'améliorant, la production agricole est indéfinie, les populations s'accroissent moins vite que les subsistances ; rien n'empêche d'espérer, dans un avenir plus ou moins éloigné, une situation économique qui augmentera la jouissance, et réduira, ou même supprimera le travail.

c. La véritable notion de la rente est entre ces deux extrêmes. La rente, disent la plupart des économistes catholiques, est double, absolue et relative.

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